Descente de police au bar Cherry's
La descente de police au bar Cherry's est une intervention policière survenue dans la nuit du dans un établissement LGBT de La Paz, en Bolivie[1]. Lors de cette opération, la police fait irruption dans le bar Cherry's et arrête arbitrairement environ 120 personnes, qu'elle malmène et présente à la presse[2]. Cet événement est considéré comme un tournant majeur ayant marqué le début du militantisme LGBT à La Paz et qui in fine s'est traduit par une meilleure visibilité des minorités sexuelles au niveau national bolivien[3],[4].
| Descente de police au bar Cherry's | |
| Type | descente de police |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | La Paz |
| Date | 3 juin 1995 |
| Répression | |
| Arrestations | 123 |
| modifier |
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Déroulement
modifierLe Cherry's Bar était une boîte de nuit LGBT située rue Loayza à La Paz, ouverte par un ancien employé du Bolivianísimo, autre bar fréquenté par la communauté LGBT à l'époque[5]. Le soir du , correspond à la date d'inauguration de l'établissement qui, à cette occasion, est bondé[1],[6].
D'après les témoignages, deux personnes inconnues sont arrivées sur les lieux, ce qui semblait étrange puisque tous les participants ou presque se connaissaient. Ces deux personnes sont ensuite parties, et, peu après, la police a fait irruption dans l'établissement accompagnée d'un procureur, qui a annoncé l'arrestation de toutes les personnes présentes. Les participants ont alors été expulsés du Cherry's, y compris une personne se préparant à donner un spectacle de drag queen, qui a été maltraitée et insultée par les policiers[2].
À la sortie du bar, les policiers ont aligné les personnes interpellées en attendant leur transfert dans des commissariats. À ce moment-là, la presse est arrivée et a commencé à filmer et photographier les personnes interpellées, malgré leurs protestations. Lorsque les fourgons de police sont arrivés, les clients du Cherry's ont été conduits dans différents commissariats. Nombre d'entre-eux y ont subi des humiliations et ont été contraintes de se déshabiller afin d'être soumises à des fouilles intégrales avant d'être enfermées en cellule. La plupart des personnes arrêtées ont été emmenées au poste de police Radio Patrol 110, avenue Arce, d'où elles ont pu contacter des organisations de défense des droits humains pour signaler les mauvais traitements. [2] Au total, 123 personnes ont été arrêtées lors de la descente de police[7].
Événements ultérieurs
modifierLa police ne disposant d'aucune justification légale pour ces arrestations, les personnes détenues ont été libérées le lendemain après-midi non sans avoir dû signer un document indiquant de manière erronée que leur détention faisait suite à une opération antidrogue. Durant les jours suivants, la presse a relaté l'incident, le qualifiant de « plus grande opération contre les homosexuels de l'histoire bolivienne »[2].
L’annonce du raid a provoqué un scandale social, révélant à leurs familles l’orientation sexuelle de nombreuses personnes arrêtées. Dans un premier temps, l’événement a entraîné une baisse du nombre de personnes souhaitant s’engager dans des groupes militants LGBT à La Paz[2], notamment au sein du Movimiento Gay La Paz-Libertad, qui s’apprêtait alors à tenir son premier conseil d’administration[1],[7].
Cependant, cet événement a également conduit un nombre croissant de personnes LGBT à prendre conscience de la nécessité d'être visibles et d'exiger le respect de leurs droits. Ainsi, le raid est désormais considéré comme l'un des événements fondateurs de l'activisme LGBT à La Paz et en Bolivie, et a contribué à la visibilité des membres de la communauté LGBT[2],[3],[4],[6].
Références
modifier- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Redada del bar Cherry's » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 Aruquipa, Estenssoro et Vargas 2012, p. 115.
- 1 2 3 4 5 6 Aruquipa, Estenssoro et Vargas 2012, p. 198-199.
- 1 2 Rosario Aquím Chávez, « Breve repaso por los caminos de la homobitransexualidad » [archive du ], La época, (consulté le )
- 1 2 Alejandra Pau, « La importancia de llevar el apellido Galán » [archive du ], Página Siete, (consulté le )
- ↑ Aruquipa, Estenssoro et Vargas 2012, p. 179.
- 1 2 (es) Sofía Argüello Pazmiño, « El closet y el Estado » [archive du ] [PDF], CLACSO (consulté le ), p. 13-14
- 1 2 Silvia Delfino, Juan Pablo Parchuc et Flavio Rapisardi, Informe Situación personas LGBT en el Mercosur, (lire en ligne), p. 72
Bibliographie
modifier- David Aruquipa, Paula Estenssoro et Pablo Vargas, Memorias Colectivas Miradas a la Historia del Movimiento TLGB de Bolivia, Conexión Fondo de Emancipación, (lire en ligne)