Deux mauvais voisins

épisode des Simpson

Deux mauvais voisins (titre québécois et français, Two Bad Neighbors en version originale) est le treizième épisode de la septième saison de la série télévisée d'animation Les Simpson. Diffusé pour la première fois aux États-Unis le sur le réseau Fox, il met en scène le conflit qui oppose l'ancien président George H. W. Bush à la famille Simpson après que celui-ci s'installe, avec son épouse, dans la maison située en face de la leur. La querelle naît des provocations de Bart, dont les frasques sèment le désordre au domicile des Bush. Le différend parvient ensuite aux oreilles d'Homer et se mue en une rivalité personnelle entre les deux hommes.

Deux mauvais voisins
Saison 7 Épisode no 13

Titre original Two Bad Neighbors
Titre québécois Deux mauvais voisins
Code de production 3F09
1re diff. aux É.-U.
1re diff. en France
Tableau noir Aucun
Gag du canapé Un chasseur entre dans le salon des Simpson et s’installe sur le canapé. À ses pieds, Homer est étendu au sol comme un tapis en peau d’ours, tandis que les têtes du reste de la famille sont exposées au mur comme des trophées de chasse.
Scénariste Ken Keeler
Réalisateur Wes Archer
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Réalisé par Wes Archer et écrit par Ken Keeler, l'épisode adopte un ton satirique inspiré des tensions qui opposent, au début des années 1990, le couple Bush aux créateurs et producteurs de la série. À cette époque, George et Barbara Bush formulent publiquement plusieurs remarques désobligeantes à l'égard des Simpson et de l'image qu'ils estiment que la série renvoie des familles américaines.

Lors de sa première diffusion, Deux mauvais voisins se classe cinquante-deuxième au palmarès des audiences pour la semaine du 7 au , avec un score de 9,9 sur l'échelle de Nielsen. Il constitue alors le deuxième programme le plus regardé du réseau Fox sur cette période, derrière la retransmission consécutive du championnat de la NFC. L'épisode reçoit dans l'ensemble un accueil favorable. La critique salue avant tout l'audace du concept (l'installation d'un ancien président à Springfield) ainsi que l'efficacité comique du duel opposant Homer à Bush. Les réserves portent sur la caractérisation de Bart jugée excessive, et sur le ton de la satire visant l'ancien président, que certains commentateurs estiment outrancier.

Synopsis

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Alors qu'Homer dirige le vide-greniers du quartier d'Evergreen Terrace, ses présentations sont interrompues lorsque l'attention se détourne de lui pour se porter sur un convoi de voitures blindées s'engageant dans l'allée d'une maison à vendre. Un homme en descend, escorté par deux gardes du corps. Il s'agit de George H. W. Bush, ancien président des États-Unis, venu s'installer à Springfield pour s'éloigner de l'agitation politique, ayant appris qu'il s'agissait du quartier le plus paisible de la ville. Après s'être présenté aux habitants, il regagne sa nouvelle maison. La famille Flanders lui rend ensuite visite, puis Ned et George se découvrent une affinité immédiate tandis que Barbara, l'épouse de l'ancien président, leur sert de la citronnade. Todd met toutefois en garde George au sujet de Bart, réputé pour semer le désordre et importuner son entourage.

Bart se présente peu après chez George et manipule ses affaires alors que celui-ci tente de se reposer, puis prend l'habitude de revenir fréquemment le tourmenter. Un jour, tandis que l'ancien président rédige ses mémoires, la visite de l'enfant se solde par la destruction accidentelle du manuscrit, précipité dans l'incinérateur. George lui inflige alors une fessée et le renvoie chez lui. Lorsque Bart rapporte l'incident à Homer, ce dernier, déjà irrité que Bush ait « envahi » Evergreen Terrace et se soit attiré les faveurs de ses amis, y voit l'affront de trop. Il se rend aussitôt chez les Bush, où les deux hommes échangent insultes et menaces avant de se séparer.

S'ensuit une escalade de représailles. Le soir même, Homer et Bart tirent des feux d'artifice en direction de la maison des Bush. Le lendemain, ils fixent à l'aide de colle forte une perruque multicolore sur la tête de George, qui doit prononcer un discours dans cet état. Celui-ci riposte en effectuant des dérapages en voiture sur la pelouse des Simpson, ce qui éclabousse leurs fenêtres de boue. Père et fils répliquent en s'introduisant par les égouts pour lâcher des sauterelles dans la maison des Bush, mais l'ancien président les y surprend et les y rejoint. La confrontation dégénère en pugilat, interrompu par l'irruption de Mikhaïl Gorbatchev. Barbara contraint son mari à présenter des excuses, qu'il formule à contrecœur. George décide alors de déménager sur-le-champ et la maison est remise en vente. Aussitôt après son départ, un nouveau convoi blindé se présente. L'ancien président Gerald Ford en descend, salue les Simpson et se lie rapidement d'amitié avec Homer, qu'il invite à regarder un match de football américain autour de quelques tortillas, et ils se découvrent tous deux une propension commune : le « D'oh ».

Un différend avec la Maison-Blanche

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Portrait officiel de Barbara Bush, Première dame des États-Unis entre 1989 et 1993.
Barbara Bush en 1992.

En octobre 1990, dans un entretien accordé au magazine People, la Première dame des États-Unis Barbara Bush qualifie la série Les Simpson de « chose la plus bête qu'elle ait jamais vue »[1]. Elle nuance son propos en concédant qu'il s'agit d'« une histoire de famille » au contenu « propre », ce qui en atténue la portée[2]. Plutôt que d'y répondre frontalement, les auteurs de la série adressent à Barbara Bush une lettre rédigée à la première personne, sous l'identité du personnage de Marge Simpson[3]. Marge y affirme avoir lu cette critique de sa famille et en avoir été « profondément blessée », tout en admettant que les siens sont loin d'être parfaits[4]. Elle ajoute essayer d'apprendre à ses enfants à accorder aux autres le bénéfice du doute et à s'abstenir de médire, exercice rendu délicat lorsque la Première dame du pays vous range parmi les choses les plus bêtes qu'elle ait jamais vues[4]. Sensible à la courtoisie de l'échange, Barbara Bush répond directement au personnage sur un ton enjoué. Elle se dit notamment heureuse que Marge ait exprimé son sentiment et reconnaît que la famille Simpson offre en réalité un bon exemple au reste du pays[5].

L'apaisement est de courte durée car dans l'épisode de la saison 3 Lisa va à Washington, la série met en scène Barbara Bush dans une baignoire de la Maison-Blanche, clin d'œil moqueur qui ravive les tensions[6]. Le , en pleine campagne pour sa réélection, le président des États-Unis George H. W. Bush relance les hostilités de la querelle. S'adressant à la convention des National Religious Broadcasters, il défend ses « valeurs familiales » et déclare vouloir rendre les familles américaines « beaucoup plus proches des Walton et beaucoup moins des Simpson »[7], en référence à la série des années 1970 dépeignant une famille chrétienne traditionnelle de la Virginie rurale[8]. La riposte intervient trois jours plus tard. Lors de la rediffusion de l'épisode Mon pote Michael Jackson, la série ajoute une nouvelle introduction où on y voit la famille réunie devant le téléviseur pendant le discours présidentiel. Sitôt la phrase de Bush prononcée, Bart rétorque : « Hé, on est exactement comme les Walton : nous aussi, on prie pour que la Crise se termine. »[9]. Les auteurs rappellent le caractère apolitique de la parodie avec le scénariste Bill Oakley précisant qu'il ne s'agit pas d'une attaque politique mais d'une pique personnelle visant le tempérament grincheux de Bush[10].

Références culturelles

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  • On y voit la première apparition de Disco Stu.
  • Au début de l'épisode, Apu chante Police on my Back The Equals.
  • Lors de la brocante Homer chante ce qui ressemble à Big Spender de Peggy Lee et Stayin Alive des Bee Gees.
  • Au moment de la brocante, nous pouvons voir dans ce que vendent les Simpson des t-shirts "J'ai rien fait", allusion à l'épisode Bart devient célèbre.
  • Le fil sorti de la montre de Bush destiné à étrangler Homer est tiré de Bons Baisers de Russie.
  • Dans les articles en vente on y revoit également le cadeau de Burns dans Le sang, c'est de l'argent
  • Le moment où Homer et Bart lancent des fusées sur la maison des Bush est une allusion à l'Opération Tempête du désert lors de la guerre du Golfe, laquelle fut diffusée par CNN, les fusées lancées par Homer et Bart, explosant un peu partout peuvent faire référence aux visions infra-rouge des bombes explosant pendant la nuit (images floues verte et blanche).
  • La relation entre Bart et Bush est inspirée de celle entre Denis et M. Wilson dans Denis la Malice.
  • La scène où Bush ne supporte pas se faire traiter de mauviette fait référence à Marty Mcfly dans Retour vers le futur 2

Notes et références

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  1. ↑ (en) Donnie Radcliffe, « Marge to Barb : Don't have a cow, ma'am », The Washington Post,‎ (lire en ligne Accès payant).
  2. ↑ (en) Brian Cronin, « TV Legends Revealed : Did Barbara Bush Write an Apology Letter to Marge Simpson? » Accès libre, sur Comic Book Resources, .
  3. ↑ (en) Adam Frucci, « Read Marge Simpson’s Letter to Barbara Bush » Inscription nécessaire, sur Vulture, .
  4. 1 2 (en) Tyler McCarthy, « The Simpsons show runner shares Barbara Bush's 1990 letter to Marge Simpson » Accès libre, sur Fox News, .
  5. ↑ (en) Yohana Desta, « Barbara Bush and Marge Simpson Were Pen Pals in the 90s » Accès libre, Vanity Fair, .
  6. ↑ (en) Ricardo Serrano Denis, « A little girl loses faith in democracy in The Simpsons’ “Mr. Lisa Goes to Washington” » Accès libre, sur The Beat, .
  7. ↑ (en) Ryan Parker, « Simpsons Show runner Returns Jab From George H. W. Bush 25 Years Later » Accès libre, The Hollywood Reporter, .
  8. ↑ (en) Bobby Ross Jr., « TV’s The Waltons explored serious spiritual themes » Accès libre, The Durango Herald, .
  9. ↑ (en) Melody Day, « Why The Simpsons' 'Stark Raving Dad' Is Banned on Disney+ » Accès libre, sur Comic Book Resources, .
  10. ↑ (en) Keegan Kelly, « Here’s Why Homer’s Smackdown of George H. W. Bush on The Simpsons Was Personal » Accès libre, Cracked, .