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Dharavi est un bidonville situé au cœur de l'agglomération de Mumbai (anciennement Bombay) en Inde. Dharavi constitue le deuxième plus grand bidonville d'Asie[1] (après Orangi Town au Pakistan), et compte (en 2002) entre 500 000 et un million d'habitants sur 223 hectares d'anciens marécages[2].
Par rapport à d'autres mégapoles, Mumbai connaît une croissance rapide soutenue par l'accroissement démographique naturel et l'exode rural. La capacité d'accueil des grandes villes a comme corollaire le développement de bidonvilles. Bombay est composé de sept îles. Le bidonville de Dharavi occupe l'île la plus au sud, celle de la fameuse «Gate of India»; il est ceint dans sa partie nord par la rivière Mithi.
La fondation du bidonville de Dharavi remonte à 1880; depuis sa naissance, le bidonville s'est étendu et a absorbé des nouveaux arrivants venus des campagnes de plus en plus lointaines. Composé d'un réseau complexe de quartiers, de commerces, d'écoles, de mosquées et d'églises, ce lieu fait l'objet de convoitises des promoteurs immobiliers[3]. Mais, comme les précédents projets ont échoué laissant derrière eux des «bidonvilles verticaux», nombre d'habitants s'opposent à la rénovation.
En , l'État du Maharashtra l'a mis en vente afin de le transformer en un quartier aisé (un nouveau Shanghai sur le bord de la mer d'Arabie).
La population recensée en 2001 dans le bidonville de Dharavi s'élevait à 600 000 personnes[réf.souhaitée]; ce chiffre est revu à la hausse[Quand?] par les acteurs de terrain (Organisations non gouvernementales ou chercheurs) et approcherait le million de personnes[réf.souhaitée], réparties en 100 000 familles. Ces estimations portent la densité à 17 000 hab./km2. On compterait dans ces bidonvilles une latrine pour 1 440 personnes.
L'Inde est une société qui reste largement organisée selon le système des castes. Bien qu'elles soient abolies, la hiérarchisation et les discriminations perdurent. Ainsi, malgré la grande diversité de populations installées à Dharavi, plus de la moitié sont des intouchables. Cependant, l'ascension sociale rendue possible par les opportunités économiques du bidonville permet de renverser cette hiérarchie via notamment l'accès au statut d'artisan qui prend le pas sur celui d'intouchable.
Les ouvriers travaillant dans les ateliers ne gagnent en moyenne pas plus de 1,10 euro par jour[5].
Dharavi, souvent présenté comme l'un des plus grands bidonvilles d'Asie, est surtout remarquable par:
Son importante économie informelle (recyclage, cuir, textile, poterie, etc.). Dharavi abrite des milliers de petites entreprises familiales et d'ateliers, qui fonctionnent souvent sans être officiellement enregistrées ni soumis à l'impôt. Cette économie informelle offre du travail à une grande partie des habitants et constitue leur principale source de revenus. Dharavi est l'un des plus grands centres de recyclage d'Inde. Des tonnes de plastique, de métal, de carton et de verre y sont triées, nettoyées et revendues chaque jours. Un artisan potier fabriquant des objets en argile dans un atelier traditionnel de Dharavi.De nombreux ateliers fabriquent des sacs, ceintures, chaussures et autres articles en cuir, parfois exportés à l'étranger. Des usines clandestines de confection de vêtements, de couture et broderie trouvent également leur place au sein du bidonville pour fournir les marchés locaux et nationaux. Le quartier de Kumbharwada est célèbre pour ses artisans potiers qui fabriquent des objets en terre cuite. On estime que plus de 10 000 petites entreprises sont implantées à Dharavi et que leur activité génère un chiffre d'affaire annuel de plusieurs centaines de millions de dollars[6].
Son projet de réaménagement urbain en cours, qui pourrait fortement modifier sa population dans les prochaines années[7]. Le projet concerne une zone d'environ 240 hectares. Il prévoit de reloger une partie des habitants dans de nouveaux appartements et de réorganiser l'espace afin de créer un quartier plus dense mais mieux équipé. Des enquêtes de recensement des logements ont été menées pour déterminer les personnes pouvant bénéficier d'une réhabilitation[8].
↑V. Dupont, «Le monde des villes», dans Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky (Dir.), Population et développement en Inde, Paris, Ellipses, , 224p. (ISBN978-2-729-80904-1, lire en ligne), p.55 - 84
↑«Dharavi to become a smart city: HSBC says Asia's largest slum could soon have metro stations, green spaces & 125,000 new homes», The Economic Times, (ISSN0013-0389, lire en ligne, consulté le )
(en) K. S. Rajyashree, An ethnolinguistic survey of Dharavi, a slum in Bombay, Mysore, Central Institute of Indian Languages, 1986, 160 p.
(en) Kalpana Sharma, Rediscovering Dharavi: stories from Asia's largest slum, New Delhi, New York, Penguin Books India 2000, xxxviii + 209 p. (ISBN978-0-141-00023-7)
(en) Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, Dharavi. From Mega-Slum to Urban Paradigm, New Delhi, Routledge, Series «Cities and the Urban Imperative», 2013, 414 p. (ISBN978-0-415-81252-8) [présentation en ligne]