[1]Diafounou (également appelé Diahunu) est une région historique soninké et, un ancien royaume, située dans l’actuel ouest du Mali[2]. Elle constitue l’un des anciens territoires périphériques de l’Empire du Ghana (Wagadu), puis de l’Empire du Mali, tout en conservant une large autonomie politique et sociale.

Carte de l’Afrique de l’Ouest vers l’an 1200, représentant le royaume du Diafounou dirigé par la dynastie des Doucouré.

Villes et villages du Diafounou

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  • Amedigueou – Ainé – Banguessi – Benna Bilaaji – Bilaajimi – Darsilami – Diongaaga
  • Diyabougou – Djinka – Dokofiri – Fily Gaké – Fongou –Diafounou Gori – Gori Banda
  • Goumbi – Guideouré – Guifi – Guinanourou – Hamdalaye – Kersignané – Koméoulou
  • Lée – Mogro – Niagnela – Mougna – Moussala – Oumelybohoro – Sakaradji
  • Sambaga – Sambakanou – Yaguiné – Takoutala – Tambacara – Woléguela

Origine et installation

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Selon les traditions historiques rapportées par certaines sources écrites[3], comme le traité géographique al idrisi les Doucouré du Diafounou s’installent dans la région vers l’année 758. Cette migration est conduite par Yaté Doucouré, chef du clan Yato, rival du clan Doucouré des Ouaro établi à Goumbou. Le groupe quitte le Bakhounou, plus précisément la région de Touroubane, territoire situé dans l’ancien Wagadu, à proximité de Goumbou[4].À leur arrivée, le territoire du Diafounou est administré par le clan Djikiné. La tradition rapporte que la région est cédée aux Doucouré sans affrontement armé, marquant le début de leur domination politique sur le Diafounou.

Dans le cadre de l’administration impériale du Wagadu, Diafoune Doucouré un général, reçoit le titre de Fadé, un titre militaire, attribuée par l’empereur du Ghana. En soninké, ce titre est associé à la fonction de chef militaire ou de seigneur de guerre, chargé de gouverner un territoire au nom de l’empereur et de lui rendre compte. Le nom de Diafounou serait issu du nom du général Diafoune Doucouré. Le pouvoir royal local est alors exercé par Yaté Doucouré conquérant.

Déclin de l’empire du Ghana (Wagadou) à l’empire du Mali

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À partir de 1070 débute le lent démantèlement de l’Empire du Ghana, affaibli par des conflits internes et des attaques venues du nord, notamment celles attribuées aux Almoravides. Entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle, Soumaoro Kanté étend son autorité sur une partie orientale des anciens territoires du Wagadu. Vers 1240, Soundiata Keïta détruit plusieurs cités de la région dans le cadre de l’expansion de l’Empire du Mali, dont Koumbi Saleh.

Selon la tradition orale, Soundiata Keïta quitta Yaguiné en 1204, après y avoir vécu cinq années d’exil, pour se réfugier auprès de Moussa Doucouré dans le village de Tambacara, au Diafounou, où il séjourna durant trois ans[5].

Lors de l’assemblée de Kouroukan Fouga, le Diafounou et le Tringa auraient été représentés par un Badiaga originaire de Tambacara. Cet épisode marquerait l’intégration du Diafounou au sein de l’Empire du Mali. Vers 1360, le Diafounou retrouva son indépendance et se constitua en chefferie autonome.

Malgré des conflits internes et certaines invasions, le Diafounou connaît une période de prospérité prolongée. Son économie repose principalement sur l’agriculture, l’élevage, notamment de chevaux, ainsi que sur le mercenariat militaire, activité reconnue dans plusieurs régions de l’ouest soudanais.

C’est durant cette période que se structurent plusieurs lignages issus du clan Doucouré, parmi lesquels :

  • Doucouré Mangaré, clan dominant sur les plans politique, militaire et économique
  • Doucouré Dibakoy
  • Doucouré Diara
  • Doucouré Tambagallé
  • Doucouré Ballané
  • Doucouré Yaraguile
  • Doucouré Galledou

Fin de l’hégémonie du diafounou

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Le Diafounou passa ensuite sous la domination de la dynastie Massassi à partir de 1774. Ces derniers installèrent leur commandement à Yélimané, situé à environ 20 kilomètres de la ville de Gory. En 1854, une armée conduite par Diaby Mounina, originaire du Diafounou Tahtal, alliée dans un premier temps à l’Empire toucouleur, réussit en une journée à chasser les Bambara Massassi.Cependant, les notables du Khoura Khassé ( Haut diafounou ) les Doucouré Kouranko (Doucouré Mangaré), refusèrent la présence de l’Empire toucouleur ainsi que le paiement de l’impôt, comme ils l’avaient déjà refusé sous la domination des bambara du Massassi, contrairement aux notables ganthiagaba ( bas diafounou[6])

Dans ce contexte, la ville de diafounou Gory entra en résistance durant trente-deux ans, de 1852 à 1885, avant de subir un siège de sept mois. Au cours de celui-ci, les 20 000 combattants du Khoura Khassé furent encerclés par une armée toucouleure estimée à 40 000 hommes, commandée par Ahmadou Tall, fils d’El Hadj Omar Tall[7].

La fin de l’autonomie et de l’hégémonie politique du Diafounou est marquée à la fin du XIXe siècle. De à , le siège de Diafounou Gory, où s’est retranché un fils du marabout Mamadou Lamine Dramé, par les forces d’Ahmadou tall, suivi de la destruction du tata et du pillage de réserves d’or estimées à plusieurs tonnes par les troupes coloniales dirigées par le colonel Archinard, met un terme définitif à l’ordre politique traditionnel de la région.

Notes et références

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  1. ↑ « Villes et villages Soninké du Mali: Province de DIAFOUNOU cercle de Yélimané », sur Portail Soninkara, (consulté le )
  2. ↑ « Un mythe, deux lectures. Kaya Maghan vu par Senghor et Moussa Diagana. », sur imrspc.mr (consulté le )
  3. ↑ Mamadi Aïssa Auteur du texte, Traditions historiques et légendaires du Soudan occidental / [par Mamadi Aïssa] ; traduites d'un manuscrit arabe inédit, par Maurice Delafosse, (lire en ligne)
  4. ↑ Tadeusz Lewicki, « Un État soudanais médiéval inconnu : le royaume de Zāfūn(u). », Cahiers d'Études africaines, vol. 11, no 44,‎ , p. 501–525 (DOI 10.3406/cea.1971.2781, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Youba bathily, APRES L'EMPIRE DU GHANA: Entre les Empires du Ghana et du Mali, Paris, (ISBN 9781796800616)
  6. ↑ Christian girier, Parlons soninke, Paris, L’harmattan
  7. ↑ Youba bathily, APRES L'EMPIRE DU GHANA: Entre les Empires du Ghana et du Mali, Paris