Diego Catalán

philologue espagnol

Diego Catalán Menéndez-Pidal (Madrid, 1928 – ibidem, 2008) est un romaniste, hispaniste et historien médiéviste espagnol.

Diego Catalán
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
MadridVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Diego Catalán y Menéndez-PidalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Jimena Menéndez-Pidal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Ramón Menéndez Pidal (grand-père)
María Goyri (grand-mère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Distinction

Emboitant le pas à son grand-père, le célèbre philologue Ramón Menéndez Pidal, Diego Catalán fit des études de philologie romane à Madrid, puis s’engagea dans la carrière d’enseignant, d’abord à Madrid, puis à Tenerife, avant d’accepter des postes de professeur invité hors d’Espagne et de s’installer à demeure aux États-Unis, à San Diego, jusqu’en 1988. Il retourna dans son pays natal au début des années 1980 pour y poursuivre sa carrière universitaire et prendre en charge le vaste héritage documentaire de son grand-père.

Ses travaux ont porté plus particulièrement sur le Romancero et sur les chroniques médiévales, qu’il s’attacha à éditer. Il était président de la fondation Ramón Menéndez Pidal et le coordinateur d’un vaste projet philologique, le Romancero panhispánico, lequel se donne pour but de recueillir et de conserver (également sur support informatique) tous les textes et toutes les variantes dudit Romancero.

Biographie

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Diego Catalán est le petit-fils des philologues espagnols Ramón Menéndez Pidal et María Goyri, et le fils de la pédagogue Jimena Menéndez-Pidal Goyri (1901–1990), cofondatrice du Colegio Estudio (le continuateur de l’Institution libre d'enseignement), que Diego Catalán fréquenta enfant, et du chimiste Miguel Catalán Sañudo (1894–1957), découvreur, dans les années 1920, des multiplets en spectroscopie[1].

À l’âge de huit ans, il déménagea avec sa famille de Madrid à Ségovie, où il vécut jusqu’en 1944 comme élève unique de ses propres parents et de son grand-père, dans un milieu intellectuel assez exceptionnel[2]. De 1944 à 1949, il accomplit ses études de philologie romane à l’université complutense de Madrid, chez le professeur Rafael Lapesa, tout en gardant le contact avec son grand-père qui, pour raisons politiques, vivait alors retiré, et que son petit-fils assistait sans relâche dans ses travaux et dont il devait après la mort en 1968 prendre en charge l’héritage scientifique pendant quarante années. Pour autant, Diego Catalán se garda d’adopter telles quelles et sans réserves toutes les thèses de Don Ramón[2].

En 1951, Diego Catalán obtint son doctorat avec une thèse dirigée par Rafael Lapesa et intitulée « Crónica de Alfonso XI ». Una redacción amplia desconocida. Après un bref poste comme maître de conférences à Édimbourg, de 1951 à 1952, il fut nommé assistant à l’université de Madrid, puis fut de 1954 à 1964 titulaire de la chaire de grammaire historique à l'université de La Laguna de Tenerife, prenant cependant fréquemment congé pour répondre à de nombreuses nominations comme professeur invité, tour à tour aux universités de Berkeley, du Wisconsin–Madison et de Bonn (dans cette dernière de 1963 à 1964)[3] ; son désir d’échapper à l’atmosphère pesante de l'Espagne franquiste n’était pas étrangère à ces absences à répétition[note 1]. En 1965, il s’installa à demeure aux États-Unis, enseignant derechef à Berkeley et Madison, et de 1970 à 1988 à San Diego. En 1978, il fut élu membre de l’Académie américaine des arts et des sciences. Après que sa candidature à la succession de Rafael Lapesa à l’université complutense de Madrid eut été déclinée en 1979, il occupa de 1981 jusqu’à sa retraite en 1998 une chaire à l’université autonome de Madrid[5].

Dans l’œuvre scientifique de Diego Catalán, il convient de distinguer entre ses importants services liés à sa prise en charge de l’héritage de Menéndez-Pidal d’une part, et d’autre part ses propres travaux, non moins copieux, pour lesquels son attention tendit à se déplacer au cours des années 1970 de la philologie à la recherche historique. Diego Catalán poursuivit les recherches de son grand-père autour du Romancero, en rééditant et en cataloguant, en collaboration avec d’autres, des recueils de romances, sous forme d’une longue série de volumes. Lui succéda dans cette entreprise encore inachevée la chercheuse Suzanne Petersen, de l’université de Washington, sous les espèces du projet internet Pan-Hispanic Ballad Project mené sous sa coordination.

Mérite mention également la réédition posthume de La historia de la lengua española de Ramón Menéndez Pidal, commencée pendant guerre civile espagnole à Bordeaux et comportant deux volumes (Madrid 2005).

Diego Catalán proposa une subdivision de la langue espagnole en deux variétés :

  • celle atlantique, comprenant grosso modo les variantes méridionales d’Espagne et les variantes des Amériques, et
  • celle continentale, couvrant tout le reste de la péninsule ibérique.

Archives du Romancero

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Diego Catalán s’était vu confier la gestion des fonds documentaires de l’Archivo del Romancero, qui englobe des ressources et des travaux de recherche philologique et historique, mis à la disposition des érudits au siège de la Fondation Ramón Menéndez Pidal, centre de recherche et de formation de chercheurs et hispanistes de tous horizons. Les archives, qui œuvrent depuis le XIXe siècle à recueillir des matériaux, constituent par leur richesse et leur niveau scientifique une importante référence patrimoniale pour l’étude de la culture hispanique.

L’Archivo del Romancero, considéré comme faisant partie du « Trésor national », était protégé à ce titre par la Société des Nations à Genève pendant les années de la guerre civile espagnole. Par disposition testamentaire, Ramón Menéndez Pidal légua ce fonds à son petit-fils Diego Catalán, qui ne cessa ensuite de l’enrichir.

Publications

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Liste sélective. Pour une bibliographie complète, voir (es) Juan Carlos Villaverde Amieva, « Bibliografía de Diego Catalán », Revista de filoloxía asturiana, Oviedo, université d'Oviedo, nos 6-8,‎ , p. 217–272 (ISSN 1578-9853, lire en ligne).

  • Poema de Alfonso XI. Fuentes. Dialecto. Estilo, Madrid 1953.
  • Un prosista anónimo del siglo XIV (La Gran Crónica de Alfonso XI). Hallazgo. Estilo. Reconstrucción, La Laguna 1955.
  • La escuela lingüística española y su concepción del lenguaje, Madrid 1955.
  • De Alfonso X al Conde de Barcelos. Cuatro estudios sobre el nacimiento de la historiografía romance en Castilla y Portugal, Madrid 1962.
  • Siete siglos de romancero. Historia y poesía, Madrid 1969.
  • Por campos del Romancero. Estudios de la tradición oral moderna, Madrid 1970.
  • Lingüística íbero-románica, I. Crítica retrospectiva, Madrid 1974.
  • La Tradición oral manuscrita en la "Crónica de Alfonso XI", Madrid 1974.
  • (en collaboration) El Romancero Pan-Hispánico. Catálogo General Descriptivo / The Pan-Hispanic Ballad. General Descriptive Catalogue, Madrid 1982–1988 (plusieurs tomes).
  • El español. Orígenes de su diversidad, Madrid 1989.
  • Las lenguas circunvecinas del castellano. Cuestiones de dialectología hispano-románica, Madrid 1989.
  • La Estoria de España de Alfonso X. Creación y evolución, Madrid 1992.
  • (comme éditeur) Ramón Menéndez Pidal, Antología de prosistas castellanos, Madrid 1992.
  • (comme éditeur, en collaboration avec María del Mar de Bustos) Ramón Menéndez Pidal, La épica medieval española. Desde sus orígenes hasta su disolución en el romancero, I, Madrid 1992.
  • De la silva textual al taller historiográfico alfonsí. Códices. Crónicas. Versiones y cuadernos de trabajo, Madrid 1997.
  • Arte poética del romancero oral, 2 volumes, Madrid 1997–1998.
  • (en collaboration) Catálogo analítico e índices del Archivo Romancístico Menéndez Pidal / Goyri. Romances de tema nacional, 2 volumes, Barcelone 1998.
  • La épica española. Nueva documentación y nueva evaluación, Madrid 2001.
  • El Archivo del Romancero. Patrimonio de la humanidad. Historia documentada de un siglo de historia, 2 volumes, Madrid 2001.
  • El Cid en la historia y sus inventores, Madrid 2002.
  • "Rodericus" romanzado en los reinos de Aragón, Castilla y Navarra, Madrid 2005.
  • (comme éditeur) Ramón Menéndez Pidal, Historia de la lengua española, 2 volumes, Madrid 2005, 2007.

Notes et références

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  1. ↑ Diego Catalán note à ce sujet :
    « Bien que pendant la cinquième année de mon séjour à Tenerife (la neuvième comme professeur titulaire de l’université de La Laguna) le désir impérieux se soit développé en moi d’échapper aux conséquences de l’insularisme mental que l’île favorisait, je ne jugeais pas acceptable d’entrer à l’université de Madrid en vertu de « mérites » qui n’étaient pas de mon cru (hérités et non les miens propres), ce pourquoi je m’étais formé en même temps le dessein de quitter, pour un bon bout de temps, l’Espagne renfermée et sans horizon où il m’avait été échu de grandir. Le « nationalisme », y compris sur le plan culturel, me paraissait intellectuellement castrateur et moralement inacceptable dans le monde de l’après-guerre de la Seconde Guerre mondiale[4]. »

Références

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  1. ↑ J. L. Forneiro Pérez (2009), p. 656.
  2. 1 2 J. L. Forneiro Pérez (20 ), p. 656.
  3. ↑ I. Fernández-Ordóñez Hernández (2026), p. 16-17.
  4. ↑ Diego Catalán, Archivo del Romancero, p. 386, note 171. Cité aussi par I. Fernández-Ordóñez Hernández (2026), p. 17.
  5. ↑ I. Fernández-Ordóñez Hernández (2026).

Bibliographie

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  • (es) Homenaxe a Diego Catalán (ouvrage collectif, sous la direction de Juan Carlos Villaverde Amiev), Oviedo, université d'Oviedo / Alvízoras &Trabe, coll. « Excerpta », , 272 p. (ISBN 978-84-8053-598-4), dont notamment les chapitres Diego Catalán en los Estados Unidos de Samuel G. Armistead (page 47–58) ; La impronta de la obra de Diego Catalán en la lingüística iberorrománica de María Teresa Echenique Elizondo (page 63–73) ; et |titre=Diego Catalán en la memoria de José Manuel Pedrosa Bartolomé (page 59–62).
  • (pt) O contexto hispánico da historiografia portuguesa nos séculos XIII e XIV. Em mémoria de Diego Catalán (ouvrage collectif, sous la direction de Maria do Rosario Ferreiraà, Coimbra, Imprensa da Universidade de Coimbra / Centro de Literatura Portuguesa, coll. « Cadernos de Literatura Medieval (CLP) », , 106 p. (ISBN 978-9729126178).
  • (es) Francisco Bautista Pérez, « El pasado y el texto: los estudios historiográficos y épicos de Diego Catalán », Revista de filoloxía asturiana, Oviedo, université d'Oviedo, nos 6-8,‎ , p. 169–216 (ISSN 1578-9853, lire en ligne).
  • (es) Simona Delic, « Recordando al Profesor Diego Catalán », 1616: Anuario de la Sociedad Española de Literatura General y Comparada, Madrid, Cátedra & Sociedad Española de Literatura General y Comparada (SELGYC), no 2,‎ , p. 323–337 (ISSN 0210-7287, lire en ligne).
  • (es) Inés Fernández-Ordóñez Hernández, « Entre la Filología y la Historia: memoria de Diego Catalán Menéndez-Pidal (1928-2008) », Revista de filoloxía asturiana, Oviedo, université d'Oviedo,‎ , p. 13-45 (ISSN 1578-9853, lire en ligne, consulté le ).
  • (es) Inés Fernández-Ordóñez Hernández, « Biografía Diego Catalán », sur Fundación Ramón Menéndez Pidal, Madrid (consulté le ).
  • (es) José Luis Forneiro Pérez, « Diego Catalán (1928-2008) », Estudis romànics, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans, no 31,‎ , p. 656–659 (ISSN 0211-8572, lire en ligne).
  • (es) Marcial Morera, « In Memoriam Diego Catalán (1928-2008) », Revista de Filología de la Universidad de La Laguna, San Cristóbal de La Laguna, université de La Laguna, no 27,‎ , p. 221–223 (ISSN 0212-4130, lire en ligne).

Liens externes

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