Dieu guerrier gaulois
Le Dieu guerrier gaulois, aussi appelé guerrier de Saint-Maur, est une statuette celtique en laiton datant du début du Ier siècle après J. C. et découverte en 1984 à Saint-Maur, dans l'Oise. Elle représente un guerrier vêtu d'une cuirasse tenant dans sa main un bouclier. Aujourd'hui conservée au musée de l'Oise, elle est un témoin important de la culture gallo-romaine.
| Date |
Ie siècle |
|---|---|
| Matériau | |
| Hauteur |
50 cm |
| Localisation |
Description
modifierLa statuette, composée de 18 à 22 éléments, représente un guerrier se tenant debout, les bras écartés du corps. Il porte une cuirasse souple et un ceinturon enserre sa taille. Il tient dans sa main gauche un bouclier hexagonal sur lequel se trouve un umbo. Son visage est neutre, sans émotion particulière, et accueille une barbe et une moustache. Sa tête aux cheveux courts est reliée au corps par un cou sur lequel se trouve un large torque. Elle mesure 50 centimètres de hauteur[1],[2].
Histoire
modifierCréation
modifierLa statuette est fabriquée à partir de tôles de laiton martelées à froid puis assemblées par soudage avec de l'étain. Les détails sont ciselés par la suite sur les coques ainsi créées. Les yeux de la statuette sont formés par des petites plaquettes en argent insérées dans les emplacements du visage préalablement découpés. Il est possible de supposer que des éléments en pâte de verre, désormais disparus, forment originellement les iris[1].
L’artéfact est daté du milieu du Ier siècle avant J. C. au début du Ier siècle après J. C. Cette précision est permise par l'analyse des attributs du personnage. Son bouclier, son torque et sa ceinture sont caractéristiques des créations datant de cette époque. Une fois fabriquée, la statuette creuse a dû être manipulée avec de grandes précautions pour éviter qu'elle ne se déforme[2].
Découverte
modifierLa statuette est découverte par hasard lors de l'hiver 1983-1984 à Saint-Maur, dans l'Oise. Elle est retrouvée presque complète, à l'exception de ses pieds, dans coffre recouvert de tuiles situé dans un sanctuaire gallo-romain, aux côtés de nombreuses armes. Le contexte précis de la découverte n'est pas connu. L'artéfact est déclaré en mai 1984 à la direction des Antiquités de Picardie où il est remarqué par son directeur, Jean-Luc Massy, et l'archéologue Georges-Pierre Woimant. Ils travaillent avec le directeur du musée de l'Oise, Marie-José Salmon, afin de faire entrer la statuette dans les collections de l'institution. Elle est ainsi achetée par le département de l'Oise en février 1985 avec un concours de l'État. Unique en son genre, les premières études de la statuette sont peu concluantes, alors que peu d'objets peuvent servir de comparaison. La datation est complexe, et des dates allant du début de la conquête romaine de la Gaule au Bas-Empire romain sont avancées. La possibilité qu'il s'agisse d'un faux est même évoquée[2].
Restaurations
modifierUne première restauration a lieu en 1986 et est l'occasion d'analyser les métaux utilisés. Il est par ailleurs nécessaire d'assembler la statuette, dont les nombreux éléments sont fixés sur une forme en résine. Une seconde restauration prend place en 2016 alors que la corrosion attaque l'artéfact. De nouvelles analyses plus précises, via spectrométrie de fluorescence des rayons X, et une numérisation en 3D sont effectuées. Des marques situées au niveau de la main droite témoignent de la présence d'un objet en métal, comme une épée ou une lance, auparavant fixé entre le pouce et l'index[2].
Interprétation
modifierInfluences
modifierSi la technique de fabrication de l'objet s'inscrit dans la culture gauloise, le métal utilisé semble provenir de pièces de monnaies romaines. De manière similaire, la statuette présente des caractéristiques typiquement romaines, comme la représentation d'un dieu sous la forme humaine, avec des éléments gaulois, comme la présence du torque autour du cou. Elle est le témoin de la culture gallo-romaine présente en Gaule à cette période[1].
Usage
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La nature du personnage n'est pas identifiée de manière certaine. Il s'agit peut-être d'un héros ou d'une divinité. Il est par ailleurs possible qu'il s'agisse d'un ex-voto, un objet donné en offrande à un dieu pour qu'un vœu soit exaucé[1].
Si la découverte de la statuette séparée en de nombreux éléments est remarquable, il ne s'agit pas du seul objet en tôle ayant été découvert dans cet état. Le chaudron de Gundestrup a lui aussi été trouvé démonté[2].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Dieu guerrier gaulois », sur MUDO - Musée de l'Oise
- 1 2 3 4 5 Jenny Kaurin, Shéhérazade Bentouati, Clotilde Boust et Charlotte Hochart, « Le guerrier de Saint-Maur (Oise). À la redécouverte d’une œuvre majeure de l’art gaulois », Technè, Centre de recherche et de restauration des musées de France, no 45, , p. 124–135 (ISSN 1254-7867, DOI 10.4000/techne.1363, lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean-Pierre Woimant, « Beauvais, Musée départemental de l’Oise. La statuette d’un dieu-guerrier gaulois », La Revue du Louvre et des musées de France, nos 4/5, , p. 250-252.
- Jean-Luc Collart et Marc Talon, Fouilles et découvertes en Picardie, Rennes, Éditions Ouest-France, coll. « Fouilles et découvertes », , 144 p. (ISBN 978-2-737-35437-3).
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- « Dieu guerrier gaulois », sur MUDO - Musée de l'Oise.
- [vidéo] Canopé, « Le Dieu guerrier gaulois de Saint Maur (Oise) », sur YouTube, .
- Georges Jelski, « Restauration en 1986 du guerrier de Saint-Maur (60), statuette métallique d'époque gauloise » [vidéo], sur Archipop, .