Diplomatie secrète

mission diplomatique en dehors d'un cadre officiel, des échanges diplomatiques traditionnels

En diplomatie et relations internationales, la diplomatie secrète consiste en des missions diplomatiques en dehors d'un cadre officiel, des échanges diplomatiques traditionnels.

Définition

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Jacques de Launay définit la diplomatie secrète comme suit : « Cette formule s'applique à toute mission officieuse, à toute négociation entre États hors des cadres diplomatiques normaux. Elle définit également la partie non révélée des tractations qui ont lieu en marge des entretiens officiels. Le pacte germano-soviétique de 1939 et la conférence de Yalta sont de récents modèles du genre, au même titre que les négociations d'initiative privée, menées par des diplomates amateurs, non mandatés par un gouvernement[1]. »

Exemples

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Le chevalier d'Éon, célèbre espion du Secret du Roi.
Charles Ier d'Autriche-Hongrie, timbre de Bosnie-Herzégovine, 1917.

Au XVIIIe siècle, le Secret du Roi est un service secret chargé d'établir des canaux de diplomatie parallèles sous le règne du roi Louis XV[2].

En 1916, les accords Sykes-Picot sont signés en secret entre la France et le Royaume-Uni, et prévoient le découpage du Proche-Orient à la fin de la Première Guerre mondiale[3]. Ils sont divulgués au grand public en 1917 par le gouvernement soviétique qui espère soulever les peuples contre la guerre impérialiste telle que définie par Lénine dans son ouvrage L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme[4].

Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs propositions secrètes de paix négociée sont émises, soit par des intermédiaires officieux, soit par certains chefs d'État comme le souverain austro-hongrois Charles Ier : l'historien Jacques de Launay en a compté 12 dont 11 n'ont pas abouti et une n'a réussi que partiellement. En , après l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, le président américain Woodrow Wilson, idéaliste convaincu, présente au Congrès sa déclaration des Quatorze points dont le premier promet l'abolition de la diplomatie secrète[5].

Pacte germano-soviétique : texte allemand du protocole secret.

En 1939, le Pacte germano-soviétique comporte des protocoles secrets. Ces protocoles délimitent les sphères d'influence de l'Allemagne nazie et de l'URSS dans les pays situés entre eux (Scandinavie, Finlande, pays baltes, Pologne, Roumanie, Grèce, Turquie). Ils entérinent le partage de la Pologne, l’annexion par l’URSS des pays baltes et de la Carélie[6].

Les accords d'Évian qui mettent fin à la guerre d'Algérie sont négociés en secret en 1961-1962, le gouvernement français ne pouvant pas traiter ouvertement avec les « rebelles » tandis que le FLN algérien ne veut pas afficher devant sa base la moindre concession aux colonisateurs[7].

Les accords d'Oslo de 1993 entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine ont dû être préparés en secret, la loi israélienne interdisant à ses citoyens de rencontrer des membres d'une organisation considérée comme terroriste[8].

Le jeu vidéo Anno 1701 utilise la diplomatie secrète.

Notes et références

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  1. Jacques de Launay, Histoire de la diplomatie secrète de 1914 à 1945, Marabout Université, (présentation en ligne).
  2. Olivier Brun, « Secret du Roi, in Hugues Moutouh éd., Dictionnaire du renseignement. ».
  3. Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud, « « Les accords Sykes-Picot ont reconfiguré le Moyen-Orient. » », Idées reçues, , p. 27–34 (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) Andre Gerolymatos, Castles Made of Sand: A Century of Anglo-American Espionage and Intervention in the Middle East, Macmillan, (ISBN 978-1-4299-1372-0, lire en ligne).
  5. Yves Florenne, « Une histoire de la diplomatie secrète de J. de Launay », Le Monde diplomatique, (lire en ligne, consulté le )
  6. « Lectures du pacte germano-soviétique », sur nonfiction.fr (consulté le ).
  7. Guy Pervillé, Les accords d'Évian (1962) : succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012), Paris, Armand Colin, coll. « U. Histoire. Les évènements fondateurs », 2012, chapitre 6: De Gaulle et la négociation avec le GPRA (9 janvier 1961 - 18 mars 1962)
  8. « Le legs des Accords d’Oslo : le regard de leur initiateur », sur Fondation Jean Jaurès, (consulté le )

Articles connexes

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