Divân de Hafez

recueil de tous les poèmes de Hafez de Shiraz (Iran, 14e siècle)

Le Divân de Hāfez (en persan : دیوانِ حافظ) est un ouvrage qui réunit tous les poèmes du poète iranien Hâfez de Shiraz (~1325 à ~1390). La plupart de ces poèmes sont en persan, mais certains sont aussi à la fois en persan et en arabe, et un poème est entièrement arabe. Cet ouvrage relève du genre littéraire du diwan.

Divân de Hafez
Image illustrative de l’article Divân de Hafez
Première page d'un manuscrit du Divan de 1899. Trésor de la Bibliothèque et du Musée national Malek (en), Téhéran.

Auteur Hāfez (1325-1390)
Pays Iran
Genre Divân (Recueil de poèmes)
Version originale
Langue persan
Version française
Date de parution XIVe siècle

La majeure partie du Divan est constituée par des ghazals. Le volume inclut également des poèmes qui relèvent d'autres formes poétiques, par exemple : qit'a (en) (قطعه), qasida (قصیده), mathnawi (مثنوی) et rubaʿi (رباعی)[1]. Le nombre de ghazals généralement reconnu est légèrement inférieur à 500 : 495 dans l'édition de Ghazvini et Ghani, 486[2] dans la deuxième édition de Natel-Khânlari, et 484 dans celle de Sayeh[3].

Il semble que Hafez était très célèbre de son vivant, mais il n'y a aucune preuve que les poèmes perdus pourraient avoir constitué la majorité de sa production poétique.

Formation du Divân

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Le Divân de Hafez a probablement été compilé pour la première fois après sa mort par son ami Mohammad Golandam[4]. Cependant, selon certains rapports non confirmés, Hâfez aurait publié son Divān en 1368/770 AH, ce qui signifie que l'ouvrage aurait été compilé plus de vingt ans avant sa mort. Mais il ne reste pas d'originaux de cette version.

Il existe plusieurs manuscrits célèbres en Iran, en Europe et ailleurs, datant de la deuxième moitié du XIVe siècle, soit de trente à soixante ans après la mort du poète. Les plus reconnus d'entre eux ont moins de 500 ghazals. Les versions suivantes contiennent 600 ghazals et plus. En 1958, Parviz Natel Khânlari a publié un manuscrit datant d'environ 813 AH, qui contient 152 ghazals. Des manuscrits dérivés, parfois en persan, en turc ou en ourdou, se sont succédé au cours des quatre siècles suivants[5]. Dans les poèmes de Hafez, il a été relevé 23 rythmes et dix mètres prosodiques[6].

Dans les éditions modernes, les ghazal d'un divân sont en général classés en suivant l'alphabet arabe-persan, de alif à ye, la lettre finale du premier vers[7].

Circulation du texte

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En 1988, on comptait plusieurs traduction de Divān, intégrales ou partielles, en ourdou, pendjabi, sindhi, arabe, anglais, hindi et pakistanais, français, allemand, russe, arménien, bulgare, tchèque, chinois, danois, néerlandais, finnois, grec, hongrois, italien, latin,lituanien, norvégien, polonais, portugais, roumain, serbe, suédois, espagnol et turc[8]. Le Divān ou des extraits ont été arrangés dans plusieurs langues pour être chantés.

Selon Ehsan Yarshater[9], « [a]ucun autre poète persan n'a fait l'objet d'autant d'analyses, de commentaires et d'interprétations. Aucun autre poète n'a autant influencé l'évolution de la poésie persane après le XIVe siècle. (...) Aucun autre poète persan ne possède à la fois une imagination aussi fertile, une diction aussi raffinée, un choix de mots aussi judicieux et des expressions aussi mélodieuses. »

Page de la table des matières du Divân, éd. M. Ghazvini-Q. Ghani (1941) : « Lettre alif, douze ghazal ; , deux ghazal ; , 81 ghazal ».

Selon des experts et des catalogueurs, pendant les quatre cents ans de compilation du Divān, du XIVe siècle jusqu'à sa publication à Calcutta en 1791 AD / 1206 AH, cet ouvrage a été copié plus que toute autre œuvre littéraire[10]. Environ 1 700 manuscrits du Divān de Hafez se trouvent non seulement en Iran, mais dans toute région géographique de langue persane, et parmi toutes les classes sociales. En terme d'audience dans les pays de langue persane, il a dépassé toutes les grandes œuvres de la littérature persane[11].

À partir des poèmes de Hâfez, on a publié des collections complètes ou incomplètes, critiques ou non critiques, des lithographies, de la calligraphie, des fac-similés. Au moins trois cents copies imprimées du Divān ont été mentionnées depuis 1988, et le nombre continue d'augmenter[12]. L'influence de Hafez sur la vie des Iraniens se reflète dans la popularité dont jouissent ses poèmes depuis les générations précédentes jusqu'à nos jours, et la présence et la citation de ces poèmes dans les conversations quotidiennes. Son œuvre a inspiré un nombre exceptionnel de calligraphes, peintres, tisseurs de tapis et artistes[13].

Notes et références

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  1. Moʿin 1996, p. 291
  2. C'est le nombre retenu dans l'édition de Charles-Henri de Fouchécour, Verdier, 2006 (V. « Bibliographie » ci-dessous)
  3. Johannes Thomas Pieter de Bruijn, « Hafez iii. Hafez's Poetic Art », sur iranicaonline.org, Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
  4. Ḵorramšāhi 2016
  5. Wickens 1986, p. 56
  6. Zereškīān 2018, p. 2565
  7. (en) François de Blois, « Dîvân », sur iranicaonline.org, Encyclopaedia Iranica, 1995 (last update 2017) (consulté le )
  8. Niknām 1988
  9. Ehsan Yarshater, « Hafez i. An overview », sur iranicaonline.org, Encyclopaedia Iranica, (consulté le )
  10. Neysārī, p. 655 in (fa) A. Abdollāhī, J. T. P. de Bruijn, B. Ḵorramšāhī, K. Ḥasanlī, S. Neysārī, M. Nīknām, T. Purnāmdārīān, « Ḥāfeẓ », dans Esmāʿīl Saādat (Ed.), Dānešnāme-ye Zabān va Adab-e Fārsī, vol. 2, Tehran, Farhangestān-e Zabān va Adab-e Fārsi, (ISBN 978-9-647-53162-7)
  11. Mīranṣārī, p. 837–838, in (fa) S. Abdallāh, Ā. Āzarnuš, B. Bāqerī, ʿA. Bayā, ʿA. Bolukbāšī, A. Dādbeh, T. Hāšempur sobḥānī, D. Ingenito, S. Kordmāfī, B. Ḵorramšāhī, T. Sājedī, S. Sajjādī, M. Semsār, E. Šams, ʿA. Masʿūdī arānī, H. Meythamī, ʿA. Mīranṣārī, H. Nekuruḥ, A. Pākatchī, « Ḥāfeẓ », dans Mousavī Bojnūrdī, Moḥammad kāẓem (Ed.), Dā′eratolma′āref-e Bozorg-e Eslāmī, vol. 19, Tehran, Markaz-e Dā′eratolma′āref-e Bozorg-e Eslāmī, (ISBN 978-6-006-32604-7)
  12. Ḵorramšāhi, p. 658 in (fa) ʿA. ʿAbdollāhī et al., « Ḥāfeẓ », dans Esmāʿīl Saādat (Ed.), Dānešnāme-ye Zabān va Adab-e Fārsī, vol. 2, Tehran, Farhangestān-e Zabān va Adab-e Fārsi, (ISBN 978-9-647-53162-7)
  13. Semsār in (fa) Ṣ. ʿAbdallāh et al., « Ḥāfeẓ », dans Mousavī Bojnūrdī, Moḥammad kāẓem (Ed.), Dā'eratolma'āref-e Bozorg-e Eslāmī, vol. 19, Tehran, Markaz-e Dā′eratolma′āref-e Bozorg-e Eslāmī, (ISBN 978-6-006-32604-7)

Voir aussi

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Bibliographie

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Traductions en français

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Études

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  • Charles-Henri Fouchécour, « Introduction et commentaires », dans Hâfez, Le Divân, Paris, Verdier - POF, , 1280 p. (ISBN 978-2-864-32471-3), p. 7-79 et passim
  • (fa) Bahāʾ-al-Din Ḵorramšāhi, Zehn-o-zabān-e Ḥāfeẓ, Tehran, Nāhid, (ISBN 978-9-64-620518-5)
  • (fa) Moḥammad Moʿin, Ḥāfeẓ-e širin-soḵan, vol. 1, Tehran, Sedāye Mo'āser, (ISBN 978-8-843-59843-4)
  • (fa) Mehrdād Niknām, Ketāb-šenāsī-e Ḥāfeẓ, Tehran, Elmi-o Farhangi,
  • (en) G.M. Wickens, « Ḥāfiẓ », dans B. Lewis ; V.L. Menage ; Ch. Pellat ; J. Schacht (Eds.), Encyclopaedia of Islam, vol. 3, Leiden, Brill, (ISBN 9-004-08118-6)
  • (fa) Bījan Zereškīān, « Vazn, Radīf, Qāfīe », dans Bahāʾ-al-Din Ḵorramšāhi (Ed.)., Dānešnāme-ye Ḥāfeẓ va Ḥāfeẓ-pajuhī, vol. 4, Tehran, Noḵostān-e Pārsī, (ISBN 978-6-009-97646-1)

Articles connexes

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Liens externes

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