Dolmen de Lamalou
Le dolmen de Lamalou est un dolmen situé à Rouet, dans le département français de l'Hérault. La conservation du dolmen est exceptionnelle pour la région.
| Dolmen de Lamalou | ||||
Dolmen de Lamalou. | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Type | Dolmen | |||
| Période | Néolithique | |||
| Protection | ||||
| Caractéristiques | ||||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 43° 49′ 27″ nord, 3° 47′ 58″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Occitanie | |||
| Département | Hérault | |||
| Commune | Rouet | |||
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Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
Géolocalisation sur la carte : France
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Historique
modifierL'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. Il a été restauré en 1977[2].
Description
modifierC'est l'un des rares dolmens languedociens à avoir conservé la quasi-totalité de ses éléments de construction (tumulus, couloir, antichambre, chambre et dalles de couverture)[2]. Le dolmen est enserré dans un grand tumulus mesurant 15 m de diamètre et 3 m de hauteur[3]. La base du tumulus a été consolidée avec une rangée circulaire de dalles plantées verticalement[3].
Le dolmen ouvre au sud-ouest dans le sens de la pente naturelle[4]. Le couloir mesure 5,10 m de long sur environ 1 m de large[4]. Il est légèrement arqué et désaxé mais cela pourrait résulter de la poussée exercée par la masse tumulaire[4]. Il est délimité par des murs en pierres sèches atteignant au maximum environ 1 m de hauteur près de l'entrée de l'antichambre. L'entrée du couloir était marquée par une grosse pierre de seuil mentionnée par Arnal mais qui a disparu depuis[4]. La partie terminale, à 3 m du seuil, est recouverte par deux dalles de couverture reposant directement sur les murs en pierres sèches. On ne sait pas si le couloir était entièrement couvert à l'origine, auquel cas la hauteur sous dalle aurait nécessiter de ramper pour accéder à la chambre[4]. Le couloir et l'antichambre sont séparés par une cloison constituée de deux dalles verticales dont une a été percée d'une ouverture en forme de « porte de four » (0,74 m de large sur 0,90 m de haut). L'antichambre mesure environ 2 m de long sur 1,80 m de large pour une hauteur variant de 0,90 à 1 m. Les murs sont en pierres sèches, constitués de dallettes de faible épaisseur[4] : le mur nord comportait un léger encorbellement lors de sa découverte mais le mur sud était déjà effondré lors des fouilles. L'antichambre est recouverte de deux dalles. Cette couverture a été renforcée lors de la restauration par une troisième dalle superposée[3].
La chambre adopte un plan légèrement trapézoïdal : 2,24 m de large côté entrée, 2,17 m côté chevet avec une profondeur d'environ 2,10 m. Elle est délimitée par des orthostates inclinées vers l'intérieur de la chambre dont les interstices ont été comblés avec des murets en pierres sèches. L'entrée est formée de deux dalles dont les parties supérieures se chevauchent partiellement laissant entre elles à la base une ouverture triangulaire de 0,50 m de large sur 1 m de hauteur. Une dalle brisée (0,80 m sur 0,64 m) découverte devant l'ouverture devait correspondre à la porte d'origine. Cette dalle-porte comporte une échancrure dans sa partie supérieure. La dalle de chevet est légèrement plus hautes que les dalles latérales : il en résulte que la hauteur sous dalle atteint 1,88 m à l'entrée et 2,10 m côté chevet. L'ensemble est recouvert d'une unique table de couverture (3,50 m sur 2,50 m et 0,22 m d'épaisseur) de forme ovale qui déborde sur 1,20 m de long au-dessus de l'antichambre[3].
Le sol de la chambre est recouvert de d'un dallage grossier, le sol de l'antichambre devait être en terre battue[3]. Le dolmen présente de très grandes similitudes architecturales avec un autre dolmen voisin, le dolmen des Feuilles[3],[4].
Matériel archéologique
modifierLa couche archéologique, recouverte d'un cailloutis, a livré un mobilier archéologique important dans toutes les parties du dolmen mais c'est l'antichambre qui s'est révélée être la plus riche[3].
Plus de 50 Kg d'ossements humains, très fragmentés, et environ 2 270 dents intactes ont pu être recueillis lors des fouilles[3]. Le matériel lithique en silex découvert est abondant : 2 grandes fines lames et 6 lames larges, 2 poignards, 8 fragments microlithiques, 2 fragments de pointe de flèche (dont 1 à pédoncule), 12 grattoirs et 253 fragments et éclats divers[4]. L'industrie osseuse est constituée de 18 poinçons en os (tibia de lapin)[4].
Les éléments de parure sont nombreux : plus de 80 perles (en stéatite, callaïs, calcite, bronze), une vingtaine de pendeloques (dents d'animaux percées, coquillage)[3]. Le matériel céramique découvert correspond à des fragments de poteries mal cuites avec une ornementation très simple (cordons en relief, profondes incisions)[3] correspondant au minimum à 11 récipients[4].
Le mobilier archéologique est conservé au musée et au dépôt de Lattes[4].
Notes et références
modifier- ↑ « Dolmen de Lamalou », notice no PA00103682, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- 1 2 Roudil 1978.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Arnal et Louis 1936.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Bec Drelon 2016.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean Arnal et Maurice Louis, « La sépulture mégalithique du Lamalou », Cahiers d'histoire et d'archéologie, Nîmes, s.n., no 11, , p. 1-15 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
- Noisette Bec Drelon, « Réflexions sur l’implantation et l’architecture des dolmens à couloir et à antichambre du Causse de l’Hortus (Hérault, France) », dans Guillaume Robin, André D'Anna, Aurore Schmitt, Maxence Bailly, Fonctions, utilisations et représentations de l’espace dans les sépultures monumentales du Néolithique européen, Presses universitaires de Provence, (ISBN 979-10-320-0370-1, DOI https://doi.org/10.4000/books.pup.4840), p. 35-51
- Jean-Louis Roudil, « Circonscription de Languedoc-Roussillon - Informations archéologiques », Gallia préhistoire, vol. 21, no 2, , p. 685 (lire en ligne [PDF])
- (de) Urs Schwegler, Chronologie und Regionalität neolithischer Kollektivgräber in Europa und in der Schweiz : Dolmen à antichambre du Lamalou, Rouet (Hérault) [« Chronologie et régionalisme des sépultures collectives néolithiques en Europe et en Suisse »], Hochwald (Suisse), Librum Publishers & Editors, , 321 p., 21 cm (ISBN 978-3-9524542-0-6, DOI 10.19218/3952454206, lire en ligne [PDF]), p. 164
Articles connexes
modifierLiens externes
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