Parc de Bourran
Le parc de Bourran est un parc français situé sur la commune de Mérignac, dans le département de la Gironde. Ancien domaine viticole, il a été conçu par le paysagiste Louis Le Breton. Le parc et le château sont inscrits aux Monuments historiques le [1].
| Parc de Bourran | |
Le château de Bourran. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | |
| Commune | Mérignac |
| Superficie | 18 ha |
| Cours d'eau | Devèze, plan d'eau |
| Caractéristiques | |
| Type | Parc |
| Gestion | |
| Propriétaire | Ville de Mérignac (parc) Département de la Gironde (château) |
| Protection | Inscrit Monuments historiques (9/01/1992) |
| Lien Internet | merignac.com |
| Localisation | |
| Coordonnées | 44° 50′ 19″ nord, 0° 37′ 46″ ouest |
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Histoire
modifierDomaine viticole des Bourran
modifierAu XVIIe siècle, les Bourran, une famille de parlementaires bordelais fait du domaine planté de vignes son lieu de villégiature. Elle peut ainsi déguster son propre vin, comme il était de bon ton à cette époque[2]. Par la suite, les Minimes de Bordeaux s'installèrent sur le domaine.
Au XVIIIe siècle, le domaine viticole et sa chartreuse appartiennent au marquis de Cazeaux, président à mortier du Parlement de Bordeaux.
Propriété de Saige
modifierLa seigneurie de Bonoas est détenue en 1768 par Gabriel de
Bourran
En 1768, il est acquis par François-Armand de Saige, richissime négociant et parlementaire, maire de Bordeaux en 1791. Le domaine de Bourran est alors intégré dans un système beaucoup plus large puisque son propriétaire y contrôlait tout, de la production à la vente des vins destinés essentiellement à être exporter vers les Antilles[3].

De même, en 1775, Saige fait ériger une glacière, conçue alors comme la « plus grande de France »[4]. Ses caves voûtées sont creusées dans le calcaire jusqu’à dix mètres de profondeur, et servent à entasser la glace provenant des eaux gelées de la Devèze durant l’hiver ou venant des Pyrénées[5]. En cette fin du XVIIIe siècle, la production de sucre par les esclaves dans les colonies permet l'essor de la gastronomie sucrée. Les nobles et la bourgeoisie appréciant particulièrement les sorbets de fruit[2],[6],[7].
Trop puissant, trop riche et trop influent, Saige est arrêté sous la Terreur et guillotiné le 2 brumaire An II (). Son hôtel particulier situé cours du Chapeau-Rouge à Bordeaux, et son domaine à Mérignac, sont saisis comme biens nationaux et inventoriés en frimaire (). Cet inventaire permet d'attester d’un style de vie où l’opulence et le luxe dominent et où l’on a l’habitude de recevoir. On y recense par ainsi 3 buffets, 9 tables, 80 chaises, 94 fauteuils, etc. De même, il renseigne sur l'activité viticole du domaine. On y apprend que l'exploitation produit alors entre 38 et 80 tonneaux de vins rouges classés dans les Graves. Cette production, très fluctuante d'année en année, diminuera très nettement avec la crise du phylloxéra[8].
Par la suite, le domaine change plusieurs fois de mains et de devenir, au milieu du XIXe siècle, la propriété de Louis Marcotte de Quivières, maire de Mérignac, conseiller général de Gironde et ancien sous-préfet[8].
Propriété de Ravesies et Piganeau
modifierEn 1865, le domaine est acquis par l'armateur Émile Ravesies et son gendre, le banquier bordelais Léopold Piganeau. En 1869, ils font raser la chartreuse du XVIIIe siècle et bâtir l'année suivante l'édifice actuel, d'inspiration classique, par Jules et Paul Lafargue[8].

En 1890, ils chargent le paysagiste orléanais Louis Le Breton de dessiner le parc : l'arrivée de la Devèze débouche sur un étang ; des petits ponts sont aménagés ainsi qu'une porte décorative en pierre[8].
- Les aménagements du parc
- L'étang.
- Le pont et la porte en pierre.
- La fausse cascade.
La banque Piganeau connaît un revers de fortune à la fin du XIXe siècle avec le projet de construction du canal de Panama et la famille se trouve alors dans l’obligation de vendre le domaine, vente qui a été probablement effectuée en plusieurs lots entre 1907 et 1910[8].
Lotissement et reconversion au XXe siècle
modifierÀ partir de 1912, les terres à vignes sont loties pour laisser place au quartier Bourranville. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château, propriété de la famille Momus, est occupé par les Allemands à partir de 1942[8].
En 1944, la propriété est réquisitionnée pour y installer l’école normale d’instituteurs, avant de devenir en 1947 la propriété du Conseil Général de la Gironde[8].
En 1992, le château et le parc sont inscrits aux monuments historiques[9].
Le château est aujourd'hui le siège de l'institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPE) de l'académie de Bordeaux (anciennement École normale d'instituteurs puis IUFM, ESPE d'Aquitaine). Le parc est communal.
Le château
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De plan rectangulaire, ce château d'inspiration classique se compose d'un ensemble de trois corps de logis, d'un étage et à trois baies chacun, coiffés d’un comble d’ardoise s’ouvrent sur le jardin. Un portique a été ajouté sur chaque façade, ainsi qu’un corps de logis supplémentaire à chaque extrémité[8]. La façade sud du corps central est décorée d'un style néo-Renaissance[9].
A l’intérieur un couloir orné de colonnes longe la façade et permet l’accès à un escalier se situant de chaque côté. Il donne également accès à une enfilade de pièces de réception donnant sur le parc. Le sculpteur Tapiau fit des éléments de décoration : les pièces sont ornées de décors peints et de boiseries[9],[8].
Le parc
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Le Parc de Bourran s'étend actuellement sur 18 ha agrémentés d'un vaste plan d'eau alimenté par la Devèze, La rivière est enjambée par un pont romantique en fausse ruine et comporte une cascade artificielle. Sont présentes des essences variées et des pelouses à compositions florales. Le parc propose des aires de jeu et s'anime d'animaux exotiques.
Vingt-quatre essences, en grand nombre originaires des États-Unis, sont répertoriées dans le topoguide : aulne glutineux, caryer blanc, charme, cèdre de l'Atlas, cèdre de Californie, cèdre du Liban, cèdre de l'Himalaya, chêne à lattes ou chêne à feuilles de laurier, chêne chevelu ou chêne de Bourgogne, chêne rouge d'Amérique, chêne vert, copalme d'Amérique, cyprès chauve ou cyprès des marécages, frêne commun ou grand frêne, hêtre commun ou fayard, if commun, magnolia à grandes feuilles, métaséquoïa, orme de Sibérie, platane à feuilles d'érable, saule blanc, séquoïa géant, séquoïa toujours vert, véritable hêtre pourpre. Un système d'étiquetage avec nom vulgaire et nom scientifique permet de les identifier sur place.
Éléments protégés
modifierLe château et le parc sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le [9].
Notes et références
modifier- ↑ « Château Bourran et son parc », notice no PA00083909, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 15 août 2011.
- 1 2 (Gilliard et Gilliard 2009, p. 65).
- ↑ Marguerite Figeac-Monthus, « La constitution d'un domaine viticole des Graves : le chateau Bourran », dans La construction de la grande propriété viticole en France et en Europe XVIe-XXe siècles, Féret, , 77–91 p.
- ↑ Gilliard et Gilliard 2009, p. 56-58.
- ↑ « La Glacière », sur www.merignac.com (consulté le )
- ↑ Lieux d’intérêt patrimoniaux, « Glacière », sur identificationpatrimoine.bordeaux-metropole.fr (consulté le )
- ↑ Olivier Delhoumeau, « Faire parler le passé », sur SudOuest.fr, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 AQU'EDUC, « Le château Bourran : un lieu d'éducation - 1 - Un château viticole », sur Patrimoine Aquitain de l'Éducation, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Château de Bourran », notice no PA00083909, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Ginette Gilliard et Pierre Gilliard, Origine et essor des quartiers de Mérignac, éditeur P-F&G. Gilliard, 2009 (2e édition), 236 p. (ISBN 978-2-9518312-1-6)
- Marguerite Figeac-Monthus, « La constitution d'un domaine viticole des Graves : le chateau Bourran », dans La construction de la grande propriété viticole en France et en Europe XVIe-XXe siècles, Féret, , 77–91 p.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- « Plaquette du parc de Bourran » [PDF] (consulté le )
- Site officiel
