Villa et jardins des Colombières

villa à Menton (Alpes-Maritimes)

La villa et les jardins des Colombières sont un domaine classé Monument historique situé à Menton (Alpes-Maritimes), en France.

Domaine des Colombières
Présentation
Type
Fondation
Créateur
Ferdinand Bac (jardin)Voir et modifier les données sur Wikidata
Occupant
Patrimonialité
Localisation
Adresse
312 route de Super GaravanVoir et modifier les données sur Wikidata
Menton, Alpes-Maritimes
 France
Coordonnées
Carte

Localisation

modifier

Le domaine des Colombières est situé à Menton, 312 route de Super Garavan, au nord-est de la ville, à peu de distance de la frontière italienne. Il se trouve dans la pente entre le boulevard de Garavan et l'autoroute A8, à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer, et domine la baie de Garavan.

Histoire

modifier

Le philosophe Alfred Fouillée, à la recherche d'un climat mieux adapté à ses problèmes de santé, est amené à s'installer à Menton. Il fait l'acquisition de la propriété des Colombières et y fait construire en 1903 une maison qui sera le noyau de la future villa.

Émile et Caroline Ladan-Bockairy achètent en 1918 le domaine des Colombières, dont ils veulent faire leur résidence d'hiver. En 1920, ils confient à leur ami Ferdinand Bac[1] la mission d'aménager la maison et les jardins, en lui laissant la plus grande liberté. Ferdinand Bac a exposé son programme dans un ouvrage qu'il a consacré aux Colombières, la plus aboutie de ses réalisations. Il s'agit pour lui, non de faire une reconstitution quasi-archéologique du style d'une époque déterminée[2], mais de « faire un choix des formes nées de la Méditerranée, de les dépouiller de ce qui accuse le caractère si précis des temps, des religions et des règnes, et d'en dégager une synthèse relativement claire pour retrouver le signe ancestral qui les unifie toutes dans une seule famille, baignée par la même mer, le même climat et la même culture originelle[3]. »

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Menton est évacuée. Les Ladan-Bockairy et Ferdinand Bac doivent quitter la villa. Ils vivent d'abord dans l'Ariège, puis retournent dans la propriété des Ladan-Bockairy à Compiègne. L'armée italienne fait du domaine un centre de convalescence pour les soldats blessés ; l'état de la propriété souffre gravement de cette occupation. Émile Ladan-Bockairy et Ferdinand Bac meurent à Compiègne en 1952 ; Caroline vient alors vivre aux Colombières jusqu'à sa mort en 1957[4].

Après la mort de Caroline Ladan-Bockairy, la villa a appartenu à son fils, dont la veuve est morte en 1991 ; ils convertissent la villa en hôtel-restaurant, puis en chambres d'hôtes. La propriété est rachetée en 1995 par Michael[5] et Margaret Likierman[6], qui en ont entrepris de 1995 à 2000 une restauration très soignée[7].

Plaque avec inscription en latin : Ferdinand Bac a aménagé la maison et les jardins, 1920-1924.

L'ensemble du domaine, c'est-à-dire les bâtiments avec leur décor et les jardins avec leurs fabriques et les éléments de statuaire, est classé par arrêté du [8].

Description

modifier

Les éléments choisis par Ferdinand Bac pour la décoration de la villa et des jardins multiplient les références à l'Antiquité méditerranéenne : inscriptions latines sur les murs extérieurs et intérieurs de la villa, façades couvertes d'un enduit rouge pompéien, peintures, statues et bas-reliefs d'inspiration antique, colonnade du patio, obélisque, etc.

La villa

modifier

Le cœur de la villa est constitué par la maison construite en 1903 par Alfred Fouillée, un bâtiment rectangulaire sur trois niveaux avec un avant-corps central sur la façade sud-ouest. Ferdinand Bac y ajoute de chaque côté une aile en prolongement, en retrait par rapport à la façade sud-ouest. Il modifie complètement les ouvertures et réaménage la décoration des intérieurs.

Une extension comprenant une grande terrasse et la piscine est ajoutée au sud-est dans les années 1990. Les trois niveaux se répartissent ainsi : le niveau central (rez-de-chaussée un peu surélevé) est occupé par les pièces de réception, de vie et de détente : vestibule, salle à manger, salon-bibliothèque, salon de musique prolongé par un porche ouvert donnant sur l'atrium, avec son bassin et sa colonnade ; le premier étage accueille cinq chambres, dont certaines sont agrémentées d'un balcon ou d'une petite terrasse, des salles de bain et un dressing ; le soubassement, en partie enterré, comporte un appartement indépendant et une cuisine d'été donnant sur la terrasse.

Les jardins

modifier

Les jardins ont aujourd'hui une surface de 3,5 hectares. Lorsque le domaine a été acheté par les Ladan-Bockairy, des terrains contigus ont été acquis ; à l'inverse, après la mort de Caroline, ses héritiers ont vendu des terrains, surtout dans la partie nord de la propriété et le domaine s'est trouvé diminué de la moitié de sa surface[4]. Il reste cependant une partie du domaine de l'autre côté de la route de Super Garavan, au nord ; elle est reliée à la partie principale des jardins par deux passerelles qui passent au-dessus de la route.

On y trouve un caroubier millénaire, sans doute le plus vieux de France[9].

Le mausolée a été construit en 1932 au bord de la falaise qui domine à l'est la route de Super Garavan pour accueillir le couple Ladan-Bockairy et leur ami Ferdinand Bac. Caroline Ladan-Bockairy y est inhumée, mais il semble bien que son époux et Ferdinand Bac, morts à quelques jours de distance à Compiègne en , n'aient jamais quitté le cimetière du Nord, à Compiègne[10].

Notes et références

modifier
  1. ↑ Ferdinand Bac est un petit-fils de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie.
  2. ↑ Comme l'a fait Emmanuel Pontremoli en réalisant à la villa Kerylos la reconstitution d'une villa grecque à la demande de Théodore Reinach.
  3. ↑ Cité par C. Prélorenzo, J.-L. Bonilio, J.-M. Chancel, A. Hayot, « Les villas de la Côte d'Azur (1920-1940). Entre modernité et régionalisme », Les Cahiers de la recherche architecturale, no 14, 1er trimestre 1984, p. 34-35.
  4. 1 2 Dossier de l'Inventaire.
  5. ↑ Ancien président-directeur général d'Habitat France. Par la suite, Michael Likierman a entrepris la restauration de la villa E-1027 d'Eileen Gray à Roquebrune-Cap-Martin. Raphaël Morata, « Michael Likierman redonne vie à la villa d’Eileen Gray », Point de vue, 13 septembre 2021.
  6. ↑ Margaret Likierman (1940-2018) s'est surtout consacrée à la restauration et à l'amélioration des jardins, de 1995 à sa mort à Paris en 2018. Une plaque rappelant son souvenir est apposée sur un mur du mausolée. Le texte de la plaque précise en latin que ses cendres ont été dispersées dans le jardin : In hoc horto delectato cineres Margaritae a caris amicis dispersi sunt, « Les cendres de Marguerite ont été dispersées par ses chers amis dans ce jardin qu'elle aimait. »
  7. ↑ « Le domaine des Colombières, un joyau secret de Menton ».
  8. ↑ Notice no PA00080761, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. ↑ L'Éventail, 27 février 2018.
  10. ↑ Cimetières de France et d'ailleurs.

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • Ferdinand Bac, Les Colombières, ses jardins et ses décors, Paris, Louis Conard, 1925.
  • J. Tricotti, Ferdinand Bac et les Colombières, mémoire de maîtrise d'histoire de l'art, Université d'Aix-Marseille, 1978-1979.
  • C. Prélorenzo, J.-L. Bonilio, J.-M. Chancel, A. Hayot, « Les villas de la Côte d'Azur (1920-1940). Entre modernité et régionalisme », Les Cahiers de la recherche architecturale, no 14, 1er trimestre 1984, p. 26-41, voir p. 33-35 (en ligne).
  • Pierrick Faye, « Immobilier : Les Colombières, propriété historique de Menton, mise aux enchères », Les Échos, (en ligne).

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier