Domenico Rea
Domenico Rea, né à Naples le où il est mort le , est un écrivain italien, parfois associé au mouvement néoréaliste.
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(it) www.domenicorea.it |
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Biographie
modifierSon père, Giuseppe, est carabinier, tandis que sa mère, Lucia Scermino, sage-femme. Avant Domenico, deux sœurs, Raffaella et Teresa, avaient vu le jour. En 1924, la famille s'installe à Nocera Inferiore, ville natale de son père.
Après l'école primaire, Domenico Rea fréquente une école professionnelle ; sa découverte de la littérature se fait par hasard. Il dérobe ses deux premiers livres sur une charrette lors d'un marché à Salerne : les Petites Œuvres morales de Giacomo Leopardi et le premier volume de l'Histoire de la littérature italienne de Francesco de Sanctis. Dès 1937, il commence à écrire.
En 1939, il participe à un concours littéraire organisé par la revue Omnibus, dirigée par Leo Longanesi, avec la nouvelle È nato. Bien qu'il ne remporte pas le concours, Longanesi salue son travail et l'encourage à poursuivre l'écriture. Il commence à collaborer à l'hebdomadaire salernitain Il Popolo fascista ainsi qu'à Noi giovani, le bimensuel des Groupes universitaires fascistes.
Il rencontre à Naples Francesco Flora, qui l'aide à publier une nouvelle, La figlia di Casimiro Clarus, dans la revue Mercurio, dirigée par Alba de Céspedes. Après la guerre, Rea vit un certain temps à Milan, où il entre en relation notamment avec l'éditeur Alberto Mondadori, mais il retourne à Nocera où il poursuit son travail d'écriture tout en enchaînant les petits boulots, constamment sous pression financière. Fin 1947, Mondadori publie son recueil de nouvelles Spaccanapoli. Rea écrit aussi une pièce de théâtre, Le formicole rosse, parue en 1948, mais qui ne sera mise en scène pour la première fois qu'en 1958. Après un court séjour au Brésil, il parvient à trouver un emploi fixe à Naples, à la Surintendance des galeries d'art.
Domenico Rea trouve enfin le succès avec Gesù, fate luce (Jésus, fais la lumière !), un recueil de nouvelles publié en 1950. L'ouvrage figure parmi les candidats au prix Bagutta, se classe deuxième parmi les cinq finalistes du prix Strega et remporte le prix Viareggio (présidé par Leonida Rèpaci) ; il est traduit à l'étranger et les droits d'adaptation cinématographique sont demandés. Rea commence à collaborer avec des journaux.
En 1953 paraît Ritratto di maggio, un récit semi-autobiographique sur le milieu scolaire, et, en 1955, Quel che vide Cummeo, un nouveau recueil de nouvelles. En 1958, sous le titre Una vampata di rossore (Cancer baroque), il publie enfin son premier roman. L'œuvre, qui relate une tragédie familiale liée à la mort d'une figure maternelle, ne reçoit pas l'accueil espéré, ni de la part de la critique ni de celle du public. Cette expérience littéraire marque le début d'une crise et d'un silence qui dureront de nombreuses années.
En 1960, il fonde avec Luigi Incoronato, Michele Prisco, Mario Pomilio, Leone Pacini Savoj et Gianfranco Venè la revue Le ragioni narrative, mais la publication cessera l'année suivante. Entre 1960 et 1961 paraît Il re e il lustrascarpe, un recueil d'essais et d'articles de presse. En 1965, il remporte le prix Settembrini pour I racconti, un recueil regroupant l'ensemble de ses nouvelles. La même année, il publie L'altra faccia, un recueil varié mêlant poèmes, nouvelles et un essai autobiographique au ton amer qui donne son titre à l'ouvrage.
À Naples, il organise des événements culturels pour la librairie Guida, accueillant des écrivains tels que Jack Kerouac, Allen Ginsberg et Giuseppe Ungaretti. En 1970, Rea devient journaliste pour le centre de radiodiffusion de la RAI à Naples et commence à collaborer au quotidien Corriere della Sera. Parmi les ouvrages marquants de cette période figure Fate bene alle anime del Purgatorio, publié en 1977. À partir de 1980, il collabore régulièrement au journal Il Mattino, pour lequel il rédige une série de récits de voyage.
La deuxième moitié des années 1980 marque son retour à un rythme de publication régulier : le recueil Il fondaco nudo en 1985, Pensieri della notte en 1987, Crescendo napoletano en 1990, L'ultimo fantasma della moda en 1992 et, enfin, le roman Ninfa plebea, qui remporte le prix Strega 1993.
Rea meurt d'un accident vasculaire cérébral le 26 janvier 1994. Il est inhumé dans la chapelle Angrisani du cimetière de Nocera Inferiore. Ses archives sont conservées au Centre de recherche sur la tradition manuscrite des auteurs modernes et contemporains de l'université de Pavie.
Vie privée
modifierDurant la guerre, il fait la connaissance d'Annamaria Perilli, qui deviendra en 1949 son épouse. Ils auront une fille, Lucia, née en 1954. En 1944, il adhère au Parti communiste et en devient le secrétaire pour la section de Nocera. Il rompra avec le parti au retour d'un voyage à Prague en 1956.
Œuvres traduites en français
modifier- Cancer baroque [« Una Vampata di rossore »], trad. de Marguerite Pozzoli, Arles, France, Actes Sud, coll. « Lettres italiennes », 1988, 301 p. (ISBN 2-86869-286-9)
- Jésus, fais la lumière !, suivi de Les Deux Naples [« Gesù, fate luce ! »], trad. de Marguerite Pozzoli, Arles, France, Actes Sud, coll. « Lettres italiennes », 1989, 221 p. (ISBN 2-86869-433-0)
- Spaccanapoli [« Spaccanapoli »], trad. de Michel Arnaud, Lagrasse, France, Éditions Verdier, coll. « Terra d'altri », 1990, 160 p. (ISBN 2-86432-080-0)
- Enfants de Naples, trad. de Maria Brandon-Albini, éd. du Burin, série pour la Ligue de l'Enseignement, "Les Portes de la vie", 1966, 279 p. (avec des suppléments)
- Visite privée, Naples, photos de Kenneth Poulsen, Paris, Éditions du Chêne, coll. « Visite privée », 1991, 159 p. (ISBN 2-85108-665-0)
Prix et récompenses
modifier- Prix Viareggio 1951 pour Gesù, fate luce ! (Jésus, fais la lumière !)
- Prix Strega 1993 pour Ninfa plebea.
Adaptation cinématographique
modifier- Ninfa plebea, par Lina Wertmüller, 1996