Domus de janas du rocher de l'Éléphant

masse rocheuse en Sardaigne

La domus de janas du rocher de l'Éléphant est un groupe de deux tombes préhistoriques creusées dans la roche situé à Castelsardo, en Sardaigne (Italie).

Domus de janas du rocher de l'Éléphant
Image illustrative de l’article Domus de janas du rocher de l'Éléphant
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la Sardaigne Sardaigne
Province Sassari
Commune Castelsardo
Type Domus de janas
Coordonnées 40° 53′ 23″ nord, 8° 44′ 46″ est
Altitude 182 m
Histoire
Époque Néolithique récent
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Dans le Bien Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas
Numéro
d’identification
1730-009
Année d’inscription (47e session)
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Domus de janas du rocher de l'Éléphant
Domus de janas du rocher de l'Éléphant
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Domus de janas du rocher de l'Éléphant
Domus de janas du rocher de l'Éléphant

Historique

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En 1837, V. Angius signale une « domus de janas » ( maison des fées) dans un rocher isolé à proximité du nuraghe Paddaggiu, mais sans lui donner de nom spécifique. La localité proche était alors connue sous le nom de « Sa Pedra Pertunta » (la pierre percée). En 1914, E. Benetti rebaptise le site « Roccia dell'Elefante » (le rocher de l'éléphant) en raison de sa forme. À la fin du XIXe siècle, le rocher est épargné par la construction de la route nationale n° 134[1].

Le rocher de l'Éléphant.

En 2025, le site archéologique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO, en tant que partie du bien « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas »[2].

Description

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Les deux tombes (domus I et II) sont superposées. Elles ont été creusées dans un bloc erratique de conglomérat pyroclastique (mélange de trachyte et d'andésite) qui a glissé vers la vallée depuis le sommet du Monte Casteddazzu et qui a été modelé au fil du temps par l'érosion naturelle jusqu'à prendre la forme d'un éléphant[3].

Tombe I

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C'est la première tombe qui fut creusée dans la partie supérieure du rocher. C'est la plus endommagée des deux : la façade s'est complètement effondrée et des trois pièces qu'elle comportait à l'origine il ne demeure que des vestiges. Les trois pièces (a, b, c) sont situées en enfilade selon un axe nord-ouest/sud-est. La pièce a est de forme subtriangulaire (0,67 m de large au maximum sur 0,75 m de profondeur et une hauteur maximale de 0,80 m). La pièce b, centrale, est de forme rectangulaire (1,20 m de côté pour une hauteur maximale de 0,90 m). La pièce c est également rectangulaire (0,90 m sur 1,80 m de profondeur et une hauteur maximale de 0,90 m). Les plafonds des pièces sont quasi plats mais très érodés et les murs sont verticaux, à l'exception de la petite pièce a dont les murs sont légèrement concaves et dont la forme rappelle celle d'un « four ». Les cloisons qui séparaient autrefois les pièces sont désormais très érodées et ne conservent que quelques centimètres de hauteur[1].

Tombe II

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La domus II est composée de quatre pièces, trois (a, b, c) disposées selon un axe nord-sud et la quatrième (d) latéralement. Elles étaient précédées à l'origine d'un court couloir dont il ne reste aujourd'hui que quelques traces[1],[3].

Bucrane sculpté sur la paroi occidentale de la tombe II.

Le couloir mène à une pièce a de forme quadrangulaire (1,37 m de long, 1,40 m de large, 0,83 m de haut) dont les murs latéraux présentent deux bucranes opposés, sculptés en relief, représentant de larges cornes en demi-lune et une tête trapézoïdale allongée. Le bucrane de la paroi occidentale mesure 0,75 m de large sur 0,62 m de hauteur et celui de la paroi orientale mesure 0,64 m de largeur sur 0,51 m de hauteur. Deux bandes horizontales en relief sont visibles au-dessus et en dessous des bucranes. Sur le mur opposé à l'entrée, une ouverture quadrangulaire (0,56 m x 0,60 m et surélevée de 0,25 m au-dessus du sol), encadrée de deux pilastres (avec chapiteau et base) donne accès à la pièce suivante[1],[3].

Cette seconde pièce b est de forme subcirculaire (1,30 m de long, 1,48 m de large, 0,90 m de haut), comporte dans le mur est, une ouverture causée par l'érosion de la roche. On accède à la pièce c par une ouverture très usée (0,65 m x 0,70 m). Le plan de la pièce c est vaguement semi-circulaire (0,56 m x 0,60 m x 0,76 m de hauteur) et les murs et le plafond sont incurvés. La pièce d est accessible par une porte très abîmée (0,49 m x 0,56 m) qui à l'origine était encadrée par deux pilastres sur les côtés, désormais complètement érodés. La pièce d est de forme quadrangulaire (1,40 m de long, 1,50 m de large, 0,95 m de haut) mais le coin sud-ouest a disparu[1],[3].

La similitude des portes entre les pièces a et b et entre b et d laisse supposer que le plan général de la tombe a dû être conçu en une seule fois et ne pas résulter d'agrandissements successifs comme cela est fréquent dans d'autres domus[1].

En l'absence de tout matériel archéologique, la présence des bucranes permet de dater la tombe de la première moitié du IIIe millénaire av. J.-C.[1]

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Melis 1984.
  2. ↑ « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas », UNESCO
  3. 1 2 3 4 (it) « Catalogo dei siti », dans Alberto Moravetti, Paolo Melis, Lavinia Foddai, Elisabetta Alba, La Sardegna preistorica : Storia, materiali monumenti, Carlo Delfino editore, , 500 p. (ISBN 9788893610827), p. 393

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (it) P. Basoli, Castelsardo (Sassari) loc. Multedu domus dell'Elefante, 'in' I Sardi. La Sardegna dal paleolitico all'età dei nuraghi, a cura di E. Anati, Milan, Jaca Book, 1984, pp. 271-273.
  • (it) Paolo Melis, La domus dell'Elefante, Sassari, Carlo Delfino Editore, coll. « Sardegna archeologica. Guide e Itinerari » (no 15), , 52 p., p. 7-17
  • (it) G. Tanda, L'Arte delle domus de janas nelle immagini di Jngeborg Mangold, Sassari, Chiarella, 1985, pp. 127-130.