Dorvigny
Louis-François Archambault, dit Dorvigny, né le à Paris où il est mort le , est un romancier, dramaturge et acteur comique français.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Louis-François Archambault |
| Pseudonyme |
Dorvigny |
| Nationalité | |
| Activités |
Il est passé à la postérité pour avoir inventé le janotisme[1].
Biographie
modifierSouvent présenté comme le fils naturel du roi de France Louis XV, Archambault a commencé sa carrière d’acteur sur les boulevards parisiens, notamment chez Nicolet. Il s’est ensuite produit aux Variétés-Amusantes, à l’Ambigu-Comique, aux Grands Danseurs du Roi, aux Délassements-Comiques et la troupe des Associés.
Dramaturge extrêmement prolifique, il a écrit des parades, des impromptus, des prologues, des opéras-comiques, des vaudevilles et des comédies en vers comme en prose. Sa facilité déconcertante à produire du texte faisait d’ailleurs l’objet de moqueries :
« Dorvigny enfante des volumes par jour. Veut-il déjeuner ? il écrit. Veut-il diner ? il écrit. Veut-il boire ? ce qui lui arrive assez souvent, il écrit. Encore que le public serait-il plus heureux si Dorvigny avait moins soif[2]. »
Après avoir délaissé la poésie de cour, il s’est consacré aux théâtres de second ordre, livrant entre et un grand nombre de pièces de théâtre. Certaines ont connu un succès retentissant, comme Janot ou les Battus paient l’amende, le Tu et le Toi, Roger Bontemps, le Désespoir de Jocrisse, ainsi que toutes les parades mettant en scène le personnage de Jocrisse.
La pièce Janot ou les Battus paient l’amende a tellement marqué les esprits que certains ont même attribué sa paternité au ministre Maurepas, qui n’a jamais démenti la rumeur. Elle a lancé la série des pièces mettant en vedette Janot, un valet burlesque devenu une figure emblématique du théâtre français[3]. De ce personnage est même né le janotisme, construction de phrase vicieuse qui inverse les membres d’une proposition pour créer un sens équivoque[4].
Janot est devenu une véritable mode : on vendait des statuettes à son effigie, et il y a même eu des coiffures, des plats et des potages « à la Janot ». Par la suite, Dorvigny a créé un autre personnage célèbre, « Christophe Lerond »[5].
Sous le Directoire, après la chute de Robespierre, Dorvigny a indirectement provoqué la fermeture du Théâtre-Français du 8 ventôse an IV au 13 germinal an IV, en raison du peu d’enthousiasme des comédiens à interpréter des rôles républicains, notamment dans la pièce les Réclamations contre l’emprunt forcé.
Il a ensuite donné vie au personnage de « Jocrisse », qui a rencontré un succès comparable à celui de Janot. Inspiré peut-être du Stenterello piémontais, Jocrisse est tout aussi naïf que Janot, mais sa bêtise est celle, joyeuse, de l’homme bien dans sa peau, tandis que celle de Janot restait celle du valet soumis.
Dorvigny a également publié des romans, dont les plus connus sont le Nouveau roman comique (an VIII, 1799) et Ma tante Geneviève ou je l’ai échappé belle (an IX, 1800), souvent considéré comme son chef-d’œuvre. Ce dernier a été décrit comme l’œuvre de « quelqu’un qui n’a jamais rien eu à démêler avec l’Académie française ». Il est également l’auteur de Madelon Friquet et Colin tampon ou les Amants du Faubourg Saint-Martin.
La liste complète de ses œuvres reste inconnue, car il signait parfois simplement « D… y » ou « D… gny ». Il a aussi écrit des pièces d’ombres chinoises et de marionnettes pour le théâtre Séraphin[6].
Au-delà des janotismes, l’héritage de Dorvigny dans la langue française réside surtout dans la multitude de dictons et de proverbes qu’il a créés et qui sont entrés dans l’usage courant.
Œuvres
modifier- Théâtre.
- À bon chat, bon rat, comédie-proverbe (lire en ligne).
- Aujourd'hui, ou Roger Bontemps, comédie en un acte et en prose, Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, .
- Bernique, ou le Tyran comique, parodie en 3 actes et en vers, Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, .
- Blaise le hargneux, comédie en un acte et en prose, Paris, théâtre des Grands-Danseurs du Roi, .
- Ça n’en est pas, proverbe.
- Carmagnole et Guillot Gorju, tragédie pour rire, avec Louis Heurteaux dit Dancourt, 1782 (lire en ligne).
- Chacun son métier, les champs sont bien gardés, proverbe (lire en ligne).
- Christophe le Rond, comédie en un acte et en prose (lire en ligne).
- Hurlubrelu ou Tout de travers, comédie en un acte et en prose.
- Janot chez le dégraisseur ou A quelque chose malheur est bon, proverbe, Paris, théâtre des Variétés-Amusantes, (lire en ligne).
- Janot ou les Battus payent l’amende, comédie proverbe en un acte (lire en ligne).
- Jocrisse au bal de l’Opéra, folie en deux actes (lire en ligne).
- Jocrisse congédié, folie en deux actes (lire en ligne).
- Le Mariage par comédie, ou les Dupes, comédie en un acte, en prose, 1789 (lire en ligne).
- La Corbeille enchantée ou le Pays des chimères, comédie avec spectacle et divertissemens.
- La Fête de campagne ou l’Intendant comédien malgré lui, comédie épisodique en un acte, en prose et en vers.
- La Méprise innocente, comédie en un acte et en prose, Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, .
- La Rage d’amour, parodie de Roland en un acte et en vers, mêlée de vaudevilles et ariettes, Paris, théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, .
- L’Avocat chansonnier, ou Qui compte sans son hôte compte deux fois, comédie-proverbe, Paris, théâtre des Variétés-Amusantes, .
- Le Brave Homme, comédie en un acte et en prose, Paris, théâtre des Élèves pour la danse de l'Opéra, .
- Le Désespoir de Jocrisse, comédie-folie en deux actes et en prose, Paris, théâtre Montansier, (lire en ligne sur Gallica).
- Le Mai, comédie en un acte.
- Le Nègre blanc, comédie en un acte et en prose, Paris, théâtre des Variétés-Amusantes, .
- Le Niais de Sologne ou Il n’est pas si bête qu’il en a l’air, comédie en un acte en prose.
- Le Sultan généreux, comédie en trois actes en vers, Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, (lire en ligne).
- L’Emménagement de la folie, comédie en un acte.
- Les Battus paient l’amende ou Ce que l’on voudra, proverbe-comédie-parade.
- Les Bons Amis ou Il était temps, parodie d’Iphigénie en Tauride, en un acte et en vers, comédie-proverbe, Paris, théâtre des Variétés-Amusantes, .
- Les Désespérés ou le Projet anglais, comédie en un acte et en prose.
- Les Étrennes de l’amitié, de l’amour et de la nature, comédie en un acte, en vers.
- Les Fausses consultations, comédie en un acte et en prose (lire en ligne).
- Les Folies à la mode, comédie en un acte.
- Les Réclamations contre l’emprunt forcé, comédie en 1 acte, Paris, théâtre d'Émulation, (lire en ligne sur Gallica).
- Les Suisses de Châteauvieux, pièce historique en 2 actes et en prose, Paris, Théâtre Molière, .
- L’Hospitalité ou le Bonheur du vieux père, opéra-comique en un acte et en vaudevilles, mêlé de musique italienne.
- L’Intendant comédien malgré lui, comédie épisodique.
- Ni l’un ni l’autre, comédie en un acte.
- On fait ce qu’on peut et non pas ce qu’on veut, comédie-proverbe à deux acteurs.
- Oui ou non, comédie en un acte et en prose, 1780 (lire en ligne).
- Qui court deux lièvres n'en prend aucun, comédie en prose, Paris, théâtre des Grands-Danseurs du Roi, .
- Raimonde, ou Laissez chacun comme il est, pièce en 1 acte et en prose, Paris, théâtre des Grands-Danseurs du Roi, .
- Nitouche et Guignolet, comédie en un acte et en prose, an X (lire en ligne).
- Romans
- Mystifications d’Innocentin Poulot, petit-fils de M. de Pouceaugnac
- Nouveau Roman comique.
- Ma tante Geneviève ou je l’ai échappé belle.
- Madelon Friquet et Colin Tampon ou les Amants du Faubourg Saint-Martin.
- Le Ménage diabolique.
- La Femme à projets.
- Madame Botte.
- Les Caprices et bizarreries de la nature.
- Les Quatre cousins.
- Les Mille et un guignons.
Notes et références
modifier- ↑ Marc Fumaroli, « La littérature », dans Le livre des métaphores, Paris, Bouquins, , .671-708 (lire en ligne).
- ↑ « Dorvigny », dans Dictionnaire des grands hommes du jour : par une société de très-petits individus, Paris, Les marchands de nouveautés, , 231 p., in-12 (lire en ligne sur Gallica), p. 83.
- ↑ Ludovic Celler, Les Types populaires au théâtre, Paris, Liepmannssohn et Dufour, , 208 p. (lire en ligne), p. 176.
- ↑ Richard Arcand, « Phrases à doubles ententes », dans Jeux verbaux et créations verbales : Fonctionnement et illustrations, Paris, Armand Colin, (lire en ligne), p. 183-208.
- ↑ (en) Charles Hervey, « Janot and Jocrisse », The Theatre, Paris, vol. 6, , p. 344-9 (ISSN 2044-6306, lire en ligne).
- ↑ Dorvigny, Feu le théâtre de Séraphin depuis son origine jusqu’à sa disparition : 1776-1870, Paris, Rouquette, , 43 p., in-8º (OCLC 20274421, lire en ligne).
Sources
modifier- Charles Monselet, Les Oubliés et les dédaignés. Figures de la fin du XVIIIe siècle, Paris, Charpentier et cie, 1876, p. 309-31.
- Martine de Rougemont, « Dorvigny », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, , 1583 p., illustr. ; in-8º (ISBN 978-2-04731-295-7, OCLC 275938761), p. 445.
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative à la recherche :