Double cloche
La double cloche est un instrument de musique à percussion, formé de deux cloches métalliques réunies par une anse. Elle est aussi appelée double gong, cloche jumelée[1], gong, Kwi'fo chez les Bandjoun ou kwèn à Bafut[2].
| Double cloche | |
Joueur de double cloche bamiléké. | |
| Variantes modernes | Double gong, cloche jumelée, gong, Kwi'fo, kwèn |
|---|---|
| Classification | Instrument à percussion |
| Famille | Idiophone |
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Elle occupe une place importante dans les musiques traditionnelles de plusieurs peuples du Cameroun, en particulier dans les Grassfields, chez les Bamilékés, les Bamouns et dans les lamidats du nord du pays. Elle peut servir à accompagner la danse, à annoncer une cérémonie, à marquer le rang d'un chef ou à transmettre un message rythmique.
Description
modifierLa double cloche est un idiophone métallique. Elle est composée de deux cloches de tailles souvent différentes, reliées par une anse arquée qui sert de poignée. Cette anse peut être renforcée ou décorée par des liens en fibres, en cuir ou en vannerie[3].
L'instrument est tenu vers le haut et frappé avec une baguette. Celle-ci peut être en bois ou en métal selon le timbre recherché. Les deux cloches produisent des sons distincts, ce qui permet de créer des formules rythmiques simples ou complexes.
La taille varie selon les régions et les usages. Certaines pièces mesurent une dizaine de centimètres. D'autres, utilisées dans les chefferies, peuvent atteindre 80 à 85 cm de hauteur[4].
Usages musicaux et sociaux
modifierDans plusieurs chefferies des Grassfields, la double cloche appartient aux ensembles musicaux traditionnels. Chaque chefferie peut posséder un jeu de cinq à sept cloches de tailles différentes. Ces cloches donnent un rythme d'annonce au groupe ou produisent une forme de langage sonore reconnu par les membres de la communauté[3].
Chez les Bamilékés, l'instrument peut être lié aux sociétés masculines et aux institutions de la chefferie. Le Kwi'fo désigne à la fois un cadre social et un ensemble d'objets de pouvoir. La double cloche y fonctionne comme un instrument sonore, mais aussi comme un signe d'autorité et de prestige[3].
Dans les lamidats peuls du nord du Cameroun, la cloche jumelée est attestée de Banyo à Maroua. Seignobos et Tourneux indiquent que les Peuls l'ont empruntée aux chefferies mboum et aux populations de la Bénoué. Elle apparaît aussi en relief dans certaines cases-vestibules de chefs, dans les régions de la Bénoué et de l'Adamaoua[4].
À Maroua, lorsque le lamido se déplace, il peut être précédé par le son de ces cloches. L'instrument annonce alors la présence du chef et rappelle le respect dû à son autorité[4].
Dimension rituelle et symbolique
modifierLa double cloche possède une valeur rituelle, politique et symbolique. Elle peut annoncer le début d'une cérémonie, accompagner une danse, signaler une présence importante ou soutenir un message collectif. Son son métallique permet d'attirer l'attention et de rythmer les déplacements ou les rassemblements.
Dans plusieurs sociétés d'Afrique centrale et occidentale, des instruments proches, simples ou doubles, sont associés au pouvoir, au culte ou aux sociétés initiatiques. Des formes comparables sont aussi connues dans des traditions musicales kongo, où les cloches métalliques jouent un rôle dans les pratiques rituelles et cérémonielles.
Fabrication
modifierLa double cloche est généralement fabriquée par des artisans travaillant le métal. Les deux parties sonores sont façonnées en fer forgé ou dans un alliage métallique. Elles sont ensuite réunies par une anse arquée. Les formes varient selon les régions : certaines cloches sont sobres, tandis que d'autres sont décorées par des fibres, des liens, des motifs ou une poignée tressée.
La différence de taille entre les deux cloches permet d'obtenir deux hauteurs de son. Cette différence donne à l'instrument sa fonction rythmique principale.
Galerie
modifierNotes et références
modifier- ↑ Christian Seignobos et Henry Tourneux, « Cloche jumelée », dans Le Nord-Cameroun à travers ses mots. Dictionnaire de termes anciens et modernes, Paris, IRD/Karthala, (ISBN 2845862458, lire en ligne), p. 70.
- ↑ (en) Roger Blench, « Bafut musical instruments », sur rogerblench.info (consulté le ).
- 1 2 3 Jean-Paul Notué et Louis Perrois, Rois et sculpteurs de l'Ouest Cameroun. La panthère et la mygale, Paris, ORSTOM/Karthala, (ISBN 2709913348, lire en ligne), p. 96.
- 1 2 3 Christian Seignobos et Henry Tourneux, « Cloche jumelée », dans Le Nord-Cameroun à travers ses mots. Dictionnaire de termes anciens et modernes, Paris, IRD/Karthala, (ISBN 2845862458, lire en ligne), p. 70.