Drepanophycales
Les Drepanophycales sont un ordre fossile de plantes vasculaires appartenant aux lycophytes basales, principalement connues à l’état fossile dans des dépôts du Dévonien inférieur et moyen. Elles sont considérées comme représentatives des premières étapes de l’évolution des lycophytes.
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Division | Tracheophyta |
| Sous-division | Lycopodiophytina |
| Classe | Lycopodiopsida |
Description
modifierLes Drepanophycales possèdent des axes aériens allongés, ramifiés de manière dichotomique, caractéristiques des premières plantes vasculaires. Cette organisation est décrite par Patricia G. Gensel pour plusieurs genres de lycophytes basales du Dévonien[1]. Les axes montrent un système conducteur simple de type protostèle, indiquant un stade précoce de différenciation des tissus vasculaires [2]. Les feuilles sont des microphylles, étroites et allongées, insérées de façon hélicoïdale sur les axes. Elles possèdent une nervure unique non ramifiée, caractère fondamental des lycophytes primitifs. Chez plusieurs taxons attribués aux Drepanophycales, les microphylles présentent une courbure marquée ou une orientation arquée, morphologie à l’origine de la dénomination du groupe[3].
Les structures reproductrices des Drepanophycales sont relativement simples et peu différenciées. Les sporanges sont portés terminalement sur les axes ou associés à des feuilles modifiées interprétées comme des sporophylles. Selon Kenrick et Crane, ces sporophylles ne forment pas encore de véritables strobiles comparables à ceux des lycophytes plus dérivées, mais sont disposés de manière lâche ou faiblement condensée[2]. Les Drepanophycales sont considérées comme homosporées, produisant un seul type de spores, état plésiomorphe largement documenté pour les lycophytes du Dévonien inférieur. Les sporanges sont de forme ovoïde à allongée et présentent une déhiscence longitudinale[3].
Le port général des Drepanophycales est interprété comme herbacé à sub-arbustif. Les dimensions des axes fossiles étudiés suggèrent des plantes de taille modeste, adaptées à des environnements continentaux humides[1],[2].
Taxonomie
modifierHistorique
modifierLes premiers fossiles attribuables à ce groupe proviennent des formations dévoniennes d’Écosse, du Canada et du nord-est des États-Unis, où des tiges munies de microphylles étroites et de sporophylles terminales étaient décrites sans cadre évolutif clair. Ces spécimens étaient alors intégrés à un ensemble encore flou de lycophytes primitives.
La compréhension moderne du groupe commence véritablement à émerger dans la seconde moitié du 20ᵉ siècle. Les synthèses de Patricia G. Gensel, en particulier dans son ouvrage Plant Life in the Devonian écrit avec Henry N. Andrew[1], et son article « The Earliest Land Plants » publié en 2008[3] ont joué un rôle essentiel dans la clarification des premières lycophytes. Elles montrent que plusieurs plantes du Dévonien inférieur et moyen, comme le genre Drepanophycus, partagent des caractéristiques structurales (microphylles allongées, sporophylles terminales peu différenciées) que les classifications modernes regroupent sous le nom de Drepanophycales.
Cette relecture des premières lycophytes s’est ensuite intégrée dans une approche phylogénétique renouvelée. L’ouvrage de Paul Kenrick et Peter R. Crane, The Origin and Early Diversification of Land Plants propose une analyse cladistique détaillée des plantes vasculaires fossiles. Les auteurs y situent les Drepanophycales à la base de la lignée des lycophytes, à proximité de genres comme Asteroxylon ou Estinnophyton, illustrant les premières étapes de l’évolution des microphylles et des tissus conducteurs[2].
Classification et position phylogénétique
modifierLa classification des Drepanophycales repose exclusivement sur des données fossiles et s’est construite progressivement, depuis les classifications morphologiques du milieu du 20ᵉ siècle jusqu’aux analyses phylogénétiques cladistiques modernes. Dans sa synthèse sur les taxons supérieurs des Ptéridophytes, Rodolofo Emilio Giuseppe Pichi-Sermolli reconnaît les Drepanophycales comme un ordre distinct de la classe des Lycopodiopsida, qu’il place à la base de la sous-classe des Protolepidodendridae, regroupant les lycophytes les plus anciennes connues du Silurien et du Dévonien inférieur[4].
Les analyses cladistiques ultérieures intégrant les principaux taxons dévoniens de lycophytes, notamment celles de Kenrick et Crane, confirment cette position basale au sein de la lignée lycophytienne. Les Drepanophycales y apparaissent comme plus dérivées que les premières plantes vasculaires dépourvues de véritables feuilles, mais antérieures aux lycophytes arborescentes et aux lignées produisant des strobiles nettement différenciés du Dévonien supérieur[2].
Du point de vue phylogénétique, les Drepanophycales ne constituent pas nécessairement un groupe monophylétique strictement défini dans toutes les analyses modernes. Elles sont plutôt interprétées comme un assemblage de lycophytes basales partageant un ensemble de caractères morphologiques primitifs, reflétant un stade évolutif précoce dans l’histoire des Lycophytes[3].
Dans la classification de Pichi-Sermolli, l’ordre des Drepanophycales comprend plusieurs familles fossiles, dont les Drepanophycaceae et les Colpodexylaceae, et regroupe notamment les genres[4] :
Les classifications plus récentes tendent toutefois à simplifier cette hiérarchie, en regroupant ces taxons dans une seule famille ou en les traitant sans rang familial explicite, en raison des incertitudes phylogénétiques liées au caractère fragmentaire du registre fossile.
Références
modifier- 1 2 3 (en) Patricia G. Gensel et Heny N. Andrew, Plant Life in the Devonian, Praeger Publishers Inc, , 224 p. (ISBN 9780030620027)
- 1 2 3 4 5 (en) Paul Kendrick et Peter R. Crane, The Origin and Early Diversification of Land Plants: A Cladistic Story, Smithsonian, , 441 p. (ISBN 9781560987291)
- 1 2 3 4 (en) Patricia G. Gensel, « The Earliest Land Plants », Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics, vol. 39, , p. 459-477 (DOI https://doi.org/10.1146/annurev.ecolsys.39.110707.173526)
- 1 2 (en) Rodolfo E.G. Pichi-Sermolli, « The Higher Taxa Of The Pteridophyta And Their Classification », Uppsala Universitets Arsskrift, vol. 6, , p. 74-75 (lire en ligne
[PDF])
Liens externes
modifier- (en) BioLib : Drepanophycales Novák † (consulté le )
- (fr + en) EOL : Drepanophycales (consulté le )
- (en) IFPNI : Drepanophycales (consulté le )
- (en) IRMNG : Drepanophycales (consulté le )