Drosera meristocaulis
Drosera meristocaulis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Droseraceae. Son aire de répartition native est le Venezuela (Sierra de la Neblina). C'est un sous-arbrisseau et il pousse principalement dans le biome tropical humide. Drosera meristocaulis est le seul membre du sous-genre Meristocaulis. D. meristocaulis est entièrement endémique du Pico da Neblina, une montagne isolée à la frontière Brésil-Venezuela.
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Embranchement | Tracheophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Ordre | Caryophyllales |
| Famille | Droseraceae |
| Genre | Drosera |
Description
modifierDrosera meristocaulis est une petite droséra formant des rosettes et des tiges ramifiées. Il présente de nombreuses affinités morphologiques avec les droséras pygmées Australienes. Drosera meristocaulis produit de petites touffes de rosettes aux feuilles rouges, spatulées, de 5 à 12 mm de long, qui sont intercalées avec des stipules argentées de 10 mm de long. Les rosettes des feuilles vivantes sont portées sur une courte tige ramifiée recouverte des feuilles mortes persistantes des années précédentes[1]. Les tiges sont verticales et peuvent atteindre des hauteurs d'environ 15 cm[2].
Elle produit des fleurs roses en décembre avec des styles non divisés, un attribut qui ne se trouve dans aucune autre espèce de Drosera géographiquement proche. Les fleurs solitaires, de 20 mm de diamètre, sont presque sessiles, apparaissant très près de la rosette de feuilles. En raison de la proximité des fleurs avec les feuilles pièges glandulaires, il a été suggéré que le pollinisateur de cette espèce doit être un insecte volant suffisamment grand pour ne pas être pris au piège par les feuilles[1],[2].
Répartition et habitat
modifierDrosera meristocaulis n'est connu que dans quelques vallées du côté nord du Pico da Neblina. Il n'a pas encore été localisé sur un autre plateau voisin des Guiana Highlands, malgré la présence d'un habitat approprié[1]. Selon les notes des explorateurs qui ont collecté des spécimens, D. meristocaulis est localement fréquent à des altitudes de 1 900 à 2 200 m. Il pousse dans des savanes de tourbières ouvertes, dans des marais avec Heliamphora neblinae, et le long des cours d'eau avec Euterpe. Les spécimens collectés près du sommet du Pico da Neblina se trouvent souvent avec des lichens poussant sur les feuilles mortes encore attachées à la tige[2].
Taxonomie et histoire botanique
modifierDrosera meristocaulis a été découvert lors d'une expédition de 1953 à 1954 au Pico da Neblina dirigée par le Jardin botanique de New York. Il a été ensuite décrit en 1957 par Bassett Maguire et John Julius Wurdack dans Memoirs of the New York Botanical Garden. En raison de l'habitat isolé dans lequel D. meristocaulis se trouve, très peu de spécimens de cette espèce ont été collectés. Après la description initiale, une deuxième collecte herbier a été réalisée en 1985[2]. Lorsque Maguire et Wurdack ont décrit la nouvelle espèce, ils ont reconnu à quel point elle était unique et l'ont placée dans sa propre section, Drosera sect. Meristocaulis, qu'ils ont établie dans la même publication. Dans une révision de la taxonomie du genre en 1996, le botaniste Jan Schlauer a élevé la section au rang de sous-genre en raison des caractéristiques uniques et relictes de l'espèce[3].
Relations évolutives
modifierLes caractéristiques inhabituelles de Drosema meristocaulis parmi les Drosera sud-américains, telles que les styles non divisés, ont été interprétées comme des preuves de la lignée ancienne de cette espèce, conservant des caractéristiques d'ancêtres plus lointains. L'analyse des séquences d'ADN a révélé que D. meristocaulis est plus étroitement lié aux Drosera pygmées australiens qu'aux autres Drosera sud-américains. Le centre de diversité des Drosera pygmées se trouve en Australie-Occidentale, à 17 000 km à l'est du Pico da Neblina, où l'on trouve D. meristocaulis. Son affinité avec le pygmée Drosera suggère que le dernier ancêtre commun de D. meristocaulis et de ces espèces australiennes devait vivre avant la séparation du supercontinent Gondwana[1]. Il a également été proposé que D. meristocaulis soit en fait un rossolis pygmée lui-même, et qu'il soit arrivé en Amérique du Sud depuis l'Australie grâce à une dispersion par le vent sur de longues distances[4].
Systématique
modifierLe nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Drosera meristocaulis Maguire & Wurdack[5].
Liens externes
modifier- (fr + en) GBIF : Drosera meristocaulis Maguire & Wurdack (consulté le )
- (en) NCBI : Drosera meristocaulis (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Drosera meristocaulis Maguire & Wurdack (1957) (consulté le )
- (en) Tropicos : Drosera meristocaulis Maguire & Wurdack (+ liste sous-taxons) (consulté le )
- (en) World Flora Online : Drosera meristocaulis Maguire & Wurdack (+WFO Plant List) (consulté le )
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Drosera meristocaulis » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 McPherson, S. 2008. Glistening Carnivores: The Sticky-leaved Insect-eating Plants. Poole, Dorset, England: Redfern Natural History Productions. pp. 196–200. (ISBN 978-0-9558918-1-6)
- 1 2 3 4 Gibson, R. 1999. Drosera meristocaulis. Carnivorous Plant Newsletter, 28(4): 120-121.
- ↑ Schlauer, J. 1996. A dichotomous key to the genus Drosera L. (Droseraceae). Carnivorous Plant Newsletter, 25(3): 67-88.
- ↑ F. Rivadavia, V. F. O. de Miranda, G. Hoogenstrijd, F. Pinheiro, G. Heubl et A. Fleischmann, « Is Drosera meristocaulis a pygmy sundew? Evidence of a long-distance dispersal between Western Australia and northern South America », Annals of Botany, vol. 110, no 1, , p. 11–21 (ISSN 0305-7364, PMID 22641141, PMCID 3380593, DOI 10.1093/aob/mcs096
) - ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .