Drosophile

genre d'insectes

Drosophila

Les drosophiles (du grec drosos : la rosée et philos : qui aime) forment un genre (Drosophila) d'insectes holométaboles diptères radiorésistants. Elles sont également désignées par le terme plus général de « mouches des fruits », ou « mouches à fruits » au Québec. Dans la littérature biologique contemporaine, le nom de genre seul est souvent employé pour désigner l'espèce Drosophila melanogaster, également appelée « mouche du vinaigre », la plus commune dans les laboratoires.

Dénominations

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Le nom « drosophile » est une adaptation scientifique moderne du grec δρόσος, drósos, « rosée », + φίλος, phílos, « qui aime ».

Plus particulièrement associée à l'espèce Drosophila melanogaster[1], l'appellation vernaculaire « mouche du vinaigre » (qui dément formellement l'expression usuelle selon laquelle « on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre »[2]) renvoie à son attirance pour les matières volatiles issues de la fermentation et pour le vinaigre[3].

Liste des espèces

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Drosophila melanogaster

Biologie et distribution

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Les drosophiles sont présentes sur quasiment toute la surface du globe. Visibles toute l'année, elles sont souvent importunes (par exemple : dans les fabriques de jus de fruits ou de confitures ou en brasserie où elles peuvent tomber dans les récipients et transmettre des micro-organismes[4]. Elles sont attirées par les fruits dans lesquels elles pondent leurs œufs et où leurs larves se développent.

Les drosophiles ont un cycle de vie relativement court. Leur longévité ne dépasse pas les 30 jours à 29 °C et leur cycle de reproduction est d'environ 10 jours.

Comme d'autres espèces d'insectes[5], les drosophiles se repèrent grâce aux odeurs. Elles suivent un couloir odorant attractif en longeant sa limite, alternant entre des virages inverses rapides pour sortir du panache et des retours dirigés vers sa bordure. Cette stratégie de suivi de bordure repose sur des calculs vectoriels au sein du complexe central : la drosophile y mémorise et actualise dynamiquement la direction à prendre pour regagner la limite du panache. Ce sont les neurones FC2 du corps en éventail (en) qui signalent la direction à suivre pour retrouver la limite de l'odeur lorsque la mouche se trouve hors du panache[6].

Utilisations

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La drosophile la plus commune dans les laboratoires est Drosophila melanogaster, dont la facilité d'élevage a fait l'espèce modèle dans la recherche en génétique. Elle a d'ailleurs permis à Thomas Hunt Morgan et Hermann Joseph Muller d'établir la correspondance entre la carte génétique des mutations et la localisation chromosomique de celles-ci[7]. Depuis, « la » drosophile est devenue un outil d'étude de nombreux processus développementaux et physiologiques, qu'elle permet d'analyser aux niveaux moléculaires et cellulaires.

Notamment, la drosophile est devenue un modèle génétique pour la compréhension des mécanismes de base du système immunitaire inné. Le biologiste et prix Nobel Jules Hoffmann a ainsi mis en évidence avec son équipe l'existence chez la drosophile de récepteurs Toll à certains champignons permettant d'activer la synthèse de certaines molécules antifongiques[8],[9]. Cette découverte a participé à la mise en évidence de récepteurs Toll-like ou récepteurs de type Toll chez les mammifères, dont il est maintenant admis qu'ils jouent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire innée chez les mammifères, et dans l'activation et l'orientation de la réponse du système immunitaire adaptatif.

Le génome de D. melanogaster est aujourd'hui entièrement séquencé et annoté[10]. Il a une taille d'environ 180 mégabases, distribuées sur 4 paires de chromosomes. Il comporte environ 15 000 gènes.

Outre Drosophila melanogaster, de nombreuses autres espèces, comme Drosophila simulans, sont également étudiées.

Statut légal

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Les mouches utilisées en laboratoire sont considérées comme des animaux domestiques en droit français, avec toutes les considérations légales que cela implique[11].

Notes et références

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  1. « Élevage de la mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster », sur Planet-Vie (consulté le ).
  2. Pierre Kerner, « Les mouches du vinaigre avinées », sur Podcast Science,
  3. « Les Entreprises Maheu Ltée », sur Entreprises Maheu (consulté le ).
  4. « Drosophile (mouche à fruits) », sur Cameron (Archive) (consulté le )
  5. (en) J. Murlis, J. S. Elkinton et R. T. Cardé, « Odor Plumes and How Insects Use Them », Annual Review of Entomology (en), vol. 37, , p. 505-532 (DOI 10.1146/annurev.en.37.010192.002445).
  6. (en) Andrew F. Siliciano, Sun Minni, Chad Morton, Charles K. Dowell, Noelle B. Eghbali et al., « A vector-based strategy for olfactory navigation in Drosophila », Nature, (DOI 10.1038/s41586-026-10827-7 Accès libre).
  7. « Drosophile », sur m2osw.com (consulté le ).
  8. Mangin L, Jules Hoffmann, médaille d'or 2011 du CNRS, Pour la Science, 22 septembre 2011
  9. The road to Toll, de Lemaitre B. in Nat Rev Immunol. 2004 Jul;4(7):521-7. PMID 15229471
  10. (en) http://flybase.net/
  11. Arrêté du fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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