Duonychus
Duonychus tsogtbaatari
Duonychus est un genre fossile de dinosaures théropodes, de la super-famille des Therizinosauroidea. On n'en connaît que l'espèce Duonychus tsogtbaatari qui vivait en Asie au Crétacé supérieur (Cénomanien et Coniacien), il y a environ entre 96 et 90 millions d'années.
Découvertes et nomination
modifierEn 2012, l'Académie des sciences de Mongolie a participé à la construction d'un aqueduc dans le désert de Gobi oriental, au sud-est de la Mongolie. Une partie de ces travaux s'est déroulée près de la ville de Khanbogd, dans la province d'Ömnögovi[1]. Un affleurement particulier, appartenant à la formation de Bayanshiree (site d' Urlibe Khudak), a livré le squelette fossilisé d'un dinosaure thérizinosauridé[1]. La fouille du spécimen, menée par Idersaikhan Damdinsuren et Ganzorig Bayasgaa avec l'aide d'autres Mongols, a été réalisée dans des délais très courts, ce qui a limité la quantité de matériel pouvant être collectée[1]. De plus, le spécimen a été découvert à la base d'une couche de grès fluviatile caillouteux ; ce milieu de dépôt à haute énergie, caractéristique d'un dépôt de chenal résiduel, a également contribué à l'état incomplet du squelette[1].
Au cours des années suivantes, le spécimen collecté a été soigneusement préparé par Chagnaa Bayardorj[1]. Le matériel comprend un squelette semi- articulé partiel, incluant six vertèbres dorsales et quelques côtes partielles, six vertèbres sacrées avec les côtes correspondantes, la première vertèbre caudale, une partie de l'omoplate et du coracoïde gauche, les deux membres antérieurs et les mains presque complets (humérus, ulna, radius, carpes, main), et une partie des deux ceintures pelviennes (ilium droit, les deux pubis et le sommet de l'ischion gauche)[1].
Avant sa description formelle, le matériel fossile a été signalé pour la première fois dans deux résumés de conférences de la Society of Vertebrate Paleontology en 2015 et 2024[2],[3].
En 2025, Yoshitsugu Kobayashi, Darla Zelenitsky, Anthony Fiorillo et Tsogtbaatar Chinzorig ont cosigné un article scientifique dans la revue académique iScience (édité par Cell Press)[1]. Dans cet article, les auteurs décrivent Duonychus tsogtbaatari comme un nouveau genre et une nouvelle espèce de thérizinosaures, et désignent ce spécimen ( MPC-D 100/85) comme l'holotype[1]. Le nom de genre, Duonychus, combine le mot latin duo, qui signifie « deux », avec le grec ancien ὄνυξ ( ónux ), qui signifie « griffe », en référence à la main à deux doigts de ce taxon[1],[4]. Le nom d'espèce, tsogtbaatari, rend hommage au paléontologue mongol Khishigjav Tsogtbaatar, ancien directeur de du laboratoire de paléontologie de l'Académie des sciences de Mongolie[1],[4].
Description
modifier
L'holotype de Duonychus appartient à un individu immature dont la masse corporelle est estimée à environ 260 kg, une taille comparable à celle d'Erlikosaurus, qui pèse environ 278 kg[1]. A titre de comparaison Enigmosaurus et Segnosaurus, deux autres espèces contemporaines, étaient plus imposantes, avec des poids respectifs de 567 kg et 1,469 t[1]. Bien qu'aucune estimation de la longueur corporelle n'ait été fournie dans la description scientifique du taxon en 2025, le communiqué de presse accompagnant cette description indiquait que l'animal aurait atteint une longueur d'environ 3 mètres (9,8425197 pi)[4].

La main de Duonychus est bien conservée, représentant la première griffe kératinisée complète connue chez les théropodes non paraviens[1]. La structure du troisième métacarpien, extrêmement réduit, est semblable à une attelle, contrairement à celle des autres thérizinosaures qui possédaient des extrémités proximale et distale bien développées[1]. L'absence du troisième doigt indique que Duonychus est fonctionnellement didactyle, ce qui constitue le premier exemple connu chez les thérizinosaures[1]. Les griffes de la main sont grandes et incurvées, comme c'est généralement le cas chez les thérizinosaures[1]. Cependant, l'une des griffes conserve une gaine kératinisée, une caractéristique attendue mais rarement fossilisée[1]. La courbure mesurée de cette gaine est d'environ 120°, supérieure à celle de la griffe, ce qui indique que la kératine augmente la longueur totale de la griffe de plus de 40 %[1].

Contrairement aux autres thérizinosaures, le coude et le premier doigt de Duonychus présentaient une amplitude de mouvement limitée, similaire à celle du tyrannosauridé Tyrannosaurus et de l'oviraptoridé Oksoko, deux théropodes à main didactyle[1]. L'articulation de la griffe pouvait se fléchir presque perpendiculairement à la phalange précédente, une caractéristique unique parmi les thérizinosaures et les théropodes didactyles[1]. Cette forte flexion de l'articulation et la courbure prononcée de la griffe kératinisée permettaient à Duonychus, lors de son alimentation, de saisir efficacement la végétation et de la porter à sa bouche, à la manière de certains mammifères modernes[1].
Classification
modifierDans leurs analyses phylogénétiques, Kobayashi et al. (2025) ont classé Duonychus parmi les thérizinosaures de la famille des Therizinosauridae, au sein d'une polytomie non résolue (plusieurs branches descendant d'un même nœud) avec Nanshiungosaurus, un taxon de la formation de Nanxiong en Chine, et un clade contenant d'autres thérizinosauridés dérivés[5]. Ces résultats sont présentés dans le cladogramme ci-dessous[1] :
En 2026 pour tester les affinités de Kayrasaurus, Liao et al. (2026) l'ont inclus dans une matrice phylogénétique nouvellement construite, conçue pour analyser l'évolution et les relations des thérizinosaures[6]. Cet ensemble de données synthétise les caractères et les unités taxonomiques opérationnelles (OTU) issus des travaux antérieurs de Zanno (2010), Senter et al. (2012) et Yao et al. (2019), auxquels s'ajoutent des taxons et des spécimens décrits depuis ces publications ou qui n'avaient pas été initialement pris en compte[5],[7],[8] :
| Therizinosauria |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Voir aussi
modifierLiens externes
modifierNotes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Yoshitsugu Kobayashi, Darla K. Zelenitsky, Anthony R. Fiorillo et Tsogtbaatar Chinzorig, « Didactyl therizinosaur with a preserved keratinous claw from the Late Cretaceous of Mongolia », iScience, vol. 28, no 4, , p. 112141 (ISSN 2589-0042, PMID 40463959, PMCID 12131255, DOI 10.1016/j.isci.2025.112141, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Functional morphology and adaptive implications of manual unguals in a therizinosaur with didactyl hand from southern Mongolia » () (lire en ligne).
— Society of Vertebrate Paleontology 84th Annual Meeting. - ↑ « A new therizinosaur with functionally didactyl hands from the Bayanshiree Formation (Cenomanian–Turonian) Omnogovi Province, southeastern Mongolia » () (lire en ligne).
— Society of Vertebrate Paleontology 75th Annual Meeting. - 1 2 3 (en) James Woodford, « Two-fingered dinosaur used its enormous claws to eat leaves », sur New Scientist, (consulté le )
- 1 2 Lindsay E. Zanno, « A taxonomic and phylogenetic re-evaluation of Therizinosauria (Dinosauria: Maniraptora) », Journal of Systematic Palaeontology, Taylor & Francis, vol. 8, no 4, , p. 503–543 (ISSN 1477-2019, DOI 10.1080/14772019.2010.488045, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Chun-Chi Liao, William J. Freimuth, Lindsay E. Zanno et Xing Xu, « A new therizinosaur from the Early Cretaceous Jehol Biota and ecomorphological patterns among early therizinosaurians », Journal of Systematic Palaeontology, Taylor & Francis, vol. 24, no 2, , p. 2710287 (ISSN 1477-2019, DOI 10.1080/14772019.2026.2710287, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Phil Senter, James I. Kirkland et Donald D. DeBlieux, « Martharaptor greenriverensis, a New Theropod Dinosaur from the Lower Cretaceous of Utah », PLOS ONE, Public Library of Science, vol. 7, no 8, , e43911 (ISSN 1932-6203, PMID 22952806, PMCID 3430620, DOI 10.1371/journal.pone.0043911, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Xi Yao, Chun-Chi Liao, Corwin Sullivan et Xing Xu, « A new transitional therizinosaurian theropod from the Early Cretaceous Jehol Biota of China », Scientific Reports, Nature Publishing Group, vol. 9, no 1, , p. 5026 (ISSN 2045-2322, DOI 10.1038/s41598-019-41560-z, lire en ligne, consulté le )