Ébroïn (maire du palais)
Ébroïn, mort vers 680/681, est un homme politique et personnage public majeur de la seconde moitié du VIIe siècle.
| Maire du palais Neustrie | |
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| Maire du palais Neustrie | |
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| Décès | |
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| Famille |
Au moins un frère (d'après la Vie de saint Léger par l'anonyme d'Autun) |
| Conjoint |
Leutrude |
| Enfant |
Au moins un, Bobon (d'après la Vie de saint Éloi) |
Il est maire du palais de Neustrie vers 658 à 673[réf. nécessaire] et de 676 à sa mort. Pendant sa carrière, il voulut et finit par imposer l'autorité de sa province sur la Burgondie et défit l'Austrasie de Pépin de Herstal peu de temps avant son assassinat. Sous son impulsion, la fonction de maire du palais prit un essor considérable[1]. Sa mort marqua la fin de la primauté de la Neustrie sur les royaumes francs et l'émergence de la domination des Pépinides, maires du palais d'Austrasie.
Biographie
modifierOrigine
modifierMaire du palais de Neustrie
modifierÉbroïn fut élevé à la dignité de maire du palais de Neustrie en 658, pendant la régence de la reine Bathilde sous le règne de Clotaire III. Après la mort de Clotaire III en 673[3], il parvint à mettre sur le trône de Neustrie-Burgondie Théodoric, ou Thierry III, troisième fils de Clovis II et de Bathilde, second frère de Clotaire III. Il devint rapidement la principale figure du palais. Selon la Première Vie de saint Léger, celui-ci décida d'interdire aux leudes (grands aristocrates) de Burgondie de venir devant le souverain s'ils n'ont pas reçu de convocations. Par conséquent, Ébroïn put prendre les décisions seul ou avec son réseau d'amis[1].
La révolte des grands du royaume
modifierFurieux de ne pas avoir été consultés, les grands du royaume, menés par saint Léger, l'évêque d'Autun qui prônait l'indépendance de la Bourgogne, se rebellèrent, demandant l'aide du roi d'Austrasie Childéric II, second fils de Clovis II et de Bathilde, aîné de Thierry III. Ce dernier prit alors le contrôle de la Neustrie ainsi que de la Bourgogne et fit enfermer Ébroïn au monastère de Luxeuil, en Haute-Saône, tandis que Thierry III abandonnait la couronne à son frère Childéric II, Léger devenait l'unique conseiller du roi.
En 675, Childéric fut assassiné, Ébroïn en profita pour s'enfuir. À force de duplicité, il parvint à éliminer le nouveau maire du palais, Leudesius, fils d'Erchinoald et à restaurer Thierry III dans ses fonctions royales. Peu après, il accusa l'évêque Léger de complicité dans le meurtre de Childéric. Étant parvenu à s'emparer de la personne de Léger, Ébroïn lui fit crever les yeux et couper les lèvres, puis quelques années plus tard (vers 678) le fit décapiter dans la forêt de Sarcinium, l'actuelle forêt de Lucheux, en Picardie, en un lieu appelé aujourd'hui Sus-Saint-Léger.

S'appuyant sur les Austrasiens, Ébroïn renversa Thierry III et installa sur le trône Clovis III, prétendu fils de Clotaire III (mais Clotaire III n'aurait pas eu d'enfant), âgé de cinq ans. Très peu soutenu dans cette aventure, quelque temps après, Ébroïn abandonna Clovis III, restaura Thierry III sur le trône et retrouva sa fonction de maire du palais.
La chute
modifierL'Aquitaine se détacha alors du royaume franc et l'Austrasie refusa de le reconnaître. En 680, Ébroïn remporta une victoire sur le maire du palais d'Austrasie Pépin de Herstal à Latofao (aujourd'hui Laffaux, entre Soissons et Laon).
Il fut assassiné en 680 ou 681 (un dimanche avant le lever du soleil, en sortant de chez lui pour se rendre à l'office du matin[4]) par Ermenfroi, un noble qu'il avait dépouillé de ses biens. Sa mort marqua la fin de la primauté de la Neustrie dans le royaume franc et marque le début de la mairie du palais sous contrôle de la famille des Warratonides.
Notes et références
modifier- 1 2 Bruno Dumézil, L'Empire mérovingien, Paris, Passés composés, , 347 p. (ISBN 978-2-3793-3271-5), p. 224.
- ↑ Hartmut Atsma et Jean Vezin, « Les vicissitudes d'un document mérovingien depuis son expédition jusqu'à son dépôt aux Archives nationales : le privilège accordé par le roi Clovis II en faveur de l'abbaye de Saint-Denis en France en 654 », Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, vol. 1990, no 1, , p. 357 (ISSN 0081-1181, DOI 10.3406/bsnaf.1992.9603, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Généalogie de Clotaire III, fils aîné de Clovis II, sur le site Medieval Lands.
- ↑ Bruno Dumézil, Le dossier saint Léger, les Belles lettres, coll. « La roue à livres », (ISBN 978-2-251-44650-9).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Ébroïn (maire du palais) » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)
- La Vie de saint Léger, poème comptant deux cent quarante vers, écrit à Autun vers 980 : dans ce poème, l'un des premiers textes littéraires en langue romane, Ébroïn apparaît sous le nom d'« Ewruïns ».
- Ernest Lavisse, Histoire de France depuis les origines jusqu’à la Révolution, Paris, 1901
- Nathalie Stalmans, La Conjuration des Fainéants, Terre de brume, 2008, (ISBN 978-2-84362-389-9).
- Karl Ferdinand Werner, Histoire de France, tome 1, Les Origines : avant l'an mil, Paris, Librairie générale française, 1984 (ISBN 2-253-06203-0)
- Les Mérovingiens, société, pouvoir, politique 451-751, Nicolas Lemas
Liens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :