Aulerques Éburovices
Les Aulerques Éburovices sont un peuple gaulois, fraction du grand peuple des Aulerques (latin Aulerci), désignés par différents qualificatifs selon la portion du territoire où ils se trouvaient. Ceux de la région d'Évreux portaient le qualificatif d’Éburovices (latin Eburovici). Ils occupaient la partie sud-est de l'actuel département de l'Eure[6].
| Aulerques Éburovices | |
Demi-statère frappée à l'effigie des Aulerques Éburovices[1]. | |
| Période | Antiquité |
|---|---|
| Ethnie | Celtes |
| Langue(s) | Gaulois |
| Religion | Celtique gauloise |
| Villes principales | Mediolanum Aulercorum (l'actuelle ville d'Évreux[2],[3],[4]) Les Ventes (site de « Mares Jumelles »[5].) Gisacum (commune du Vieil-Évreux) |
| Région d'origine | Civitates des Aulerci Eburovici |
| Région actuelle | Approximativement le département de l'Eure |
| Frontière | Aulerques Cénomans Carnutes Lexoviens |
| modifier |
|


Étymologie
modifierLa plupart des linguistes considèrent le qualificatif ethnonymique Éburovices comme un composé des éléments celtiques (gaulois) eburo- et -vice. Le terme vices a été rapproché du latin vincere (vincō, parfait vīcī) « vaincre ». Les Vices (autrement graphié Uices) seraient « ceux qui vainquent » (cf. Lemovices)[7].
Le premier élément eburo- (autrement eburos) se rencontre fréquemment dans l'onomastique personnelle gauloise (anthroponymes gaulois cf. Eburus, Eburo, Eburius, etc.) et dans la toponymie (ex: Eburo-dunum > Yverdon, Embrun ; *Eburo-ialon > Avreuil, Ébreuil ; *Eburiacon > Évry, Ivry, etc. cf. Ivry-la-Bataille, Eure). Selon la plupart des spécialistes, il désigne l'if (botanique)[7]. Les Éburovices seraient donc « ceux qui vainquent par l'if », ce bois ayant été utilisé pour fabriquer des armes, notamment des arcs en raison de sa flexibilité et de sa résistance[7].
Les Aulerques
modifierQuatre peuples gaulois ont porté ce nom. Outre les Éburovices, il y avait les Aulerques Cénomans, Aulerques Diablintes et les Aulerques Brannovices. La raison de ce nom commun n’est pas connue, mais ces peuples étant voisins, il est possible qu'ils soient issus d'une même tribu originelle (voir Volques).
Les Éburovices auraient abrité en leur territoire le « centre sacré » des Aulerques. Cette hypothèse vient de l'étymologie du nom gallo-romain d'Évreux, Mediolanum Aulercorum, selon l'historien français Henri Martin.

Contexte historique et archéologique
modifierSources antiques
modifierJules César mentionne leur participation à la coalition des peuples armoricains contre les Romains et leurs alliés gaulois en 56 av. J.-C.
« Tandis que ces évènements se déroulaient chez les Vénètes, Quintus Titurius Sabinus arriva, avec les troupes que César lui avait confiées, chez les Unelles. Ceux-ci avaient à leur tête Viridovix ; il commandait aussi à toutes les cités révoltées, d’où il avait tiré une armée, et fort nombreuse ; peu de jours après l’arrivée de Sabinus, les Aulerques Éburovices et les Lexovii, ayant massacré leur sénat, qui était opposé à la guerre, fermèrent leurs portes et se joignirent à Viridovix... »[8]
Les Aulerques Éburovices se coalisèrent de nouveau avec les Sénons et les Parisii en 52 av. J.-C. Commandés par le chef de guerre aulerque Camulogène, ils affrontèrent le général romain et lieutenant de César, Titus Labienus, lors de la bataille de Lutèce. Bataille incertaine, elle se soldera par la victoire romaine et la mort de Camulogène[9].
De même, toujours selon Jules César, les Éburovices participèrent à la coalition belge du soulèvement des Bellovaques contre les Suessions alors sous l'autorité des Rèmes, alliés de Rome, en 51 av. J.-C.
« En demandant à ces hommes où se trouvait le gros de la population et quelles étaient les intentions des Bellovaques, César obtint les renseignements suivants : tous les Bellovaques en état de porter les armes s'étaient rassemblés en un même lieu, et avec eux les Ambiens, les Aulerques, les Calètes, les Véliocasses, les Atrébates. »[10].
Si on ajoute à ces trois coalitions celle de commandée par l'Arverne Vercingétorix[11], les Aulerques Éburovices est un des peuples gaulois les plus cités par César pour sa résistance face à Rome.
Notes et références
modifier- ↑ « Monnaie / Antique / Gauloise / GAULE CELTIQUE / Aulerques Éburovices (Région d’Évreux) », sur infomonnaies.com (consulté le ).
- ↑ Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu, « Aulerques et Redons : méthodologie, classement, histoire. », dans Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu, Notices de numismatique celtique armoricaine., t. 66, Annales de Bretagne, (DOI 10.3406/abpo.1959.2073, lire en ligne), chap. 1, p. 39, 40 et 58.
- ↑ Deniaux Elisabeth, « L'activité des foulons d'Evreux et le contrôle impérial à l'époque d'Antonin. », dans Élisabeth Deniaux et al., Cahier des Annales de Normandie : Recueil d'études en hommage à Lucien Musset., vol. 23, (DOI 10.3406/annor.1990.4024, lire en ligne), p. 53 à 68.
- ↑ Martin Szewczyk, « Apollon au Vieil-Évreux : de Lugus à saint Taurin. », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 39, no 2, , p. 213 à 240 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Yves-Marie Adrian et Thierry Lepert, « Nouvelles données sur l'atelier de potiers gallo-romain des « Mares Jumelles » (Eure) : Productions, diffusion et environnement. », Revue archéologique de l'ouest, t. 17, , p. 183-197 (DOI 10.3406/rao.2000.1107, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Docteur Dupoux, « Carte des peuples de la Gaule indépendante vers 58 av. J.-C. », Revue archéologique du Centre de la France, vol. 7, nos 7-3, , p. 243-247 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance, , p. 159.
- ↑ Livre III, 17 des Commentaires sur la guerre des Gaules
- ↑ Livre VII, 62 des Commentaires sur la guerre des Gaules
- ↑ Livre VIII, 7 des Commentaires sur la guerre des Gaules
- ↑ Livre VII, 4 des Commentaires sur la guerre des Gaules
Bibliographie
modifier- Jean Mathière, La Civitas des Aulerci Eburovices à l'époque gallo-romaine, Évreux, 1925