Ecclesiae unitatem
Ecclesiae unitatem est un motu proprio signé le et publié le par le pape Benoît XVI. Ses premiers mots sont : « Ecclesiae unitatem tueri... »[1], c'est-à-dire « préserver l'unité de l'Église »[2].
| Ecclesiae unitatem | ||||||||
| Motu proprio du pape Benoît XVI | ||||||||
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| Date | 2 juillet 2009 | |||||||
| Sujet | Réorganisation de la commission pontificale Ecclesia Dei afin de faciliter la réintégration de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Ce texte fait suite au motu proprio Summorum Pontificum. Il concerne les relations entre le Vatican et les catholiques traditionalistes, en particulier les fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) dont le supérieur est Bernard Fellay.
Le contenu
modifierLa principale modification instaurée par ce motu proprio est que la Commission pontificale Ecclesia Dei, instituée par Jean-Paul II en 1988, est désormais rattachée « de façon étroite » à la Congrégation pour la doctrine de la foi. C'est dans ce cadre qu'auront lieu les négociations en vue d'une éventuelle réintégration de la FSSPX dans la pleine communion de l'Église catholique[3]. La commission dispose néanmoins de sa propre hiérarchie[4].
Le secrétaire de la commission est Guido Pozzo, jusqu'ici secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, et le président est le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada. À la tête de la commission, le cardinal Levada succède au cardinal Darío Castrillón Hoyos, atteint par la limite d'âge.
Raisons de la décision
modifierBenoît XVI a indiqué dans sa Lettre aux évêques du que la levée de l'excommunication des quatre évêques intégristes était pour lui un « geste d'unité » et de dialogue. La question de l'éventuelle réintégration de la FSSPX, selon lui, se situe sur un plan « essentiellement doctrinal »[4]. Tant que cet aspect doctrinal est encore débattu, la FSSPX « n'a pas de statut canonique dans l'Église » et « ses ministres ne peuvent exercer légitimement aucun ministère »[5].
L'une des conditions préalables est « l'acceptation [par la FSSPX] du concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des papes ».
Les discussions portent donc sur l'aspect théologique du différend qui oppose le Vatican et les traditionalistes. Elles commencent à l'automne 2009. Un éventuel accord donnerait un statut canonique à la FSSPX, qui pour l'instant n'appartient pas aux familles spirituelles de l'Église catholique[6].
Réactions
modifierSelon Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et membre de la commission pontificale Ecclesia Dei, « la grande préoccupation du pape Benoît XVI est la sauvegarde de l'unité de l'Église et le désir d'ouvrir un dialogue avec la Fraternité Saint-Pie-X[7] », pendant que l'hebdomadaire catholique Famille chrétienne voit dans Ecclesiae unitatem « une nouvelle étape dans le dialogue doctrinal avec les lefebvristes[8] ».
L'un des responsables de la FSSPX, Bernard Tissier de Mallerais, entend pour sa part refuser « tout compromis » avec l'Église « post-conciliaire »[9], dont il qualifie l'enseignement de « nouvelle religion ». Il ajoute : « Les discussions n'avanceront que si Rome réforme sa manière de voir et reconnaît les erreurs dans lesquelles le Concile a mené l'Église. »
Dénouement
modifierLes négociations durent trois ans. Quand le cardinal Levada est atteint par la limite d'âge, Benoît XVI le remplace, le , par l'un de ses proches collaborateurs, Gerhard Ludwig Müller, évêque de Ratisbonne. Celui-ci devient donc préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi[10]. En , Gerhard Müller déclare que, après une dernière discussion avec les intégristes, les négociations ont abouti à un échec. Elles ne reprendront pas[11]. Le , par une lettre apostolique en forme de motu proprio, le pape François, considérant que les questions qui restaient ouvertes étaient principalement de nature doctrinale, a supprimé la commission pontificale Ecclesia Dei, dont les compétences sont entièrement attribuées à la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui reprendra ses activités au sein d’une troisième section[12].
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierNotes et références
modifier- ↑ (la) Benoît XVI, « Ecclesiae unitatem » (motu proprio), sur vatican.va, (consulté le ).
- ↑ Benoît XVI, « Ecclesiae unitatem » (motu proprio), sur vatican.va, (consulté le )
- ↑ « Le pape dialogue avec les lefebvristes », Le Figaro, (lire en ligne).
- 1 2 Nicolas Senèze, « Le dialogue avec les intégristes confié à la Congrégation pour la doctrine de la foi », La Croix, (lire en ligne).
- ↑ « Ecclesiae unitatem ou la “sollicitude” de Benoît XVI », ZENIT, (lire en ligne).
- ↑ « Benoît XVI poursuit la réintégration des lefebvristes », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Pierre Ricard, « Signification du Motu Proprio Ecclesiae Unitatem par le cardinal Jean-Pierre Ricard », sur eglise.catholique.fr, (consulté le ).
- ↑ « Une nouvelle étape dans le dialogue doctrinal avec les lefebvristes », Famille chrétienne, (lire en ligne).
- ↑ « Interview exclusive de Mgr Tissier de Mallerais », La Vie, (lire en ligne).
- ↑ « Doctrine de la foi : Müller nommé préfet », ZENIT, (lire en ligne).
- ↑ Frédéric Mounier, « Les lefebvristes exigeraient de pouvoir continuer à critiquer le Concile », La Croix, (lire en ligne).
- ↑ (it) François, « Lettera Apostolica in forma di “Motu proprio” circa la Pontificia Commissione "Ecclesia Dei" », sur vatican.va, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Benoît XVI, « Ecclesiae unitatem » (motu proprio), sur vatican.va, (consulté le )