Edgar Cardoso
Edgar António de Mesquita Cardoso est un ingénieur civil et professeur d'université portugais, né à Porto le , et mort à Lisbonne le .
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Cimetière de Agramonte |
| Nom dans la langue maternelle |
Edgar António de Mesquita Cardoso |
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Officier de l'ordre militaire du Christ (d) Grand officier de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée Grand-croix de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée |
Le professeur Cardoso a été un pionnier de l'analyse expérimentale des structures pour laquelle il a développé des instruments de mesure de haute précision lui permettant de mesurer les capacités de résistance sur des modèles représentant ses propres ouvrages de génie civil.
Biographie
modifierNé à Porto, Edgar Cardoso est le fils de Francisco Vítor Cardoso, officier d'infanterie et ingénieur civil des mines, originaire de Coimbra (paroisse de Sé Nova), et de Amélia Teixeira de Mesquita Cardoso, brésilienne aisée (propriétaire à Belém, dans l'État de Pará, Brésil), il y passa la première partie de son enfance avant de déménager avec sa famille à Lisbonne. À l'âge de onze ans, il est retourné à Porto avec ses parents et ses six frères et sœurs. Son père, qui avait atteint le grade de major, a été mis dans la réserve militaire en 1924 et est devenu directeur de l'administration routière publique Junta Autónoma de Estradas (pt) (JAE). Après avoir obtenu son baccalauréat au « Liceu Alexandre Herculano » en 1931, Cardoso suivit les traces de son père et s’inscrivit à la faculté d’ingénierie de l’Université de Porto[1].
Edgar Cardoso a fait ses études à l'université de Porto. Il en sort diplômé en génie civil de la Faculdade de Engenharia da Universidade do Porto en 1937. Il commence la même année à travailler pour le service des routes, à Bragance.
De 1938 à 1951, il a exercé la fonction d'ingénieur civil au sein de la JAE (Junta Autónoma das Estradas) dans le département des ponts.
Outre la conception et la construction de ponts, il s'est de plus en plus consacré à la recherche et à l'innovation.
Parallèlement à son poste dans la fonction publique, il s'est également lancé dans le secteur privé ; en 1944, il a fondé son cabinet d'études[2].
Le il a commencé une carrière d'enseignement de la construction des ponts à l'Instituto Superior Técnico (IST) de Lisbonne, ce qui a donné de l'ampleur à sa carrière universitaire.
Par la suite, le nombre de ses commandes a également fortement augmenté. Il s'est notamment fait connaître grâce à la construction du Ponte da Arrábida à Porto, qui était à l'époque le plus grand pont en arc en béton armé du monde. Outre de nombreux projets au Portugal et dans les anciennes colonies portugaises, il a également exercé ses activités à l’international, notamment lors de la conception de ponts dans le cadre de la construction d’autoroutes à Barcelone en 1969, ou encore en Italie en 1974, lors des discussions sur les plans du pont sur le détroit de Messine.
Ap rès la Révolution des Œillets de 1974, il fut contraint de démissionner de ses fonctions universitaires, car on lui reprochait d’avoir soutenu le régime autoritaire de l’Estado Novo. De 1979 jusqu’à sa retraite en 1983, il a repris ses fonctions de professeur. Lorsqu’il a été réintégré par l’Institut technique, il s’est vu verser les arriérés de salaire qui lui étaient dus ; il a perçu une rémunération d’un million d’escudos pour la période de 1974 à 1979, qu’il a fait don aux autorités publiques, afin qu’elle soit affectée à des activités d’intérêt national. Le gouvernement a utilisé ces fonds pour créer la Fondation Edgar Cardoso, qui attribue depuis lors des bourses et des prix de recherche à l’IST dans le domaine des ponts et des ouvrages d’art.
Le pont ferroviaire Ponte de São João à Porto fut, en 1991, son dernier projet personnel. Par la suite, il n’intervint qu’occasionnellement, à titre de conseiller ou en tant que collaborateur, notamment lors de l’extension de l’aéroport de Madère (inauguré en 2000).
Il est décédé en 2000 à l'hôpital « Hospital Pulido Valente » de Lisbonne.
Durant sa longue carrière, Edgar Cardoso a conçu de nombreux ponts au Portugal et dans les anciennes colonies portugaises de l'Angola, du Mozambique et de Macao[3].
Vie privée
modifierLe 7 juin 1941, il s'est marié civilement à Lisbonne avec Margarida Congeol (née à Pena, Lisbonne, vers 1907, décédée le 6 juillet 1996), femme de ménage, déjà divorcée d'Edgar Augusto Cardoso depuis 1935, fille de Leopoldo Congeol, originaire de Paris (Saint-Germain-des-Prés), et de Maria das Dores Abreu, femme de ménage, originaire de Funchal (paroisse de São Pedro)[1]. Il n'a pas eu d'enfants[4].
Quelques ponts
modifier- Pont de Mértola, à Mértola.
- Pont de Santa Clara à Coimbra, sur le Mondego.
- Pont d'Arrábida (pt), pont en arc franchissant le Douro et permettant de relier Porto à Vila Nova de Gaia. Avec une ouverture de 270 m, il était à l'époque le plus grand arc en béton armé du monde.
- Pont Almirante Sarmento Rodrigues, au-dessus du Douro, à Barca d'Alva, dans la freguesia d'Escalhão.
- Pont du Vale da Ursa franchissant le Zêzere,
- Pont Edgar Cardoso, pont à haubans enjambant le fleuve Mondego à Figueira da Foz.
- Extension de la piste d'aviation de l'aéroport de Funchal, réalisée en éléments préfabriqués de béton, assemblés sur des piles en béton armé.
- Pont de Mosteirô[5], entre Baião et Cinfães. Edgar Cardoso considérait ce pont comme son meilleur et plus beau ouvrage.
- Viaduc de Vila Franca de Xira sur l'autoroute A1.

- Pont ferroviaire de São João, permettant le franchissement du Douro, à Porto, inauguré le , dernier pont construit par Edgar Cardoso[6].
- Dans les colonies portugaises
- Pont du gouverneur Nobre de Carvalho à Macao.
- Pont suspendu sur le Save, au Mozambique, construit en 1962[7].
- Pont de Xai-Xai au Mozambique[8].
- Pont Samora Machel sur le Zambèze, au Mozambique.
- Pont de Sauguém dans l'Inde portugaise.
- Ponts du Corubal et de Cacheu en Guinée portugaise.
- Pont sur le Quanza, construit en 1966, en Angola[9].
Distinctions
modifierEn 1969, il a été reçu docteur honoris causa sur proposition de la Congrégation de la Faculté d'architecture et d'urbanisme de l'Université fédérale de Rio de Janeiro.
Il a été fait officier de l'ordre militaire du Christ le , et grand-officier de l'Ordre de Sant'Iago de l'Épée le , puis élevé à la Grand-croix de cet ordre à titre posthume le .
La mairie de Lisbonne lui a rendu hommage en donnant son nom à une allée située dans la paroisse civile de São Sebastião da Pedreira, aujourd’hui paroisse des Avenidas Novas, près de l’Estufa Fria, dont il avait lui-même conçu la verrière[10].
Notes et références
modifier- 1 2 (pt) « Registre des mariages du 3e bureau d'état civil de Lisbonne (15 mai 1941 - 16 juillet 1941) », sur digitarq.arquivos.pt, Archives nationales de la Torre do Tombo, feuilles 465 et 465v, acte n° 465.
- ↑ (pt) « Nova ponte do Porto já tem desenho conhecido », sur www.jn.pt, (consulté le ).
- ↑ (pt) Júlio Appleton, « Tradução de artigo publicado na revista "Structural Engineering International” em março de 2020 para uma série de tributos aos engenheiros de todo o mundo que mais se destacaram no século XX. » [PDF], sur Ordem dos Engenheiros, (DOI 10.1080/10168664.2020.1721398).
- ↑ (en) « University of Porto Famous Alumni: Edgar Cardoso. », sur sigarra.up.pt, Université de Porto (consulté le ).
- ↑ Laboratório de Estruturas Edgar Cardoso : Ponte de Mosteirô
- ↑ Laboratório de Estruturas Edgar Cardoso : Ponte de São João
- ↑ Laboratório de Estruturas Edgar Cardoso : Ponte sobre o rio Save
- ↑ Laboratório de Estruturas Edgar Cardoso : Ponte sobre o rio Limpopo
- ↑ Laboratório de Estruturas Edgar Cardoso : Ponte sobre o rio Quanza
- ↑ (pt) Comissão Municipal de Toponímia, Toponimia lx Edgar Cardoso, Julho de 2004.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (pt) António de Carvalho Quintela, Jorge Miguel Proença, António Betâmio de Almeida, Margarida N. M. Cardoso, Francisco V. Cardoso, Instituto Superior Técnico, Edgar Cardoso 1913 / 2000, Fundação Edgar Cardoso, Departamento de Engenharia Civil e Arquitectura, 2001 (ISBN 978-972-95718-1-7)