Edme Bouchardon

sculpteur et dessinateur français (1698-1762)
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Edme Bouchardon, né à Chaumont-en-Bassigny le et mort à Paris le , est un sculpteur et dessinateur français.

Edme Bouchardon
Edme Bouchardon par François-Hubert Drouais, 1758,
Paris, musée Carnavalet.
Biographie
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Paris
Domicile
Activités
Père
Fratrie
Autres informations
Mouvement
Maître
Distinction
Œuvres principales

Biographie

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Edme Bouchardon naît dans une famille d'artistes. Son père Jean-Baptiste et son frère cadet Jacques-Philippe sont sculpteurs. Il est l'élève de Guillaume Coustou avant d'obtenir en 1722 le prix de Rome avec un relief ayant pour sujet Gédéon choisit ses soldats en observant leur manière de boire. Il part en 1723 se perfectionner à l'Académie de France à Rome où il reste neuf ans. Il se trouve dans la cité papale au même moment que le sculpteur Adam, et présente un projet pour la fontaine de Trévi. Il profite également de son séjour pour réaliser une copie du Faune Barberini. À son retour en 1732, il obtient immédiatement (fait rare) un logement au Louvre. Il est nommé sculpteur du roi en 1732, obtient l'agrément de l’Académie en 1733 avant d'être reçu en 1744. Enfin, il en devient professeur en 1745.

On lui connaît une cinquantaine de statues[1]. Parmi ses réalisations majeures, on compte la fontaine de la rue de Grenelle. Elle illustre son intérêt pour la problématique de cet élément urbain, qu'il avait développé dans son projet pour celle de Trévi. L'Amour se faisant un arc de la massue d'Hercule (1750) conservé au musée du Louvre est un autre de ses chefs-d'œuvre. Cette sculpture, commandée par le directeur des Bâtiments du roi, Philibert Orry, est destinée au château de Versailles[2]. Il aime également entourer des jeunes génies ou enfants d'animaux fabuleux (Enfant chevauchant un dauphin)[3], plâtre au Musée de Los Angeles et un des hauts reliefs du Salon des Dauphins de l'ancien palais des princes-évêques de Liège). Ce sont soit des hauts reliefs, soit des plâtres ou des bronzes souvent datés et signés.

Connu pour ses portraits, lorsque l’artiste, en 1755, se voit obligé de quitter le vieux Louvre, à cause des travaux de reconstruction qu’on voulait faire à cette partie du palais, il est le seul, de tous les artistes ainsi délogés, à réussir à se faire allouer par le roi une somme annuelle de 2 400 livres, pour le reste de sa vie, à titre de compensation. Emménagé rue Traversière, il déménagera ensuite pour la rue de la Madeleine, puis la rue de Surène[4].

Il réalise en 1758 dans son atelier de fonderie de la rue du Faubourg-du-Roule (emplacement des actuels 195 à 205 rue du Faubourg-Saint-Honoré) une statue équestre de Louis XV transportée par chariot place Louis XV (place de la Concorde). Sa mort en 1762 interrompt sa conception du piédestal[5]. On le considère comme un point d'équilibre entre la sévérité de l'Antique et la grâce du naturel rocaille. Il est également vu comme un précurseur du néoclassicisme en sculpture et connu pour ses talents de dessinateur. Nous conservons aujourd'hui de nombreux dessins et esquisses de sa main, essentiellement des sanguines[6].

Œuvres

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  • Louis XV, statue équestre (détruite à la Révolution). Un modèle par son élève Louis-Claude Vassé est visible au musée du Louvre ;
  • Calvaire à Remiremont, Vosges, offert par Charles Marie David en 1858 ;
  • Plusieurs sujets pour les bassins du château de Versailles, dont Protée pour le bassin de Neptune.
  • Beaux-Arts de Paris :
    • Vase à couvercle[8], sanguine, H. 0,231 ; L. 0,161 m. À la fin des années 1730, Bouchardon réalisa deux Livres de vases, constitués chacun de douze planches gravées par Gabriel Huquier. Ce dessin est préparatoire pour la onzième eau-forte de la première série[9].
    • Tête de femme coiffée d'un fichu[10], sanguine, H. 0,445 ; L. 0,292 m. Cette tête de femme, de grand format, est à rapprocher d'un dessin similaire aujourd'hui conservé au Département de Arts graphiques du musée du Louvre. Il s'agit du même modèle étudié sous des angles différents, et dont l'expression du visage varie[11].
    • Étude d'homme étendu sur le côté[12], sanguine, H. 0,400 ; L. 0,562 m. Cette académie ne fut pas gravée mais fit l'objet d'une contre-épreuve (Nationalmuseum de Stockholm). Bouchardon réservait vraisemblablement cette feuille aux amateurs, et exécuta la contre-épreuve pour alimenter son fonds d'atelier, destinée à servir de modèle à ses élèves[13].
    • Etude d'après "L'Amour tendant son arc", sanguine, H. 0,341 ; L. 0,245 m, d'après un Eros de Lysippe que le sculpteur a du étudier à Rome, on connait cinq autres copies de la main de Bouchardon. De cet antique, Bouchardon su en tirer un de ses plus célèbres sculptures : L'Amour se faisant un arc dans la massue d'Hercule.[14],[15]
  • Edme Bouchardon : Projet de jeton pour « Les parties casuelles, 1757 », 1756, sanguine sur papier vergé, 38,2 x 24,8 cm, Orléans, musée des Beaux-Arts[16].
  • Dessins dont le portrait de son père et autres études pour la statue équestre de Louis XV, musée d'art et d'histoire de Chaumont

Galerie

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Hommages

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Entrée du lycée Edme-Bouchardon à Chaumont.

À Chaumont, sa ville natale, son nom a été donné au lycée d'enseignement général, à une fontaine avec son buste et à une rue du centre-ville.

Le 10e arrondissement de la ville de Paris comporte une rue Bouchardon.

Une « Exposition Bouchardon » a été organisée au musée du Louvre à l'automne 2016[17].

L'administration des PTT lui a rendu hommage à deux reprises, en 1949 avec 4 timbres représentant des bas-reliefs de la fontaine de la rue de Grenelle, et en 1962 avec un timbre à son effigie[18].

Notes et références

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  1. « Bouchardon, rénovateur des arts », Dossier de l’art, no 242, , p. 4-9 (ISSN 1161-3122).
  2. L'Antiquité rêvée : innovations et résistances au XVIIIe siècle [exposition], Paris, Musée du Louvre, 2 décembre 2010-14 février 2011, Louvre éd. Gallimard, , 500 pages, illustr. ; 30 cm (ISBN 978-2-07-013088-7, OCLC 694059144), p. 120.
  3. Un bronze signé du même sujet est daté de 1736.
  4. Alphonse Roserot (d), « Bouchardon intime », Réunion des sociétés des Beaux-Arts des départements à la Sorbonne, Paris, Plon, , p. 360 (OCLC 421957541, 360 sur Google Livres).
  5. Geneviève Bresc-Bautier, « Fonderie et ateliers du Roule », dans Béatrice de Andia, Dominique Fernandès, Christian Baulez, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris, action artistique de la Ville de Paris, , 430 p., illustr. ; 29 cm (ISBN 978-2-90511-849-3, OCLC 31214242), p. 373.
  6. Trey J, Bouchardon dessinateur, l'art parfait de la sanguin, Dossier de l'art no 242, septembre 2016, p. 38-45
  7. Saint-Sulpice, brochure vendue dans l'église, p. 18.
  8. « Vase à couvercle, Edme Bouchardon », sur Cat'zArts
  9. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, François Boucher et l'art rocaille dans les collections de l'Ecole des beaux-arts, Ecole nationale supérieure des beaux-arts, 2003-2006, p. 180-183, Cat. 37
  10. « Tête de femme coiffée d'un fichu, Edme Bouchardon », sur Cat'zArts
  11. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, François Bouchardon et l'art rocaille dans les collections de l'Ecole des beaux-arts, Ecole nationale supérieure des beaux-arts, 2003-2006, p. 184-186, Cat. 38
  12. « Etude d'homme nu étendu sur le côté, Edme Bouchardon », sur Cat'zArts
  13. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, François Boucher et l'art rocaille dans les collections de l'Ecole des beaux-arts, Ecole nationale supérieure des beaux-arts, 2003-2006, p. 187-189, Cat. 39
  14. « Cat'zArts - Affichage d'une notice », sur www.ensba.fr (consulté le )
  15. Sous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, Poussin, Géricault, Carpeaux ... À l'école de l'antique, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2019, p. 74-77, Cat. 16.
  16. Dominique Brême et Mehdi Korchane, Dessins français du musée des Beaux-Arts d’Orléans. Le Trait et l’Ombre, Orléans, musée des Beaux-Arts, , 9 788836 651320, n°61
  17. Sur le site du Louvre.
  18. Catalogue mondial de cotation Yvert & Tellier. Timbres de France.

Bibliographie

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  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang, « Bouchardon (Edme) », dans Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, (lire en ligne), p. 262.
  • Alphonse Roserot, Edme Bouchardon, dessinateur, p. 588-616, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Ministère de l'instruction publique, 1895, 19e session (lire en ligne).
  • Yvonne Rickert, Edme Bouchardon : réseau familial d’un sculpteur originaire de Chaumont, Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles (lire en ligne)
  • Anne-Lise Desmas, Édouard Kopp, Guilhem Scherf et Juliette Trey, Edme Bouchardon (1698-1762), coédition musée du Louvre, éditions Somogy, 2016.
  • Marc Fumaroli, Le comte de Caylus et Edme Bouchardon. Deux réformateurs du goût sous Louis XV, Paris, coédition musée du Louvre, éditions Somogy, 2016.
  • Juliette Trey, avec Hélène Grollemund, Inventaire général des dessins du musée du Louvre. École française. Edme Bouchardon (1698-1762), coédition Mare & Martin, musée du Louvre, 2016.
  • Henriette Pforr, d'après Alphonse Roserot, Bouchardon, Prisma, 2016. (ISBN 978-2-8104-1862-6).

Liens externes

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