Effet pare-brise

phénomène environnemental

L'effet pare-brise (ou syndrome du pare-brise) est un phénomène récent selon lequel on constate une baisse de la quantité d'insectes s'abattant sur le pare-brise des véhicules routiers durant leurs trajets. Il a été attribué à un déclin mondial des populations d'insectes causé par l'activité humaine[1].

Insectes écrasés sur un pare-brise au coucher du soleil.

Contexte

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Le fait que les insectes s'écrasent sur les pare-brises des véhicules en mouvement sur les routes est constaté de longue date[2]. Néanmoins, dès les années , il est devenu courant chez les conducteurs d'observer que les pare-brises, après un long trajet, ne nécessitaient plus d'être nettoyés d'une myriade d'insectes[3],[4],[5]. En , le naturaliste canadien John Acorn (en) nota que le phénomène avait été repris sous forme de mème, se demandant s'il était « raisonnable de supposer que l'observation des pare-brises puisse indiquer quelque chose au sujet du nombre total d'insectes vivants » ; il constata, qui plus est, que « les humains sont notoirement mauvais pour ce qui est de détecter des tendances »[6]. L'effet pare-brise s'est trouvé au centre de débats en après que d'importantes publications et médias ont couvert le sujet de la réduction des populations d'insectes au cours des dernières décennies[7]. Plusieurs entomologistes ont déclaré, à ce sujet, avoir remarqué qu'ils n'avaient plus à nettoyer aussi fréquemment leurs pare-brises[8],[9],[10]. Cette disparition entraîne une réaction en chaîne sur d'autres espèces comme des reptiles, des amphibien, et des oiseaux, dont un tiers a disparu des campagnes françaises en 25 ans d'après une étude du CNRS et du Museum national d'histoire naturelle de [11],[12].

Une méta-analyse publiée en fait la synthèse de 73 études sur les 40 années précédentes indique « la conclusion est claire : à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies » avec pour effet un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels »[11].

Études

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Danemark

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Une étude réalisée sur 20 ans a mesuré le nombre d'insectes écrasés sur les pare-brises de voitures sur deux tronçons de route au Danemark de à . Ajustée aux variables telles que l'heure, la date, la température et la vitesse du vent, les résultats montrent une baisse de 80 % du nombre d'insectes relevés[13]. Une étude parallèle utilisant des filets de balayage et des plaques collantes dans la même zone s'est révélée en corrélation positive avec la réduction du nombre d'insectes tués sur les pare-brises de voitures[14].

Royaume-Uni

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En , la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB, en français la Société royale pour la protection des oiseaux) a demandé à 40 000 automobilistes au Royaume-Uni de fixer un film collant en PVC sur leur plaque d'immatriculation. En moyenne, un insecte entrait en collision avec la plaque tous les 5 miles (km)[3],[4],[5],[15],[9]. Aucune donnée historique n'était toutefois disponible à titre de comparaison au Royaume-Uni[16].

Une étude de suivi réalisée par Kent Wildlife Trust (en) en a fait appel à la même méthodologie que l'enquête de la RSPB et a donné lieu à 50 % d'impact en moins. La recherche a également révélé que les voitures modernes, avec la forme plus aérodynamique de leur carrosserie, tuaient plus d'insectes que les voitures de collection plus anciennes de 70 ans au plus[17].

Notes et références

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  1. (en) Michael McCarthy (en), « A giant insect ecosystem is collapsing due to humans. It's a catastrophe », The Guardian, .
  2. (en) May Berenbaum, « Insects and Windshields—A Crash Course », American Entomologist, Entomological Society of America, vol. 48, no 1, , p. 2–3 (DOI 10.1093/ae/48.1.2 Accès payant, lire en ligne Accès libre [PDF]).
  3. 1 2 (en) Michael McCarthy (en), « Scientists set out to discover if insects are disappearing from Britain », The Independent, (consulté le ).
  4. 1 2 (en) « Car 'splatometer' test shows bugs flying towards extinction », sur walesonline.co.uk, Western Mail, (consulté le ).
  5. 1 2 (en) « 'Splatometer' to count bug life », BBC News, (consulté le ).
  6. Acorn 2016.
  7. (en) Noel Kirkpatrick, « What is the 'windshield phenomenon'? », sur TreeHugger (en), précédemment sur mnn.com, Mother Nature Network (en), , dernière mise à jour (consulté le ).
  8. (en) Gretchen Vogel, « Where have all the insects gone? », sur sciencemag.org, (DOI 10.1126/science.aal1160, consulté le ).
  9. 1 2 (en) Sarah Knapton, « 'The windscreen phenomenon' - why your car is no longer covered in dead insects », The Daily Telegraph, (version du sur archive.org).
  10. (en) « What happened to all the bugs? Scientists search for answers », The Sydney Morning Herald, (consulté le ).
  11. 1 2 Pierre Ropert, « Pourquoi n'y a-t-il plus d'insectes sur vos pare-brises ? » Accès libre, sur Radio France, (consulté le )
  12. Hélène Combis, « Disparition des oiseaux : vers des printemps de plus en plus silencieux » Accès libre, sur Radio France, (consulté le )
  13. (en) Thor Hanson (en), « When Did You Last Clean Bug Splatter Off Your Windshield? » Accès payant, The New York Times, .
  14. Møller 2019.
  15. (en) Alex Kirby (en), « Scarce insects duck UK splat test », BBC News, (consulté le ).
  16. (en) Michael McCarthy (en), « 40,000 'splatometers' can't be wrong: insect population is in decline », The Independent, (consulté le ).
  17. (en) Damian Carrington, « Car 'splatometer' tests reveal huge decline in number of insects », The Guardian,

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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