Elena Montesinos

artiste contemporaine suisse et agitatrice culturelle

Elena Montesinos est une artiste contemporaine et agitatrice culturelle née à Genève en 1971[1]. Ses interventions prennent forme de manière pluridisciplinaire[2] à travers une multitude de médias contemporains articulés en interaction avec une galaxie de partenaires variés[3], provenant d’univers aussi complémentaires que la musique électronique expérimentale, l’art abstrait, l’anthropologie, la performance[4], la poésie sonore ou le cinéma, en qui collaborent activement à ses mises en œuvre tapageuses. Elle a co-dirigé l'espace Forde à L'Usine entre 2012 et 2014 avant d’ouvrir son propre lieu, un artist-run space dédié aux happenings et à la production artistique en résidence: Home of TMF[5].

Elena Montesinos
Naissance
Autres noms
The Montesinos Foundation
Nationalité
Activité

Biographie

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Infatigable, intrépide et inclusive[6], elle n’a de cesse d’explorer les multiples possibilités offertes par le milieu artistique contemporain, faisant le grand écart entre les nuits berlinoises, les biennales altermondialistes[7] et les grandes institutions muséales[8]. Elle jongle ainsi avec une habileté fascinante à travers tous les paradoxes de la création actuelle avec un goût prononcé pour les arts numériques, incluant la réalité augmentée[9].

Ses leitmotivs synthétisent un modus operandi sans cesse réinventé: « Some people make money with art & power. Elena Montesinos makes art with money & power instead »[10] (1995-2015) et depuis 2025: « Breaking the glass ceiling since1995 »[11].

Cette démarche d’art généreux et incisif est illustrée par des happenings tels que le Bûcher des Endettés[12], un rendez-vous annuel entamé en 2016 durant lequel la population genevoise est invitée à brûler ses factures, amendes et paiements indésirables dans un grand feu de joie cathartique sur la place publique[13]. Les participants à ces événements deviennent alors immanquablement le pivot central de ses propositions, comme lors du tirage au sort YOU WIN au Mamco (Manor Kunstpreis 2000) durant lequel une partie du prix fut partagé avec le public.

Depuis 2019, elle est également l’instigatrice de Get A Nerve![14], un événement alternatif et non-mercantile en parallèle au salon Art Genève[15]. Ce projet curatorial pluridisciplinaire a muté depuis, pour devenir GENETIC_RAVES, un groupe intergénérationnel à géométrie variable gravitant autour des expérimentations numériques à tendance transhumaniste. Elle collabore volontiers avec des associations philanthropiques dans l’idée de participer activement à l’élaboration d’un monde meilleur (Amnesty International, Greenpeace).

Son alter ego THAT GIRL sorte de « drag digital » est son « ambassadrice de pixels » selon Libération[16]. Les nouvelles aventures de cette poupée décomplexée sous forme de film d’animation sont en cours de production.

La plasticité des arts visuels sert chez elle d’emballage faussement superficiel à des pastilles de lucidité critique aigre-douce. Le filtre «manga kawaï» d’une application gratuite qui offre ainsi un terrain de jeu rêvé pour That Girl, ego numériquement altéré de l’artiste. En passant à travers le miroir de cette interface, l’apparente interactivité de cette réalité augmentée renvoie à la passivité narcissique dans laquelle nous place ce dispositif dangereusement inoffensif."[17]

Home of TMF

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Sa fédération éponyme célèbre la mixité et la liberté d’expression. Elle collabore notamment avec le magazine queer romand 360, signant une multitude d’articles[18] sur les thèmes artistiques liés au milieu LGBTQIA+ et publie en 2021 un Cahier d’Artiste chez Pro Helvetia présentant une vingtaine d’œuvres n’ayant pu être réalisées à ce jour pour divers motifs indépendants de sa volonté[19]. N’ayant pas été mentionnée comme rédactrice de cet ouvrage, c’est pourtant elle qui en a écrit tous les concepts. Exemple de résistance et de résilience, l’artiste ne redoute pas l’adversité qui fait rage dans le milieu institutionnel et « fait feu de tout bois »[20].

Electron libre du milieu artistique et performatif, elle défonce le plafond de verre depuis trois décennies, avec une ardeur inégalée[21]. Elena Montesinos est du genre qui frappe fort, sous diverses identités et dans plusieurs domaines simultanément. La surprise est toujours au rendez-vous, lorsque la FEDERATION TMF agit sur la place publique, détournant tout ce qui lui passe entre les mains ou faisant gronder des enceintes avec des collègues masqué(e)s[22]. Ses interventions sont multiples et ne se ressemblent pas. Et si elle n'est pas en train de jouer avec son avatar kawaii sur les réseaux sociaux, c'est qu'elle doit être en train de réaliser un film psychédélique ou d'écrire une nouvelle d'anticipation grinçante, car ce spécimen protéiforme infatigable a plus d'un tour dans son sac et toujours une surprise à proposer.

Parmi ses nombreuses activités simultanées, l’écriture a une place prépondérante. Depuis 2022, elle s’intéresse au transhumanisme et à la robotique humanoïde. Un podcast et des éditions de livres-objet sont en cours d’élaboration.

Liens externes

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Notes et références

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  1. Laurent Courau, « Elena Montesinos - Le Bûcher des Endettés », sur laspirale.org via Internet Archive, (consulté le ).
  2. (en) « Stimuli », sur Kunstinstituut Melly (consulté le ).
  3. (en) Say Who, « Elena Montesinos », sur Say Who
  4. Francesca Serra, « A Genève, un autodafé pour toute cette paperasse », sur letemps.ch, .
  5. Act-Art, « Elena Montesinos - UNION TMF 24/7 », sur act-art.ch, (consulté le ).
  6. « La BIG dématérialise son art alternatif - Interview », sur radiovostok.ch, (consulté le ).
  7. (en) « Artist List », sur Ghetto Biennale Haïti (consulté le ).
  8. (en) « Programme d'exposition », sur Centre d'édition contemporaine, (consulté le ).
  9. (en) Gisela Williams, « Bad Sulza, Germany », The New York Times, (lire en ligne Accès payant)
  10. Irène Languin, « Elena Montesinos convie cent talents à faire rimer art avec dollar », sur tdg.ch, .
  11. (en) Elena Montesinos, « About », sur themontesinosfoundation.org (consulté le ).
  12. Eric Budry, « Elena Montesinos brûle d'allumer nos dettes », sur tdg.ch, .
  13. Thierry Mertenat, « Le bûcher des endettés se transforme en un feu d’enfer », sur tdg.ch, .
  14. Virginie Nussbaum, « Get A Nerve, le cousin turbulent d’Artgenève », sur letemps.ch, .
  15. Samuel Schellenberg, « Get a Nerve, expo sans complexes », https://lecourrier.ch, .
  16. Agnès Giard, « Elena Montesinos : who’s THAT GIRL? », LIBERATION, (lire en ligne)
  17. Maud Pollien, « Performance de TMF/THAT GIRL ».
  18. « Articles de Leatherette », sur Magazine 360
  19. (en) Elena Montesinos, TMF PRESENTS: UNRELEASED, Pro Helvetia - Edizioni Galleria Periferia, (ISBN 978-3-907205-19-8, lire en ligne)
  20. Samuel Golly, « L’idée, cette plante vivace », sur Le Courrier, Le Courrier, (consulté le ).
  21. (en) « Pirate Satellite », sur Supernaut, (consulté le ).
  22. (en) Elena Montesinos, « WEED EMBASSY », sur The montesinos federation, (consulté le ).