Elisabet Eurén
Elisabet Eurén, née le à Stora Kopparberg, commune de Falun et morte le à Stockholm, est une éducatrice suédoise, militante pour les droits des femmes et la paix. Elle figure parmi les premières femmes enseignantes dans l'éducation supérieure en Suède et introduit des mesures axées sur la pratique et le développement personnel. Elle est aussi active au sein de l'Association nationale pour le suffrage des femmes, des mouvements religieux œcuméniques et de l'Association suédoise pour la paix dans les écoles.
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Högre lärarinneseminariet (en) |
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Militante pour la paix, female supporter of women's right to vote |
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Ludvig Eurén (d) |
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierElisabet Matilda Vilhelmina Eurén est née le dans la paroisse de Stora Kopparberg dans la région de Dalécarlie. Ses parents sont Justus Ludvig Eurén (1806-885), juge principal du district judiciaire de Falu et Elisabeth Christina Södermark (1829-1904)[1]. Son frère cadet, Ludvig Magnus Eurén (1866-1936), devient maire d'Eksjö et auditeur au sein du régiment de hussards du Småland[1].
Après l'école primaire, Elisabet Eurén suit les cours du Séminaire supérieur de formation des enseignants (sv) à Stockholm et obtient son diplôme d'enseignement en 1884[1].
Après avoir enseigné pendant plusieurs années dans différentes écoles de filles, elle effectue de nombreux voyages en Europe : en Allemagne et Suisse en 1889, au Royaume-Uni en 1891, en Norvège en 1898, en Allemagne, au Tyrol et en Italie en 1907, au Danemark en 1907 et 1917 et en France en 1921. Elle poursuit ensuite ses études au Séminaire supérieur des enseignants et obtient un deuxième diplôme en 1893[1].
Enseignement
modifierElisabet Eurén est nommée enseignante au séminaire de formation des écoles publiques, d'Umeå en 1893[1]. À cette époque, elle est la seule femme enseignante au séminaire et une des premières femmes à enseigner dans une école supérieure[2]. Elle enseigne initialement le suédois et la méthodologie pédagogique et, plus tard aussi, la théologie chrétienne[1]. Elle se fait connaître pour son plaidoyer en faveur de nouvelles méthodes d'enseignement axées sur la pratique et le développement personnel. Durant cette période, elle initie plusieurs réformes, dont l'ouverture d'une bibliothèque scolaire. Elle introduit aussi une tenue d'entraînement plus pratique pour les cours de gymnastique et porte elle-même des vêtements dits de réforme (reformdräkt), une tenue plus saine et confortable, associée à l'époque aux revendications d'indépendance et d'autonomie des femmes[1]. Bien que ces vêtements n'aient pas connu un grand succès en Suède, ce mouvement mène à l'abolition progressive du port du corset dans les écoles de filles suédoises à partir des années 1890[3].
Elisabet Eurén retourne à Stockholm en 1904, après le décès de sa mère. Elle y travaille comme professeure assistante de suédois, sciences naturelles, pédagogie et méthodologie au séminaire de formation des élèves de l'école publique[1].
Forte de son succès à Umeå, elle milite de nouveau pour la création d'une bibliothèque scolaire dont elle devient par la suite la bibliothécaire[2],[4]. Avec sa collègue Marie Louise Gagner (sv), entre autres, elle défend également une littérature de qualité et abordable pour la jeunesse, tout en critiquant vivement la littérature dite de colportage : des livres et des journaux à récits vendus à la sauvette dans les campagnes suédoises et réputés superficiels, racoleurs et sensationnalistes[1],[5].
Elisabet Eurén poursuit son travail de réforme dans le domaine pédagogique. Elle intègre le conseil d'administration de l'Association suédoise des professeurs de séminaire (Svenska seminarielärareföreningen) en 1906 et en devient la vice-présidente de 1913 à 1918[2]. Lorsqu'une modification législative en 1918 permet aux femmes d'enseigner dans l'enseignement supérieur, Elisabet Eurén est promue chargée de conférences au séminaire de formation de Stockholm, où elle enseigne la psychologie, la pédagogie et le suédois. Elle devient ainsi une des premières femmes en Suède à être nommée à un tel poste en Suède, ce qui représente une des plus hautes fonctions publiques accessibles aux femmes dans le pays. Elle l'occupe jusqu'à sa retraite en 1924[1],[6],[7].
Engagement social
modifierOutre ses contacts avec l'Association suédoise pour la réforme vestimentaire et d'autres défenseurs des droits des femmes, Elisabet Eurén est également engagée socialement. C'est à son initiative qu'est créé, en 1897, un hospice pour les pauvres, le premier non seulement de la ville d'Umeå, mais aussi du comté de Västerbotten. Financé par la Fondation commémorative Lars Hierta (sv) (Lars Hierta minnesfond), l'hospice est géré, à partir de 1901, par une fondation dont Elisabet Eurén devient la première secrétaire jusqu'à son départ pour Stockholm trois ans plus tard[2].
Le suffrage féminin
modifierLe mouvement pour le suffrage féminin est lancé à Stockholm en 1902 suite à la présentation d'une proposition de loi au Riksdag qui accorde deux voix aux hommes mariés et aux hommes de plus de 40 ans, leur permettant ainsi de voter pour les femmes. En 1903, l'Association nationale pour le suffrage politique des femmes (LKPR) est créée et sa présidente, Ann-Margret Holmgren (1850-1940), entreprend une tournée nationale afin de fonder des sections locales. Le , la section d'Umeå est officiellement créée à l'initiative d'Emilie Svartengren, Ellen Vleugel, Elisabet Eurén et Ingeborg Öquist (1864-1944). Elisabet Eurén en assure la présidence durant un an environ, jusqu'à son départ d'Umeå pour Stockholm[2],[8].
Engagement pour la paix et l'œcuménisme
modifierDurant cette période, Elisabet Eurén se tourne de plus en plus vers la foi chrétienne et les programmes de réforme sociale et communautaire qui y étaient liés. Elle rejoint l'Association pour la vie communautaire chrétienne (Förbundet för kristet samhällsliv) après sa création en 1917, et y rencontre le président de l'association, le théologien, directeur d'école et réformateur social Natanael Beskow (sv), ainsi que l'écrivaine et militante Ebba Pauli, les fondateurs de Birkagården, la première des maisons d'accueil (hemgård) du mouvement social libéral de réformation de Suède. Ces centres communautaires installés dans les zones urbaines pauvres servent de points de contact entre les personnes en précarité et des bénévoles issus de la classe moyenne et fournissent des services tels que l'éducation, la garde d'enfants ou l'assistance médicale, avec une forte orientation chrétienne[6]. Elle soutient le travail œcuménique et éducatif social à Birkagården[2].
Décrite comme profondément dévotionnelle, Elisabet Eurén établit également des contacts étroits avec les Quakers suédois, la Société des Amis, au cours des années 1930. Elle est la seule femme à être nommée à l'Agence œcuménique suédoise (Svenska ekumeniska nämnden) en 1933[6].
Durant ses années à Stockholm, Elisabet Eurén s'implique dans le mouvement pacifiste et milite pour la promotion de l'éducation à la paix dans les écoles publiques, ainsi que dans les mouvements religieux œcuméniques[6].
Avec Matilda Widegren (sv), figure de proue du mouvement pacifiste suédois, et d'autres enseignantes, elle tente
d'enseigner aux élèves les questions liées à la paix et aux valeurs démocratiques, dans le but de « promouvoir la création d'un esprit éthique et social, qui doit constituer la base nécessaire des relations entre les peuples »[6].
Le mouvement est particulièrement important pendant et après la Première Guerre mondiale avec l'Association suédoise pour la paix des écoles (Svenska skolornas fredsförening) qui est active de 1919 à 1956. Elisabet Eurén devient alternativement présidente et vice-présidente de l'association et joue un rôle de premier plan dans l'organisation sœur, la Fédération nordique des enseignants pour la paix (Nordiska lärarens fredsförbund), jusqu'en 1936[1].
Fin de vie
modifierElisabet Eurén reste célibataire et sans enfants. Elle décède le à l'âge de 75 ans des suites d'une cirrhose hépatique et d'une cystopyélite, une inflammation des voies urinaires et des reins, à l'hôpital de la Croix-Rouge de Norra Djurgården, à Stockholm. Elle est inhumée aux côtés de ses parents au cimetière nord (Norra begravningsplatsen) de Solna[1],[2].
Comme elle n'a pas de famille proche survivante, l'héritage d'Elisabet Eurén est versé au Fonds public d'héritage (sv) (Allmänna arvsfonden)[9].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (sv) Agneta Linné, « Kapitalbeskrivning, Eurén, ELISABET Matilda Vilhelmina », sur www.skeptron.uu.se, Université d'Uppsala, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (sv) Kerstin Thörn, « Elisabet Matilda Vilhelmina Eurén », sur Svenskt kvinnobiografiskt lexikon, (consulté le )
- ↑ Henric Bagerius, Snörda liv: Ett skönlitterärt perspektiv på 1880-talets reformdräktsrörelse. In: Ahlberger, Christer (ed.). Historier: arton- och nittonhundratalens skönlitteratur som historisk källa, Göteborg, Institutionen för historiska studier, Göteborgs universitet, , 33–43 p.
- ↑ (sv) Anon., Eurén, Elisabet. In: Vem är det? Svensk biografisk handbok, Stockholm, P. A. Norstedt & Söners förlag, , 233 p. (lire en ligne)
- ↑ (sv) « Kungl. Maj:ts Nåd. Proposition Nr 181 (Proposition 1910:181) », sur www.riksdagen.se (consulté le )
- 1 2 3 4 5 (sv) Ingela Nilsson, Nationalism i fredens tjänst: Svenska skolornas fredsförening, fredsfostran och historieundervisning 1919–1939, Umeå universitet, , 398 p. (ISBN 978-91-7601-210-9), p. 50, 127, 131 et suiv., 224-284
- ↑ (sv) Agneta Linné, Folkskollärarinnor i Stockholm – strategier, arbete, offentlighet. Paper presenterat vid konferensen Pedagogikhistorisk forskning – kultur, makt och utbildning, tredje nordiska konferensen. Lärarhögskolan i Stockholm, 28–29 september 2006; session 15, Folkskolläraren i samhällslivet, 1860–1960. p. 4. Retrieved 17 February 2021., (lire en ligne)
- ↑ (sv) Norlander, « Anna Grönfeldt och Föreningen för kvinnans politiska rösträtt i Umeå » [archive du ], Västerbotten förr & nu, (consulté le )
- ↑ Linné, « Eurén, Elisabet Matilda Vilhelmina. In: Formering för offentlighet. En kollektivbiografi över Stockholmskvinnor 1880–1920. Uppsala: Uppsala University » [archive du ], (consulté le )