Else Oppler-Legband

architecte allemande

Else Oppler-Legband (née le à Nuremberg et morte le à Überlingen) est une architecte, décoratrice d'intérieur, costumière et styliste allemande. Elle est une des représentantes du mouvement de Réforme vestimentaire qui vise à libérer les femmes du carcan vestimentaire en réformant la mode féminine des années 1890 à la Première Guerre mondiale. Elle travaille aussi pour le cinéma muet au tournant des années 1920 comme costumière et scénographe.

Else Oppler-Legband
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Else OpplerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Père
Theodor Oppler (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Paul Legband (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Edwin Oppler (en) (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

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Jeunesse et famille

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Else Oppler est née à Nuremberg le . Elle est l'aînée des deux filles de Theodor Oppler (1835-1909) et de Julie Stern (1850-1939). Son père est chimiste et propriétaire d'une usine chimique à Fürth[1]. Elle passe son enfance à Fürth et sa jeunesse à Nuremberg, où elle fréquente l'Institut Port’sche[1]. Sa sœur Frida est brodeuse et épouse plus tard l'archéologue Otto Rubensohn. Son oncle est l'architecte Edwin Oppler (de), faisant d'Else une cousine du peintre Ernst Oppler et du sculpteur Alexander Oppler (de) .

Formation

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Les femmes n'ayant pas encore accès à l'université en Allemagne à cette époque, elle étudie d'abord l'aquarelle à Nuremberg puis le dessin à l'Académie des Beaux-Arts de Munich auprès de Maximilian Dasio (de), et vit quelque temps dans une colonie d'artistes à Dachau en 1898[1],[2],[3].

Elle étudie ensuite avec Henry van de Velde à Berlin en 1900-1901 et, à partir de 1901, avec Peter Behrens à Nuremberg[2].

La mode

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De 1901 à 1903, elle prend la direction des Kunstgewerblichen Werkstätten (ateliers artistiques) de Nuremberg de l'association Frauenwohl. Sa participation à la Première exposition internationale d'art décoratif à Turin en 1902, puis à une exposition de vêtements à Berlin, assoit sa notoriété. Elle est sollicitée pour prendre la responsabilité du département « Vêtements artistiques féminins » nouvellement créé du grand magasin Wertheim (de) à Berlin. Elle reste à ce poste de 1903 à 1904 et y crée des objets et des meubles en métal, ainsi que des vêtements. Le mouvement de la réforme vestimentaire prône alors des vêtements souples, laissant au corps la liberté de bouger, tout en respectant des critères esthétiques exigeants en matière de coupe, de couleur et de tissu[2],[4].

Exposition du magasin Wertheim

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Else Oppler organise au printemps 1904 une exposition de ses propres créations et de celles d'autres artistes, présentées par les vendeuses du grand magasin[1],[2],[4]. Cette exposition fait l'objet d'un article d'Anna Muthesius dans la revue Deutsche Kunst und Dekoration sous le titre de « Exposition de vêtements féminins artistiques à la Werden-Haus de Wertheim-Berlin, d'après des créations d'Else von Hahn, Else Oppler, Frieda Petersen, Alfr. Mohrbutter, Clara Möller, Luise Matz, Rudolf et Fia Wille, entre autres, sous la direction artistique d'Else Oppler ». Dans le cadre de cette présentation, Else Oppler « a exposé quinze robes réalisées selon ses propres créations, dont la pièce maîtresse est probablement [...] la robe en satin violet (Anna Muthesius) »[5],[1].

« Dans une robe en crêpe de Chine vert recouverte de tissu doré, Else Oppler nous a montré comment un tissu charmant peut inspirer. Elle allie un savoir-faire sérieux et une grande connaissance des matières à une imagination débordante, un goût véritablement féminin. Je ne connais aucun artiste capable d'inventer des robes aussi sensuelles. (Alfred Mohrbutter, das Kleid der Frau) »

En 1905, elle ouvre son propre atelier pour étudiants privés au 13/14 Nollendorfstrasse à Berlin-Schöneberg[2].

En 1904, Else Oppler épouse le directeur artistique, metteur en scène et scénographe Paul Legband (de). Dès lors, elle utilise le double nom d'Oppler-Legband[1].

Adhésions

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Dès 1908, Else Oppler-Legband est une des rares femmes membre du Deutscher Werkbund[4]. Elle y occupe des postes importants, notamment celui de conférencière lors d'un cycle de conférences nationales en 1909[6].

Elle est également membre du comité exécutif du Internationaler Lyceum Club Berlin (de), une organisation culturelle pour et par les femmes et conseillère artistique de la compagnie Julius Brühl à Berlin[2].

Décoration et costumes

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En 1909, Else Oppler-Legband quitte le magasin de Wertheim. Elle se met alors à la décoration de vitrines. Dans son CV, rédigé en 1950, elle se décrit comme « la fondatrice de la décoration de vitrines moderne »[1] .

En , elle prend la direction de la nouvelle « École supérieure des arts décoratifs », soutenue par le Deutscher Werkbund, le Verband für kaufmännisches Unterrichtswesen (Association pour l'enseignement commercial) et le Verband Berliner Spezialgeschäfte (Association des commerces spécialisés de Berlin). L'institution est intégrée à l'École Reimann le et poursuit son activité jusqu'en 1943[1],[4],[2]. A l'automne 1910, elle a, parmi ses élèves, Lilly Reich qui apprend la broderie sur machine à coudre. Else Oppler-Legband contribue à ouvrir les horizons professionnels de Lilly Reich. Elle se spécialise dans la conception de vitrines et de décors.C'est là pour elle une expérience formatrice, car elle éveille son intérêt pour le contraste des textures et des matériaux, et l'amène aussi à développer des aptitudes spécifiques, surtout en ce qui concerne l’emploi de tissus d’ameublement[7],[8].

En 1911, le couple Oppler-Legband s'installe à Fribourg-en-Brisgau où Paul Legband est directeur du théâtre. À partir de 1912, Else Oppler-Legband est chargée de la gestion du département de décoration du théâtre et participe à la création de nombreux opéras et pièces[1].

En 1915, le théâtre de Fribourg étant fermé à cause de la guerre, Else Oppler-Legband retourne à Berlin. Elle crée des décors et des costumes pour divers théâtres, dont le Théâtre Lessing et le Berliner Theater[1].

Elle crée également des costumes et décors pour plusieurs productions de cinéma muet. Elle conçoit les décors de : Eugen Onegin (1919) réalisé par Alfred Halm, König Nicolo (de) (1919), réalisé par Paul Legband, Schwarzwaldmädel (de) (1920), réalisé par Arthur Wellin (de), Die Kronjuwelen des Herzogs von Rochester (1920, réalisé par Paul Legband et Der Schwarm der höheren Töchter (1920), réalisé par Franz Hofer. En 1922, elle réalise des costumes du film muet allemand Marie-Antoinette, das Leben einer Königin (de), de Rudolf Meinert)[9],[4]. Le film est interdit à la vente et à la projection dans les territoires occupés par une lettre du Haut-Commissariat interallié de Rhénanie datée du [10].

Après son divorce et des difficultés financières, elle entame une relation avec Peter Behrens en 1927. En 1931, elle prend en charge la supervision et l'achèvement du Haus der Ring der Frauen (Maison de l'Anneau des Femmes) à l'Exposition du Bâtiment de Berlin, d'après un projet de Peter Behrens[4].

Elle collabore par ailleurs en tant que créatrice à la manufacture de pianos d'Ibach[11].

Le nazisme et l'exil

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En 1932, Paul Behrens et Else Oppler-Legband commencent la construction d'un domaine dans le Mecklembourg qu'ils veulent consacrer à l'agriculture biodynamique[1].

En , elle prépare une pièce de théâtre musicale pour l'exposition Die Frau (La Femme) du Lyceum Club, intitulée Die Mode seit hundert Jahren (La mode depuis cent ans). Après la prise de pouvoir par Hitler, les nazis lui interdisent de poursuivre son travail en raison de son ascendance juive[4]. Elle s'enfuit d'abord aux Pays-Bas où elle travaille dans un domaine agricole biodynamique. Lorsque la situation devient trop dangereuse là aussi, elle s'installe à Merano en Italie, où elle gère une maison d'hôtes. Après son expulsion elle émigre en Suède en 1939 où elle survit en vendant des aquarelles[4].

Fin de vie

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Sept ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1952, elle retourne en Allemagne et vit à Überlingen, au bord du lac de Constance, jusqu'à sa mort, le [4].

Des œuvres d'Else Oppler-Legband figurent dans les collections du Musée des arts et métiers d'Hambourg[12]

Costumière et scénographe au cinéma

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  • 1919 : König Nicolo
  • 1920 : Der Schwarm der höheren Töchter
  • 1920 : Schwarzwaldmädel
  • 1920 : Die Kronjuwelen des Herzogs von Rochester
  • 1922 : Marie Antoinette, das Leben einer Königin

Expositions

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Son premier succès international a lieu à l'Exposition des Arts décoratifs modernes de Turin du au , à laquelle participe le département des arts décoratifs de l'Association Frauenwohl, avec diverses broderies. Elle y obtient une médaille d'argent[1],[2].

Peu après, fin 1902/début 1903, une exposition de vêtements féminins a lieu au grand magasin Hohenzollern de Berlin. Else Oppler y participe avec un costume[1].

Else Oppler-Legband participe à l'exposition du Internationaler Lyceum Club, Die Frau in Haus und Beruf (Femmes au foyer et au travail) en 1912, conçue et réalisée exclusivement par des femmes. Avec Lilly Reich, elle conçoit la structure architecturale de l'une des grandes salles, une bibliothèque, des meubles en osier et des vitrines décorées[4].

Pour l'Exposition du Werkbund de 1914, les femmes choisissent de participer avec leur propre espace d'exposition afin de démontrer leur professionnalisme dans tous les domaines. Else Oppler-Legband est directrice générale du comité d'organisation, Anna Muthesius en est la présidente et Lilly Reich la secrétaire[4]. Else Oppler-Legband dirige l'installation du pavillon d'exposition temporaire Haus der Frau (Maison de la femme) de Margarete Knüppelholz-Roeser[13].

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Anna Brzyski, Partisan Canons, Duke University Press, , 376 p. (ISBN 978-0-8223-9037-4, lire en ligne), « Masculine reason or feminine spirit ».
  • (de) Claus Pese, Else Oppler, , 38 p. (ISBN 978-1072028741)
  • (de) Alfred Mohrbutter, Jugendstil. Das Kleid der Frau. Ein Beitrag zur künstlerischen Gestaltung des Frauen-Kleides., Hanovre, Verlag Th. Schäfer (réimpr. 1985) (1re éd. 1904) (ISBN 9783887461133), avec 10 illustrations de robes d'Else Oppler-Legband
  • (en) Gaby Franger, Else Oppler. An extraordinary artist. 1875-1965, Nuremberg, (ISBN 978-3-935225-16-8)
  • (de) Paul Johannes Rée, « Nürnberger kunststickereien », Kunst und Dekoration, vol. 14, (DOI https://doi.org/10.11588/diglit.7009#0273, lire en ligne) , Cet article présente neuf œuvres textiles conçues par Else Oppler et réalisées par les ateliers d'art et d'artisanat du Frauenwohl.

Liens externes

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Pages connexes

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (de) Claus Pese, Else Oppler (1875–1965). Stationen eines facettenreichen Künstlerlebens : Texte d'une conférence donnée le 8 janvier 2019 au Verein für Geschichte der Stadt Nürnberg, (lire en ligne [PDF])
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 (de) « Else Oppler-Legband », sur www.unseen-women.design (consulté le )
  3. (de) Lorenz Josef Reitmeier, Dachau: der berühmte Malerort; Kunst und Zeugnis aus 1200 Jahren Geschichte; vorgestellt in zwölf Themen mit Nachträgen zur Trilogie „Dachau - Ansichten aus zwölf Jahrhunderten“ und einer Dachauer Künstlerliste, Stadt Dachau, (ISBN 3-7991-6464-2)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (de) Gaby Franger, « Else Oppler », sur www.fembio.org (consulté le )
  5. (de) Anna Muthesius, « Die Ausstellung künstlerischer Frauen-Kleider im Waren-Haus Wertheim-Berlin nach Entwürfen von: Else v. Hahn, Else Oppler, Frieda Petersen, Alfr. Mohrbutter, Clara Möller, Luise Matz, Rudolf und Fia Wille u.a. unter künstler. Leitung v. Else Oppler », Kunst und Dekoration, vol. 14, , p. 441 et suiv. (DOI https://doi.org/10.11588/diglit.7009.10, lire en ligne)
  6. (en) Despina Stratigakos, « Women and the Werkbund », Journal of Society of Architectural Historians, Berkeley, University of California Press, vol. 62, , p. 493
  7. (en) Carmen Espegel, Women Architects in the Modern Movement, Routledge, , 280 p. (ISBN 9781351745260), Chapitre 5 : Lilly Reich 1885 - 1947
  8. (en) Virginia Pitts Rember, « Mathilda McQuaid, Magdalena Droste: Lilly Reich: Designer and Architect », Woman's Art Journal, vol. 18, no 2, automne 1997-hiver 1998, p. 57
  9. « Else Oppler-Legband | Direction artistique, Conception de costumes », sur IMDb (consulté le )
  10. « Quellen zur Filmgeschichte (1.12.04) », sur kinematographie.de (consulté le )
  11. (de) « Willkommen in der virtuellen Ausstellung historischer Tasteninstrumente », sur www.historische-daten.de (consulté le )
  12. (en) « Else Oppler-Legband | MK&G », sur www.mkg-hamburg.de (consulté le )
  13. (it) Giovanni Longobardi (éd.), La « Casa della Donna » alla Werkbund exposition Colonia 1914, Aracne editrice int.le Srl, Ariccia (ISBN 978-88-548-8986-6, lire en ligne)