Embryon surnuméraire

embryon conçu lors d'une fécondation in vitro dans le cadre d'une procréation médicalement assistée, pouvant être congelé et implanté plus tard

Un embryon surnuméraire est un embryon conçu lors d'une fécondation in vitro (ou FIV) dans le cadre d'une procréation médicalement assistée. Ces embryons peuvent être congelés sur demande écrite des parents, afin d'être implantés plus tard dans l'utérus de la mère. La technique de cryoconservation, qui consiste à congeler les embryons à très basse température pour arrêter leur développement tout en préservant leur viabilité à long terme, permet de les conserver dans des conditions optimales en vue d'une future implantation[1].

S'ils ne font plus l'objet d'un projet parental et si les parents y consentent, les embryons surnuméraires peuvent être donnés à des personnes stériles, ou faire l'objet de recherche sur les cellules souches sous certaines conditions, selon la loi française de bioéthique de 2011.

L'existence d'embryons surnuméraires s'explique parce que la technique de fécondation a un caractère aléatoire : on fait donc plusieurs essais de fécondation simultanément. Parmi les fécondations réussies, deux à trois embryons sont généralement choisis pour se développer et donner un enfant. Les autres embryons peuvent être conservés pour que les parents aient plus tard un nouvel enfant. C'est lorsqu'ils renoncent à ce projet que les embryons restants deviennent des « embryons surnuméraires ».

En France, plus de 220 000 embryons sont congelés et stockés au [2], grâce aux techniques de cryoconservation qui assurent leur conservation et leur potentiel d'utilisation future[1].

Techniques de cryoconservation et traçabilité

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La vitrification est une technique de cryoconservation reposant sur un refroidissement très rapide des embryons en présence de substances cryoprotectrices. Elle permet de inhiber la formation de cristaux de glace susceptibles d'endommager les cellules. La conservation des embryons nécessite des mesures strictes d'identification et de traçabilité afin d'assurer le suivi des embryons pendant leur stockage. Leur utilisation ultérieure dépend notamment du projet parental, du consentement des personnes concernées et de la législation applicable[3].

Devenir des embryons surnuméraires

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Les embryons surnuméraires issus d'une fécondation in vitro peuvent être conservés par cryoconservation lorsque leur utilisation immédiate n'est pas nécessaire. Lorsque le projet parental évolue ou que les personnes concernées ne souhaitent plus avoir d'enfant, la question du devenir de ces embryons peut se poser. Une revue intégrative de la littérature publiée par Abreu et ses collaborateurs en 2021 souligne que cette décision soulève des questions médicales, éthiques, juridiques et financières. Les possibilités envisagées dépendent notamment du consentement des personnes concernées et de la réglementation applicable[4].

Possibilités concernant les embryons conservés

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Lorsque des embryons congelés ne sont pas utilisés au cours du premier cycle de suivi, des possibilités peuvent être envisagées selon les circonstances et les dispositions légales. Les embryons peuvent être stockées en vue d'un transfert ultérieur dans le cadre du projet parental initial. Cette possibilité permet d'envisager une nouvelle tentative de grossesse sans nécessairement recommencer toutes les stades de La procréation médicalement assistée (PMA). La conservation peut ainsi contribuer à limiter le recours à de nouvelles procédures de stimulation ovarienne et de prélèvement ovocytaire[4].

Une autre possibilité est le don d'embryons à d'autres personnes ou à un autre couple confronté à des difficultés de conception. Cette option soulève des questions relatives au consentement des personnes à l'origine des embryons, à l'information des futurs parents et aux modalités d'encadrement médical et juridique du don. Les conditions applicables, notamment en matière d'anonymat, d'accès aux informations relatives aux origines et l'accord du don, varient selon les législations nationales[4].

Le don à la recherche scientifique constitue une autre possibilité dans les pays où il est autorisé et sous réserve du respect des conditions légales et éthiques applicables. Les embryons peuvent être concernés par des recherches portant sur le développement embryonnaire ou sur certaines cellules issues de l'embryon. La réalisation de telles recherches nécessite un cadre réglementaire approprié et un consentement valable. Elle ne doit pas être confondue avec l'utilisation des embryons dans le cadre d'un traitement de l'infertilité[4].

Enfin, l'arrêt de la conservation et la non-utilisation des embryons peuvent être envisagés dans certaines situations, selon les décisions des personnes concernées et les règles applicables. Les modalités de cette décision ne sont pas similaires dans tous les pays. Il convient donc de distinguer les possibilités théoriques de leur autorisation effective dans une juridiction donnée[4].

Difficultés liées à la prise de décision

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Le choix du devenir des embryons surnuméraires peut être difficile pour les personnes ayant eu recours à une assistance médicale à la procréation. Les embryons conservés peuvent être associés à des attentes concernant une future grossesse, à l'expérience du parcours d'infertilité ou à des convictions personnelles et morales. La décision ne repose donc pas uniquement sur des considérations techniques relatives à la conservation ou à la qualité embryonnaire[4].

La revue de la littérature d'Abreu et ses collaborateurs relève que des facteurs socioculturels et démographiques, notamment les convictions religieuses, la situation conjugale, les conditions économiques et le niveau d'instruction, peuvent intervenir dans les décisions relatives au devenir des embryons. Ces facteurs ne déterminent pas systématiquement les choix individuels, mais contribuent à expliquer la diversité des attitudes observées dans les études examinées[4].

Les difficultés peuvent également être liées à l'absence d'instructions précises concernant les embryons lorsque le projet parental est terminé, lorsque les personnes concernées ne souhaitent plus poursuivre la conservation ou lorsqu'elles ne peuvent plus être contactées. Ces situations peuvent entraîner des incertitudes pour les personnes concernées et les centres de procréation médicalement assistée. La clarification préalable des possibilités de devenir des embryons, ainsi que la formalisation du consentement, sont donc des éléments importants de la prise en charge[4].

Importance du consentement et de l'information

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L'information sur le devenir éventuel des embryons surnuméraires devrait être abordée au cours du parcours d'assistance médicale à la procréation, plutôt que seulement au moment où la question de leur utilisation ne se pose plus. Les personnes concernées doivent pouvoir comprendre les différentes possibilités, leurs conséquences et les limites imposées par la législation applicable. Le consentement doit être recueilli dans les conditions prévues par le cadre juridique concerné et les décisions doivent être traitées conformément aux règles en vigueur[4].

La revue publiée en 2021 conclut que les difficultés relatives au devenir des embryons surnuméraires sont notamment liées aux incertitudes juridiques et aux désaccords ou hésitations des personnes concernées. Elle souligne l'intérêt d'une information précise sur les possibilités de devenir des embryons et d'instructions établies suffisamment tôt dans le parcours de procréation médicalement assistée. Ces mesures peuvent contribuer à réduire les situations d'indécision et les difficultés de gestion des embryons conservés[4].


Facteurs des embryons surnuméraires

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La probabilité de produire des embryons surnuméraires lors d'un cycle de FIV frais dépend principalement de plusieurs éléments clés. L'âge joue un rôle déterminant, les patientes plus jeunes ayant généralement une probabilité accrue de générer un nombre excédentaire d'embryons. Les niveaux d'Hormone Anti-Müllérienne (AMH), indicateur de la réserve ovarienne, sont également significatifs : des niveaux élevés sont associés à une meilleure production d'ovocytes, augmentant ainsi la probabilité de cryoconservation d'embryons[5].

De plus, le nombre d'ovocytes récupérés durant le cycle de stimulation ovarienne est essentiel : un plus grand nombre d'ovocytes se traduit souvent par une quantité accrue d'embryons disponibles pour la cryoconservation. L'historique des cycles de FIV, qu'ils soient frais ou congelés, influe également sur les résultats, les patientes ayant déjà suivi plusieurs cycles ayant des chances ajustées en fonction de leurs performances antérieures. L'ensemble de ces éléments interagit pour prédire l'issue de la FIV et la possibilité d'obtenir des embryons supplémentaires pour des tentatives futures[5].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 Laura Francesca Rienzi, Benedetta Iussig, Lisa Dovere et Gemma Fabozzi, « Perspectives in Gamete and Embryo Cryopreservation », Seminars in Reproductive Medicine, vol. 36, no 5,‎ , p. 253–264 (ISSN 1526-4564, PMID 30947341, DOI 10.1055/s-0038-1677463, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ https://www.agence-biomedecine.fr/annexes/bilan2016/donnees/procreation/01-amp/telechargement/TAMP7.gif
  3. ↑ (en) « ESHRE recommendations on Good Practice in the IVF laboratory », Human Reproduction,‎ (DOI 10.1093/humrep/deag096, lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) Carlos Wilson Dala Paula Abreu, « Final destination of surplus cryopreserved embryos. What decision should be made? », JBRA Assisted Reproduction, vol. 25, no 2,‎ , p. 276–281 (DOI 10.5935/1518-0557.20200085, lire en ligne)
  5. 1 2 Yetunde Ibrahim, Greg Stoddard et Erica Johnstone, « A clinical counseling tool predicting supernumerary embryos after a fresh IVF cycle », Journal of Assisted Reproduction and Genetics, vol. 37, no 5,‎ , p. 1137–1145 (ISSN 1573-7330, PMID 32152909, PMCID 7244666, DOI 10.1007/s10815-020-01731-8, lire en ligne, consulté le )