Emma Pérez est une autrice et professeure américaine, connue pour ses travaux sur les études féministes chicanas queer.

Biographie

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Emma Pérez est née à El Campo, au Texas, le 25 octobre 1954. En 1979, elle a obtenu une licence en sciences politiques et études féminines à l'Université de Californie à Los Angeles. Elle y a obtenu un master et son doctorat en histoire, respectivement en 1982 et 1988.

Emma Pérez a été professeure à l'Université du Texas à El Paso (1990-2003), où elle a occupé le poste de directrice du département d'histoire[1]. En 2003, elle est devenue professeure et directrice du département d'ethnologie à l'Université du Colorado à Boulder[1] et a enseigné dans le cadre de leur programme de doctorat en ethnologie comparée[2].

Depuis 2017, Pérez est chercheuse en sciences sociales au Southwest Studies Center de l'Université de l'Arizona, où elle est également professeure au département d'études de genre et des femmes[2].

En tant qu'universitaire, elle est spécialisée en histoire chicana, études féministes, histoire queer et théorie décoloniale.

Œuvres

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Contributions littéraires

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Le premier ouvrage littéraire d'Emma Pérez, Gulf Dreams, publié en 1996, est un roman d'apprentissage se déroulant dans une petite ville texane marquée par le racisme. Il aborde les thèmes des abus sexuels subis par les enfants, de l'héritage du colonialisme, de la répression sexuelle et du désir homosexuel, et est considéré comme l'un des premiers romans lesbiens chicanas publiés[2],[3].

Son deuxième roman, publié en 2009, Forgetting the Alamo, Or Blood Memory[4] est une fiction historique qui se déroule pendant les batailles de Fort Alamo et de San Jacinto en 1836. Ce récit de voyage et d'aventure narre l'histoire d'une jeune Texane travestie et de sa romance avec une femme métisse. Toutes deux sont témoins des complexités raciales du Sud-Ouest américain durant cette période tumultueuse. Selon la chercheuse Jutta Zimmerman, le roman « inverse le récit traditionnel de la bataille de l'Alamo » afin de mettre en lumière la violence raciale de cet événement historique[5].

Forgetting the Alamo a remporté la bourse d'écriture Christopher Isherwood en 2009[6], le prix régional du livre de fiction de la National Association for Chicana/Chicano Studies en 2011 [2] et a été finaliste des Lambda Literary Awards en 2010. Selon la Rocky Mountain Modern Language Association, le roman postule que la sexualité et le genre sont inextricablement liés à la langue, la culture et l'origine ethnique, un aspect qui a été insuffisamment théorisé dans de nombreuses réflexions de théorie queer et féministe[7].

Son troisième livre, Electra's Complex, a été nommé pour le <i>Golden Crown Literary Award</i>[pas clair][8]. Il s'agit d'un roman policier érotique qui se déroule dans un campus universitaire et relate les aventures sexuelles d'une professeure lesbienne chicana, de son meilleur ami transgenre et du détective chargé de l'enquête[9]. La critique littéraire Kendy Rivera affirme que le livre se réapproprie et réinterprète les stéréotypes négatifs associés aux femmes masculines et aux butchs, tout en s'appropriant et en subvertissant les comportements de séduction associés aux cultures machistes pour les femmes butch[10].

Contributions académiques

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The Decolonial Imaginary: Writing Chicanas into History (1999) est reconnu comme l'une des influences fondatrices des études décoloniales et de l'analyse critique par les personnes queer personnes de couleur[11]. Il est reconnu pour avoir offert de nouvelles perspectives sur l'historiographie chicana en soulignant le rôle des silences, des effacements et des omissions archivistiques dans la production du savoir[12],[13]. Emma Pérez affirme que l'ombre du colonialisme influence la compréhension de l'histoire et invite les lecteurs à construire un « imaginaire décolonial » afin de remettre en question les récits historiques dominants. L'ouvrage développe l'idée d'un féminisme du tiers-espace en analysant différents événements discursifs, notamment la révolution socialiste du Yucatán, le Parti libéral mexicain et les clubs sociaux du Texas. La formation théorique d'Emma Pérez relie les pensées féministes chicana et des femmes de couleur aux travaux de Michel Foucault, Jacques Lacan, Homi Bhabha et d'autres théoriciens postcoloniaux[14].

En 2020, Emma Pérez a mis à jour son ouvrage initial, The Decolonial Imaginary: Writing Chicanas into History (1999), pour le rééditer sous le titre The Imaginary as Will to Feel: Beyond the Decolonial Turn in Chicanx/Latinx Feminism (2020)[15],[16]. Elle a remanié son travail original afin de mieux représenter et approfondir l'idée d'égalité dans l'histoire du genre et de l'expérience de genre, en adoptant une approche plus introspective et individuelle. Elle affirme que son ancienne théorie était trop large et généralisée, et qu'elle ne laissait pas suffisamment de place à l'imaginaire individuel. Emma Pérez précise que sa nouvelle approche aura sa propre herméneutique, ainsi que sa propre méthode et sa propre théorie, par rapport à son précédent ouvrage de 1999. Cette nouvelle édition développe le concept novateur de l'autrice, celui de la « volonté de ressentir », et pose la question de savoir si le monde peut ou non avoir la « volonté de ressentir » différemment l’injustice subie par les personnes chicanos/latinos, suffisamment pour leur accorder une place dans l’histoire publique et les sortir de leur marginalisation actuelle[14]. Cette approche théorique mise à jour offre des perspectives inédites et des pistes de solution, sous l’influence de Michel Foucault, Emmanuel Levinas, Gloria Anzaldúa et d’autres théoriciens postcoloniaux.

Avec Gloria Anzaldúa, Cherríe Moraga, Chela Sandoval, Deena Gonzalez et Alicia Gaspar de Alba, elle est considérée comme l'une des théoriciennes fondatrices du féminisme chicana.

En 2020, Emma Pérez a été admise au Texas Institute of Letters[17], organisation fondée en 1936 pour célébrer la littérature texane et reconnaître les réalisations littéraires exceptionnelles.

Publications

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Livres
  • Electra's Complex, Bella Books, mai 2015.
  • Forgetting the Alamo, Or, Blood Memory. Austin : University of Texas Press, collection Chicana Matters, septembre 2009.
  • The Decolonial Imaginary: Writing Chicanas into History. Bloomington : Indiana University Press, juin 1999.
  • Gulf Dreams. Berkeley : Third Woman Press, 1996. San Francisco : Aunt Lute Books, 2009, réimpression.
  • Chicana Critical Issues. Edité par Norma Alarcón, Rafaela Castro, Emma Pérez, Beatríz Pesquera, Adaljiza Sosa Riddell, Patricia Zavella. Berkeley : Troisième Femme Press, 1993.
Articles de revue
  • "Gloria Anzaldúa, La Gran Nueva Mestiza Theorist, Writer, Activist Scholar." National Women's Studies Association Journal, 17:2 (Été 2005): 1–10.
  • "Borderland Queers: The Challenges of Excavating the Invisible and Unheard." Frontiers : A Journal of Women's Studies 24 : 2 et 3 (2003) : 122-31.
  • "So Far From God, So Close to the United States: A Call for Action by U.S. Authorities." Aztlán : A Journal of Chicano Studies, 28:2 (2003): 147–51.
  • "Women's Studies on the Border: University of Texas at El Paso." Avec Scarlet Bowen. Women's Studies Quarterly, 30 : 3 et 4 (2002) : 73-81.
  • "Oral Narratives as Chicana (His)tory Text." Dans Working Paper Series, n° 34, Southwest Institute for Research on Women, Tucson, Arizona, 1994, 1–24.
  • "She Has Served Others in More Intimate Ways: The Domestic Service Reform in Yucatán, 1915–18." Aztlán : A Journal of Chicano Studies 20:1 (1993) : 11-38.
Chapitres de livres
  • "Between Manifest Destiny and Women's Rights: Decolonizing Women's History.". Dans Entre Guadalupe y Malinche : Tejanas in Literature and Art. Dir. Ines Hernandez-Avila et Norma Elia Cantu. Austin : University of Texas Press, 2016, p. 115-124.
  • "Decolonial Border Queers: Case Studies of Lesbians, Gay Men and Transgender Folks in El Paso/Juárez.". Dans Performing the US Latin@ Borderlands . Dir. Arturo J. Aldama, Peter J. Garcia et Chela Sandoval. Bloomington : Indiana University Press, 2012, p. 192-211.
  • "It's Not About the Gender in My Nation, But About the Nation in My Gender: The Decolonial Virgen in A Decolonial Site." Dans Our Lady of Controversy. Dir. Alicia Gaspar de Alba et Alma López. Austin : University of Texas Press, 2011, p. 148-163.
  • "Decolonial Critics for Academic Freedom." Dans Academic Repression: Reflections from the Academic Industrial Complex. Sous la direction d’Anthony J. Nocella II, Steven Best et Peter McLaren. Oakland : AK Press, 2010, p. 364-373.
  • "Chicana/o Cultural Studies: Marking Interdisciplinary Relationships and Conjunctures." Dans The Chicana/o Cultural Studies Forum: Critical and Ethnographic Practices. Éd. par Angie Chabram-Dernersesian. New York : New York University Press, 2007, p. 40.
  • "Staking the Claim: Introducing Applied Chicana/o Cultural Studies." DansThe Chicana/o Cultural Studies Forum: Critical and Ethnographic Practices. Éd. Angie Chabram-Dernersesian. New York : New York University Press, 2007, p. 121-124.
  • "Chicana History". Dans Chicana/o Cultural Studies Reader . Éd. Angie Chabran-Dernersesian. New York : Routledge Press, 2006.
  • "Chicanos and Chicanas". The Oxford Encyclopedia of Latinos and Latinas in the United States. Dir. publ. Deena González et Suzanne Oboler. New York : Oxford University Press, volume 1, 2005, p. 322-332.
  • "Feminism-in-Nationalism: The Gendered Subaltern at the Yucatán Feminist Congresses of 1916." Dans Between Woman and Nation: Nationalisms, Transnational Feminisms and the State. Sous la direction de Caren Kaplan, Norma Alarcón et Minoo Moallem, p. 219-239. Durham : Duke University Press, 1999.
  • "Irigaray's Female Symbolic in the Making of Chicana Lesbian Space and Language: Sitio y Lengua." Dans The Lesbian Postmodern . Éd. Laura Doan. New York : Columbia University Press, 1994. Réimpression dans Living Chicana Theory . Éd. Carla Trujillo, p. 87-101. Third Woman Press, 1998.
  • "Speaking from the Margin: Uninvited Discourse on Sexuality and Power." Dans Building With Our Hands, sous la direction d’Adela de La Torre et Beatriz Pesquera, p. 57-71. Berkeley : University of California Press, 1993. Réimpression dans Feminist Theory: A Reader, sous la direction de Wendy Kolmar et Frances Bartkowski, p. 490-497. Mountain View, Californie : Mayfield Publishing Company, 2000.
  • "Sexuality and Discourse: Notes from a Chicana Survivor." Dans Chicana Lesbians. Éd. Carla Trujillo, 159-184. Berkeley : Third Woman Press, 1991.
  • "A La Mujer: A Critique of the Mexican Liberal Party's Ideology on Women." Dans Between Borders. Éd. Adélaïde Del Castillo, 459-82. Los Angeles : Floricanto Press, 1990.
Fiction
  • "Trio." Nouvelle. Jota : Voix Queer Latina. T. Jackie Cueves, Anel I. Flores, Candace López et Rita Urquijo-Ruíz, éditeurs, Korima Press, 2016.
  • "Here, Eat This" Poème en prose. Dans Edible Baja Arizona : Célébration des traditions culinaires de Tucson et des régions frontalières : 14 (2015) : 163.
  • "Chichis". Extrait de roman. Dans JotaZine 3 (2006) : 16-17.
  • "Have Your Cake." Extrait de roman. Dans Voces: Chicana/Latina Journal 5: 2 (2006): 102–114.
  • "Gulf Dreams". Extrait de roman. In Chloe Plus Olivia: An Anthology of Lesbian Literature From the Seventeenth Century to the Present. Éd. Lillian Faderman. New York : Viking Press, 1994, réimpression.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Emma Pérez » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. 1 2 « Discover the Networks | Emma Perez », www.discoverthenetworks.org (consulté le )
  2. 1 2 3 4 « Emma Perez The Southwest Center », swc.arizona.edu (consulté le )
  3. ↑ (en) Ellie Hernández, « Chronotope of Desire: Emma Pérez's Gulf Dreams. », Chicana Feminisms: A Critical Reader,‎ , p. 155-77
  4. ↑ (en) Emma Pérez, Forgetting the Alamo, Or, Blood Memory A Novel By Emma Pérez, University of Texas Press, (ISBN 9780292719200, lire en ligne [archive du ])
  5. ↑ (en) Jutta Zimmerman, « Remember the Alamo: The Persistence of Cultural Stereotypes in Literary and Filmic Representations of the Mexican American Borderlands. », Disrespected Neighbo(u)Rs: Cultural Stereotypes in Literature and Film, Cambridge Scholar Publishing,‎ , p. 23-40
  6. ↑ « Emma Pérez »
  7. ↑ « Contributors », Rocky Mountain Review, vol. 66, no 1,‎ , p. 132 (ISSN 1948-2833, DOI 10.1353/rmr.2012.0005)
  8. ↑ « Golden Crown Literary Society », www.goldencrown.org (consulté le )
  9. ↑ (en-GB) Scott, « Electras Complex by Emma Pérez: Book Review », The Lesbian Review, (consulté le )
  10. ↑ (en) Kendy Rivera, « La Daika: Auto-Teoría of a Dyke(-Ish) Tijuana Border Lesbian. », Queer Cats Journal LGBTQ Studies 1, no 1,‎ non daté, p. 87-88
  11. ↑ (en) Maylei Blackwell, « Chicana Power!: Contested Histories of Feminism in the Chicano Movement. », 1st ed. Chicana Matters Series, Austin, University of Texas Press,‎
  12. ↑ Quintana, « Book Review », Signs: Journal of Women in Culture and Society, vol. 28, no 2,‎ , p. 724–726 (DOI 10.1086/342586, S2CID 225090703, lire en ligne Inscription nécessaire)
  13. ↑ (en) Catriona Rueda Esquibel, With Her Machete in Her Hand : Reading Chicana Lesbians., Austin, University of Texas Press, , 245 p. (ISBN 0-292-70971-4)
  14. 1 2 (en) Murillo, « BHIP: Emma Pérez », Borderlands History, (consulté le )
  15. ↑ Emma Perez, The Decolonial Imaginary : Writing Chicanas into History, Indiana University Press, , 208 p. (ISBN 978-0253212832)
  16. ↑ Perez, « The Imaginary as Will to Feel: Beyond the Decolonial Turn in Chicanx/Latinx Feminism », Aztlán: A Journal of Chicano Studies, vol. 45, no 1,‎ , p. 243–256 (DOI 10.1525/azt.2020.45.1.243, lire en ligne Inscription nécessaire)
  17. ↑ « Texas Institute of Letters: Active Members » [archive du ], www.texasinstituteofletters.org (consulté le )

Liens externes

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