Encolure du cheval
L′encolure du cheval est la partie de l'anatomie du cheval correspondant au cou, reliant sa tête à son corps. L'encolure démarre au niveau de la nuque et s'arrête au niveau du garrot.

Généralités
modifierL'encolure supporte la tête du cheval et st libre dans ses parties latérales[1]. Elle est aplatie de chaque côté[1].
Anatomiquement, l'encolure fait partie de l'avant-main et du dessus du cheval[2], et a pour base les muscles et les vertèbres du cou[3]. Elle lui sert en quelque sorte de « gouvernail »[4]. Le bord de sa partie supérieure est garnie de longs crins, formant la crinière[5],[6]. L'extrémité supérieure de l'encolure, toujours moins large et moins épaisse que l'extrémité inférieure, est séparée de la tête par un léger sillon[5]. La partie inférieure comporte sur chaque face des « gouttières des jugulaires », nommées d'après la veine qui passe à cet endroit[7],[6]. L'extrémité supérieure est bornée par les parotides, ou avives, situées en arrière de la ganache[3], ainsi que par la gorge et la nuque[5],[1],[6]. La fin de l'extrémité inférieure est bornée par le garrot[5],[6], les épaules et le poitrail[5],[6].
Os
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La région de l'encolure chez le cheval est composée de 7 vertèbres[8]. Seules les vertèbres atlas et axis sont mobiles, permettant une flexion de la tête sur l'encolure au seul niveau de la nuque[9]. Ces vertèbres cervicales forment la base de l'encolure[6].
Positionnement des 6 vertèbres cervicales les plus crâniales chez le cheval :
Muscles
modifierVeines
modifierLes veines jugulaires passent dans le sillon de l'encolure[10].
Formes et particularités
modifierIl existe de nombreuses variétés de directions, de tailles et de formes d'encolure[11],[5]. L'encolure peut être droite, rouée, renversée, de cygne, ou penchée[11]. En dehors de l'encolure penchée qui est considérée comme un défaut morphologique, aucune de ces formes ne peut être vue universellement comme un défaut ou comme un critère de beauté, car chaque forme confère des avantages et des faiblesses liées à des usages particuliers du cheval[12],[5]. L'encolure penchée est aussi dite « chargée » ou « tombante »[13].
L'épaisseur de l'encolure n'est pas non plus un critère, car si un cheval de course doit l'avoir légère pour courir plus vite, un cheval de trait doit l'avoir forte pour réaliser les taches de traction attendues de lui[12]. Une encolure très fine est dite grêle, et manque de force ; une encolure épaisse rend l'avant-main des chevaux lourde lorsqu'ils sont montés[14]. Lorsque l'encolure est unie au garrot, aux épaules et au poitrail sans donner l'apparence d'une transition brusque, elle est dite « bien sortie »[11],[15]. La situation inverse, quand l’encolure paraît s'implanter brusquement dans les épaules et le poitrail, est dite « encolure fausse » ou « encolure mal sortie »[11],[10] ; elle est souvent causée par un développement musculaire faible[11]. La forme extrême est nommée encolure « chevillée » ou « fichée »[11].
L'encolure d'un cheval de sport est recherchée longue et droite avec un bord supérieur rectiligne, sans transition brusque avec le tronc, large dans sa partie inférieure qui abrite la trachée ; une trachée de fort calibre permet en effet une meilleure ventilation pulmonaire[9].
Longueur
modifierLa longueur de l'encolure varie de courte à longue[16], l'angle d'attache de l'omoplate pouvant donner une impression fausse, car plus cet angle est vertical et plus l'encolure paraît longue sans forcément l'être réellement[17].
L'encolure est le plus souvent préférée longue que courte[12],[6], F. Cardini estimant sa longueur « idéale » de la nuque au garrot à une fois et demie celle de la tête du cheval[14]. Quelle que soit sa forme, elle est préférée allongée, bien musclée et dépourvue de graisse[12]. Une encolure très longue est associée à peu de force, surtout si la tête du cheval est lourde[14]. Une encolure courte implique une faible flexibilité, qui est davantage un problème en cas d'équitation qu'en cas de travail attelé[7]. Une encolure très courte associée à une épaule verticale créent en effet un sentiment d'insécurité chez un cavalier[17]. Plus l'encolure est courte et grosse, et plus elle est difficile à fléchir[17].
- Différentes longueurs d'encolure
- Encolure courte et épaisse (Fjord).
- Encolure de longueur et d'épaisseur moyennes
- Encolure longue et fine (Arabe)
Une encolure longue et fine est caractéristique de la race du Pur-sang[18].
Un cheval qui porte l'encolure très relevée est dit portant au vent ; ces chevaux sont généralement mauvais au tirage[16]. Celui qui porte l'encolure bas a souvent peu de solidité[16].
Encolure droite
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Lorsque chacun des deux bords de l'encolure forme une ligne droite et qu'elles convergent l'une vers l'autre au niveau de la tête, l'encolure est dite droite ou pyramidale[11],[19]. L'hippologue Alexandre Bernard Vallon considère que cette conformation est la plus appropriée à permettre la rapidité des allures pour un cheval de course, car les muscles agissent dans une direction horizontale[20] ; L. Rélier décrit en 1889 cette forme comme étant « estimée »[15]. L'encolure droite est fréquente chez le Pur-sang, et les chevaux descendants de Pur-sangs[20].
Encolure de cerf
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Une encolure dont le bord supérieur est concave et le bord inférieur convexe, est dite « encolure de cerf » ou « encolure renversée », à cause de sa ressemblance avec le cou du cerf[21],[22]. Elle favorise des allures rapides grâce à la position que peut prendre la tête du cheval, mais cela a pour corollaire une avant-main peu souple, rendant le cheval difficile à conduire[21],[16]. Elle rend la conduite difficile en cas d'usage pour l'équitation, avec une tendance à des chevaux lourds à la main et sur les épaules, et inaptes à la pratique de l'obstacle et de l'attelage.[réf. nécessaire]
Cette forme d'encolure est plus fréquente chez des chevaux de sang sélectionnés sur leur vitesse[21]. Elle se rencontre chez certains chevaux arabes[16]. D'après l'auteur Robert Oliver, elle est « dépréciée par tous »[17], Rélier la décrivant en 1889 comme « peu élégante »[15]. L'encolure de cerf implique que l'avant-main soit trop courte pour permettre à un cavalier de monter confortablement[23].
Encolure rouée
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Une encolure est dite rouée lorsque le bord supérieur est convexe et le bord inférieur concave[20],[24], un peu à la façon d'une section de roue[16], donnant une forme qui s'arrondit en arc de cercle entre la nuque et le garrot[14]. Cette forme d'encolure est souvent jugée comme gracieuse[21],[14] ; elle est très recherché associée à une longueur moyenne[17]. Elle favorise le ramener et la maniabilité de l'animal monté, via son embouchure[21], et permet au cheval de plus facilement s'encapuchonner[14]. Corollaire, elle est peu favorable à la rapidité des allures[21],[13].
Cette forme d'encolure se rencontre souvent chez le Barbe, le Pure race espagnole (Andalou) et le cheval navarrin[21],[13]. Elle est recherchée historiquement pour des chevaux de cavalerie et de manège[21]. Elle se trouve aussi chez les étalons de traction lourde[16].
Encolure de cygne
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On nomme « encolure de cygne » une encolure longue, renversée à la base et rouée dans sa partie supérieure[21],[16],[13]. Ce type d'encolure est jugé très gracieux[21],[13], mais il révèle souvent un manque de force musculaire[réf. nécessaire]. Il confère aux chevaux beaucoup de souplesse et de liant dans leurs allures[14].
Cette forme d'encolure peut se voir chez le Pure race espagnole[12],[16], ainsi que quelques chevaux barbes et navarrins[12]. Elle est historiquement recherchée chez les chevaux de cirque[13].
Coup de hache et coup de lance
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Le « coup de hache » est une dépression située en avant du garrot[9]. Elle est souvent bien visible et bien marquée[11]. Le coup de hache s'associe le plus souvent à l'encolure de cerf[11],[16],[25] ; il est fréquent chez le Barbe et le cheval limousin[11],[25].
Il arrive qu'une petite dépression musculaire soit visible sur l'encolure, sans s'accompagner de qualités ou de défauts particuliers : elle porte le nom de « coup de lance »[11].
Rôle biomécanique
modifierLa tête et l'encolure jouent un rôle de levier, de balancier et de point d'appui qui a une grande importance dans tous les types de déplacement du cheval[16],[6]. L'encolure tient le rôle de « pôle d'équilibre »[17], et joue celui de gouvernail entre les mains d'un cavalier[16]. Son placer influence la répartition du poids. Si le cheval abaisse son encolure, son poids est déplacé vers l'avant-main et l'effort de propulsion demandé à l'arrière-main devient plus important, avec un plus grand engagement des membres postérieurs[26].
De sa conformation et de sa flexibilité dépend le ramener[27]. Si sa courbure n'est pas naturelle, son forçage provoque la contraction du cheval dans son ensemble[27].
Extensions d'encolure
modifierIl existe un grand nombre d'exercices d'équitation nommés l'« extension d'encolure »[28].
Flexions d'encolure
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La flexion d'encolure est un exercice d'équitation.
Le rollkur, officiellement « hyperflexion de l'encolure », est une technique controversée de dressage équestre, définie par la fédération équestre internationale (FEI) comme étant la flexion de l'encolure du cheval obtenue par la force. Il consiste à faire travailler l'animal avec l'encolure enroulée et le menton proche du poitrail.
Notes et références
modifier- 1 2 3 Goubaux et Barrier 1884, p. 128.
- ↑ Maurel et Baudoin 2010, p. 16.
- 1 2 Lefour 1878, p. 11.
- ↑ Maurel et Baudoin 2010, p. 12.
- 1 2 3 4 5 6 7 Cardini 1848, p. 417.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Rélier 1889, p. 83.
- 1 2 Cardini 1848, p. 417-418.
- ↑ « Site d'Ostéologie », sur theses.vet-alfort.fr (consulté le ).
- 1 2 3 Collectif, Galop 8, programme officiel, Paris, Maloine, , 90 p. (ISBN 2-224-02322-7, OCLC 743074220), p. 10.
- 1 2 Lefour 1878, p. 13.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Vallon 1863, p. 332.
- 1 2 3 4 5 6 Vallon 1863, p. 335.
- 1 2 3 4 5 6 Rélier 1889, p. 86.
- 1 2 3 4 5 6 7 Cardini 1848, p. 418.
- 1 2 3 Rélier 1889, p. 84.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Lefour 1878, p. 12.
- 1 2 3 4 5 6 Oliver 1999, p. 64.
- ↑ Oliver 1999, p. 65.
- ↑ Lefour 1878, p. 12-13.
- 1 2 3 Vallon 1863, p. 333.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Vallon 1863, p. 334.
- ↑ Rélier 1889, p. 85.
- ↑ Oliver 1999, p. 66.
- ↑ Rélier 1889, p. 85-86.
- 1 2 Rélier 1889, p. 87.
- ↑ Galloux 2021, p. 2.
- 1 2 Michel Henriquet et Alain Prévost, L'équitation, un art, une passion, Paris, Éditions du Seuil, , 319 p..
- ↑ Galloux 2021, p. 1.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- [Galloux 2021] Patrick Galloux, « L'extension d'encolure - mythe, réalité et dérives », Equipedia,
- [Maurel et Baudoin 2010] Bernard Maurel et Nicolas Baudoin, Appréciation des chevaux et des poneys, IFCE - les Haras nationaux, (ISBN 978-2-915250-17-6, lire en ligne)
- [Oliver 1999] Robert Oliver (trad. Gwenaël Hubert, ill. Bob Langrish), Guide photographique de la bonne conformation du cheval, Paris, Vigot frères, (ISBN 2-7114-1353-5), « L'encolure ».
Ouvrages historiques anciens
modifier- [Cardini 1848] F. Joseph Cardini, « Encolure », dans Dictionnaire d'hippiatrique et d'équitation: ouvrage où se trouvent réunies toutes les connaissances hippiques, Bouchard-Huzard, (lire en ligne)
- [Goubaux et Barrier 1884] Armand Goubaux et Gustave Barrier, De l'extérieur du cheval, Asselin, (lire en ligne)
- [Lefour 1878] Pierre-Aristide-Adolphe Lefour, Le cheval, l'âne, et le mulet: extérieur, races, élevage, entretien, utilisation, équitation, Librairie agricole, (lire en ligne
[PDF]) - [Rélier 1889] L. Rélier, « II. De l'encolure », dans Guide pratique de l'élevage du cheval, J.-B. Baillière, (lire en ligne)
- [Vallon 1863] Alexandre-Bernard Vallon, Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'armée ..., Javaud, (lire en ligne)
