Eorcengota
Eorcengota, Earcongota, Ercongota, Erkengota ou Ercongote est une princesse et religieuse anglo-saxonne du VIIe siècle. Fille du roi du Kent Eorcenberht, elle devient moniale à l'abbaye de Faremoutiers, en Francie. Elle est considérée comme sainte après sa mort et fêtée le 7 juillet.
| Princesse |
|---|
| Activité | |
|---|---|
| Période d'activité |
VIIe siècle |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
| Étape de canonisation | |
|---|---|
| Fête |
Biographie
modifierEorcengota est la fille d'Eorcenberht, roi du Kent de 640 à 664, et de son épouse Seaxburh, elle-même fille du roi Anna d'Est-Anglie. Elle a deux frères, Ecgberht et Hlothhere, et une sœur, Eormenhild[1].
Bède le Vénérable rapporte dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais qu'elle entre dans les ordres et quitte l'Angleterre, où il n'existe pas encore beaucoup de monastères, pour devenir religieuse en Francie. Elle rejoint ainsi l'abbaye de Faremoutiers, un monastère double dans la Brie qui accueille déjà plusieurs princesses anglaises. La belle-fille d'Anna, Sæthryth, en est l'abbesse vers le milieu du VIIe siècle, et sa successeure Æthelburh est la fille d'Anna et donc la tante d'Eorcengota[2],[3].
Bède raconte également qu'Eorcengota aurait prédit sa propre mort à la suite d'une vision : « elle avait vu entrer dans le monastère un certain nombre d'hommes vêtus de blanc. Elle leur demanda ce qu'ils cherchaient et ce qu'ils faisaient là. Ils lui répondirent qu'ils avaient été envoyés pour emporter la pièce d'or qui avait été apportée du Kent à cet endroit[4]. » L'historienne Barbara Yorke note l'allusion aux premières pièces d'or anglo-saxonnes, les thrymsas, frappées vers la même période en imitation des monnaies mérovingiennes[5].
Eorcengota est inhumée dans l'église dédiée à saint Étienne à Faremoutiers. Bède affirme qu'une odeur de sainteté se dégage de sa tombe lorsque les moines décident de déplacer son corps trois jours plus tard[4].
Culte
modifierEorcengota est considérée comme sainte après sa mort. Sa fête est célébrée le 21 février à Faremoutiers et le 26 février dans le diocèse de Meaux[6]. Elle apparaît également parmi les saintes royales dont la fête est enregistrée dans les calendriers de saints médiévaux de l'abbaye d'Ely, tout comme sa mère et sa sœur, à la date du 21 février. L'historienne Susan Ridyard note qu'il s'agit de la seule attestation d'un culte rendu à Eorcengota en Angleterre[7]. La plupart des calendriers de saints modernes situent la fête d'Eorcengota le 7 juillet[6].
Références
modifier- ↑ Yorke 1990, p. 36-37.
- ↑ Bède le Vénérable 1995, livre III, chapitre 8, p. 183-184.
- ↑ Yorke 1990, p. 65.
- 1 2 Bède le Vénérable 1995, livre III, chapitre 8, p. 184.
- ↑ Yorke 1990, p. 40.
- 1 2 Farmer 2011.
- ↑ Ridyard 1988, p. 185-186.
Bibliographie
modifier- Bède le Vénérable (trad. Philippe Delaveau), Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Gallimard, coll. « L'Aube des peuples », , 399 p. (ISBN 2-07-073015-8).
- (en) David Farmer, « Erkengota (Ercongota) », dans The Oxford Dictionary of Saints, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 9780191727764, lire en ligne).
- (en) Susan Ridyard, The Royal Saints of Anglo-Saxon England : A Study of West Saxon and East Anglian Cults, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-30772-7).
- (en) Barbara Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England, Londres, Seaby, (ISBN 1-85264-027-8).