Cnephaeus serotinus
Eptesicus serotinus · Sérotine commune
Répartition géographique
La Sérotine commune (Cnephaeus serotinus, anciennement Eptesicus serotinus), appelée aussi Grande sérotine ou Vespertilion sérotine, est une espèce de chauves-souris de la famille des Vespertilionidae.
La Sérotine commune est une espèce euro-asiatique[1] de grande taille et qualifiée de robuste[2].
Comme de nombreuses chauves-souris, elle se dirige grâce un système d'écholocation en émettant des ultrasons via des vibrations du larynx et se nourrit d'insectes[3] (Coléoptères, Lépidoptères, Trichoptères, Diptères et Hyménoptères), qu’elle capture en vol[2].
Il s'agit de l'espèce la plus fréquemment porteuse de la rage en France[4].
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Cnephaeus serotinus (von Schreber, 1774)[5]
- Protonyme : Vespertilio serotinus von Schreber, 1774[5]
- Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Sérotine commune[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13], Grande sérotine[7],[9],[10], Sérotine[7],[9],[10], Vespertilion sérotine[7],[9], Chauve-souris sérotine[9], Sérotine ordinaire[9], Vespérien sérotine[9]
- Noms vernaculaires (langage courant) : baratze-saguzar (basque)[10], breetflillekefliedermaus (luxembourgeois)[10], ratpenat bru dels graners (catalan)[10], serotina comuna (occitan)[10], serotin boutin (breton)[10]
Description
modifierLa sérotine commune a une longue fourrure de couleur brun fumé sur le dos, tandis que les parties inférieures sont d’un brun jaunâtre plus pâle. Le nez et les oreilles de forme triangulaire sont noirs, et les membranes des ailes sont noir foncé ou brunes. Les juvéniles sont plus foncées que les adultes. Les sérotines sont faciles à identifier en vol, car leurs larges ailes combinées à leur vol lent, très maniable et battant, entrecoupé de brefs planés, sont distinctives[14]. Le tragus a une forme relativement fine et pointue et n’a pas la forme d’un rein comme dans le cas des espèces du genre Nyctalus[15].
Biologie
modifierEspèce anthropophile de plaine, on la trouve dans tous types d'habitats mixtes mêlant des arbres feuillus, des lisières et des milieux ouverts (prairies, plans d'eau...) y compris au sein des agglomérations avec parcs et jardins[16].
Les femelles forment des colonies de mises-bas, généralement dans des combles, alors que les mâles sont très souvent solitaires[17]. En hiver, l'espèce utilise des anfractuosités anthropiques (bâtiments), rocheuses ou arboricoles[18].
La reproduction se fait sans pénétration. Le sexe du mâle, de grande dimension, sert de bras pour maintenir la femelle durant une longue période et la fécondation a lieu par simple contact[19],[20].
Population
modifierLa rénovation et les expulsions des bâtiments utilisés par l'espèce représentent une menace, tout comme la prédation par les chats, les collisions avec des pales d'éoliennes ou la rage[18].
La population mondiale semble globalement stable avec une lente progression vers le Nord (notamment en Russie)[1]. En France, elle est présente sur tout le territoire[18] et plutôt sédentaire[17]. Absente d'Islande, d'Irlande, d’Écosse et du sud de la péninsule ibérique, l'espèce est présente dans tous le reste de l'Europe, y compris les îles méditerranéennes[21].
Liste des sous-espèces
modifierSelon Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[22] :
- sous-espèce Cnephaeus serotinus andersoni
- sous-espèce Cnephaeus serotinus boscai
- sous-espèce Cnephaeus serotinus horikawai
sous-espèce Cnephaeus serotinus isabellinus- sous-espèce Cnephaeus serotinus pachyomus
- sous-espèce Cnephaeus serotinus pallens
- sous-espèce Cnephaeus serotinus pashtonus
- sous-espèce Cnephaeus serotinus serotinus
- sous-espèce Cnephaeus serotinus shirazensis
- sous-espèce Cnephaeus serotinus turcomanus
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Eptesicus serotinus » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 (en) Godlevska, L., Kruskop, S.V. & Gazaryan, S., « Eptesicus serotinus (amended version of 2020 assessment). », sur IUCN Red List of Threatened Species, (consulté le )
- 1 2 ARTHUR L. & LEMAIRE M., Les Chauves-souris de France, Belgique, Luxembourg et Suisse, Mèze, Biotope, , 544 p.
- ↑ Collectif (trad. André Delcourt et Hervé Douxchamps), Tous les animaux de l'univers, Unide (no 4), , 1732 p., Chauves-souris pages 347 à 355, Tableau et photographies page 350 et 351
- ↑ https://www.sfepm.org/sites/default/files/inline-files/Rage_CS_transmission_Homme_risques_mesures_de_prevention_aout2021.pdf
- 1 2 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Catalogue of Life Checklist, consulté le .
- 1 2 3 4 Christian Meyer, « sérotine commune », sur le Dictionnaire des Sciences Animales (en ligne), Montpellier, CIRAD (consulté le ).
- ↑ CITES, consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 (la + en + de + fr + it) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals, Amsterdam, Elsevier, , 868 p. (ISBN 008048882X et 9780080488820, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 EOL, consulté le .
- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
- ↑ MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le .
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ (en) « Serotine bat (Eptesicus serotinus) », sur arkive.org via Internet Archive, Wildscreen Arkive (consulté le ).
- ↑ (en) « Common serotine », sur bris.ac.uk, University of Bristol (consulté le ).
- ↑ Christian Dietz, L'encyclopédie des chauves-souris d'Europe et d'Afrique du Nord, Paris, Delachaux et niestlé, , 399 p., p. 320-325
- 1 2 « ONF - Chauves-souris : la Sérotine commune », sur onf.fr via Internet Archive (consulté le ).
- 1 2 3 « Sérotine commune | Plan National d'Actions Chiroptères », sur plan-actions-chiropteres.fr (consulté le ).
- ↑ Nathaniel Herzberg, « La reproduction sans pénétration de la chauve-souris sérotine », Le Monde, (lire en ligne
) - ↑ (en) Nicolas J. Fasel, Jan Jeucken, Kseniia Kravchenko, Marcus Fritze, Ireneusz Ruczyn´ski,Ewa Komar, Marharyta Moiseienko, Alona Shulenko, Anton Vlaschenko, Philippe Christe, Olivier Glaizot1, Susanne Holtze, « Mating without intromission in a bat », Current biology magazine, no 33, (lire en ligne [PDF])
- ↑ Jon Russ, Les chauves-souris par le son, Paris, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02963-3), p. 312
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
Liens externes
modifier- (fr) INPN : Eptesicus serotinus (Schreber, 1774) (TAXREF)
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Eptesicus (Eptesicus) serotinus Schreber, 1774
- (en) Catalogue of Life : Eptesicus serotinus (Schreber, 1774) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Eptesicus serotinus (Schreber, 1774) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Eptesicus serotinus (Schreber, 1774)
- (en) Animal Diversity Web : Eptesicus serotinus
- (en) NCBI : Eptesicus serotinus (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Eptesicus serotinus (Schreber, 1774) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Eptesicus serotinus (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (en) Fonds documentaire ARKive : Eptesicus serotinus
- Christian Meyer, « sérotine commune », sur le Dictionnaire des Sciences Animales (en ligne), Montpellier, CIRAD (consulté le ).
- (fr + en) EOL : Eptesicus serotinus (Schreber 1774) (consulté le ).
- (fr + en) GBIF : Eptesicus (Cnephaeus) serotinus (Schreber, 1774) (consulté le ).
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Cnephaeus serotinus (von Schreber, 1774) (consulté le ).