E. R. Eddison
Eric Rücker Eddison, plus connu sous son nom de plume E. R. Eddison ( - ), est un écrivain britannique de fantasy. Il est connu comme l'un des premiers auteurs du genre, avec notamment son roman Le Serpent Ouroboros (1922).
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Biographie
modifierAprès des études à Eton et au Trinity College de Cambridge, il entra comme fonctionnaire au Board of Trade (l'équivalent d'un Ministère du Commerce)[1] en 1906, et prit sa retraite en 1938 pour se consacrer exclusivement à l'écriture.
Œuvre
modifierE. R. Eddison est surtout connu pour son roman Le Serpent Ouroboros (The Worm Ouroboros)[2], publié en 1922, dont l'intrigue se situe sur la planète Mercure. Il se rattache au genre de la planetary romance, qui se rattache à la fois à la science-fiction et au merveilleux, et qui se développe dans les années 1920 avec des romans comme Voyage to Arcturus de David Lindsay en 1920 ; il est prolongé dans les années 1940 par des œuvres comme la trilogie du cycle de Ransom de C. S. Lewis[3]. Le Serpent Ouroboros est rédigé dans un style archaïsant qui évoque l'anglais de la période élizabéthaine[4].
R. E. Eddison écrit également un cycle de romans situés sur le monde imaginaire de Zimiamvia : Mistress of Mistresses (1935), A Fish Dinner in Memison (1941), et un texte resté inachevé à sa mort, The Mezentian Gate (1958). Un personnage, un Anglais appelé Lessingham, fait le lien entre ces différents univers, bien qu'il n'apparaisse qu'au tout début du premier roman. Dans celui-ci en particulier, sa prose flamboyante, entrecoupée de quelques poèmes, se caractérise par l'emploi d'une langue archaïsante imitée de la période jacobéenne (première moitié du XVIIe siècle)[1].
Poète, E.R. Eddison écrit également Poems, Letters, and Memories of Philip Sidney Nairn (1916), à la mémoire d'un condisciple de Trinity College mort dans sa jeunesse.
Styrbiorn the Strong (1929) et Egil's Saga (1930) montrent son intérêt pour la littérature du vieux norrois, en particulier les sagas islandaises. Egil's Saga est une traduction de la Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve complétée de notes approfondies[5].
Liste des œuvres
modifierEssai
modifier- 1916 : Poems, Letters, and Memories of Philip Sidney Nairn
Romans indépendants
modifier- 1922 : The Worm Ouroboros. Traduction française : Le Serpent Ouroboros, Callidor, 2 tomes, 2017 et 2018.
Romans dans l'univers de Zimiamvia
modifier- 1935 : Mistress of Mistresses
- 1941 : A Fish Dinner in Memison
- 1958 : The Mezentian Gate (inachevé)
Traductions et réécritures
modifier- 1929 : Styrbiorn the Strong (inspirée de la Styrbjarnar þáttr Svíakappa, saga norroise du XIVe siècle mettant en scène Styrbjörn le Fort).
- 1930 : Egil's Saga, traduction annotée de la Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve.
Accueil et postérité
modifierJ.R.R. Tolkien et C.S. Lewis discutent des romans d'E. R. Eddison dans le cadre du cercle littéraire des Inklings pendant leurs études à l'université d'Oxford[6]. Tolkien apprécie le livre, dont il estime qu'il a un "pur mérite littéraire", et salue Eddison comme "l'écrivain de mondes inventés le plus grand et le plus convaincant" ; mais il n'est pas convaincu par les personnages[4]. C. S. Lewis écrit un hommage à E. R. Eddison[7]. Cependant, Eddison et son œuvre ne reçoivent plus qu'une attention assez marginale après la Seconde guerre mondiale[2].
Notes et références
modifier- 1 2 Patrick Marcel, "Introduction", dans E. R. Eddison, Le Serpent Ouroboros volume I, Callidor, 2017 (1e édition du roman : 1922), p. VIII.
- 1 2 Verlyn Fleiger, « The Ouroboros Principle: Time and Love in Zimiamvia », Mythlore, vol. 15, no 4 (58), , p. 43–46 (ISSN 0146-9339, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Besson (2007), p. 69.
- 1 2 (en-GB) Alison Flood, « World of fantasy: The Worm Ouroboros », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Matthew Townend, « E. R. EDDISON’S EGIL’S SAGA: TRANSLATION AND SCHOLARSHIP IN INTER-WAR OLD NORTHERNISM », Saga-Book, vol. 42, , p. 87–124 (ISSN 0305-9219, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Joe Young, « Aphrodite on the Home Front: E.R. Eddison and World War II », Mythlore, vol. 30, nos 3/4 (117/118), , p. 71–88 (ISSN 0146-9339, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) C. S. Lewis, « Tribute to E.R. Eddison », dans C.S. Lewis, On Stories and Other Essays on Literature, HarperOne, (ISBN 978-0062643605)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Anne Besson, La Fantasy, Klincksieck, coll. « 50 questions », (ISBN 978-2-252-03638-9).

- (en) Don D'Ammassa, « Villains of Necessity : The Works of E. R. Eddison », dans Darrell Schweitzer (dir.), Discovering Classic Fantasy Fiction : Essays on the Antecedents of Fantastic Literature, Gillette (New Jersey), Wildside Press, , 176 p. (ISBN 1-58715-004-2), p. 88-93.
- Marc Rolland, « E.R. Eddison et son inscription dans l'Histoire », dans Anne Besson (dir.), Fantasy et Histoire(s) : Actes du colloque des Imaginales 2018. Avec la participation de Christian Chelebourg, Natacha Vas-Deyres et Stéphanie Nicot, Chambéry, ActuSF, coll. « Les trois souhaits », , 456 p. (ISBN 978-2-36629-466-8), p. 245 à 270
- Lyon Sprague de Camp (trad. Nenad Savic), « Superman en chapeau melon : E.R. Eddison », dans Lyon Sprague de Camp, Les Pionniers de la fantasy [« Literary Swordsmen and Sorcerers: The Makers of Heroic Fantasy »], Paris, Bragelonne, coll. « Essais », 2010 (édition originale 1976), 384 p. (ISBN 978-2-35294-408-9), p. 165-187
Liens externes
modifier- Archives conservées par : Leeds Central Library (en)
- Ressources relatives à la littérature :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Discussion entre Thierry Fraisse et Patrick Marcel sur Eddison et Le Serpent Ouroboros, sur Elbakin, .