Ernest Brown (photographe)
Ernest Brown (né le 8 septembre 1877 à Middlesbrough, Angleterre, décédé le 3 janvier 1951 à Edmonton, Alberta) est un des premiers photographes de la province d’Alberta. Fervent amateur d’histoire, Brown se sert des images qu’il produit pour promouvoir l’étude de l’histoire de cette province, des peuples des Premières Nations, ainsi que du développement de la ville d’Edmonton alors en pleine expansion. Après un début de carrière prometteur des déboires financiers le forcent à quitter Edmonton pour Vegreville pendant quelques années. De retour à Edmonton, il fonde en 1933 le West Museum (Musée de l’Ouest) qui doit fermer ses portes en 1939 en raison des préparatifs de la Deuxième Guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1947 qu’un accord est conclu avec le gouvernement permettant de croire à la réouverture du musée, projet qui n’aboutira pas mais auquel Brown consacrera les dernières années de sa vie.
Carrière
modifierJeunesse
modifierBien que la famille Brown habitait Edinburgh en Écosse, la mère d’Ernest, Elizabeth (née Beckwith) Brown, voulut donner naissance à son premier enfant près de sa famille en Angleterre. Ernest naquit ainsi le 8 septembre 1877 à Middlesbrough, ville d’Angleterre près de la mer du Nord. Son père, Herbert Edward Brown exerçait le métier de jardinier[1]. Peu après sa naissance, la famille retourna vivre à Edinburgh, mais tout au long de sa vie, Brown sera fier de son origine anglaise[2].
Il fréquenta les écoles de la région et, très jeune, se prit de passion pour la photographie, son ambition étant d’élucider les mystères de la photographie en couleurs dont les premiers essais remontaient aux années 1840[2]. Il fit ses premiers pas en Angleterre, comme apprenti de James Bacon, un photographe-portraitiste de Newcastle upon Tyne en 1893[1],[3]. Selon ses propres dires, même s’il ne s’agissait pas d’une éducation au sens formel du terme, celle-ci lui couta autant que des études juridiques ou de médecine à l’université[1]. Après ce stage, il fut employé par la Shield Photo Company pour produire et vendre des photographies[4].
En 1902, il épousa Mary « Molly » Carr. Le couple eut un enfant, Alan.
Premières années à Edmonton (1902-1923)
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Les perspectives économiques du Royaume-Uni après la guerre des Boers (1899-1902) n’étant guère prometteuses, Brown décida d’immigrer au Canada et arriva à Toronto en 1902. Il eut de la difficulté à trouver un emploi dans cette ville, si bien que lorsqu’on lui signala qu’un photographe d’Edmonton (Alberta) du nom de Charles W. Mathers cherchait quelqu’un pour s’occuper de son studio pendant qu’il serait en expédition dans l’Arctique, Brown n’hésita pas et signa un contrat avec ce dernier en 1903, puis retourna en Grande-Bretagne chercher sa femme et ses biens personnels avant de s’installer à Edmonton[5].
Il ne devait rester l’assistant de Mathers que quelques mois. Celui-ci ayant pris gout aux voyages, lui vendit le studio qu’il possédait, rue Jasper, qui se spécialisait dans les cartes-postales et vues de paysage conservées comme souvenirs. Celui-ci s’engageait à n’utiliser le studio que pour des photographies-portraits pendant cinq ans de façon à éviter la concurrence entre les deux photographes. Cet arrangement s’avéra toutefois intenable, la vente de cartes-souvenirs, alors très populaires, constituant la principale source de revenus d’un tel studio. En 1907 un nouveau contrat fut conclu par lequel Mathers cédait à Brown l’ensemble du studio, y compris son énorme collection de négatifs. À celle-ci s’ajouteront progressivement des dizaines de milliers de photographies de l’ancienne maison Boorne & May de Calgary ainsi que celles des firmes Steel & Wing de Calgary et William Notman de Montréal, ce qui au cours des ans portera l’ensemble à quelque 50 000 négatifs[6],[7],[8].
Ce nouvel accord permit au studio de prospérer si bien qu’en 1905 Brown engagea une assistante dans la personne de Gladys Reeve, alors adolescente, laquelle par la suite ouvrira son propre studio tout en demeurant en excellents termes avec son ancien employeur qu’elle aidera par la suite lors de la création de son musée de l’Ouest; les deux demeureront de très bons amis et collaborateurs jusqu’au décès de Brown en 1951[9],[10].
Tout en continuant son travail de photographe, Brown commença à cataloguer la vaste collection de photographies et de négatifs que lui avait léguée son prédécesseur. Pour ce faire, il dut contacter un grand nombre de personnes, agents de la police montée du Nord-Ouest, pionniers des débuts de l’Alberta et voyageurs. Il se prit rapidement de passion pour l’histoire de cette province qui se développait rapidement. L’authenticité de l’histoire s’appuyant sur les témoignages de ses interlocuteurs, il photographiait régulièrement ceux-ci et notait soigneusement leurs propos (souvent sur ses manchettes de chemise) : sa notice nécrologique nous apprend qu’il aurait ainsi photographié quelque 70 000 contacts[11].
Son commerce prospérant, Brown fit construire en 1912 l’édifice Ernest Brown Block, D’une hauteur de trois étages, l’édifice appelé Brighton Block abritait non seulement son studio, une salle d’exposition, un studio d’encadrement, mais aussi des appartements, bureaux et autres magasins[12].
Toutefois, la crise économique s’annonçait; la chute du marché immobilier en 1914 et le déclin économique de la ville d’Edmonton réduisit considérablement ses sources de revenu[13]. La situation économique se détériora encore avec le déclenchement de la Guerre mondiale et il tomba bientôt en arriéré de paiement sur ses taxes municipales. En décembre 1920, il dut procéder à une vente à l’encan de ses photographies[14]. Cela sera suivi par la saisie en 1923 de l’immeuble par la ville d’Edmonton [15].
Vegreville (1924-1929)
modifierAprès la saisie de son studio, Brown déménagea à Vegreville, une localité à 103 km d’Edmonton, où il acheta un petit studio de photographie en 1924[16],[17]. Durant cette période il continua à gérer son énorme collection, sans toutefois réussir à en tirer profit, soit qu’on refusât de lui payer un prix adéquat pour son utilisation, soit que les droits de propriété intellectuelle qu’il disait avoir sur les collections de Notman, Steel & Wing, ainsi que Boorne & May fassent l’objet de contestation devant les tribunaux[18],[19]. Sa situation financière s’améliora toutefois quelque peu en 1926 lorsque la Hudson Bay Company (dans les bureaux de laquelle il affirmait avoir vu de ses propres photos reproduites sans son autorisation) requit ses services pour produire plusieurs albums photos retraçant l’histoire des opérations de cette compagnie dans l’Ouest. Cette commande, produite avec l’assistance de Reeve, leur rapporta 750 $ et conduisit à l’obtention d’un nouveau contrat avec la Canadian Pacific Railway pour produire de semblables albums[20]. Malheureusement, un incendie se déclara le 17 février 1929 au studio de Reeve, The Art League d’Edmonton, où les albums étaient en production[21].
Retour à Edmonton (1929-1951)
modifierAprès l’incendie du studio de Reeve, Brown revint à Edmonton et ouvrit avec celle-ci le Goblin Studio qui imprimait des épreuves peintes à la main par des jeunes gens en quête de travail en ces temps difficiles, et une fois retouchées par les deux photographes étaient vendues encadrées[7]. En dépit d’un succès initial, la grande dépression survenue sur ces entrefaites fit chuter la demande pour de telles photos[22].
La situation s’améliora en 1933 lorsqu’un détaillant local passa commande pour une présentation de photos anciennes d’Edmonton et des Prairies. Cette présentation fut bien accueillie et, la même année, Brown se vit confier le soin d’en produire une version plus étoffée pour l’exposition industrielle d’Edmonton. Cette version, présentée de manière à faire revivre l’épopée des pionniers, lui donna l’idée de créer un musée consacré au peuplement des Prairies canadiennes[23]. Appelé The Birth of the West Museum (Musée de la naissance de l’Ouest), celui-ci combinait photographies, artefacts et conférences de Brown sur le sujet. Les photographies illustraient le développement des Territoires du Nord-Ouest, de l’Alberta, de la Saskatchewan, la vie quotidienne dans les villes et campagnes des Prairies ainsi que celle des Premières Nations. Le tout devait principalement servir à l’éducation des nombreux enfants qui venaient visiter le musée[24].
Le succès fut immédiat et Brown put évaluer en 1939 le nombre de visiteurs à quelque 100 000, dont 30 000 écoliers. Toutefois, il dut fermer cette année-là lorsque les propriétaires de l’immeuble où il était situé informèrent Brown que le gouvernement fédéral réquisitionnait l’endroit pour faire du recrutement de volontaires en vue de la Deuxième Guerre mondiale[25]. Néanmoins, le ministre provincial des Travaux publics assura Brown que, s’il pouvait trouver à entreposer sa collection pendant neuf mois, le gouvernement provincial lui procurerait de nouveaux locaux, promesse qui ne fut jamais réalisée en dépit du fait que la collection fut déménagée (et endommagée) à trois reprises. Ce n’est qu’en 1947 qu’un accord fut trouvé avec le gouvernement de l’Alberta qui acheta l’ensemble de la collection de photographies, les artefacts et négatifs pour la somme de 50 000 $[26],[N 1]. Brown passa les deux années suivantes à cataloguer et classer les milliers de négatifs qui avaient été provisoirement entreposés dans le sous-sol de sa résidence sur Macdonald Drive[27].
Le projet ne devait toutefois jamais se réaliser. Quant à Brown lui-même, il souffrit une crise cardiaque en novembre 1950 dont il ne put récupérer. Il s’éteignit deux mois plus tard, le 3 janvier 1951 à l’âge de 73 ans[28]. Aujourd’hui les Archives publiques de l’Alberta abritent une collection de quelque 11 000 photographies et 50 000 négatifs qui sont l’œuvre de Brown.à
Œuvre
modifierL’historien
modifierErnest Brown s’est intéressé à l’histoire dès son plus jeune âge. En dépit du fait qu’il ait vécu toute sa jeunesse en Écosse, il était très fier d’être né en Angleterre et se considéra toujours comme an English gentleman, servant après son installation à Edmonton comme président du chapitre local de la Sons of England Benefit Society (Association caritative des fils d’Angleterre)[2]. Dès son arrivée au Canada à l’âge de 26 ans, il fut fasciné par le pays, les pionniers qui l’avaient bâti, les légendes et, en général, le mythe de l’Ouest qu’il attribuait au noble caractère des coureurs des bois et des pionniers qui les avaient suivis[N 2],[29].
Au début du XIXe siècle, la photographie s’était limitée aux principales villes du Haut-Canada et du Bas-Canada. Au milieu du siècle la poussée vers l'Ouest stimulée par la découverte d'or en Colombie-Britannique, avait poussé le gouvernement et quelques grandes compagnies à attirer des colons très hésitants au départ parce que rebutés par le caractère réputé hostile de l’environnement. Humphrey Lloyd Hime fut l’un des premiers photographes à se joindre à une expédition d’exploration chez les Assiniboine de Saskatchewan conduite par Henry Youle Hind en 1957-1858 [30],[31]. Parmi ces pionniers, Ernest Brown sera celui qui documentera le développement de l’Alberta, en particulier de la ville d’Edmonton alors en plein essor, ainsi que la vie des populations amérindiennes qui habitaient ce territoire. Mais contrairement aux photographes qui feront publier leurs images dans des albums photographiques ou vendront celles-ci à des magazines ou revues à vocation touristique ou commerciale, Brown se servira de ses photographies comme matériel pour enseigner l’histoire de cette région soit pour le public en général au musée qu’il établit à cette fin, soit aux écoliers du primaire par ses History Teaching Pictures (Images qui enseignent l’histoire)[32]. Tout au long des années qui mèneront à la création du Musée de la naissance de l’Ouest, Brown nota soigneusement le résultat de ses entrevues avec divers pionniers de la création de l’Alberta à quoi s’ajouta une vaste collection de livres, d’articles de journaux et magazines qui constituèrent en vingt-cinq ans le matériel utilisé dans la préparation de ses textes destinés, selon ses propres dires, « à dissiper les histoires écrites comme supposément conformes à l’histoire, mais manifestement incorrectes » (notre traduction)[33].
Si bien, qu’en reconnaissance pour son travail photographique ainsi que pour la création du Musée de l’histoire de l’Ouest, Brown fut nommé en 1949 président honoraire de la Historical Society of Alberta[34].
Le politicien
modifierLes difficultés financières auxquelles Brown dut faire face à partir 1913, de même que les luttes incessantes qui l’opposeront aux autorités municipales qui saisiront son studio et le forceront à déménager à Vegreville en 1924, feront en sorte qu’il se tourna à la fin de la décennie 1910 et tout au long de celle de 1920 vers la politique.
En 1920 et 1921 il sera élu président de la section Edmonton du Dominion Labour Party, parti politique provincial d’Alberta, connu localement sous le nom de Independent Labour Party (ILP). Bien qu’il ne s’était pas ouvertement déclaré socialiste, ce parti prônait l’abolition des industries capitalistes et leur transfert à l’État[35]. Brown lui-même plaida avec vigueur pour la nationalisation des banques et des compagnies d’assurances dont les biens saisis pourraient être utilisés pour aider les pauvres ou être transformées en compagnies gérées par les ouvriers[36],[37].
Au cours de l’élection générale tenue en Alberta en 1921, Brown et l’ancien maire d’Edmonton, Joseph A. Clarke, se portèrent candidats pour le ILP dans la région d’Edmonton[37],[38]. S’ils reçurent un fort appui des fermiers et des ouvriers, ni Brown ni Clarke, ne furent élus[39]. En dépit de cet échec électoral, Brown continua à écrire dans différents journaux à tendance travailliste et fonda même en 1923 son propre journal, le Glow Worm, qui cessa sa publication après trois éditions seulement en raison de difficultés financières[40].
Culture amérindienne
modifierLorsque Brown arriva à Edmonton en 1904, les populations amérindiennes ayant fait l’objet du Traité Numéro Sept[N 3] vivaient déjà sur des territoires qui leur étaient « réservés ». Cette séparation de fait permettait aux premiers pionniers d’ignorer ces populations et, sans contact direct avec elles, de s’en faire une représentation plus ou moins édulcorée[41]. Des photographes du début du siècle comme Edward S. Curtis, Roland Reed, Gertrude Kasebier, ou Joseph Keiley n’hésitèrent pas à « habiller » leurs sujets d’une façon qui coïncide avec l’image familière qu’en donnaient les récits de « cowboys et Indiens »[42].
Arrivé au Canada à l’âge de 27 ans, Brown fut toujours fasciné par la vocation des pionniers consistant à développer ces vastes étendues vides de populations humaines. Pour sa génération, les pionniers s’étaient simplement substitués aux populations amérindiennes dans l’Ouest canadien sans qu’il y ait eu recours à la violence, les autorités ayant créé le cadre juridique nécessaire pour une installation paisible des pionniers, condition nécessaire pour vaincre leurs hésitations initiales[43].
Se basant sur les entrevues qu’il avait menées pendant vingt-cinq ans avec d’anciens pionniers ou autres personnes impliquées, Brown résumera ses vues dans une série de notes, intitulées Birth of the West (Naissance de l’Ouest) dont le manuscrit de 1928 servira de base aux fiches d’information accompagnant les photographies de son futur musée[N 4]. Dans ces notes, Brown ne cache pas sa sympathie à l’endroit des Premières Nations qui vécurent sur ce territoire avant l’arrivée des coureurs des bois d’abord, des premiers pionniers ensuite, qualifiant leur histoire de « fascinante » [N 5]. Une fois les Premières Nations installées sur les terres qui leur étaient réservées, la mission de ces pionniers devenait de transformer un territoire à l’état sauvage pour en faire une civilisation moderne. Et sans qu’il ne donne lui-même de réponse, Brown de se demander si, dans ce processus, les Premières Nations n’avaient pas été injustement traitées[N 6]. De même, dans ses notes sur Louis Riel et la révolte des Métis des années 1870, il ne cache pas que l’attitude du gouvernement canadien dans cette affaire avait été loin d’être honorable. Sans condamner l’appropriation par les premiers pionniers des terres ayant appartenu aux Premières Nations, Brown adopta une attitude nettement plus favorable à ces dernières que ce que l’on enseignait dans les écoles de la province de son temps, s'appuyant principalement sur le fait que cette occupation s’était faite sans violence, contrairement à ce qui avait eu lieu au sud de la frontière[44].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ernest Brown (photographer) » (voir la liste des auteurs).
Notes
modifier- ↑ D’après l’article de Gillese datant de l’époque l’accord fut conclu avec le gouvernement de l’Alberta; selon Yaremko qui a étudié les sources en détail, l’accord fut plutôt conclu avec la ville d’Edmonton
- ↑ Il devait commenter dans l’une de ses conférences avec diapositives : King’s men have in them some rare simplicity that makes them of all men the best artificers at the fine old mystery of countrymaking (Les sujets du roi portent en eux cet instinct naturel qui font d’eux les meilleurs artisans de cet art ancien et mystérieux qu’est la construction d’un pays - Notre traduction)
- ↑ Datant de septembre 1877, le Traité Numéro Sept fut le dernier des Traités numérotés conclus entre le gouvernement du Canada et les Premières Nations des Plaines : les Siksikas (Pieds-Noirs), les Kainai (Gens-du-Sang), les Piikani (Peigans), les Stoneys-Nakodas et les Tsuut’ina (Sarsis).
- ↑ Ce manuscrit ne fut jamais publié, mais son contenu se retrouvera sous forme de notes dans les Archives Publiques de l’Alberta.
- ↑ « To adequately conceive what the future has in store we must know what has passed… While probably not as important in the life of today, the story of the Indians, is the most fascinating of the all absorbing history of the West (Pour concevoir de façon adéquate ce que l’avenir nous réserve, nous devons apprendre ce qui s’est passé autrefois… Bien qu’elle ne soit vraisemblablement pas importante pour notre vie actuelle, l’histoire des Indiens constitue le volet le plus captivant de l’histoire de l’Ouest) - Ernest Brown, “Brief articles re. Indians,” Archives publiques de l’Alberta, PR1965.0124, 226, boite 21.
- ↑ Are the Indians happy in the reserves the Government has set aside for them? Is the reserve, or the $5.00 a year we pay the treaty Indians the best or fairest way to treat the ones whose country we appropriated? (Les Indiens sont-ils heureux dans les réserves que le gouvernement a mis de côté pour eux ? Est-ce que ces réserves, ou les 5,00 $ que l’on verse aux Indiens sous traités sont le moyen le plus honnête de traiter ceux dont nous nous sommes appropriés les terres ?) - Brown, “Brief articles re. Indians,” Archives publiques de l’Alberta, PR1965.0124, 226, boite 21.
Références
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- ↑ Scott Yaremko 2018, p. 24-25.
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