Ernst Peter Aloys Clemens Sickenberger est un pharmacien et botaniste allemand, né à Krautheim le , et mort le .

Ernst Sickenberger
Portrait d'Ernst Sickenberger
(Revue d'Egypte, tome III, octobre 1896)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
Le CaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière protestant du Vieux-Caire
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Abréviation en botanique
Sickenb.Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

modifier

Ernst Sickenberger est né au château de Krautheim, dans le grand-duché de Bade, où son père, Franz Josef Sickenberger, d'origine bavaroise, résidait en qualité de maître des comptes du prince Konstantin de Salm-Reifferscheidt-Krautheim. Il a été élevé avec les fils du prince[1]. Il fait ses études secondaires au gymnase de Fribourg-en-Brisgau jusqu'en 1845. Il souhaitait poursuivre ses études dans la médecine, mais une maladie grave l'oblige à revenir à Krautheim. Sa santé sérieusement ébranlée, il a décidé d'abandonner la médecine pour faire des études de pharmacien. Pour ne pas s'éloigner de sa famille, il a commencé ses études par un stage pratique dans la pharmacie de Krautheim. Complètement remis de sa maladie, il a participé aux troubles de 1848. En 1852, il s'inscrit comme élève en pharmacie à l'université de Heidelberg où il a étudié la botanique générale avec le professeur Gottlieb Wilhelm Bischoff, l'anatomie et la physiologie végétales, les familles naturelles et la classification avec le professeur Johann Anton Schmidt. Ayant passé ses examens avec succès et obtenu son certificat d'études, il s'est inscrit à l'université de Berlin. Il y a suivi les cours de botanique générale du professeur Alexander Braun et s'est perfectionné en anatomie et physiologie végétales avec le professeur Nathanael Pringsheim. Il a été présenté en termes élogieux à Alexander von Humboldt[2]. Il a quitté l'université de Berlin après avoir obtenu son certificat d'études fin . La mort de son père l'a ramené à Krautheim, puis il se rend à Karlsruhe où il obtient son diplôme de pharmacien. Sa fortune lui a permis de visiter en 1854 la Suède, la Norvège, lest de la France et l'Italie. À Rome, il a reçu un appui bienveillant de Gustave-Adolphe de Hohenlohe-Schillingsfürst, grand aumônier du pape Pie IX. Présenté au pape, il a été inscrit dans le tiers ordre de Saint François[3]. De Rome, il s'est ensuite rendu en Sicile, puis en Grèce où Theodoros G. Orphanides, professeur à l'université d'Athènes lui a fait découvrir la végétation de l'Attique et de la Thessalie. Il a continué son voyage par le Monténégro, la Dalmatie, la Hongrie et l'Autriche pour revenir en 1857 à Fribourg.

Il se marie en 1858 avec Louise Wagner, fille d'un pharmacien de Kirchzarten. Il prend la direction de cette pharmacie que lui a cédé son beau-père. Il ne va pas se contenter d'exécuter les ordonnances médicales, il se livre pendant ses loisirs à des études de chimie et faire des excursions botaniques et géologiques dans les Alpes suisses et du Tyrol. Il entame alors une correspondance avec des savants de toute l'Europe, ce qui lui assure une certaine notoriété. De ses herborisations sur l'île de Bornholm, en Suède et en Norvège il avait ramené une collection de mousses riche en espèces rares connue de tous les bryologues. Il est nommé directeur du jardin botanique du Wiehre de l'université de Fribourg-en-Brisgau. Pour les élections des députés au Reichstag de , les notables de Fribourg ont proposé de le choisir mais il a préféré décliné. Quelques années plus tard, l'habileté de gens d'affaires va le conduire à accepter des engagements financiers dans des spéculations industrielles qui l'ont conduits à la ruine en 1874.

Ernst Sickenberger a été un pharmacien d'officine et botaniste allemand jusqu'en 1876, année où des revers commerciaux l'ont conduit s'expatrier au Caire. Sur recommandation du Dr Georg August Schweinfurth, il est employé comme gérant de la pharmacie allemande du Caire. En 1882, il est employé par le Laboratoire Khédival. Il y rend un important service en contribuant au succès de l'exposition cotonnière de 1883. En 1883, il devient directeur du Jardin botanique du Caire. Il est nommé professeur de pharmacologie à l'École de médecine du Caire, en 1889.

Il a fait des études considérables de sciences naturelles de botanique, d'histoire de la médecine et de la pharmacie arabe. Par exemple, il a fait une études des différentes variétés de coton cultivées en Égypte[4].

Avec le Professeur Osman Galeb de l'École de médecine du Caire, il étudie les conditions de fertilité des terres du delta du Nil et les conséquences sur l'agriculture égyptienne[5].

En 1893 il explore les anciennes carrières de gypse et de dolomie de Mariout[6].

Il est nommé à l'Institut Égyptien le [7].

Les prémices de la maladie qui devait l'emporter ont commencé au cours de visites d'oasis dans le désert libyque entre janvier et mars 1893. En , il étudie les argiles nitrifères de la Haute-Égypte. Son mal s'est aggravé avec des syncopes et de hémorragies. Il fait encore une excursion d quelques jours en aux puits de Gandely dans le désert arabique. Il est frappé d'un épanchement cérébral en août. Il meurt le après une agonie de quarante heures. Il est inhumé dans le cimetière protestant du Vieux-Caire.

Publications

modifier
  • (de) Ernst Sickenberger, « Natürliche Cämentbildung bei Cairo, Egypten », Zeitschrift der Deutschen Geologischen Gesellschaft, vol. XLI,‎ , p. 312-318 (lire en ligne)
  • (de) Ernst Sickenberger, « Eine neue Gummiart », Chemiker Zeitung, vol. 14,‎ , p. 350 (lire en ligne)
  • (de) Ernst Sickenberger, « Zur Entstehung des Erdöls », Chemiker Zeitung, vol. 15,‎ , p. 1582-1583 (lire en ligne)
  • (de) Ernst Sickenberger, « Kala danah und Habu Nil », Chemiker Zeitung, vol. 16,‎ , p. 421 (lire en ligne)
  • (de) Ernst Sickenberger, « Die nitrathaltigen Thone Oberegyptens », Chemiker Zeitung, vol. 18,‎ , p. 1157-1158 (lire en ligne)
  • Ernst Sickenberger, « Contributions à la flore d'Egypte », dans Mémoires de l'Institut Égyptien, vol. 4, (lire en ligne), p. 167-335
  • (de) Ernst Sickenberger, « Die einfachen Arzneistoffe der Araber im 13 Jahrhundert christlicher Zeitrechnung », Pharmaceutische Post, Vienne, no 1,‎
  • Ernst Sickenberger, « Les plantes égyptiennes d'Ibn El-Beïthar », Bulletin de l'Institut égyptien - Année 1889, vol. 2e série, no 10,‎ , p. 3-7 (lire en ligne)
  • Ernst Sickenberger, « Le Sissou de l'Inde (Dalbergia Sissoo Roxburgh) », Bulletin de l'Institut égyptien - Année 1890, vol. 3e série, no 1,‎ , p. 245-249 (lire en ligne)
  • Ernst Sickenberger, « Exposé sommaire d'une reconnaissance faite le long de la côte égyptienne de la Méditerranée pendant les mois d'août et septembre 1892 », Bulletin de l'Institut égyptien - Année 1892, vol. 3e série, no 3,‎ , p. 189-192 (lire en ligne)
  • Ernst Sickenberger, « Stérilisation de l'eau au moyen de l'hypochlorite de sodium », Bulletin de l'Institut égyptien - Année 1894, vol. 3e série, no 5,‎ , p. 393-396 (lire en ligne)

Notes et références

modifier
  1. ↑ Deflers, 1896, p. 225
  2. ↑ Deflers, 1896, p. 228
  3. ↑ Deflers, 1896, p. 230
  4. ↑ Henri Lecomte, Le coton en Égypte : culture, préparation, exportation, Paris, Augustin Challamel éditeur, coll. « Bibliothèque d'agriculture coloniale », (lire en ligne), p. 27, 28, 31, 32, 34, 38, 39
  5. ↑ Pierre Christi, « L'agriculture en Égypte », La Dépêche financière, économique et politique, vol. 17, no 29,‎ , p. 5-6 (lire en ligne)
  6. ↑ Pachundaki, « Sur les gisements de gypse du Mariout », Bulletin de l’institut d’Égypte, t. 5,‎ , p. 36-40 (lire en ligne)
  7. ↑ « Liste de MM. les membres de l'Institut Égyptien depuis sa fondation 6 mai 1859 jusqu'au 5 mai 1899 », dans Livre d'or de l'Institut égyptien, publié à l'occasion du centenaire de la fondation de l'Institut d'Egypte. L'Institut égyptien, 6 mai 1859-5 mai 1899, Le Mas, Imprimerie de l'institut de bibliographie, (lire en ligne), p. 67

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • Georg August Schweinfurth, « Séance du 10 janvier 1896 : Nécrologie du professeur Sickenberger », Bulletin de l'Institut égyptien - Année 1896, vol. 3e série, no 7,‎ , p. 5-16 (lire en ligne)
  • Albert Deflers, « Notice sur la vie et les travaux du Prof. Ernest Sickenberger », Revue d'Égypte, t. III,‎ , p. 225-234, 265-287 (lire en ligne)
  • « Liste des principales communications du professeur Ernest Sickenberger (d'après le Dr. Schweinfurth) », Revue d'Égypte, t. III,‎ , p. 288-289 (lire en ligne)
  • (de) Gisla Kircher, « Ernst Sickenberger, ein deuscher Apotheker in Kairo », Beiträge zur Geischichte der Pharmazie, vol. 23, no 1,‎ , p. 1-4, compte-rendu par Pierre Julien, « Un pharmacien allemand professeur et chercheur au Caire : E. Sickenberger (1831-1895) : Gisela Kircher, Ernst Sickenberger, ein deutscher Apotheker in Kairo, in Beiträge zur Gesch. der Pharm., 1971 », Revue d'Histoire de la Pharmacie, no 229,‎ , p. 135 (lire en ligne)

Liens externes

modifier