Esther Chapa

chirurgienne, féministe, suffragette, syndicaliste et militante mexicaine des droits des femmes et des enfants

Esther Chapa Tijerina, née le et morte le , est une chirurgienne, éducatrice, écrivaine, féministe, suffragette, syndicaliste et militante des droits des femmes et des enfants mexicaine. Dans sa pratique médicale, elle s'est spécialisée en analyse clinique et en microbiologie, et elle a enseigné la microbiologie à l'université nationale autonome du Mexique.

Esther Chapa
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Jeunesse et formation

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Esther Chapa naît le à Tamaulipas de Virginia Tijerina et Quirino Chapa. Elle a quatre sœurs et un frère[1].

Elle part faire ses études secondaires à Mexico après la fin de la Révolution mexicaine. À 20 ans, elle entre à l'École nationale de médecine de l'université nationale autonome du Mexique (UNAM), et obtient son diplôme en 1928, avant de se spécialiser en microbiologie et en analyses cliniques.

Carrière

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Elle commence à enseigner la microbiologie à l'université nationale autonome du Mexique[1] dès l'obtention de sa licence, et exerce simultanément comme professeure titulaire de microbiologie[2]. Elle est la première femme à occuper ce poste à l'université[3]. Elle enseigne à l'université pendant environ quarante ans[3].

De 1929 à 1921, elle est professeure adjointe de laboratoire clinique à l'Hôpital Juárez et assistante adjointe de laboratoire à l'École nationale de médecine au sein du même hôpital (1931-1934)[1]. À l'Hôpital général, elle occupe les fonctions d'assistante responsable de laboratoire, de professeure en chef de laboratoire et de professeure des laboratoires de microscopie et de chimie clinique[1].

Entre 1929 et 1959, elle est médecin scolaire au sein du ministère de l'Éducation publique auprès de cinq écoles[3].

Elle a été présidente de l'École nationale des infirmières et a cofondé le syndicat des chirurgiens et le syndicat des travailleurs au service de l’État[3],[4].

Militantisme

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Le suffrage féminin

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Chapa, avec d'autres femmes, crée la « Leona Vicarío » pour l’étude des problèmes spécifiques des familles mexicaines et du « statut de la femme en tant que mère et épouse »[5].

En 1932, elle devient marxiste et entre dans le mouvement pour le suffrage féminin[1]. Lors d'une réunion en juin 1934, des dissidents marxistes, tels que Chapa, soutiennent que la pauvreté est l'une des principales raisons de la prévalence de la prostitution dans la région[6]. La prostitution est réglementée à l'époque et constitue une part importante du salaire des fonctionnaires[7]. Chapa milite pour une révolution marxiste, afin de mettre fin à la réglementation de la prostitution et d'utiliser plutôt les fonds publics pour l'éducation et les réformes sociales[7]. Elle milite pour le droit à l'avortement, l'égalité, le droit de vote et le droit d'être un membre actif de la société sur le plan politique. Elle pense que les femmes étaient plus posées que les hommes et pouvaient apporter de nouvelles perspectives dans ce domaine[8]. De nombreux pays avaient déjà accordé des droits à leurs citoyennes. Cependant, Chapa insiste pour appliquer les préceptes de l'Union soviétique : les femmes doivent jouir de leur égalité avec les hommes plutôt que d'attendre que ceux-ci leur accordent cette égalité par le biais de la législation[8].

En 1935, Esther Chapa, avec Matilde Rodríguez Cabo et María Lavalle Urbina, font partie des premières féministes mexicaines et créent le « Frente Unico Pro-Derechos de la Mujer » (Front unique pour le droit des femmes)[7],[9],[10]. C'est une alliance entre de multiples organisations féministes, catholiques, communistes et ouvrières[9]. Elle réunit plus de 50 000 membres qui soutiennent un programme commun[9]. Cette union réunit les docteurs Chapa et Cabo qui proposent des réformes pour les prisons, la prostitution et le bien-être des femmes et des enfants[5].

Le livre de Chapa de 1936, El derecho al voto para la mujer, compare les femmes aux prisonnières et aux patientes des asiles d'aliénés, car elles non plus ne sont pas autorisées à voter et sont limitées dans les activités qu'elles pouvaient faire[5].

Grâce notamment aux actions du Front uni pour le droit des femmes, le droit de vote est accordé aux femmes en 1947, puis le droit d'éligibilité en 1953[11].

Activités sociales

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En 1954, Chapa œuvre à l'organisation d'une prison pour femmes, Santa Martha Acatitla, alors qu'elle est cheffe de la prévention sociale de la prison fédérale sous le mandat d'Adolfo Ruiz Cortines[4],[12]. Entre 1936 et 1939, elle est directrice du Comité d'aide aux enfants du peuple espagnol (pour les réfugiés de la guerre civile espagnole accueillis par le président Lázaro Cárdenas)[13]. En 1937, elle est chargée de la santé des « enfants de Morelia (es) », un groupe de 456 enfants de républicains espagnols réfugiés hébergés à Morelia[3].

Amitié avec la Chine Populaire

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En 1953, Chapa fonde la Sociedad Mexicana de Amistad con China Popular A.C. et effectue de fréquents voyages en Chine pour favoriser les relations entre la Chine et le Mexique[5],[14]. L'objectif est de nouer des relations culturelles et fraternelles entre les deux pays et de militer pour l'admission de la République Populaire de Chine au sein de l'Organisation des Nations unies[14].

Vie privée

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En 1928, Esther Chapa épouse Ismael Cosío Villegas. Ils ont un enfant et se séparent en 1931. Elle épouse dans les années 1930 un militant communiste Rosendo Gómez Lorenzo avec qui elle vit une dizaine d'années[14].

Esther Chapa meurt d'un cancer en décembre 1970[4].

Distinction

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1959 : réception de la médaille Valentín Gómez Farías pour plus de 25 ans d'enseignement à l'École nationale de médecine de l'université nationale autonome du Mexique[1].

Publications

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  • (es) El derecho de voto para la mujer, Frente Único Pro Derechos de la Mujer, , 15 p. (OCLC 4790596, lire en ligne).
  • (es) Las mujeres mexicanas con el Lic. Miguel Alemán (brochure), .
  • (es) « La mujer en la política en el próximo sexenio » (supplément), La Revista Flama, .
  • (es) El problema de la penitenciaría del Distrito Federal (brochure), .
  • (es) avec Pedro Pérez Grovas, Apuntes de prácticas de microbiología, .
  • (es) La constitución y las leyes que amparan a la mujer mexicana, Mexico, , 35 p. (OCLC 1097850133, lire en ligne).

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Esther Chapa » (voir la liste des auteurs).
(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Esther Chapa » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 6 (es) Gabriela Castañeda López et Ana Cecilia Rodríguez de Romo, « Esther Chapa Tijerina, 1904-1970 » [PDF], sur medigraphic.org.mx, (consulté le )
  2. (es) Treviño de la Garza et R. Ciro, La Revolución Mexicana en el Estado de Tamaulipas, vol. 2,
  3. 1 2 3 4 5 (es) Marta Macho Stadler, « Esther Chapa Tijerina, la médica y docente mexicana que luchó por el sufragio femenino », sur Mujeres con ciencia, (consulté le )
  4. 1 2 3 (es) Rodríguez de Romo, Castañeda López, et Robles Valencia, Universidad Nacional Autónoma de México Facultad de Medicina, « Protagonistas de la medicina científica mexicana, 1800-2006 », sur searchworks.stanford.edu, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 (en) Shirlene Soto, Emergence of the modern Mexican woman : her participation in revolution and struggle for equality, 1910-1940, Arden Press, coll. « Women and modern revolution series », (ISBN 9780912869117 et 9780912869124, OCLC 20935057, lire en ligne)
  6. (es) Anna Macias, Contra viento y marea : el movimiento feminista en México hasta 1940, , 221 p. (OCLC 1391402932, lire en ligne), p. 168
  7. 1 2 3 (en) Anna Macías, Against all odds : the feminist movement in Mexico to 1940, Westport, Conn., Greenwood Press, coll. « Contributions in women's studies » (no 30), , 195 p. (ISBN 9780313230288 et 0313230285, OCLC 7735224, lire en ligne)
  8. 1 2 (en) Jocelyn Olcott, Revolutionary Women in Post-Revolutionary Mexico, Duke University Press, (lire en ligne)
  9. 1 2 3 (es) Secretaría de Educación Pública, « Boletín 79. Reconoce SEP a Esther Chapa Tijerina como una mujer que dedicó su vida a la ciencia y la enseñanza », sur gob.mx, (consulté le )
  10. (es) « Biografía de Esther Chapa Tijerina », sur enciclopedia.net, (consulté le )
  11. (es) « Données historiques sur les femmes au Mexique », sur Parline: plateforme de données ouvertes de l’UIP (consulté le )
  12. (es) Por Erika Cervantes, « Esther Chapa fue promotora incansable del voto femenino », sur cimacnoticias.com.mx, (consulté le )
  13. (es) Julia Tuñón, Mujeres en México : Recordando una Historia, Conaculta, coll. « Regiones », , 214 p. (ISBN 9789701820087 et 9701820088, OCLC 42285075, lire en ligne)
  14. 1 2 3 (es) Uriel Velazquez Vidal, « Esther Chapa Tijerina, feminista y militante comunista », sur Intervención y Coyuntura, (consulté le )

Bibliographie

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  • (es) Marta Lamas, Miradas feministas sobre las mexicanas del siglo XX, , 443 p. (ISBN 9789681684310 et 9681684311, lire en ligne).
  • (es) Humberto Musacchio, Diccionario enciclopédico de México, vol. 1, México D.F., Ediciones Raya en el Agua, (OCLC 379425220, lire en ligne), p. 453.
  • (es) Alfredo M. Saavedra, México en la educación sexual (de 1860 a 1959), B. Costa-Amic, , 183 p. (lire en ligne), p. 116-117.
  • (es) Carlos González Salas, Historia de la literatura en Tamaulipas. Ensayo y narrativa. Tomo II - Detalle de la obra - Enciclopedia de la Literatura en México - FLM, t. 2, Ciudad Victoria, Tamaulipas, Universidad Autónoma de Tamaulipas, (lire en ligne), p. 398.
  • (es) Aurora Tovar, Mil quinientas mujeres en nuestra conciencia colectiva : catálogo biográfico de mujeres de México, Documentación y Estudio de Mujeres, (ISBN 978-968-6851-16-8, OCLC 35640649, lire en ligne), p. 172-173.
  • (es) Uriel Velázquez Vidal, « Esther Chapa Tijerina : vida y obra de una mujer de izquierda en México », Cuadernos Americanos, vol. 1, no 187, , p. 13-25 (lire en ligne).

Liens externes

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