Eugenio Rignano
Eugenio Rignano, né le à Livourne et mort le à Milan) est un philosophe, psychologue et sociologue italien.
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Qualifié de « premier socialiste libéral italien », il développa un concept original de « socialisme conforme à la doctrine économique libérale ». En 1920, il transforma cette proposition en un projet de loi fondé sur une réforme du droit successoral qui, selon lui, marquerait la transition d'un régime capitaliste à un régime « socialiste libéral ».
Biographie
modifierNé à Livourne (Livorno) en Toscane, Eugenio Rignano étudie ensuite à la faculté des sciences de l'Université de Pise, puis à l'École polytechnique de Turin, où il fut reçu ingénieur en 1893[1]. Malgré sa formation scientifique, il se tournera par la suite du côté de la philosophie et des sciences humaines. Il enseignera en tant que Privatdozent en philosophie à l'Université de Pavie, mais sans obtenir de chaire professorale. Ce qui ne l'empêchera pas de contribuer néanmoins pleinement au développement du savoir de son temps, en manifestant un intérêt pour les travaux de synthèse.
Il se fera connaître du public savant en faisant partie du comité ayant fondé, en 1907, la revue Scientia (Rivista di scienza)[2], dont il deviendra le directeur en 1915. Ami de Filippo Turati, il a collaboré à la revue Critica Sociale, où il a proposé un « programme moyen » visant à combiner les programmes minimum et maximum par l'introduction d'un impôt progressif sur les successions[3].
Ce programme moyen privilégiait le développement d'une « conscience collective » destinée à dépasser les contradictions du capitalisme, sans pour autant suivre Marx, dont il rejetait la théorie de la valeur-travail, ni, concernant le matérialisme historique, « déterminisme lié au rapport entre structure et superstructure, qui tend à engendrer un fatalisme injustifié quant à l'évolution de la société future »[3] :
« Un système alternatif prévoyait « la nationalisation progressive de tous les instruments de production et du capital en général, réalisable […] grâce à une réforme juridique radicale des droits de propriété, notamment de leur caractère héréditaire ». L’État confierait alors la gestion du capital nationalisé à des associations volontaires de travailleurs indépendants, opérant dans un régime concurrentiel. »[3]
Interventionniste durant la Grande guerre, il qualifia le neutralisme du Parti socialiste italien (PSI) de « honte indélébile ». Il ne s’engageait pas dans l’activité du parti ; son engagement politique et social se manifesta par son soutien aux universités populaires[3].
Lors de l'ascension du fascisme, il publia, en 1924; un essai intitulé Democrazia e fascismo, dans lequel il « attribuait au fascisme le mérite d’avoir rétabli l’ordre et la stabilité par des moyens rendus nécessaires par la gravité de la situation »[3], position qui lui valut des critiques de la part de Carlo Rosselli, Claudio Treves et Piero Gobetti. Cependant, il précisa que son antibolchevisme ne l’empêcha ni de signer le Manifeste des intellectuels antifascistes, ni de critiquer le corporatisme fasciste[3].
Travaux
modifierSes travaux dans le domaine de la philosophie touchent principalement à l'étude du raisonnement, ainsi qu'à l'analyse de la notion de téléologie (étude de la finalité, spécialement telle qu'elle apparaît en biologie). Rignano contribuera également à la psychologie, en s'intéressant notamment aux émotions, aux rêves et au sommeil, ainsi qu'à la nature des processus vitaux[4]. Par ailleurs, il est également connu pour différents travaux dans le domaine des sciences économiques et sociales[5]: il s'est intéressé en particulier aux impôts de succession[6], ainsi qu'à la définition du socialisme[7].
Œuvres
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- Di un socialismo in accordo colla dottrina economica liberale, Torino: Fratelli Bocca, 1901, trad. française « Un socialisme en harmonie avec la doctrine économique libérale », Paris: V. Giard & E. Brière, 1904.
- « Sur la transmissibilité des caractères acquis : hypothèse d'une centro-épigénèse », Paris: F. Alcan, 1906.
- La valeur synthétique du transformisme, Paris: Editions de la Revue du Mois, 1907.
- L'adattamento funzionale e la teleologia psico-fisica del Pauly, Bologna: Zanichelli, 1907.
- Che cos'è la coscienza? Bologna: Zanichelli, 1907.
- Le matérialisme historique, Bologna: Zanichelli, 1908.
- Nota critica: le psychisme des organismes inférieurs: (à propos de la théorie de Jennings), Bologna: Zanichelli, 1908.
- La mémoire biologique en énergétique, Bologna: Zanichelli, 1909.
- Il fenomeno religioso, Bologna: Zanichelli, 1910.
- Il socialismo, Bologna: Zanichelli, 1910.
- Per accrescere diffusione ed efficacia alle università popolari, Milano: La compositrice, 1911.
- La vera funzione delle università popolari, Roma: Nuova Antologia, 1911.
- Dell'attenzione : 1. parte: contrasto affettivo e unità di coscienza, Bologna: Zanichelli, 1911.
- Dell'attenzione: [parte 2. : vividità e connessione], Bologna: Zanichelli, 1912.
- Dell'origine e natura mnemonica delle tendenze affettive, Bologna: Zanichelli, 1911.
- Le rôle des théoriciens dans les sciences biologiques et sociologiques, Bologna: Zanichelli, 1912.
- L'evoluzione del ragionamento, Bologna: Zanichelli, 1913.
- Il nuovo programma dell'Un. pop. milanese: primo anno d'esperimento Como: Premiata Tipografia Cooperativa comense, Aristide Bari, 1913.
- Le forme superiori del ragionamento, Bologna: Zanichelli, 1915.
- « Psychologie du raisonnement », Paris, Alcan, 1920.
- (it) Per una riforma socialista del diritto successorio, Bologna, Zanichelli, (lire en ligne)
- La mémoire biologique : essais d'une conception philosophique nouvelle de la vie, Paris, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1923.
- Democrazia e fascismo, Milano, Casa editrice "Alpes", 1924.
Notes et références
modifier- ↑ Cf. George Sarton, "Eugenio Rignano (1870-1930)", Isis, vol. 15, No. 1 (Février 1931), pp. 158-162.
- ↑ Revue Scientia, disponible en ligne: .
- 1 2 3 4 5 6 Andrea Ricciardi, « Eugenio Rignano e il socialismo liberale », sur SISSCO
- ↑ (en) Cf. Basil Coleman Hyatt Harvey, The nature of vital processes according to Rignano, Chicago, Open Court Publ. Co., 1909.
- ↑ (de) Cf. Bruno Antweiler, Erbschaftsteuer und soziale Reform : kritische Betrachtungen anlässlich des Rignano-Plans, Würzburg : Triltsch, 1933.
- ↑ (en) Cf. G. Erreygers, "The Debates on Eugenio Rignano's Inheritance Tax Proposals", History of Political Economy, Winter 2007, 39(4), pp. 605-638.
- ↑ (it) Cf. Anselmo Bernardino, Socialismo e finanza critica di una teoria di Eugenio Rignano intorno alla trasformazione dell'imposta successoria. Romanticismo finanziario in tema di monopoli e di una pretesa, crisi della scienza delle finanze, Palermo, Trimarchi, 1921.
Bibliographie
modifier- Massimo Furiozzi, Eugenio Rignano e il socialismo liberale, Milano, FrancoAngeli, 2017.
Liens externes
modifier- (it)« Scientia et Rivista di Scienza numérisés », sur amshistorica.cib.unibo.it