Eugène Montfort

homme de lettres, critique littéraire, poète et journaliste français, fondateur de la revue "Les Marges"

Eugène Jules Montfort est un écrivain français né le à Paris et mort le à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).

Eugène Montfort
Eugène Montfort, dessin de Raoul Dufy.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
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Activités

Il a utilisé le pseudonyme de « Louis Lamarque » et « Philoxène Bisson ».

Biographie

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Eugène Montfort contribue avec Maurice Le Blond et Saint-Georges de Bouhélier à la création du mouvement littéraire appelé « naturisme ».

En 1903 il fonde et dirige la revue Les Marges[1] dont il est le seul rédacteur jusqu'en 1908.

Il lance et dirige le , avec la collaboration entre autres de Charles-Louis Philippe et d'André Gide, qui la cofinance, le premier numéro historique de La Nouvelle Revue française, mais une dissension à propos du sommaire, qui mettait en cause Stéphane Mallarmé, amène Gide à quitter la rédaction et à briser les liens avec Montfort, et, suivi par d'autres, à faire paraître trois mois plus tard un second « numéro un », édité cette fois par une association d'amis ; cette revue est à l'origine des éditions Gallimard.

En 1910, il cofonde la Ligue des amis du latin, visant à lutter contre la réforme de l'enseignement secondaire décidée en 1902 ; la présidence est confiée à Anatole France[2].

Il est l'auteur de romans, d'ouvrages de critique littéraire et d'essais sur des sujets divers. Il était très lié à Jean Saltas[3].

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 86)[4].

Témoignages

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Dans La Terrasse du Luxembourg[5], André Billy dresse un portrait de Montfort :

« Chez Rey [librairie parisienne disparue], je connus aussi Eugène Montfort, qui me déçut d’abord à un point inimaginable. J’avais lu ses romans et ses Marges, et je m’étais fait de lui une idée si attrayante et si flatteuse que sa personne, son abord, ses propos auraient pu me faire douter de son identité. Une large aisance, un talent aigu et sensible, le goût des voyages, l’amour du pittoresque extérieur avec la curiosité des âmes, il avait tout ce qui représentait pour moi l’écrivain pur, l’écrivain que j’aurais voulu être. Il habitait rue Chaptal un atelier d’artiste, mais on le savait souvent flânant à Marseille, ou en Espagne, à moins que ce ne fût en Italie, en Algérie, au Maroc… Avec cela, des femmes à ne savoir qu’en faire… Ses Marges me plaisaient par leurs tendances plus encore que n’avait fait Le Censeur. Il y régnait un esprit moins acerbe, plus détendu, non exempt de désinvolture et d’impertinence. Les Cœurs malades, La Maîtresse américaine, Le Chalet dans la montagne, Montmartre et les Boulevards m’évoquaient un genre de vie, libre, paresseux, passionné, artiste, qui était exactement celui que j’aurais voulu vivre. Vous pensez si un pareil ensemble était fait pour me rendre Montfort sympathique. Son nom même m’était agréable : Montfort ! Cela sonnait bien… Et qu’est-ce que je vois ? Un garçon épais, taciturne, à demi chauve, ficelé comme l’as de pique dans des vêtements de confection, mâchonnant un cigare de deux sous et roulant de gros yeux de myope derrière un binocle de pion… Quelle désillusion ! Je montai le voir rue Chaptal et, là, je tombai dans un bric-à-brac poussiéreux, où il me reçut en bras de chemise et en savates et où, loin de me mettre à mon aise selon son devoir d’aîné, il m’examina curieusement, dédaigneusement, en laissant tomber à chaque instant la conversation… L’expérience corrigea par bonheur mes premières réactions. Je découvris peu à peu un Montfort sensible et bon, un Montfort tourmenté, un Montfort profondément malheureux, mais ce ne fut pas tout à fait sans peine. »

  • Sylvie ou les émois passionnés (1896)
  • Chair (1898)
  • La chanson de Naples (1900)
  • Essai sur l'amour (1899)
  • Les cœurs malades (1904)
  • Le chalet dans la montagne - Voyages vrais et imaginaires (Cinq nouvelles, E. Fasquelle, 1905)
  • La Turque (1906)
  • La maîtresse américaine (1906)
  • Montmartre et les boulevards (1908)
  • La Chanson de Naples (Fayard, 1909)
  • En flânant de Messine à Cadix (1910)
  • Les noces folles (1913)
  • Ce que la France a fait pour ses alliés (vers 1917)
  • Mon brigadier Triboulère (1918)
  • La soirée perdue (1921)
  • Brelan marin (1922)
  • L'oubli des morts (1923)
  • La belle enfant ou l'amour à quarante ans (1925)
  • [direction] Vingt-cinq ans de littérature française, 2 tomes, Paris, Librairie de France (1925) — sur Gallica.
  • Un cœur vierge (1926), illustrations de Charles-Auguste Edelmann
  • Petite bouillabaisse (1926)
  • César Casteldor (1927)
  • Camorra (1928)
  • Cécile ou l'amour à dix-huit ans (1929)
  • Choix de proses (1932)
  • L'évasion manquée (1933)
  • Un regard neuf sur les villes d'eaux - Vichy (1937)
  • Apollinaire travesti (1948)

Notes et références

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  1. (BNF 32811566).
  2. Georges Batault, « Le problème de la culture et la crise du français », in: Mercure de France, août 1911, p. 52-81 — sur Gallica.
  3. Notice biographique de Jean Saltas, Base Léonore, Archives nationales de France.
  4. Appli Père-Lachaise
  5. André Billy, La Terrasse du Luxembourg, Paris, Fayard, 1945, p. 297-298.

Articles connexes

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Liens externes

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