Eugène Schueller
Eugène Schueller, né le à Paris 6e et mort le à Ploubazlanec, est un chimiste et un chef d'entreprise français, connu pour avoir fondé le groupe L'Oréal. Il a été l'un des pionniers de la publicité moderne.
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| Nom de naissance |
Eugène Paul Louis Schueller |
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| Famille |
Louise Doncieux (première épouse) Annie Burrows (seconde épouse) |
| Père |
Charles Schueller (d) |
| Mère |
Amélie Victoire Schueller (d) |
| Conjoint |
Louise Madeleine Berthe Schueller (d) (de à ) |
| Enfant | |
| Parentèle |
André Bettencourt (gendre) |
| Conflit | |
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| Distinctions |
Biographie
modifierEnfance et études
modifierFils de Charles Schueller, pâtissier d'origine alsacienne, et d'Amélie Victoire Denisot, sans profession, originaire de l'Yonne, Eugène Paul Louis Schueller naît le 20 mars 1881, au domicile de ses parents 124, rue du Cherche-Midi à Paris 6e[1]dans l'arrière-boutique de la boulangerie-pâtisserie de ses parents[2].
Son père, Charles Schueller, né le 23 novembre 1848 à Illfurth, dans le département du Haut-Rhin, était le fils de Henri Schueller, cordonnier et cultivateur, et d'Agathe Johann, sans profession[3].
Sa mère, Amélie Denisot, née le 21 mars 1848 à Sergines, dans le département de l'Yonne, était la fille de Jean Constant Denisot, taillandier, et d'Anne Victoire Gâteau, sans profession[4].
Le 28 janvier 1875, alors qu'ils vivent ensemble au 13 boulevard Saint-Denis, dans le 2e arrondissement de Paris, Charles Schueller, alors cuisinier, épouse Amélie Denisot[5].
Après des études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, puis au lycée Condorcet, Eugène Schueller souhaite intégrer l'École polytechnique, mais y renonce[6][source détournée]. Sorti lauréat de sa promotion de l'Institut de chimie appliquée de Paris (maintenant École nationale supérieure de chimie de Paris) en 1904[6], il est promu assistant-préparateur du professeur Victor Auger à la Sorbonne la même année puis chef préparateur à la Pharmacie centrale de France dont Auger était conseiller[7].
En 1907, fort de son experience, il s'installe à son compte, rue d'Alger (Paris). Dans la salle de bain de son deux-pièces, il met au point une teinture capillaire, sous forme de pâte dont l'homogénéité est due à l'emploi de fécule de pommes de terre, que lui procure sa famille alsacienne.
Carrière
modifierFondateur le de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux qui deviendra L'Oréal[8], Eugène Schueller a également été vendeur d'étoffes, colporteur.
En 1912, il rachète la revue La coiffure à Paris, qui est distribuée dans les salons de coiffure.
Après l'intermède de la Première Guerre mondiale où Schueller, sous-lieutenant d'artillerie chargé des liaisons avec l'infanterie, est cité à titre militaire (cinq citations, croix de guerre, Légion d'honneur) et au cours de laquelle il laisse les commandes de son entreprise à son épouse, il reprend son parcours d'entrepreneur[9].
En 1919, il fonde la première teinture rapide, puis le shampoing Dopal[10].
Il parvient à accompagner les modes : lancement de teintures pour cheveux quand Coco Chanel et Louise Brooks adoptent des coupes courtes et colorées, création de l'ambre solaire au moment de l'instauration des congés payés par le Front populaire, accompagnement de l'éducation à l'hygiène de l'après-guerre avec les marques Dop et Monsavon, etc.[6].
À l'origine de la Société d'études des maisons préfabriquées Schueller (future Compagnie industrielle des maisons préfabriquées), il a également dirigé les peintures Valentine, la Société industrielle de Celluloïd, la Société générale des matières plastiques, la Nobel française (issue de la fusion des 2 précédentes), PLAVIC Films, L'Agatine[11], etc.
Engagements politiques
modifierActivité politique avant et durant l'Occupation
modifierAmi intime d'Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à sa disposition lors de la formation en 1936 de l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN), groupe clandestin d'extrême droite plus connu sous le surnom de la « Cagoule ».
En 1940, il contribue au financement du parti collaborationniste fondé par Eugène Deloncle en accord avec les autorités allemandes, le Mouvement social révolutionnaire. Comme le MSR rejoint le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, Schueller est nommé président du comité technique d'économie générale du RNP. Il prend la parole en tant que tel lors du premier congrès du RNP en [12].
En , le comité d'épuration de l'industrie chimique requiert contre Eugène Schueller une interdiction d'exercer toute fonction dirigeante « pour avoir favorisé les desseins de l'ennemi par son attitude publique pendant la collaboration ». Il est cependant défendu par des résistants reconnus qu'il a notoirement soutenus, parmi lesquels André Bettencourt (même si sa résistance est inventée[13]), ce qui détourne de lui toute sanction[14].
Schueller, Mitterrand et la Nièvre
modifierÀ la fin de l'année 1945, Eugène Schueller engage François Mitterrand comme président-directeur général des éditions du Rond-Point (et directeur du magazine Votre beauté) et André Bettencourt rejoint la direction du groupe L'Oréal. Il emploie également plusieurs anciens collaborateurs et cagoulards, dont Jacques Corrèze[6].
Ami de l'évêque de Nevers, il convainc François Mitterrand de s'intéresser à la Nièvre afin de reprendre au moins un des mandats, alors entièrement aux mains de la gauche. Avec l'aide du clergé et des notables nivernais, le , Mitterrand est élu député à la tête d'une liste Unité et action républicaine, au programme anticommuniste. Celui-ci abandonne alors ses fonctions aux éditions du Rond-point.
Autres engagements
modifierAprès la Seconde Guerre mondiale, Eugène Schueller apporte son appui au Centre des hautes études américaines[15] et à l'association fédéraliste La Fédération.
Théories économiques
modifierMettant au goût du jour une idée d'Adolphe Thiers, qui avait proposé de n'asseoir les impôts que sur la quantité de terrain possédée, Eugène Schueller imagine une variante plus moderne utilisant la quantité d'énergie consommée et publie, en 1956, L'Impôt sur l'énergie aux éditions du Rond-Point. Le temps lui manquera pour promouvoir davantage cette idée qui est à la base de la TIPP, mais les politiciens Raymond Boisdé ou Valéry Giscard d'Estaing, ainsi que l'animateur de radio Zappy Max, en deviendront quelque temps de fervents soutiens.
Vie privée
modifierEugène Schueller, ingénieur chimiste demeurant 7 bis rue du Louvre Paris 1er épouse le avec Louise Madeleine Berthe Doncieux, demeurant avec ses parents, distillateurs, 123 rue Saint-Antoine Paris 4e[16],[17] avec laquelle il a une fille :
- Liliane Henriette Charlotte Betsy née le , 7 rue de la Chaise Paris 7e[18].
Sa femme meurt 4 rue Jussieu dans le 2e arrondissement de Lyon le [19].
Le , à Paris 1er, il épouse en secondes noces Annie Grace Burrows (1897-1961) née à Londres, sous district de Fulham, domiciliée à Franconville dans le département de Seine-et-Oise[20].
À son décès, en 1957, sa fille Liliane, mariée le à l'associé de son père André Bettencourt, hérite de L'Oréal, désormais numéro un mondial des cosmétiques et de la beauté[réf. nécessaire].
Il fut propriétaire d'un logement dans les immeubles Walter (16e arrondissement de Paris).
Achetant tout sur mesure, il possède une maison à l'Arcouest, des voiliers de courses ou encore des meubles du designer Jacques-Émile Ruhlmann[10].
Récompenses
modifierPostérité
modifierEn 1958, un an après sa mort, sa fille Liliane Bettencourt crée le « prix Eugène-Schueller » au profit des anciens élèves de l'École nationale supérieure de chimie de Paris en hommage à son père sorti major de la promotion 1904[21]. Le prix est destiné à récompenser chaque année un jeune ingénieur qui, dans un délai de cinq ans après sa sortie de l'école, aura réalisé des travaux scientifiques d'impact majeur, susceptibles d'engendrer des applications industrielles en chimie moléculaire ou en sciences du vivant.
Notes et références
modifier- ↑ Acte de naissance Paris 6e, 21 mars 1881 (acte n° 707) au 31 mars 1881 (acte n° 792), cote V4E 3229, page 4/15, acte N°726
- ↑ Atlantico.
- ↑ Acte de naissance Illfurth, cote 5Mi237/4, 1816-1862, page 311/434 acte N°35
- ↑ Acte de naissance Sergines, 1842-1850 - cote 5 Mi 871/1, page 79/112, acte N°10
- ↑ Acte de mariage Paris 2e, 28 janvier 1875 (acte n° 56) au 9 février 1875 (acte n° 114), cote V4E 2621, page 3/31 acte N°61
- 1 2 3 4 Nicole Vulser, « Un siècle de beauté trouble », Le Monde, 8 juillet 2010.
- 1 2 Jacques Marseille, L'Oréal : 1909-2009, Librairie Académique Perrin,
- ↑ Anne-Sophie Pelletier, Cindy Vivet, Jean-Marie Aubry et Véronique Nardello-Rataj, « Les colorations capillaires du XXIe siècle », societechimiquedefrance.fr, décembre 2011.
- ↑ Ian Hamel, L'affaire Bettencourt : derniers secrets, Éditions de l'Archipel, (lire en ligne), p. 12
- 1 2 Arnaud Bizot, « Liliane Bettencourt, la femme qui valait 30 milliards », Paris Match, semaine du 28 septembre au 4 octobre 2017, p. 46-51.
- ↑ Jacques Marseille, op. cité, p. 42
- ↑ Benoît Collombat et David Servenay, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, La Découverte, Paris, 2009, p. 40 (ISBN 9782707157645), L'Œuvre, 16 juin 1941
- ↑ Ian Hamel, L'Affaire Bettencourt : derniers secrets, Éditions de l'Archipel, (lire en ligne), p. 23-29.
- ↑ « L'Oréal, l'arme de la mémoire », par Eric Conan, L'Express, 16 février 1995.
- ↑ Christophe Bourseiller, Ombre invaincue, la survie de la Collaboration dans la France de l'après-guerre, 1944-1954, Perrin, 2021 : le Centre a son siège dans un bureau qui appartient à l'une de ses sociétés.
- ↑
- ↑ « Mariages Paris 4e, du 19 octobre 1909 (acte n° 1017) au 8 novembre 1909 (acte n° 1078), cote 4M224, page 13/31, acte N°1 041 », sur Archives de Paris
- ↑ Acte de naissance Paris 7e, du 15 octobre 1922 (acte n° 807) au 26 octobre 1922 (acte n° 835) cote 7N142C, page 6/10, acte N° 824
- ↑ Acte de décès, Lyon - 2e arrondissement du 22/06/1927 au 31/12/1927 cote 2E2243 page 105/160, acte N°2 316
- ↑ Acte de mariage Paris 1er, du 23 avril 1932 (acte n° 169) au 2 août 1932 (acte n° 336) cote 1M 1932, page 9/31, acte N° 218
- ↑ Les prix, Association des diplômés de Chimie Paris
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Eugène Schueller, 1881-1957 (préf. André Bettencourt), [s.l.], IPS, , 117 p.
- Bruno Abescat, La Saga des Bettencourt. L'Oréal, une fortune française, Plon, 280 p., 2002.
- (en) Tom Sancton. The Bettencourt Affair. The World's Richest Woman and the Scandal That Rocked Paris. Dutton, 2018. (ISBN 9781101984482), (ISBN 9781101984475), (ISBN 9781101984499)
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la vie publique :