Eumelia Hernández

féministe et syndicaliste vénézuélienne

Eumelia Hernández ( - ) est une ouvrière, militante féministe pionnière du syndicalisme au Venezuela. Elle est vice présidente du Central Unitaria de Trabajadores de Venezuela.

Biographie

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Eumelia Hernández naît à Caracas le [1]. Déjà militante pendant l'adolescence, sous la dictature de Juan Vicente Gómez, elle est victime de torture et est emprisonnée. Elle s'engage après la mort de Gómez en 1936 dans les luttes féministes, alors qu'elle a 22 ans[2],[3]. Elle devient ouvrière de l'industrie textile, s'engage dans le mouvement syndical et s'encarte au Parti communiste du Venezuela, dont elle devient secrétaire[1],[4].

En 1936, elle intègre l'Agrupación cultural femenina, une association qui participe à l'organisation des luttes pour les droits des femmes, notamment le droit de vote, le droit du travail et le droit des enfants, surtout ceux nés hors mariage[1]. Elle milite surtout à Caracas et à Puerto Cabello, à une période où le milieu syndical est essentiellement masculin[1].

Elle se marie et divorce, et déclare que la séparation a lieu pour qu'elle puisse consacrer sa vie à la politique, un choix qui n'est pas possible dans un contexte patriarcal où la maîtresse de maison est cantonnée aux tâches domestiques[5].

En 1940 se tient la première Conférence des femmes à Caracas. Eumelia Hernández y prononce le discours « Mujer obrera », où elle défend l'égalité salariale pour les femmes, la protection des travailleuses enceintes et propose des campagnes d'alphabétisation en ville et dans les campagnes[1].

Dès sa fondation, en 1963, Hernández intègre le Département des femmes du Central Regional de Trabajadores de Miranda. Elle est également très active au sein du Département des femmes du Central Unitaria de Trabajadores de Venezuela, puis en devient vice présidente[1].

En 1985, elle publie un livre intitulé Una vida una lucha qui fait le récit d'événements de l'histoire vénézuélienne portés par des femmes[6]. Elle meurt le .

Reconnaissance

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Le , une récompense de l'Ordre du Mérite du Venezuela, destiné à rendre hommage aux femmes qui utilisent le droit et la justice pour lutter contre les discriminations sexistes, prend le nom d'Eumelia Hernández[3],[7]. Rigoberta Menchú Tum est la première personne à recevoir la distinction, en 2013[3].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (es) Omar Alberto Pérez, « Hernández, Eumelia », sur Bibliofep Historia (consulté le )
  2. ↑ (es) « En Maracay: Realizado II Encuentro Nacional Mujer Trabajo y Salud » [archive du ], sur Instituto de Altos Estudios Arnoldo Gabaldón, (consulté le )
  3. 1 2 3 (es) « ORDEN AL MÉRITO EUMELIA HERNÁNDEZ » [archive du ], sur Red Justicia de Género
  4. ↑ (es) Salvador Cazzato Dávila, Zoraida Calderas et Katherine Stewart, « El género como herramienta del análisis historiográfico: El papel de la mujer en el proceso constituyente de 1947 », Revista de Ciencias Sociales, vol. 15, no 2,‎ (lire en ligne)
  5. ↑ (en) Elisabeth J. Friedman, « Paradoxes of Gendered Political Opportunity in the Venezuelan Transition to Democracy », Latin American Research Review, vol. 33, no 3,‎ (lire en ligne Accès payant)
  6. ↑ (en) J. Hurtig, « Debating Women », dans R. Montoya, L.J. Frazier, J. Hurtig (dir.), Gender’s Place, Palgrave Macmillan, (DOI 10.1007/978-1-137-12227-8_2)
  7. ↑ (es) « TSJ otorgó Orden al Mérito Eumelia Hernández a María León », Globovision,‎ (lire en ligne [archive du ])