FM Liberté

station de radio privée associative tchadienne basée à N'Djamena, émettant sur 105,3 MHz

FM Liberté est une station de radio privée associative tchadienne basée à N'Djamena, la capitale du Tchad. Émettant sur la fréquence 105,3 MHz, elle représente dans le paysage médiatique national l'une des premières radios privées du pays et est la plus écoutée dans la capitale.

FM Liberté
Histoire
Fondation
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Type
Pays
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Organisation
Site web

Elle est fondée le par des organisations de la société civile engagées dans la défense des droits humains et fait la promotion des libertés fondamentales et la vulgarisation du droit auprès des citoyens tchadiens.

Contexte de création

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L'effondrement du régime de Hissein Habré, marqué par des violations massives des droits de l'homme, a laissé un espace propice à l'émergence d'une société civile organisée et d'un espace médiatique pluriel[1],[2],[3]. Jusqu'alors, la Radiodiffusion nationale tchadienne détenait le monopole de l'information radiophonique dans le pays[4],[3].

C'est dans ce contexte de recomposition politique et sociale que des associations de la société civile, des organisations de défense des droits de l'homme et l'Union des syndicats du Tchad (UST) décident de se cotiser pour créer le 5 août 2000 une radio qui serve de tribune aux citoyens et contribue à l'éducation civique de la population[5],[6].

Son directeur Djekourninga Kaoutar Lazare explique que la mission fondatrice de la radio découle directement des leçons tirées de l'ère Habré : conscientiser et éduquer la population en matière de droits de l'homme et de libertés fondamentales[6].

FM Liberté est la deuxième radio la plus écoutée au Tchad[7].

Présentation

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FM Liberté est une radio associative. Elle est physiquement implantée dans le quartier Chagoua, dans le 7e arrondissement de N'Djamena. Ses installations comprennent cinq bureaux, deux studios d'enregistrement, une salle de rédaction, une salle de réunion et une loge de gardiennage. Deux groupes électrogènes de grande capacité assurent la continuité de la diffusion en cas de délestage électrique, phénomène fréquent au Tchad[6].

Son slogan est « la radio de référence qui fait la différence »[6]. FM Liberté affiche une vocation de service public citoyenne : diffuser une information juste et équilibrée, promouvoir les droits de l'homme et offrir un espace d'expression aux catégories de population marginalisées[8].

FM Liberté structure sa programmation autour de la promotion des droits humains et de l'information générale. Parmi ses émissions phares figure « La minute du droit », une rubrique diffusée en introduction du journal parlé quotidien, qui traduit en termes accessibles les dispositions légales et les droits des citoyens[6].

Le « Café littéraire » est une autre émission de la station. Lancée le 7 avril 2009, elle est consacrée à la promotion de la littérature et des idées[9]. En 2019, la radio célèbre ses dix ans d'existence lors d'un panel évaluant ses objectifs et son avenir[9].

La station diffuse également des journaux parlés réguliers, des émissions de débats avec des experts et des auditeurs, des programmes culturels mettant en valeur la diversité tchadienne, ainsi que des productions musicales et des reportages sur le terrain[8].

La radio entretient des partenariats avec des médias internationaux, notamment la Deutsche Welle et la Voice of America Afrique, dont elle héberge des correspondants[10].

Direction

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Djekourninga Kaoutar Lazare occupe la direction de FM Liberté depuis de nombreuses années[6].

En 2021, son directeur souligne que la radio est insuffisamment dotée en journalistes pour répondre à l'ensemble des sollicitations de la société civile et des auditeurs[5]. Le réseau de correspondants de FM Liberté est essentiellement concentré dans le sud du pays, avec douze correspondants répartis dans cette région[5].

Influence et audience

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FM Liberté est reconnue par les organisations internationales de défense de la liberté de la presse comme l'une des radios les plus influentes du Tchad. RSF la décrit comme la radio disposant de la plus large audience dans la capitale, en partie en raison de son réseau de correspondants sur le territoire national[11].

FM Liberté est parfois accusée par certains acteurs politiques d'être proche de l'opposition. Son directeur rejette cette étiquette, faisant valoir que le gouvernement lui-même s'adresse en priorité à la station pour diffuser ses communications[6].

Pressions, violations et incidents

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Suspension de 2002

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Dès les premières années de son existence, la radio fait l'objet d'une décision de suspension prononcée par le Haut Conseil de la Communication (HCC) pour une durée de trois semaines, à compter du 22 février 2002[12]. Le motif invoqué est une mauvaise gestion de l'information relative à une manifestation d'étudiants à l'Université de Ngaoundéré, au Cameroun[12].

La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) condamne cette décision, estimant qu'elle constitue une violation de la liberté d'expression garantie par la Constitution tchadienne et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques[13].

Arrestation du directeur en 2008

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En janvier 2008, dans un contexte de tensions liées au conflit armé dans l'est du Tchad, FM Liberté diffuse plusieurs émissions sur ce conflit et sur la corruption au sein de la police nationale[14]. Le 16 janvier 2008, une dizaine de policiers font irruption dans les locaux de la radio pour tenter d'interpeller le directeur Djekourninga Kaoutar Lazare, absent au moment des faits[15]. En son absence, les forces de l'ordre arrêtent le coordinateur des programmes, Maji-Maji Oudjitan, et ferment les locaux[15]. Lorsque le directeur se présente de son propre chef au commissariat pour comprendre la situation, il est à son tour arrêté et maintenu en détention[16] avant d'être relâché[17].

Raid policier du 27 novembre 2020

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L'épisode le plus médiatisé de l'histoire récente de FM Liberté survient le 27 novembre 2020. Ce matin-là, alors que la radio accueille dans ses locaux une session de formation en journalisme organisée par l'Union des radios privées du Tchad (URPT) avec le soutien financier de l'Unesco, des unités du Groupement mobile d'intervention de la police (GMIP) encerclent le siège de la station. Les forces de l'ordre font usage de grenades lacrymogènes dans la cour de la radio, puis procèdent à l'arrestation de près de soixante-dix personnes, dont une trentaine de journalistes issus de plusieurs stations privées de la capitale[18],[19].

En réaction à cet incident, l'Union des radios privées du Tchad déclare une « journée sans radio » le 1ᵉʳ décembre 2020, mobilisant la totalité de ses quelque quarante membres affiliés[20]. L'ensemble des stations privées interrompent leurs programmes durant toute la journée, malgré les appels de la Haute autorité des médias et de l'audiovisuel (HAMA) à surseoir à cette grève[21].

Références

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  1. « TCHAD L’héritage Habré » [PDF], sur amnesty.org/fr/
  2. « INDEX DE VIABILITÉ DES MÉDIAS 2006/2007 » [PDF], sur https://www.irex.org/
  3. 1 2 « Tchad | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  4. MOUSSA DJIBRINE ABDOULAYE Enseignant-chercheur à l’Université de N’Djamena, « PAYSAGE MEDIATIQUE TCHADIEN » [PDF], sur ler.letras.up.pt
  5. 1 2 3 www.ialtchad.com, « Ialtchad Presse - Radio FM Liberté souffle sur ses 21 bougies », sur www.ialtchad.com (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 7 DT, « Ialtchad Presse - FM Liberté, la radio des libertés », sur ialtchad.com (consulté le )
  7. La-Croix.com, « Afrique, ces radios privées leaders dans leur pays », sur La Croix, (consulté le )
  8. 1 2 « À Propos – Radio FM Liberté » (consulté le )
  9. 1 2 « Commémoration de la 10ème année de l’émission « Café littéraire » », (consulté le )
  10. « PLAN DE MOBILISATION DES PARTIES PRENANTES (PMPP) » [PDF], sur worldbank.org
  11. (en) « Chad | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  12. 1 2 (en) « Private radio station suspended for three weeks | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  13. « Suspension de Radio FM liberté », sur Fédération internationale pour les droits humains (consulté le )
  14. « Tchad. Les journalistes sont soumis à des pressions de plus en plus fortes », sur Amnesty International Belgique, (consulté le )
  15. 1 2 « Tchad : la station de radio FM Liberté fermée et son directeur interpellé », sur Voice of America, (consulté le )
  16. (en-US) « Tchad: la police ferme une station de radio », sur Committee to Protect Journalists, (consulté le )
  17. « Tchad : le directeur de FM Liberté libéré, mais sa station demeure fermée », sur Voice of America, (consulté le )
  18. « Tchad : journée sans radio après un coup de force des services de sécurité contre une station privée | RSF », sur rsf.org, (consulté le )
  19. « Tchad: Des dizaines de personnes interpellées dans une radio privée », allAfrica.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  20. [vidéo] « "Journée sans radio" dans la capitale tchadienne », André Kodmadjingar, (consulté le )
  21. « Les radios privées en grève au Tchad – Agence Afrique », (consulté le )