Fabrice Fries
Fabrice Fries est un haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise français, né le à Lyon[1],[2].
| Président-directeur général Agence France-Presse | |
|---|---|
| depuis | |
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Fabrice Charles Étienne Fries |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Chef d'entreprise, consultant, fonctionnaire, expert médiatique |
| Fratrie |
Il a occupé différents postes de direction au sein des groupes Vivendi, Havas et Publicis avant de devenir, en , le président-directeur général de l’Agence France-Presse.
Biographie
modifierFormation
modifierFabrice Fries est ancien élève de l’École normale supérieure (rue d’Ulm, lettres), titulaire d'une maîtrise d'histoire, diplômé de l'IEP Paris et de l’École nationale d’administration (promotion Denis-Diderot 1984-1986)[3],[4].
Carrière
modifierÀ la sortie de l’ENA, Fabrice Fries intègre la Cour des comptes, comme auditeur, avant de rejoindre en 1990 le cabinet du Président de la Commission européenne, Jacques Delors.
En 1995, il intègre la Compagnie Générale des Eaux (ex-Vivendi), en tant que chargé de mission auprès du président-directeur général, Jean-Marie Messier.
Nommé directeur de la stratégie et du développement d’Havas en 1997, il conduit le recentrage des activités du groupe sur les métiers de l’édition et de la presse et participe activement au rapprochement avec la Compagnie Générale des Eaux qui prend le contrôle de l’entreprise média en 1998. Havas est rebaptisé Vivendi Universal Publishing[5] et Fabrice Fries en devient le directeur général adjoint, chargé des divisions presse et informations professionnelles, avec des marques comme L'Express, L'Expansion, Courrier international, Dalloz, Masson, Vidal, Le Moniteur, L'Usine nouvelle, L'Etudiant, Exposium, 01 Informatique, le Quotidien du Médecin, ainsi que de nombreuses marques d'information santé dans le monde.
En 2001, Vivendi décide de se concentrer sur l’édition grand public et se sépare de sa branche presse spécialisée dirigée par Fabrice Fries, qui œuvre alors à sa prise d’indépendance. Dans le cadre du LBO engagé, il est nommé président-directeur général de Medimedia et Aprovia, deux sociétés issues de la cession des activités de presse professionnelle de Vivendi (le Moniteur, l'Usine nouvelle, LSA, le Quotidien du Médecin, etc.) à des fonds d’investissement[3].
En 2004, Fabrice rejoint Atos Origin comme Groupe Senior Vice President, chargé des grands comptes et de la stratégie marchés[3].
Il est nommé, en , secrétaire général - et membre du comité exécutif – de Publicis, troisième groupe de communication mondial, avant de prendre la tête de Publicis Consultants, agence spécialisée en communication corporate, communication de crise et relations presse en .
Le , il devient président-directeur général de l'Agence France-Presse (AFP) après avoir obtenu la majorité qualifiée au vote de son conseil d’administration (13 voix sur 18) lors d’un troisième tour de scrutin[6].
Depuis son arrivée à la tête de l'AFP en 2018, Fabrice Fries a contribué à la croissance financière de l'AFP avec un plan de transformation qui met particulièrement l'accent sur les services vidéo et photo de l'Agence[7],[8]. Par ailleurs, l'AFP a continué à diversifier ses revenus sous la direction de Fabrice Fries avec son service de fact-checking leader mondial, qui a connu une augmentation spectaculaire de la demande pendant la pandémie de COVID-19 avec la poussée de désinformation autour de la pandémie[9]. Fabrice Fries poursuit le combat fondamental de la rémunération des droits voisins de la presse face à Google, un « combat juste », et même « un cheval de bataille, car il n’est pas normal que celui qui ne fait que relayer l’info en capte la valeur[10] ». Le Conseil d'administration de l'AFP l'a reconduit à ce poste, le , pour un nouveau mandat courant jusqu'en [11].
Fabrice Fries a dû s'expliquer devant la commission de la culture du Sénat en novembre 2023[12],[13],[14] sur la couverture de la guerre entre Israël et le Hamas à partir du 7 octobre 2023 par l'AFP, critiquée par plusieurs personnalités[15]. Il doit concéder que l’AFP a fait « un raté » le 23 octobre, en ne publiant rien en français le jour même sur la première projection en Israël des images des massacres perpétrés le 7 octobre par le Hamas[16].
Le 10 février 2025, l’AFP est visée par une plainte pour « harcèlement moral » par l’une de ses journalistes ainsi que par un signalement de l’Inspection du travail sur vingt possibles autres cas[17],[18]. La plainte vise l’AFP (et donc indirectement Fabrice Fries qui en est l'unique représentant légal), une cheffe de service et une responsable des ressources humaines. Le 9 juillet 2025, une dépêche de l'AFP révèle qu'une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris[19]. Un article de La Lettre rapporte que l'inspectrice du Travail, Samia Sahel, a annoncé en novembre 2025, dans les locaux de l'AFP, avoir été contactée par une quarantaine de salariés en détresse de la prestigieuse agence[20].
En juillet 2025, Fabrice Fries avait annoncé une volonté de réaliser entre 12 et 14 millions d'euros d'économies sur 2025 et 2026 avec notamment de nombreux départs non remplacés[21].
En avril 2026, il est visé par une motion de défiance, portée par tous les syndicats de l'AFP et la Société des Journalistes (SDJ). Celle-ci est rejetée à 80 voix près, avec un taux de participation d'à peine 50% sur un projet de réforme pourtant majeur, et un taux de vote nul et blanc de 14%. Ce sont donc 24% des salariés qui se sont prononcés pour la confiance, le reste s’étant abstenu ou ayant voté contre[22]. Un audit du cabinet d'experts Sextant venait alors de confirmer dans un rapport accablant de forts risques psychosociaux, un climat social délétère et des comportements népotiques à l'AFP [23]. En novembre 2025, le PDG avait fait fermer la terrasse du 7e étage à Paris en raison de craintes de suicides[24],[25],[26].
Vie privée
modifierFabrice Fries est le frère de Charles Fries, diplomate français[6]. Il est marié à Fabrizia Benini, fonctionnaire à la Commission européenne (DG Connect), père de deux enfants, et réside avec sa famille en Belgique[27].
Ouvrages
modifier- L'emprise du faux, Paris, Éditions de l'Observatoire, 2021, 208 p. (ISBN 979-10-329-1937-8)
- Les Grands Débats européens, Paris, Édition du Seuil, 1995, 528 p. (ISBN 2-02-024594-9)[28]
Notes et références
modifier- ↑ « Fabrice Fries », sur www.whoswho.fr (consulté le )
- ↑ « Fabrice FRIES - Dirigeant de la société Afp Blue - Verif.com », sur www.verif.com (consulté le )
- 1 2 3 « Fabrice Fries Un ex-« Messier Boy » à la tête de Publicis Consultants - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le ).
- ↑ « Fabrice Fries élu PDG de l’Agence France-Presse », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Havas devient Vivendi Universal Publishing - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le )
- 1 2 « Ambassadeur de France en Turquie, M. Charles FRIES », sur La France en Turquie (consulté le )
- ↑ « Retour à la croissance pour l'AFP, grâce à la vidéo - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 25 mai 2021).
- ↑ « Fabrice Fries : « L'AFP est un petit miracle français mais elle est fragilisée » - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 25 mai 2021).
- ↑ « « L'AFP reste confiante même s'il y aura des lendemains difficiles », dit son PDG - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 25 mai 2021).
- ↑ « « Les plates-formes du Web ne produisent rien mais s’approprient l’essentiel des revenus » - Le Monde », sur www.lemonde.fr (consulté le 25 mai 2021).
- ↑ « Fabrice Fried reconduit à la tête de l'AFP »
, Le Figaro, (consulté le ) - ↑ « Israël-Palestine : L’AFP dépêchée au Sénat pour sa couverture de Gaza », sur Le Canard enchaîné, (consulté le )
- ↑ « Commision de la culture, de l'éducation et de la communication : compte rendu de la semaine du 13 novembre 2023 », sur Sénat (consulté le )
- ↑ Rose-Amélie Bécel, « « À aucun moment on ne nie les atrocités du 7 octobre », les dirigeants de l’Agence France Presse s’expliquent sur leur couverture de la guerre Israël-Hamas », sur Public Sénat, (consulté le )
- ↑ Judith Waintraub, « Polémique : l’AFP «proscrit» le terme «terroriste» pour qualifier le Hamas », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Par AFP, « Couverture du conflit Israël/Hamas: Le PDG de l’AFP juge certaines accusations « infamantes » », sur fr.timesofisrael.com (consulté le )
- ↑ « L’Agence France-Presse visée par une plainte pour « harcèlement moral » et un signalement de l’inspection du travail », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Delphine Evenou, « Harcèlement et souffrance au travail : la justice saisie après des signalements à l’Agence France presse », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ « France : la justice ouvre une enquête sur des soupçons de harcèlement moral à l'Agence France-Presse - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
- ↑ « À l'AFP, inquiétudes autour de la détresse psychologique de plusieurs dizaines de salariés - 19/11/2025 », sur La Lettre, (consulté le )
- ↑ « Départs non remplacés et réduction des coûts d’expatriation : l'AFP dévoile des pistes d'économies », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Agence France-Presse : rejet de la motion de défiance contre la direction », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « AFP : un audit confirme de forts risques psychosociaux pour les journalistes - 19/03/2026 », sur La Lettre, (consulté le )
- ↑ « A l’AFP, de la souffrance au travail et une «situation très alarmante» », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « L'AFP malade de son management pathogène », sur www.blast-info.fr, (consulté le )
- ↑ puremedias, « "Des tentations suicidaires" : Des dizaines de salariés de l'AFP alertent sur une situation de souffrance au travail », sur www.ozap.com, (consulté le )
- ↑ Denis Souchon, « La soumission de Fabrice Fries (AFP) à Facebook et à l'ordre marchand », sur Acrimed (consulté le )
- ↑ « Fabrice Fries - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le )