Famille Doubleau

Famille des seigneurs de Mondoubleau au Moyen Âge

La famille Doubleau est une famille seigneuriale qui fonde le château de Mondoubleau et possède la seigneurie de Mondoubleau aux XIe et XIIe siècles.

Famille Doubleau
Période XIe – XIIe siècles.
Fiefs tenus seigneurie de Mondoubleau.
Demeures Château de Mondoubleau.
Château de Ballon.

Comme leur nom l'indique, les Doubleau, par les territoires qu'ils contrôlent, sont insérés dans une double fidélité : le Dunois et le comté de Vendôme d'une part, le Maine d'autre part. Dans leurs rapports avec les comtes, ils jouent de cette double vassalité. Après l'extinction de la famille, Mondoubleau passe au cours du XIIe siècle dans la famille des vicomtes de Châteaudun.

Histoire

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Château de Mondoubleau.

Double fidélité

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Hugues Doubleau Ier est le premier membre de la famille cité, au début du XIe siècle[1]. Un acte de 1028/1031 ajoute après son nom Hugues « cognomento Dublellus », appelé Doubleau[2]. Ce nom manifeste sa double fidélité : le chef-lieu de sa seigneurie, Mondoubleau (« cognomine Mons Dublelli vocatur », appelé Mondoubleau), est dans le comté du Maine mais à sa limite orientale, et certaines parties du territoire de cette seigneurie sont localisées dans le Dunois et dans le Vendômois[1]. Les Doubleau possèdent les châteaux de Mondoubleau et de Ballon[3], ce dernier à la limite de leur territoire, qui s'étend dans le Maine jusqu'à Brûlon[4], où les Doubleau ont des terres ou des droits[5].

Ainsi, Hugues Doubleau Ier est à la fois un fidèle de Hugues III du Maine et de Eudes II de Blois, comte de Dunois[1]. En 1012-1016, Hugues Doubleau Ier dote l'abbaye de Tuffé, qu'il refonde ainsi, de terres, de droits, de moulins et de cinq familles de paysans. Il lui confie le pouvoir sur la collégiale Sainte-Marie de Mondoubleau[6]. Cet acte est confirmé par le comte du Maine Hugues III[1]. Hugues Doubleau Ier donne son nom au château de Mondoubleau, attesté dès 1028/1031, et y établit la collégiale Sainte-Marie. Cette fois l'acte est confirmé par Eudes II de Blois[2],[1]. Hugues Doubleau est ainsi positionné comme son vassal[2].

Pour Auguste de Trémault, suivi par Amy Livingstone, l'épouse de Hugues Doubleau Ier est Adèle, fille de Foucher Ier le Riche[7],[8], ce que Dominique Barthélemy conteste[9] : selon lui, le mari d'Adèle est Hugues de Marcilly, un homme différent de Hugues Doubleau[10].

Les héritiers de la seigneurie conservent ensuite le nom de Doubleau. Le premier est le second fils de Hugues Doubleau Ier, Eudes Doubleau Ier, mort vers 1056[11],[2],[1], à qui succède Hugues Doubleau III, encore enfant, sous la tutelle de son oncle Hugues Doubleau II, archidiacre, investi par le comte d'Anjou Geoffroy Martel[12],[2],[13],[14]. Par cette investiture comtale, Hugues Doubleau cherche à sécuriser les biens de son neveu[14]. La suzeraineté des comtes de Vendôme, semble limitée chronologiquement au règne de Geoffroy Martel, comte de Vendôme et comte d'Anjou[2]. À Mondoubleau même, Hugues Doubleau l'archidiacre et son frère Eudes favorisent l'abbaye de la Trinité de Vendôme, mais les Doubleau ont aussi des relations avec l'abbaye Saint-Vincent du Mans[6].

Elvise et ses descendants

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À la mort sans enfant de Hugues Doubleau III, son héritage passe à sa sœur Elvise[15],[16],[13], mariée deux fois, d'abord à Payen ou Nivelon Payen, puis à Hamelin de Langeais ou de Montoire[16],[13]. Parmi les enfants d'Eudes Doubleau Ier, Auguste de Trémault distingue deux filles différentes : d'une part Fredesende épouse de Nivelon Payen de Mondoubleau (fils de Nivelon de Chartres) et d'autre part Adierne ou Helvise, épouse tout d'abord de Payen puis de Hamelin de Langeais[17]. Le chanoine Charles Métais fait la même distinction. Il ajoute que Payen époux d'Adierne ou Helvise et Nivelon Payen époux de Fredesende, toutes deux filles d'Eudes Doubleau, sont frères, tous deux fils de Nivelon de Chartres[18]. Il est suivi sur ce point par Amy Livingstone dans ses études sur la famille de Fréteval[19],[20].

Dominique Barthélemy considère qu'il s'agit de la même femme[16] et que les deux personnages nommés Payen n'en sont qu'un : Nivelon Payen, fils de Nivelon Ier de Chartres, seigneur de Fréteval, époux d'Elvise ou Adrienne ou Fressende, fille d'Eudes Doubleau[21].

Hamelin II de Langeais tient la seigneurie de Mondoubleau du chef de sa femme[16]. Par sa mère Plaisante, fille de Nihard de Montoire, Elvise est également héritière de la seigneurie de Montoire[22],[23], qu'elle transmet aussi à son second mari Hamelin puis à leur fils Pierre, qui devient ainsi seigneur de Montoire. Les descendants de celui-ci conservent la seigneurie de Montoire puis deviennent comtes de Vendôme[24].

De son premier époux, Nivelon Payen, Elvise a un fils, Hildebert ou Ilbert Payen, également nommé Payen Doubleau ou Payen de Mondoubleau, seigneur de Mondoubleau après son oncle Hugues Doubleau III[16],[13]. Il apparaît dans les actes avec sa mère et son beau-père[25]. En 1075-1078, Hamelin de Langeais, son épouse Elvise et le fils de celle-ci, Hildebert Payen, font passer le monastère de Tuffé, et par conséquent la collégiale de Mondoubleau, sous l'autorité de l'abbaye Saint-Vincent du Mans[26],[27]. Devenu majeur, Hildebert Payen de Mondoubleau continue à faire différents dons à cette abbaye et part en croisade[27].

Hildebert Payen apparaît à la fois dans l'entourage du comte du Maine Hélie de La Flèche et dans celui du comte de Vendôme Bouchard III[28]. En 1088, il refuse de faire hommage au nouveau duc de Normandie Robert Courteheuse et se retranche dans son château de Ballon, conquis ensuite par Hélie de La Flèche, comte du Maine. En 1098, il laisse son château de Ballon au roi d'Angleterre Guillaume le Roux, en lutte contre son frère Robert Courteheuse. Il essaye donc de conserver sa liberté, louvoyant, selon une stratégie personnelle qui tente de ménager ses intérêts propres, dans les luttes entre les très grands seigneurs[5]. Seigneur de Mondoubleau, il est également cité dans les chartes qui concernent les seigneurs de Fréteval, voisins, dont il est un cousin[29].

À la mort sans héritier masculin d'Hildebert Payen, la seigneurie de Mondoubleau passe, par l'intermédiaire de sa fille Elvise, épouse de Geoffroy III, vicomte de Châteaudun, à la famille de ce dernier[30],[13].

Généalogie

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  • Hugues Doubleau Ier, seigneur de Mondoubleau, cité 955/1015, 1028/1031[7],[16],[4].
    • Hugues Doubleau II, archidiacre de Vendôme[7],[16],[4], cité 1028/31, 1040/1100[4], jusqu'en 1057[31].
    • Eudes Doubleau Ier, seigneur de Mondoubleau, cité 1028/31, 1040/1100, mort vers 1056, époux de Plaisante, fille de Nihard de Montoire[32],[16],[4].
      • Hugues Doubleau III ou le Jeune, seigneur de Mondoubleau, mort vers 1075[33],[16],[4].
        • Herbert, cité 1060/1074[4].
      • (H)Elvise ou Adrienne ou Fressende, citée 1067/1074, épouse de 1- Payen, mort av. 1075, fils de Nivelon de Chartres ; 2- Hamelin de Langeais ou de Montoire[16],[4].
        • 1- Hildebert ou Ilbert Payen de Mondoubleau, seigneur de Mondoubleau, cité 1062, 1095/1109, époux d'Aia, citée 1090[16],[4], peut-être identifiable à Ada de Touraille[34].
          • (H)Elvise II, citée 1090, épouse de Geoffroy III vicomte de Châteaudun[35],[16],[4],[36].
          • Guiburge, citée 1108/1112, épouse de Barthélemy de Vendôme[35],[16],[4].
        • 2- Gautier, cité 1075/1078, mort en 1085 à l'âge de sept ans[37],[16],[4].
        • 2- Eudes Doubleau II[37],[16].
        • 2- Pierre, seigneur de Montoire, cité 1108-1132/39[37],[22].
        • 2- Philippe[37],[22].
        • 2- Hersende, citée 1075/1078[16],[4].
    • Hervé, cité 1028/31[38],[4].
    • Eudes, moine[38],[16].
    • Girard, moine[16].
    • Gislebert[38].
    • Adam[38].
    • Emeline[38].


  • Guiberte, citée 1142[4].
    • Payen II de Mondoubleau, cité 1142, 1152[4].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Lemesle 1999, p. 236.
  2. 1 2 3 4 5 6 Barthélemy 1993, p. 571.
  3. ↑ Lemesle 1999, p. 239.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Lemesle 1999, p. 238.
  5. 1 2 Lemesle 1999, p. 240.
  6. 1 2 Lemesle 1999, p. 241.
  7. 1 2 3 de Trémault 1886, p. 287.
  8. ↑ Livingstone 2010, p. 63.
  9. ↑ Barthélemy 1993, p. 369.
  10. ↑ Barthélemy 1993, p. 545.
  11. ↑ de Trémault 1886, p. 289.
  12. ↑ de Trémault 1886, p. 293.
  13. 1 2 3 4 5 Lemesle 1999, p. 237.
  14. 1 2 Livingstone 2010, p. 70.
  15. ↑ de Trémault 1886, p. 295.
  16. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Barthélemy 1993, p. 572.
  17. ↑ de Trémault 1886, p. 292-293.
  18. ↑ Charles Métais, Marmoutier. Cartulaire blésois, t. 1, Blois, imprimerie E. Moreau, 1889-1891, CXLIII-540 p. (lire en ligne), p. XXIII-XXVI.
  19. ↑ Livingstone 1997, p. 425-426.
  20. ↑ Livingstone 2010, p. 153.
  21. ↑ Barthélemy 1993, p. 576-577.
  22. 1 2 3 Barthélemy 1993, p. 569.
  23. ↑ Livingstone 2010, p. 100.
  24. ↑ Barthélemy 1993, p. 570.
  25. ↑ Livingstone 2010, p. 74.
  26. ↑ de Trémault 1886, p. 297.
  27. 1 2 Lemesle 1999, p. 242.
  28. ↑ Barthélemy 1993, p. 573.
  29. ↑ Livingstone 1997, p. 433.
  30. ↑ de Trémault 1886, p. 302-303.
  31. ↑ Barthélemy 1993, p. 313.
  32. ↑ de Trémault 1886, p. 291-292.
  33. ↑ de Trémault 1886, p. 292.
  34. ↑ Livingstone 2010, p. 82.
  35. 1 2 de Trémault 1886, p. 302.
  36. ↑ Livingstone 2010, p. 64.
  37. 1 2 3 4 de Trémault 1886, p. 299.
  38. 1 2 3 4 5 de Trémault 1886, p. 288.

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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