Famille Nora
La famille Nora est une famille d'intellectuels français, particulièrement actifs dans l'édition et le journalisme.
Histoire
modifierLa famille Nora est d'origine juive ashkénaze[1]. Elle est qualifiée par l'historien Laurent Theis de « famille de la bourgeoisie parisienne, israélite et républicaine »[2]. Un autre historien, François Dosse, évoque « une famille de juifs ashkénazes qui, assimilée à la tradition républicaine française, est attachée à ses valeurs universelles, à l’écart de toute tentation de repli communautariste »[1].
Pendant l'Occupation, la famille Nora se réfugie à Grenoble. Simon et Jean Nora deviennent résistants et prennent le maquis dans le Vercors. Leur mère, Julie Lehman, et les deux autres enfants se cachent, mais échappent de peu à l'arrestation. Le père, Gaston, reste à Paris, chirurgien à l'hôpital Rothschild. Il doit porter l'étoile jaune mais peut poursuivre son activité parce qu'il a sauvé pendant la Première Guerre mondiale Xavier Vallat, commissaire général aux questions juives du gouvernement de Vichy[3],[4], en le ramenant dans les lignes françaises alors qu'il était grièvement blessé[5]. Vallat, pourtant antisémite assumé, protège plus ou moins Gaston Nora[3], qui témoigne en sa faveur lors de son procès en 1947[5].
Filiation simplifiée
modifier- Gaston Nora (1888-1975), chirurgien urologue, époux de Julie Lehman[6].
- Simon Nora (1921-2006), haut fonctionnaire et homme d'affaires[7],[6] époux de (1-) 1947 Marie-Pierre de Cossé-Brissac (1925-2024), remariée à Maurice Herzog (dont Félicité Herzog, femme d'affaires)[8],[9] ; (2-) Léone Georges-Picot (1928-2021).
- (1-) Fabrice Nora (1951-2021), patron de presse[10] époux d'Elizabeth Martin[11].
- (1-) Constance Nora (1953-).
- (2-) Dominique Nora (1958-), journaliste[12].
- (2-) Olivier Nora (1960-), éditeur[13],[14].
- Jean Nora (1923-2013), médecin[3],[15].
- Pierre Nora (1931-2025), éditeur, historien, membre de l'Académie française époux de Françoise Cachin (1936-2011), historienne de l'art et conservatrice de musée[7],[6], compagnon d'Anne Sinclair (1948-), journaliste[16].
- Jacqueline Nora épouse de François Furet (1927-1997), historien, membre de l'Académie française[19].
- Simon Nora (1921-2006), haut fonctionnaire et homme d'affaires[7],[6] époux de (1-) 1947 Marie-Pierre de Cossé-Brissac (1925-2024), remariée à Maurice Herzog (dont Félicité Herzog, femme d'affaires)[8],[9] ; (2-) Léone Georges-Picot (1928-2021).
Notes et références
modifier- 1 2 Dosse 2012, p. 926.
- 1 2 Laurent Theis, « Jeunesse de Pierre Nora », Commentaire, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 Dosse 2012, p. 925.
- ↑ François Dosse, « Pierre Nora, une histoire française: », Sciences Humaines, vol. n° 381, no 7, , p. 72–79 (ISSN 0996-6994, DOI 10.3917/sh.381.0072, lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 Jean-Paul Cointet, Les hommes de Vichy, Paris, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-04929-4, DOI 10.3917/perri.coint.2017.01, lire en ligne
), p. 167 et 178. - 1 2 3 Raspiengeas 2022.
- 1 2 Delorme 2020.
- ↑ Monique de Saint-Martin, « Une grande famille », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 31, no 1, , p. 4–21 (DOI 10.3406/arss.1980.2070, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Anne Fulda, « Marie-Pierre de Cossé Brissac, rebelle un jour… », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Alain Frachon, « Fabrice Nora, ancien directeur général du groupe Le Monde, est mort », Le Monde, no 23566, , p. 27 (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 « Fabrice Nora », sur www.thepeerage.com (consulté le ).
- ↑ Luc Le Vaillant, « Dominique Nora, elle a le code source », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ Françoise Dargent, « Olivier Nora, un parcours sans faute », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Beuve-Méry 2009.
- ↑ « Nora Jean », sur matchID - Fichier des décès (consulté le ).
- ↑ « "Je l’ai tirée de la dépression" : Pierre Nora évoque sa relation avec Anne Sinclair », Paris Match, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jean Birnbaum, « Pierre Nora, enfin père. L’historien signe « Jeunesse », un essai autobiographique », Le Monde, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ « Nora, Elphège-Pierre (1985-....) », sur Id Ref.
- ↑ Christophe Prochasson, François Furet : Les chemins de la mélancolie, Paris, Stock, coll. « Biographies », , 561 p. (ISBN 978-2-234-06371-6), p. 514.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alain Beuve-Méry, « Olivier Nora, héritier des lettres », Le Monde, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- Marie-Laure Delorme, « La famille Nora, une aventure intellectuelle », Le Point, (lire en ligne, consulté le ).
- François Dosse, « Pierre Nora ou l'avènement de l'intellectuel démocratique: », Revue historique, vol. n° 664, no 4, , p. 921–936 (ISSN 0035-3264, DOI 10.3917/rhis.124.0921, lire en ligne, consulté le ).
- Pierre Nora, Jeunesse, Paris, Gallimard, , 233 p. (ISBN 978-2-07-293867-2, présentation en ligne).
- Christophe Prochasson, « En quête de moi : Pierre Nora, les Mémoires et la mémoire », Écrire l'histoire, no 24, (DOI 10.4000/12azy, lire en ligne, consulté le ).
- Jean-Claude Raspiengeas, « Les Nora, père et fils », La Croix, (lire en ligne, consulté le ).