Famille Scrive
La famille Scrive, originaire de Lille, est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie, dont beaucoup de membres bénéficièrent, à partir de 1532, du statut de bourgeois propre à l'Ancien Régime. A la suite de la création, par Joseph Scrive-Périez, d'une première manufacture en 1795, les Scrive jouèrent un rôle déterminant, dès le début du XIXe siècle, dans l'industrialisation de la production textile. Ils développèrent d'abord la fabrication mécanique des rubans de cardage, puis firent revenir en France la machine à filer le lin inventée par Philippe de Girard. Associés à la recherche de houille dans le pays lensois vers 1850, ils contribuèrent ultérieurement à la fondation et à l'administration de la Compagnie des mines de Lens, participant également à l'évolution du secteur bancaire du Nord ainsi qu'à celui des assurances.
| Famille Scrive | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | De sinople au S d'or, accompagné de trois chardons du même, deux en chef et un en pointe. | |
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| Période | XVe siècle - XXIe siècle | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Demeures | Hôtel Scrive Hôtel d'Hailly d'Aigremont Palais Rose du Vésinet |
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| Charges | Bourgeois de Bruxelles et de Lille Maire de La Madeleine Conseiller général du Nord Membre du Conseil des Cinq-Cents Sous-préfet de Lille Censeur de la Banque de France |
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| Fonctions militaires | Médecin général inspecteur | |
| Récompenses civiles | Ordre des Palmes académiques Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand Ordre du Mérite naval (Espagne) Ordre de Léopold |
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| Récompenses militaires | Croix de guerre 1914-1918 (France) Croix de guerre 1939-1945 (France) Ordre national de la Légion d'honneur Ordre du Bain Ordre du Médjidié Ordre de Saint-Stanislas (Russie impériale) Ordre de la Couronne (Roumanie) Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare Médaille de Crimée (Royaume-Uni) |
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Historique
modifierOrigines
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Peut-être issue d'Italie[b], la famille Scrive se serait installée à la fin du Moyen Âge à Bruxelles, où on la trouve sous le patronyme flamand Scrieck[1].
Vers la fin du XVe siècle, Pierre Scrieck (1465-1535), orfèvre, se serait déplacé à Lille, alors capitale économique des Etats de Bourgogne. Il est le premier ancêtre connu des Scrive lillois[2]. Son fils Pierre (né à Bruxelles, mort à Lille en 1565), notaire, est le premier membre de la famille à être inscrit, par achat[c], au registre des Bourgeois de Lille en 1532.
L'une des figures notables est celle de Jean-François Scrieck, seigneur du Thilleul, du Châtelet, du Jardin, baptisé le , grand connétable souverain des arbalétriers, qui meurt sans postérité en 1729 et est inhumé dans une chapelle de l'église Saint-Étienne ; il avait épousé en 1692 Agnès de Flandres. C'est à lui que Charles René d'Hozier attribue les premières armes de la famille [3].
Au XVIIIe siècle, après le rattachement définitif au royaume de France, le nom de famille se francise en Scrève puis en Scrive[2]. Les Scrive font alors partie de la bourgeoisie de Lille, donnant des marchands, des notaires, des procureurs[4]... Mais il se peut que leur situation se soit un peu dégradée en ce siècle[5], même s'ils conservent les privilèges d'une vieille famille urbaine et peuvent s'allier à des familles lilloises de vieille bourgeoisie comme les Labbe[d] ou les Crespel.
Quoi qu'il en soit, nous trouvons le fils de d'Hubert Scrive-Dury (1680-1755), Albert Scrive (1754-1803) avocat au parlement de Flandres, subdélégué de l'intendance à Lille[6], qui est élu, le 25 germinal an V, député du Nord au Conseil des Cinq-Cents, et prend place parmi les modernes. Il rallie Bonaparte le 18 brumaire, puis est nommé, le 2 mars 1800 (8 floréal an VIII), sous-préfet de Lille[7], Douai ayant été choisie en 1789 comme préfecture du département du Nord.
Son cousin, le négociant lillois Joseph Scrive (1757-1808), marchand-fripier à Lille, qui avait, sous l'Ancien Régime, exploité un négoce de gros, fonde en 1795, une fabrique de rubans de cardes, qui obtient une médaille d'argent, en 1806, à l'Exposition des produits de l'industrie française. Avec son épouse Marie Catherine Périez (1761-1833)[8], il est à l'origine d'une lignée féconde, qui s'illustrera particulièrement dans l'industrie, le commerce et la finance. Ils ont quatre enfants : Désiré (1783-1826), Antoine (1789-1864), Aimée (1794-1889), et Catherine (1796-1879), qui épousera le filateur de coton lillois Jean-Louis Lambry (1798-1865).

Activités industrielles et financières
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En 1795, le négociant Joseph Scrive-Périez fonde une manufacture de cardes dans ses magasins, rue d'Amiens à Lille. Une carde est une sorte de brosse formée par un ruban en cuir ou en caoutchouc, garni de pointes d'acier recourbées, servant à démêler, aérer et paralléliser les fibres textiles (laine, coton, etc.). Elle est ce qui permet le cardage, étape préalable au filage.
À la mort de son mari, Marie Catherine Scrive-Périez continue l'affaire et s'associe à ses fils Désiré Scrive-Crespel et Antoine Scrive-Labbe sous la dénomination Veuve Scrive et Fils. Cette manufacture place les Scrive, dans la chaîne de la production textile, en amont du traitement de la matière textile. Ils ne sont pas encore filateurs, mais il s'agit d'une étape indispensable ; c'est à ce niveau qu'ils vont devoir très tôt orienter leurs efforts vers le perfectionnement technique : sinon le risque était grand de disparaître du fait de la concurrence anglaise. C'est pourquoi Antoine Scrive-Labbe, en songeant d'abord à sauver sa manufacture, permit par ricochet que Lille demeure le lieu de la production textile. C'est ainsi qu'il faut comprendre l'usage, dans certains textes, de la formule selon laquelle Scrive aurait sauvé l'industrie textile lilloise.

Au début du XIXe siècle, Antoine Scrive-Labbe modernise l'industrie textile lilloise, et désarme la concurrence anglaise devenue redoutable, par ce que l'on appellerait aujourd'hui un acte d'espionnage industriel. Il emprunte en effet à l'Angleterre le procédé de fabrication mécanique des cardes. Ayant effectué un voyage outre-Manche en 1815, il a eu l'occasion de mesurer les progrès techniques des manufactures britanniques. Elles fabriquent désormais de façon mécanique la garniture des cardes (card clothing). De retour sur le sol anglais en 1820, il se fait embaucher comme ouvrier et copie secrètement la machine, avant de retourner en France.

En l'absence d'archives susceptibles de documenter cette aventureuse entreprise[e], on en est réduit aux conjectures s'agissant du type de machine rapportée par Scrive-Labbe, ainsi que de la manufacture où il se fit embaucher. C'est probablement dans le Yorkshire de l'ouest qu'il se rendit, peut-être dans la Spen Valley ou dans la ville d'Halifax[9]. La machine elle-même était possiblement celle qu'avait inventée l'Américain Amos Whittemore (1759-1828)[10].

Rentré d'Angleterre, Antoine acheta avec son frère Désiré, en 1821, l'hôtel particulier situé au 1, rue du Lombard. Reconstruit en 1773, il appartenait alors aux descendants de Julien Louis Bidé de La Granville, qui avait été intendant de la Généralité de Lille de 1730 à 1743. Après de multiples transformations, les frères Scrive installèrent leur manufacture de cardes dans l'aile gauche du nouveau corps de bâtiments[f]. Une machine à vapeur fut installée qui actionna jusqu'à cent vingt machines, et reliée à une haute cheminée qui a été, du moins dans sa partie inférieure, conservée jusqu'à aujourd'hui.
Le lin avait été longtemps filé au rouet. Mais le faible rendement ne permettait pas de planifier l'organisation industrielle de sa production. Pour obvier à cette situation, Napoléon avait promis en 1810 un million de francs de récompense à qui résoudrait le problème. Philippe de Girard proposa une solution quelques mois plus tard. Après avoir monté une filature en France qui ne lui apporta que des déconvenues, il quitta la France pour l'Autriche. Puis, en 1824, l'Anglais John Marshall fit à son tour de l'espionnage industriel et ramena de France la machine de Girard, fondant à Leeds la première filature mécanique de lin. Les premiers filés[11]commencèrent d'apparaître en France, menaçant les filatures françaises dont le nombre chuta de 37 à 15 en cinq ans, d'autant que la machine de Girard avait été perfectionnée outre-Manche.
C'est alors qu'Antoine Scrive-Labbe et Ernest Feray organisèrent la réintroduction en France des procédés de filature mécanique. Au cours de son second voyage, Scrive-Labbe se fit engager comme ouvrier et copia pièce par pièce la machine. À son retour, le bateau sur lequel il avait embarqué échappa de peu à la poursuite anglaise[12]. Arrivé à Lille, il fit venir, non sans peine, les pièces de la machine. Mais les ouvriers qualifiés manquaient pour faire fonctionner les machines. Enfin cette machine n'était plus brevetée. En faire profiter tous les liniers français eût ete très généreux mais aurait privé Scrive de la jouissance de ses efforts, qui les garda secrets. C'est donc au constructeur belge Pierre Decoster, retourné au Royaume-Uni pendant dix-huit mois, que l'on doit, dès 1837 la généralisation de la production mécanique du lin.
Mais Scrive-Labbe, comme Ernest Feray, n'avait pas perdu son temps. La filature qu'il crée en 1836, utilisant le système anglais nouveau à la vapeur est, avec 5000 broches et 250 ouvriers la plus importante de Lille[13], avec celle de la famille Le Blan, qui faisait également tourner 5000 broches. Ernest Feray fait pour sa part construire des filatures à Essonnes.
Scrive-Labbe dut toutefois intervenir auprès d' Adolphe Thiers pour réclamer une hausse des droits d'importation, afin de protéger la filature française du lin de la concurrence anglaise. Thiers de rangea du côté de Scrive-Labbe. En 1840, les quatre grands filateurs de lin sont à Lille : Scrive-Labbe (10 000 broches), Droulers et Agache (6000), Le Blan (6000), Wallaert (5700)[g],[14]. L'usine de Scrive-Labbe se trouve rue de Jemmapes.
Mais il n'entend pas s'arrêter là. Il construit une autre filature à Marcq-en-Baroeul. En 1839, il avait déjà créé un tissage mécanique de toile qu'il transfèrera à Marquette. A la même époque, il exploite un tissage de coton au Petit-Quevilly en Seine-Maritime .
Mais déjà un autre projet l'appelle. En 1848, il fait partie d'un groupe qui pratique des sondages à Lens : c'est la Société d'Etudes et de Recherches constituée par MM. Casteleyn, Tilloy et Scrive, en participation avec la Compagnie de Vicoigne (créée en 1840). En 1852, la Compagnie des mines de Lens est fondée. La nécessité de lever des fonds très importants pour constituer une pareille entreprise déterminé la forme de société par actions que prend dès le début la société des mines de Lens. Le capital est fixé à 1 million de francs, porté à 3 millions de francs en 1855.
Les principaux actionnaires sont Casteleyn (592), Scrive-Labbe (295), Désiré Scrive-Bigo (261), Tilloy-Casteleyn (296).

Antoine Scrive-Labbe en devient membre du conseil d'administration, où son fils Désiré le remplacera à sa mort en 1864. La fosse no 5 des mines lensoises portait le nom d'Antoine Scrive-Labbe, ou encore le rôle qu'elle tint dans l'administration du Crédit du Nord[h]. Elle commandita également un quotidien régional aujourd'hui disparu : La Dépêche.


La société Scrive Frères devient une grande société formée entre les six frères Scrive, nés du mariage d'Antoine Joseph Désiré Scrive et d'Henriette Désirée Labbe. En 1855, date à laquelle Scrive-Labbe se retire des affaires, elle comprend 1 500 ouvriers dans cinq établissements de filature et tissage et 50 ouvriers dans la fabrique de cardes[15]. Elle est dissoute en 1864 en tant qu'entité juridique, mais la raison sociale Scrive frères continuera d'être utilisée. [réf. nécessaire]
La filature La lilloise, des frères André et Paul Scrive, tous deux diplômés de l'École des arts industriels et des mines (École centrale de Lille), petits fils d'Antoine Scrive-Labbe et fils d'Édouard Scrive-Debuchy, est l'une des héritières de Scrive Frères.[réf. nécessaire]
Le , Fernand Scrive teste les premiers vols humains, ce que l’on appellerait aujourd’hui « planeur », dans la cour de son usine lilloise puis sur un terrain à Wasquehal[16],[17]. La disparition progressive du nom des Scrive, au XXe siècle, des registres de l'industrie, est essentiellement liée aux diverses crises que connurent les activités qui avaient précédemment assuré leur prospérité, qu'il s'agisse de l'industrie du lin, progressivement remplacé par le coton, ou de la nationalisation des charbonnages par la loi du . La F.A.C.E.N., aujourd'hui filiale du groupe « Rexel », leader mondial de la distribution de matériel électrique, est la dernière entreprise existante historiquement fondée et administrée par les Scrive.[réf. nécessaire]
Les Scrive se mêlèrent peu de politique à l'échelle du pays — encore que Laure Scrive, la fille d'Antoine Scrive-Labbe, épousât en 1837 le fils du futur sénateur comte Auguste Mimerel, puissant filateur roubaisien — on l'avait surnommé le « vice-roi du Nord » — qui tint sous le Second Empire le rôle officieux et généralement ignoré de chef du patronat français[18][réf. incomplète].

Il convient aussi de noter leurs liens d'amitié avec Adolphe Thiers, et leur refus déterminé du libre-échange. Ils exercèrent quelques mandats locaux, souvent de conseillers généraux ou municipaux ; ainsi Émile Scrive-Bonte (1852-1924), administrateur des mines d'Ans et Rocour, fut-il conseiller général du canton Nord de 1892 à 1908, après avoir été conseiller municipal de Lille[19] ; de même, Gustave Scrive-Thiriez fut maire de La Madeleine de 1935 à 1944, ce qui le plaça dans la position délicate d'avoir à administrer la ville sous l'occupation allemande[i].

Vie sociale et mécénat
modifierMalgré ou à cause des œuvres philanthropiques qu'elle soutint ou créa, comme la cité ouvrière de Marcq-en-Barœul, construite en 1854 par l'architecte Henri-Camille Tierce[20] et toujours existante, Paul Lafargue, député de la 1re circonscription de Lille de 1891 à 1893, et gendre de Marx[j], l'attaqua vivement dans son célèbre Droit à la paresse[k].

Les Scrive reçurent à Lille, en leur hôtel particulier de la rue du Lombard, la visite de plusieurs souverains curieux des progrès de l'industrie. Ce fut Charles X en 1827, Louis-Philippe Ier et la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles en 1833, accompagnés de Léopold Ier et Louise d'Orléans, roi et reine des Belges ; puis, en 1853 et 1868, Napoléon III.

Ils accueillirent également des écrivains et des artistes : Victor Hugo, Chopin, Saint-Saëns, Massenet, le violoniste et compositeur Eugène Ysaÿe, Eugénie-Émilie Juliette Folville, les pianistes Alfred Cortot et Francis Planté, Raoul Pugno, Paul Viardot, Alphonse Hasselmans, professeur de harpe au Conservatoire de Paris, le violoniste et chef d'orchestre Pierre Sechiari, les sculpteurs Antoine Laurent Dantan, Théophile Bra et Théodore Rivière, et d'autres personnages comme Don Bosco, le fondateur de la congrégation des Salésiens[21].

L'hôtel Scrive à Lille
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L'hôtel particulier des Scrive, communément appelé « hôtel Scrive », sis à Lille au 1, rue du Lombard, date essentiellement du XIXe siècle, bien que son origine soit plus ancienne (XVIIe et XVIIIe siècles).

Certains aménagements intérieurs datent de la Belle Époque — quand ils ne sont pas plus récents encore[22] .

En 1974, il fut cédé par ses derniers propriétaires, M. et Mme Six-Corman[l] , au ministère de la Culture, qui y installa en 1979 le siège de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) des Hauts-de-France.
Il ouvre chaque année ses portes aux visiteurs lors des Journées européennes du patrimoine : on peut y admirer, entre autres, une surprenante salle de bain Art déco, devenue le secrétariat de la direction, ou encore une réplique au 7/9e de la bibliothèque du château de Malmaison due à Olivié Scrive-Masure, qui y fit installer, outre sa bibliothèque personnelle[m], des meubles de Bellanger achetés par son grand-père, Henri Scrive-Briansiaux de Milleville, qui provenaient du château si cher à l'impératrice Joséphine.

Comme les autres grandes familles de Lille, les Scrive ont apporté leur contribution à l'embellissement et au développement artistique de la cité. Ainsi une partie de la collection d'Augustin Ozenfant-Scrive[n],[23], composée d'objets médiévaux, a-t-elle été donnée par ses filles aux musées de Lille.

Les œuvres caritatives catholiques qui furent fondées, administrées ou financées par des membres de la famille Scrive sont trop nombreuses pour être citées ici[24]; il importe toutefois de voir qu'il ne s'agit pas d'actes charitables isolés, mais d'une mise en réseau des actions philanthropiques ayant un fondement religieux, à un moment de l'histoire de France où un processus de sécularisation et de laïcisation fragilise l'insertion dans la société des actions de bienfaisance à caractère religieux. De ce point de vue, le don de la comtesse Paul Boselli, née Scrive, de l'hôtel de l'intendance à l'évêché de Lille n'a rien d'anecdotique[25]. Un autre bâtiment porte le nom de Scrive : l'actuelle annexe de la préfecture de Lille, 12, rue Jean-sans-Peur occupe les bâtiments d'un ancien couvent de jésuites où se trouvait le Centre hospitalier des Armées Gaspard-Scrive, ainsi nommé, en 1913, pour honorer la mémoire de Gaspard-Léonard Scrive[o]. Il fut, en tant que chirurgien militaire et médecin-chef du corps expéditionnaire français durant la guerre de Crimée, l'expérimentateur et le propagateur de l'anesthésie au chloroforme[p]. On peut y admirer un spectaculaire escalier à double révolution (l'un des trois qui existent en France) datant de l'époque de l'occupation du lieu par les jésuites.
Demeures historiques
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Deux autres demeures historiques ayant temporairement appartenu aux Scrive méritent également d'être mentionnées, en plus de quelques châteaux (château du Buat dans les Yvelines, château de la Pilaterie dans le Nord, château de Montaclier dans le Puy-de-Dôme, château de Candes en Tarn-et-Garonne). D'abord, l'hôtel d'Ailly d'Aigremont, aujourd'hui résidence du général commandant la Force d'Action terrestre du territoire national, qui appartint à Antoine Scrive-Loyer : selon une anecdote, c'est le général de Gaulle lui-même qui en aurait demandé l'acquisition par l'armée en 1945 : il se rappelait les soirées qu'il y avait passées dans sa jeunesse. Et M. et Mme Olivié Scrive-Masure accueillirent le même général en 1940, dans le palais Rose du Vésinet, célèbre pastiche du Grand Trianon édifié au début du XXe siècle, qui fut tour à tour propriété du dandy Robert de Montesquiou et de l'excentrique marquise Casati, aux créanciers de laquelle les Scrive l'achetèrent en 1936, pour s'en séparer dans les années soixante-dix : l'un des derniers rêves de Joséphine Baker fut, dit-on, d'acquérir cette coûteuse folie fin-de-siècle[26].


La collection Descamps-Scrive, bien connue des bibliophiles, dispersée à la Galerie Petit (Paris) en , fut constituée par René Descamps-Scrive (1853-1924) et sa femme Claire Scrive (1857-1926)[q]. On leur doit une édition définitive et posthume des Trophées de José-Maria de Heredia, illustrée par Luc-Olivier Merson.
La branche Scrive-Crespel
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Antoine Scrive-Labbe avait un frère aîné, Désiré Scrive-Crespel, auquel il fut associé dans l'exploitation de la manufacture créée par leur père Scrive-Périez. Désiré, né en 1783, épousa en 1816 Charlotte Philippine Crespel (1796-1875)[r]: sa mort prématurée en 1826 fut la cause d'une redistribution des parts détenues par chacun dans les activités industrielles des Scrive. À une date imprécise, mais probablement proche de l'installation de la famille dans l'hôtel de la rue du Lombard (1821), fut fondée, en succession à Veuve Scrive & fils, la première société Scrive frères, entre Antoine et Désiré.
Quand Antoine se décida à passer en Angleterre afin d'y copier et rapporter la machine à fabriquer des cardes mécaniquement mis au point outre-Manche, il échangea avec Désiré une correspondance qui, conservée dans la propriété de Mme Bossut-Scrive, à Pont-a-Chin, fut détruite lors d'un incendie qui éclata durant la Grande Guerre.
À la mort de son mari Mme Scrive-Crespel céda ses droits dans l'industrie pour la somme de 1 million de francs, et déménagea dans son hôtel particulier de la rue des Tours [27]. Elle exploitera un tissage mécanique à Loos.
Son fils Frédéric Scrive-Bertin (1819-1899), avocat, fut lié aux milieux républicains du Douaisis par son mariage avec Louise Bertin (1822-1899), proche parente du député Charles Mention et de Charles Bertin, maire de Douai, et œuvra notamment au développement de la Société générale des secours mutuels de Douai. Il fut aussi l'auteur de nombreux articles consacrés à l'histoire de Lille sous l'Ancien Régime.

La société Réquillart et Scrive résulta du mariage de Paul Scrive[s] (1845-1892) avec Maria Fidéline Réquillart (1848-1927)[t]. Cette société, qui associait une filature à un tissage, employait dans les années 1890 un millier d'ouvriers.

Léon Scrive-Gualano (1875-1949) s'étant retiré de l'affaire, il exploita une manufacture de bonneterie.

Ajoutons enfin que Catherine Scrive (1796-1879), sœur des frères Désiré et Antoine, épousa Jean-Louis Lambry (1798-1865), filateur de coton à Lille. Son fils Édouard reprit la filature. On peut voir, au 31 de la rue de Thionville à Lille, la façade néo-flamande de l'hôtel Lambry-Scrive.

Liens de filiation entre les personnalités
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La consultation des Archives départementales du Nord permet d'établir les liens de filiation suivants.
- Jean Scrive (1598-1674) épouse Barbe Anne Masurel.
- Guilbert Scrive (11 décembre 1626 à Lille - 1674), maître charpentier, bourgeois par achat du 7 novembre 1653. Le 9 juillet 165 à Lille, il épouse Marie Dubus.
- Jean Scrive (1657-1706) épouse Marie Barbe Le Houcq.
- Hubert François Scrive (1680-1755), jurisconsulte, subdélégué de l'intendance à Lille, conservateur des hypothèques. Il épouse le à Lille (paroisse Saint-Maurice) Jeanne Françoise Marez.
- Albert Joseph (1709-1781) épouse en 1731 Marie Catherine Louise Crespel.
- François Albert Joseph Scrive (1731-1782), huissier de la Gouvernance. En 1752, il épouse Thérèse Joseph Dupire.
- Albert Scrive (1754-1803), membre du Conseil des Cinq-Cents, sous-préfet de Lille.
- François Albert Joseph Scrive (1731-1782), huissier de la Gouvernance. En 1752, il épouse Thérèse Joseph Dupire.
- Alexandre Joseph Scrive (1719-1787) épouse en 1748 Marie Rose Binon.
- Joseph Désiré Scrive (1757-1808), marchand-fripier puis fabricant manufacturier de cardes. Il épouse en 1787 Marie Catherine Périez.
- Désiré Scrive-Crespel
- Frédéric "Carlos" Scrive
- Antoine Scrive-Labbe (1789-1864), industriel. Il introduit la mécanisation dans la fabrication des cardes, puis la machine à filer dans les manufactures de tissage de lin. Il épouse en 1811 Henriette Désirée Labbe.
- Jules César Désiré Scrive (1813-1881), industriel du textile, chevalier de la Légion d'honneur. Le 7 août 1836 à Lille, il épouse Emélie Dominique Joseph Briansiaux de Milleville.
- Jules Émile Scrive (1837-1898), industriel et mécène[28]. Le 11 août 1866 à Lille, il épouse Mathilde Suzanne Loyer.
- Jules-Henri Scrive-Loyer (1872-1937), industriel, fondateur du Crédit immobilier de Lille, président de la commission départementale des sites et monuments et de la Commission historique du Nord.
- Albert Scrive (1846-1899) épouse Marie Adélaïde Paulis.
- Fernand Scrive (1879-1917), industriel. Fondateur et président de la société Nord-Aviation, il promeut le vol sans moteur et conçoit des planeurs qu'il fait voler sur ce qui deviendra l'aéroport de Lille-Ronchin.
- Jules Émile Scrive (1837-1898), industriel et mécène[28]. Le 11 août 1866 à Lille, il épouse Mathilde Suzanne Loyer.
- Laure Henriette Marie Anne Scrive (1817-1863) épouse en 1837 Antoine Mimerel, fils du sénateur Auguste Mimerel.
- Émile Charles Scrive (1825-1885) épouse en 1849 Clémence Eugénie Arsène Debuchy (1831-1899).
- Claire Sophie Léonie Scrive (1857-1926) épouse en 1877 René Descamps-Scrive (1853-1924).
- Jules César Désiré Scrive (1813-1881), industriel du textile, chevalier de la Légion d'honneur. Le 7 août 1836 à Lille, il épouse Emélie Dominique Joseph Briansiaux de Milleville.
- Désiré Scrive-Crespel
- Joseph Désiré Scrive (1757-1808), marchand-fripier puis fabricant manufacturier de cardes. Il épouse en 1787 Marie Catherine Périez.
- Albert Joseph (1709-1781) épouse en 1731 Marie Catherine Louise Crespel.
- Hubert François Scrive (1680-1755), jurisconsulte, subdélégué de l'intendance à Lille, conservateur des hypothèques. Il épouse le à Lille (paroisse Saint-Maurice) Jeanne Françoise Marez.
- Jean Scrive (1657-1706) épouse Marie Barbe Le Houcq.
- Louis Scrive (1631-1703) épouse Catherine Haze.
- Jean François Scrive (1654-1745) épouse Marie Prevost.
- Augustin Joseph Scrive (1691- ) épouse Marie Jeanne Turpin.
- Gaspar Joseph Scrive (1738-1814) épouse Marie Elisabeth Joseph Brongniart.
- Pierre Louis Joseph Scrive (1786-1857) épouse Sophie Joseph Debonte.
- Gaspard-Léonard Scrive (1815-1861), chirurgien militaire, officier de la Légion d'Honneur. Il fut l'un des précurseurs de l'anesthésie médicale.
- Jeanne Scrive (1857-1908), en littérature Jane de La Vaudère, femme de lettres de la Belle Époque.
- Gaspard-Léonard Scrive (1815-1861), chirurgien militaire, officier de la Légion d'Honneur. Il fut l'un des précurseurs de l'anesthésie médicale.
- Pierre Louis Joseph Scrive (1786-1857) épouse Sophie Joseph Debonte.
- Gaspar Joseph Scrive (1738-1814) épouse Marie Elisabeth Joseph Brongniart.
- Augustin Joseph Scrive (1691- ) épouse Marie Jeanne Turpin.
- Jean François Scrive (1654-1745) épouse Marie Prevost.
- Guilbert Scrive (11 décembre 1626 à Lille - 1674), maître charpentier, bourgeois par achat du 7 novembre 1653. Le 9 juillet 165 à Lille, il épouse Marie Dubus.
Armoiries
modifierLes armoiries anciennes de la famille Scrive, telles que décrites par l'armorial de 1696, sont les suivantes : coupé d'azur et d'argent, au lion coupe de l'un dans l'autre, lampassé de gueules, adextré en chef d'un croissant d'argent.[réf. nécessaire]
Les armes modernes de la famille, adoptées au XIXe siècle, sont les suivantes : de sinople au S d'or, accompagné de trois chardons du même, deux en chef et un en pointe.[réf. nécessaire]
Hommages
modifierL'Hôpital militaire Scrive a été ainsi nommé, de 1914 à sa fermeture en 1998, pour honorer la mémoire du docteur Gaspard-Léonard Scrive, chirurgien militaire lillois, médecin chef de l'armée française lors de la guerre de Crimée, médecin général inspecteur des armées, et précurseur de l'anesthésie.

Plusieurs municipalités ont voulu rendre hommage à la famille :
- rue Gustave Scrive à La Madeleine, en hommage à Gustave Scrive, maire de La Madeleine dans les années 1930[29] ;
- rue Scrive à Marcq-en-Barœul où se trouvent les cités Scrive créées par les frères Scrive en 1854[30].
- square Jane de La Vaudère à Parigné-l'évêque[31], village de la Sarthe où se trouve le château de la Vaudère. La femme de lettres y vécut après son mariage, et continua d'y revenir régulièrement après son installation à Paris. Elle y puisait une part de son inspiration.

Pour approfondir
modifierBibliographie
modifier- Frédéric Barbier, Le Patronat du Nord sous le Second Empire : une approche prosopographique, Genève, Droz, 1989.
- Louis Bergeron, Les Rothschild et les autres… La gloire des banquiers, Paris, Perrin, 1991. [Pour le chapitre consacré au développement du Crédit du Nord]
- André Delavenne (publié sous la direction de), Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne , Paris, 1954. [Deux séries correspondant à deux volumes : la généalogie Scrive est traitée dans la première série]
- L. Detrez, Le Palais épiscopal de Lille, Lille, Raoust, s.d.
- Paul Denis du Péage, Recueil de généalogies lilloises, 1907-1908. [Donne la généalogie de la famille Scrieck]
- André-Louis Dunham (trad. de l'anglais par Louis Blanchard), La Révolution industrielle française, Paris, M. Rivière, 1953.
- Claude Fohlen, L'Industrie textile au temps du Second Empire , Paris, Plon,1956.
- Marcel Gillet, Les Charbonnages du nord de la France au XIXe siècle, Paris-La Haye, Mouton, 1973.
- Jean Lambert-Dansette, Quelques familles du patronat textile de Lille-Armentières (1789-1914) : origines et évolution d'une bourgeoisie, E. Raoust, (lire en ligne)
- [Thèse de doctorat au sujet extrêmement fouillé, qui fournit d'abondantes informations ponctuelles sur les familles en question, ainsi que des analyses générales sur l'évolution de ce milieu social]
- Jean Lambert-Dansette, La Vie des chefs d'entreprise (1830-1880), Paris, Hachette, 1992.
- Augustin Hamon, Les Maîtres de la France, 3 volumes, Paris, Éditions sociales internationales, 1936-1938. [Une virulente critique des dynasties industrielles françaises, dans l'esprit de la dénonciation des 200 familles, par un membre de la SFIO].
- Jean-Pierre Hirsch, Les Deux rêves du commerce et de l'industrie. Entreprise et institution dans la région lilloise (1780-1860), Paris, éd. de l'EHESS, 1992. [Étude de l'univers mental des négociants et industriels lillois]
- Christiane Lesage et Thierry Petitberghien, L'hôtel Scrive à Lille, collection Itinéraires du Patrimoine no 298, édité par l'association Christophe Dieudonné. [Présentation, enrichie de nombreuses illustrations, d'un corps de bâtiments à l'histoire complexe, aujourd'hui siège de la DRAC du Nord-Pas-de-Calais]
- Jean Lhomme, La Grande Bourgeoisie au pouvoir (1830-1880), Paris, PUF, 1960.
- Anne Mémet-Scrive, La Légende des Scrive. Le roman d'une grande famille lilloise, Lille, Ravet-Anceau, 2010.
- Pierre Pierrard, La Vie ouvrière à Lille sous le Second Empire, Paris, Bloud & Gay, 1965.
- Pierre Pouchain, Les Maîtres du Nord du XIXe siècle à nos jours, Paris, Perrin, 1998.
- B. Schaeffer, Dictionnaire des femmes du Nord, Lille, Publi-Nord, 2003.
- Marcel Scrive, Antoine Scrive-Labbe et ses descendants, imp. de l'Ouest, Angers, 1945.
- [Généalogie détaillée de la branche Antoine Scrive-Labbe, menée jusqu'à la sixième génération ; beaucoup d'anecdotes précieuses. L'ouvrage n'était pas destiné à la commercialisation ; un exemplaire disponible à la Bibliothèque municipale de Lille]
- Bonnie G. Smith, Ladies of the leisure class. The Bourgeoises of Northern France in Nineteenth Century, Princeton, Princeton University Press, 1981. Trad. française : Les Bourgeoises du Nord, Paris, Perrin, 1989.
- [Par une historienne américaine, étude inspirée de la psychanalyse et de la sociologie critique de Thorstein Veblen, de la condition féminine dans la haute bourgeoisie industrielle du Nord qui remet en cause certaines idées reçues ; plusieurs pages consacrées aux filles et épouses de la famille Scrive]
- Didier Terrier et Claudine Wallart (édité par), Jules Émile Scrive, Carnets d'un patron lillois 1879-1881, Représentations du quotidien, Lille, éd. du Septentrion, 2009.
- Louis Trénard, Histoire de Lille, 3 tomes, Toulouse, Privat, 1970.
Fonds d'archives
modifierArticles connexes
modifier- Philippe Scrive (né en 1927), sculpteur franco-canadien[32].
- Jane de La Vaudère, nom de plume de Jeanne Scrive.
- Famille Bigo-Danel
- Famille Pollet
- Hellemmes
Liens externes
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ L'original, en marbre, fait partie des collections du Palais des Beaux-Arts de Lille.« buste d'Antoine Scrive-Labbe par Bra », sur Palais des Beaux-Arts de Lille (consulté le )
- ↑ Une tradition fait en effet remonter l'origine de la famille à la Florence du XIVe siècle, et rattache le nom de Scrive à celui de la rivière Scrivia , qui coule en Ligurie : à cette époque, un orfèvre aurait alors quitté la Toscane pour s'établir à Bruxelles. Aucun document connu ne permet toutefois, à ce jour, de donner à cette filiation une base historique. Il importe néanmoins de la rappeler dans la mesure où elle s'est transmise de génération en génération, constituant par là-même, et quelle que soit sa véracité, un véritable mythe familial au sens de la psychologie transgénérationnelle, dont la fonction est de participer à la construction symbolique de l'identité de la famille. On se reportera par exemple à André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, volume 1, Paris, 1954, p.391 ; ou au Bulletin de la Commission historique du Nord, tome LIX, 2008-2009, p.313.
- ↑ On distingue la bourgeoisie par achat, comme son nom l'indique achetée par son titulaire, de la bourgeoisie par relief, relevée par le fils dont le père a le statut de bourgeois.
- ↑ La prononciation et l'orthographe de ce nom semble varier de Labbé à Labbe avec e muet : les membres de la famille nés avant la Deuxième Guerre mondiale privilégiaient le e muet, mais les deux prononciations et les deux orthographes sont recevables.
- ↑ La correspondance échangée entre Antoine et son frère Désiré se trouvait dans le château de la petite-fille de ce dernier, Louise Bossut-Scrive, à Pont-à-Chin, quand celui-ci fut détruit par un incendie lors de la Première Guerre mondiale.
- ↑ Cet hôtel particulier ne doit pas être confondu avec l'Hôtel Bidé de la Grandville, situé rue de Thionville
- ↑ C'est le début de l'apparition de grandes entreprises dans le Nord. Encore sont-elles fort peu nombreuses : Le Blan à Péren chies, Scrive-Labbe à Lille, Malo-Dickson à Dunkerque, Mahieu à Armentières accru progressivement la taille de sa filature de lin, allant jusqu'à 8000 broches en 1848.
- ↑ Ignace Henri Désiré Scrive, dit Désiré Scrive-Bigo (1812-1895) exerça jusqu'à sa mort, outre les fonctions de censeur de la Banque de France et d'administrateur des Mines de Lens, celle de vice-président du Crédit du Nord.
- ↑ Une rue de la Madeleine porte d'ailleurs son nom. Sa femme, Marie-Louise Thiriez, était la petite-fille de Julien Thiriez-Dupont (1808-1863), fondateur de la célèbre filature JTPF (Julien Thiriez père & fils), laquelle deviendra, en 1925, la société TCB (Thiriez Cartier-Bresson), puis fusionnera en 1961 avec la DMC (Dollfus Mieg & Cie).
- ↑ Il en avait épousé, en 1868, la deuxième fille, Laura.
- ↑ On lit à la note 7 du pamphlet : « Au premier Congrès de bienfaisance tenu à Bruxelles, en 1857, un des plus riches manufacturiers de Marquettes, près de Lille, M. Scrive, aux applaudissements des membres du congrès, racontait, avec la plus noble satisfaction d'un devoir accompli : « Nous avons introduit quelques moyens de distraction pour les enfants. Nous leur apprenons à chanter pendant le travail, à compter également en travaillant. Cela les distrait et leur fait accepter avec courage ces douze heures de travail qui sont nécessaires pour leur procurer des moyens d'existence » — Douze heures de travail, et quel travail ! imposées à des enfants qui n'ont pas douze ans ! — Les matérialistes regretteront toujours qu'il n'y ait pas un enfer pour y clouer ces chrétiens, ces philanthropes, bourreaux de l'enfance ! ». L'usine dont il est question est un tissage mécanique de toiles, créé en 1839 et transféré à Marquette en 1846. Jules Scrive-Briansiaux de Milleville (1813-1885) en ayant repris la gestion en 1855, c'est probablement lui que visent les philippiques de Lafargue.
- ↑ M. et Mme Charles Six-Corman. Charles Six était le petit-fils de Georges Scrive-Lisnard (1843-1898) et le fils d'Édouard Six-Scrive (1860-1912), filateur de laine à Tourcoing et à Mouscron en Belgique.
- ↑ Celle-ci fut dispersée à l'hôtel Drouot le 6 juin 1942.
- ↑ Augustin Ozenfant (1834-1894), mari d'Henriette Scrive (1842-1867), tint une place importante à Lille dans le domaine intellectuel. En tant qu'administrateur des musées et président de la section d'archéologie, il fut à l'origine de la reconstitution de la chapelle du vieux palais des ducs de Bourgogne (la salle dite du conclave), connu aujourd'hui sous le nom de palais Rihour. Aux fêtes du Centenaire (1892), le président Sadi Carnot lui remit la croix de chevalier de la Légion d'honneur
- ↑ Gaspard Léonard Pierre Louis Joseph Scrive est né le du mariage de Pierre Louis Joseph Scrive (1786-1857) et de Sophie Joseph Debonte (1787-1875) où Pierre Louis Joseph Scrive est le fils de Gaspard Joseph Scrive (1739-1805)
- ↑ De concert avec un autre chirurgien militaire : Jean-Baptiste Baudens (1804-1857).
- ↑ Claire Scrive était la petite-fille d'Antoine Scrive-Labbe, et, par sa mère, celle du fabricant d'étoffes lillois François Debuchy-Lemaire (1792-1859), dont la brillante carrière industrielle fut récompensée par la croix de la Légion d'honneur, fait assez rare sous la monarchie de Juillet ; elle contribua personnellement à la construction et à l'embellissement de l'église du Sacré-Cœur à Lille.
- ↑ Elle était la fille de Frédéric Louis Crespel, marchand cirier, et de Charlotte Carlier.
- ↑ Sa sœur Louise-Marie Scrive (1843-1910) épousa Paul Bossut (1830-1911), industriel de la chicorée, beau-frère de l'industriel Louis Motte-Bossut, le commanditaire de la célèbre Fabrique monstre. Sa sœur cadette, Mathilde Scrive (1852-1932) épousa Maurice Bourgeois, 4e vicomte de Jessaint (1853-1930), issu d'une dynastie de préfets, petit-fils d'Adrien-Sébastien de Jessaint.
- ↑ Le frère de Mme Scrive-Requillart, Félix Réquillart-Roussel, recueillit son neveu prématurément orphelin Albert Roussel.
Références
modifier- ↑ Paul Denis du Péage, Recueils de généalogies lilloises, tome 3, p. 1083. « Généalogie de la famille Scrieck », sur Gallica (consulté le ).
- 1 2 Pierre Pouchain, Les Maîtres du Nord du XIXe siècle à nos jours, Paris, 1898, p.26-27.
- ↑ Paul Denis du Péage, ibid., p. 1384.
- ↑ Philippe Scherpereel, « Gaspard Scrive, un pionnier de l'anesthésie et de la chirurgie de guerre », sur le site www.philippe-scherpereel.fr, 2011-2023 (lire en ligne).
- ↑ Lambert-Dansette 1954, p. 16.
- ↑ Annuaire statistique du département du Nord pour l'an XI de la République 1802-1803, p. 50, lire en ligne.
- ↑ Georges Lepreux, Nos Représentants sous la révolution (1789-1799), Lille, 1898, p.231.
- ↑ Lambert-Dansette 1954, p. 328.
- ↑ La firme Fleming, Birkby and Goodall y fabriquaient en effet des cardes depuis 1785. Cf. Gillian Cookson , The Age of Machinery. Engineering the Industrial Revolution, 2018, p.190.
- ↑ « Amos Whittemore », sur Bibliothèque de l'Université du Massachusetts à Amherst (consulté le )
- ↑ Un filé est un fil destiné au tissage.
- ↑ Lambert-Dansette 1954, p. 15.
- ↑ Lambert-Dansette 1954, p. 16-17.
- ↑ Lambert-Dansette 1954, p. 126.
- ↑ Frédéric Barbier, Le Patronat du Nord sous le Second Empire : une approche prosopographique, Genève, Droz, 1989, p. 354.
- ↑ Ancien aérodrome - janvier 2013 (anciens-aerodromes.com)
- ↑ Journal de Roubaix du 29/08/1909 (bn-r.fr)
- ↑ Jean Piat, Quand Mimerel gouvernait la France, Roubaix, Maison du livre, 1992 ; et Roger Priouret, Origines du patronat français, Paris, Grasset, 1963, p.???.
- ↑ Voir l'article nécrologique que lui consacre La Revue hebdomadaire du Nord du 24 janvier 1924.
- ↑ L'oeuvre talentueuse de l'architecte Henri-Camille Tierce (Lille 1822 - id. 1860) est mal connue, du fait de sa mort prématurée à l'âge de 38 ans. On lui doit entre autres les plans de l'église Saint-Vaast de La Bassée, en collaboration avec Charles Leroy. Cf. Répertoire historique des contemporains, tome 1, Paris 1861, p.332-333.
- ↑ On peut se reporter aux souvenirs de Marcel Scrive-Delessale, dans son ouvrage généalogique (voir bibliographie). Pour les relations avec les musiciens cités, cf. de Guy Gosselin, La Symphonie dans la cité : Lille au XIXe siècle, Paris, 2012, p.295.
- ↑ « Hôtel Scrive », notice no PA00107593, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Marcel Nicolle, Catalogue des objets d'art et de curiosité composant la donation Ozenfant, imp. Lefebvre-Ducrocq, 1894.
- ↑ On ne peut que renvoyer à Marcel Scrive, idem, passim.
- ↑ Marcel Scrive,idem, p.111
- ↑ André de Fouquières, Cinquante ans de panache, Paris, Horay, 1957,
- ↑ L'ensemble de ces informations sont données par Marcel Scrive-Delessale, in Antoine Scrive-Labbe et sa descendance, Angers, 1945, p.11-12, 15, 25.
- ↑ Didier Terrier, Claudine Wallart (sous la direction de), Jules Émile Scrive. Carnets d'un patron lillois 1879-1891. Représentations du quotidien, Presses Universitaires du Septentrion, 2009, 470 pages.
- ↑ « La petite vitesse colle au nom de la rue Scrive, à La Madeleine », sur le site du quotidien La Voix du Nord, (consulté le ).
- ↑ « Les cites Scrive - Rues du Midi, Scrive et du Nord. Architecte : Tierce 1854 », sur le site de la mairie de Marcq-en-Barœul (consulté le ).
- ↑ « L'histoire locale s'invite aux Journées du patrimoine », sur journal Ouest-France (consulté le )
- ↑ Duhamel-Ouest-les gens font sa richesse, 1911-2011. (ouvrage collectif), Municipalité de Duhamel-Ouest, 2011, p.195.