Famille de Coustin
La famille de Coustin est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du Limousin. Sa filiation documentée remonte à Guillaume Coustin, seigneur du Chassaing, vivant en 1364.
| Famille de Coustin | ||
Armes de la famille. | ||
| Blasonnement | D'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné de gueules | |
|---|---|---|
| Devise | Dulciter et fortiter | |
| Branches | du Chassaing et du Puymartin (éteinte) de Bourzolles et de Caumont (éteinte) du Masnadaud |
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| Période | XIVe siècle – XXIe siècle | |
| Origine | Limousin | |
| Allégeance | Royaume de France | |
| Pays | France | |
| Fiefs tenus | Le Chassaing Le Masnadaud Bourzolles Berbiguières Puymartin Oradour Sazeirat |
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| Demeures | Château de Bourzolles Château de Berbiguières Château de Sazeirat |
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| Charges | Conseillers d'État gentilshommes de la Chambre pages de la Petite Écurie conseiller général |
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| Fonctions militaires | Capitaines d'hommes d'armes officiers de l'armée de Condé |
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| Preuves de noblesse | ||
| Réformation de la noblesse | Maintenue noble en 1666 et 1667 | |
| Autres | Comparution aux assemblées de la noblesse en 1789 admission à l'ANF en 1982 |
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Elle a formé trois principales branches, établies en Limousin, en Quercy et en Périgord : celles du Chassaing et du Puymartin, de Bourzolles et de Caumont, et du Masnadaud. Cette dernière est la seule subsistante.
Histoire
modifierOrigines
modifierUn Robert de Coustin, auquel est attribuée une participation à la septième croisade en 1248, est représenté dans les salles des Croisades du château de Versailles. Il y figure parmi les chevaliers ayant accompagné le roi Louis IX en Terre sainte[1],[2]. Aucun lien généalogique continu n'est toutefois établi entre ce croisé et la lignée documentée à partir du XIVe siècle.
En 1364, Guillaume Coustin reconnut devoir à l'abbaye d'Uzerche une rente assise sur sa seigneurie du Chassaing, située à Saint-Vitte-sur-Briance. Son fils et héritier, Jean Coustin, qualifié de noble et de damoiseau, est mentionné dans une sentence de 1419. Il rendit hommage au seigneur de Donzenac en 1437 et testa en 1461[1],[3].
Les généalogies anciennes divergent sur la répartition exacte des générations immédiatement postérieures à Jean Coustin. Elles rattachent néanmoins à cette souche les trois principales branches du Chassaing, de Bourzolles et du Masnadaud[1],[4].
Branche du Chassaing et du Puymartin
modifierGilles Coustin, damoiseau, est donné comme l'auteur de la branche aînée. Sa descendance posséda notamment les seigneuries du Chassaing et du Puymartin. Le Chassaing demeura dans la famille jusqu'en 1624[5].
Cette branche s'éteignit au XIXe siècle avec Pierre-Charles-Louis de Coustin, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, mort en 1841, et sa fille, mariée au marquis de Roffignac[1].
Branche de Bourzolles et de Caumont
modifierPierre Coustin, seigneur de La Floyère et d'Avignac, épousa en 1458 Martheline, également appelée Mathilde, du Bosc, héritière de Bourzolles, près de Souillac. Il rendit hommage pour cette seigneurie au vicomte de Turenne en 1463 puis en 1486[1],[6]. Le château actuel fut vraisemblablement construit à la fin du XVe siècle, à proximité de l'ancien castrum dont la tour était alors ruinée[6].
Son arrière-petit-fils François de Coustin, seigneur de Bourzolles et connu sous le titre de vicomte de Carlux, fut conseiller d'État et gentilhomme de la Chambre du roi. Son mariage, célébré en 1574 avec Françoise de Caumont, héritière de la baronnie de Berbiguières, entraîna l'adoption du nom de Caumont par plusieurs de leurs descendants et l'écartèlement de leurs armes avec celles de cette maison[1],[4].
Jean de Coustin de Bourzolles, comte de Carlux et baron de Berbiguières, fut maintenu dans sa noblesse le 7 mai 1667 par un jugement rendu en Périgord par le subdélégué de l'intendant de Bordeaux. La terre de Berbiguières, saisie par ses créanciers en 1705, fut ensuite acquise par la duchesse de Noailles[1].
La descendance d'Armand de Coustin de Caumont de Bourzolles forma deux rameaux. Le premier s'éteignit avec Pierre de Coustin, vicomte de Bourzolles, mort sans postérité en 1837. Le second s'éteignit avec Casimir de Coustin, comte de Bourzolles, mort sans enfant le 3 mai 1851[1].
Branche du Masnadaud
modifierGonin Coustin est donné comme l'auteur de la branche du Masnadaud. Son fils Foucaud Coustin épousa le 10 janvier 1490 Isabeau de Fougeyrac, héritière de la seigneurie du Masnadaud, située à Pageas. Leur fils Louis Coustin, seigneur du Masnadaud, de Maschalard et de Fougeras, épousa Louise de Lambertye en 1533[1]. Le Masnadaud resta entre les mains de la famille jusqu'en 1921[5].
Antoine-Charles de Coustin du Masnadaud, marié en 1655 à Charlotte de Reilhac, fut maintenu dans sa noblesse le 10 novembre 1666 par jugement de l'intendant de Limoges[1].
En 1687, François de Coustin du Masnadaud épousa Marie-Anne de Bermondet, héritière de la seigneurie d'Oradour. Cette alliance fit également entrer dans le chartrier familial une partie des archives de la famille de Bermondet[1],[7].
Le mariage de François-Annet de Coustin du Masnadaud avec Marie-Anne Philip de Saint-Viance, en 1772, apporta à la famille le fief et le château de Sazeirat, situés à Arrènes[5],[8]. François-Annet avait été admis parmi les pages de la Petite Écurie en 1763. Il devint ensuite gouverneur des pages et gentilhomme de la Chambre de Monsieur. Il comparut à l'assemblée de la noblesse de Limoges en 1789, émigra en 1790 et commanda les gentilshommes limousins servant dans l'armée de Condé[1],[5].
Son fils Charles-Claude de Coustin du Masnadaud, né en 1779, fut maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse sous la Restauration. Trois représentants de cette branche furent par ailleurs reçus dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem aux XVIIe et XVIIIe siècles[1].
La branche du Masnadaud subsiste au XXIe siècle. Jean de Coustin du Masnadaud, mort en 2009, conservait le chartrier familial étudié par l'historien Christian Remy[7]. La famille a été admise en 1982 à l'Association d'entraide de la noblesse française[9].
Liens de filiation entre les personnalités
modifierLa filiation simplifiée ci-dessous présente les principales branches retenues par les travaux généalogiques publiés. Les sources anciennes divergent sur le nombre et la place de certaines générations du XVe siècle[1],[4].
- Guillaume Coustin, seigneur du Chassaing, vivant en 1364 ;
- Jean Coustin, damoiseau, seigneur du Chassaing, marié à Françoise du Chastaing, mort après 1461 ;
- Gilles Coustin, damoiseau, marié à Marguerite Mérillarde, auteur de la branche du Chassaing et du Puymartin, éteinte au XIXe siècle ;
- Pierre-Charles-Louis de Coustin, chevalier de Saint-Louis, mort en 1841, dernier représentant masculin de cette branche ;
- Pierre Coustin, seigneur de La Floyère et d'Avignac, marié en 1458 à Martheline du Bosc, héritière de Bourzolles ;
- François de Coustin de Bourzolles, seigneur de Bourzolles ;
- François de Coustin de Bourzolles, vicomte de Carlux, baron de Berbiguières, marié en 1574 à Françoise de Caumont ;
- Jean de Coustin de Bourzolles, comte de Carlux et baron de Berbiguières, maintenu noble en 1667 ;
- Armand de Coustin de Caumont de Bourzolles, marié en 1669 à Jeanne de Coste de La Calprenède ;
- Antoine de Coustin, auteur d'un rameau éteint en 1837 ;
- Armand-Gautier de Coustin de Caumont, auteur d'un rameau éteint en 1851 ;
- François de Coustin de Bourzolles, vicomte de Carlux, baron de Berbiguières, marié en 1574 à Françoise de Caumont ;
- François de Coustin de Bourzolles, seigneur de Bourzolles ;
- Gonin Coustin, auteur de la branche du Masnadaud ;
- Foucaud Coustin, marié en 1490 à Isabeau de Fougeyrac, dame du Masnadaud ;
- Louis Coustin, seigneur du Masnadaud, marié en 1533 à Louise de Lambertye ;
- Antoine-Charles de Coustin du Masnadaud, marié en 1655 à Charlotte de Reilhac, maintenu noble en 1666 ;
- François de Coustin du Masnadaud, marié en 1687 à Marie-Anne de Bermondet, héritière d'Oradour ;
- François-Annet de Coustin du Masnadaud (1747-1798), marié en 1772 à Marie-Anne Philip de Saint-Viance ;
- Charles-Claude de Coustin du Masnadaud (né en 1779), maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse ;
- Henri de Coustin du Masnadaud (né en 1831), marié en 1862 à Marie de Félix du Muy ;
- Louis de Coustin du Masnadaud (né en 1879), marié en 1909 à Marie de Larminat ;
- branche subsistante.
- Louis de Coustin du Masnadaud (né en 1879), marié en 1909 à Marie de Larminat ;
- Henri de Coustin du Masnadaud (né en 1831), marié en 1862 à Marie de Félix du Muy ;
- Charles-Claude de Coustin du Masnadaud (né en 1779), maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse ;
- François-Annet de Coustin du Masnadaud (1747-1798), marié en 1772 à Marie-Anne Philip de Saint-Viance ;
- François de Coustin du Masnadaud, marié en 1687 à Marie-Anne de Bermondet, héritière d'Oradour ;
- Antoine-Charles de Coustin du Masnadaud, marié en 1655 à Charlotte de Reilhac, maintenu noble en 1666 ;
- Louis Coustin, seigneur du Masnadaud, marié en 1533 à Louise de Lambertye ;
- Foucaud Coustin, marié en 1490 à Isabeau de Fougeyrac, dame du Masnadaud ;
- Gilles Coustin, damoiseau, marié à Marguerite Mérillarde, auteur de la branche du Chassaing et du Puymartin, éteinte au XIXe siècle ;
- Jean Coustin, damoiseau, seigneur du Chassaing, marié à Françoise du Chastaing, mort après 1461 ;
Personnalités
modifier- François de Coustin de Bourzolles, vicomte de Carlux et baron de Berbiguières, conseiller d'État et gentilhomme de la Chambre du roi, actif à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle[1],[4] ;
- François-Annet de Coustin du Masnadaud (1747-1798), page de la Petite Écurie, gouverneur des pages, gentilhomme de la Chambre de Monsieur et officier de l'armée de Condé[1],[5] ;
- Charles-Claude de Coustin du Masnadaud (né en 1779), maire d'Oradour et conseiller général de la Creuse sous la Restauration[1] ;
- François de Coustin (né en 1956), journaliste, essayiste et biographe, lauréat du Grand Prix de la Fondation Napoléon en 2025[10],[11].
Possessions
modifierLes principales possessions des différentes branches comprennent :
- le Chassaing, à Saint-Vitte-sur-Briance, documenté dans la famille à partir de 1364 et conservé jusqu'en 1624[1],[5] ;
- le Puymartin, possession de la branche aînée[1] ;
- le Masnadaud, à Pageas, entré dans la famille par mariage en 1490 et conservé jusqu'en 1921[1],[5] ;
- le château et la seigneurie de Bourzolles, près de Souillac, entrés dans la famille au XVe siècle[1],[6] ;
- le château et la baronnie de Berbiguières, apportés en 1574 par Françoise de Caumont et saisis par les créanciers de la famille en 1705[1] ;
- la seigneurie d'Oradour, apportée par Marie-Anne de Bermondet en 1687[1],[7] ;
- le château et le fief de Sazeirat, à Arrènes, entrés dans la famille par mariage en 1772[5].
Alliances
modifierLes principales alliances de la famille de Coustin sont [1],[3],[7] : du Chastaing, Mérillarde, du Bosc (1458), de Fougeyrac (1490), de Jaucourt (1517), de Lambertye (1533 et 1624), de Pierre-Buffière (1554), de Caumont de Berbiguières (1574), de Jussac (1591), de Ferrières de Sauvebœuf (1621), de Reilhac (1655), de Royère (1663), de Coste de La Calprenède (1669), de Lentilhac (1681), de Bermondet (1687), de Beauroyre (1706), de Chevigné, de Beynac, de Lestrade, d'Arlot, Philip de Saint-Viance (1772), de Sanzillon (1838), de Félix du Muy (1862) et de Larminat (1909).
Armes et devises
modifierLes armes principales de la famille sont : « D'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné de gueules »[1],[3],[5].
La branche de Bourzolles et de Caumont écartelait ces armes avec celles de la maison de Caumont : « D'azur à trois léopards d'or, armés, lampassés et couronnés de gueules, posés l'un sur l'autre »[1],[5].
La devise générale est Dulciter et fortiter (« Avec douceur et courage »). La branche de Bourzolles employait également Quamdiu spirabo, sperabo (« Tant que je respirerai, j'espérerai »)[1].
Les armes attribuées à Robert de Coustin sont représentées dans les salles des Croisades du château de Versailles. Celles de la famille figurent également sur un vitrail du XIXe siècle de l'église de Pageas[5].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 12, Évreux, Charles Hérissey, , 223-226 p. (lire en ligne)
- ↑ Charles Gavard, Galeries historiques du palais de Versailles, vol. 2, t. 6, Paris, (lire en ligne), « Armoiries de la salle des Croisades », p. 371
- 1 2 3 Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 3, Paris, Les Éditions héraldiques, , 98-99 p. (lire en ligne)
- 1 2 3 4 Aymar de Saint-Saud, Recherches sur le Périgord et ses familles : III. Généalogies périgourdines, Bergerac, Imprimerie générale du Sud-Ouest, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Jacques Jalouneix, L'Héraldique du Limousin du XIIe au XXIe siècle : Deuxième partie : Armorial général du Limousin, École pratique des hautes études, (lire en ligne), p. 196
- 1 2 3 « Château de Bourzolles », sur Plateforme ouverte du patrimoine, ministère de la Culture (consulté le )
- 1 2 3 4 Christian Remy, « Les archives au château. Pour une réévaluation des chartriers privés (Limousin, Périgord, Angoumois) », Patrimoines du Sud, no 15, (DOI 10.4000/pds.7496, lire en ligne)
- ↑ Ambroise Tardieu, Grand dictionnaire historique, généalogique et biographique de la Haute-Marche, Herment, Imprimerie de C. Drouot, (lire en ligne), articles « Arrènes » et « Sazeirat »
- ↑ « La table des familles », sur Association d'entraide de la noblesse française (consulté le )
- ↑ « François de Coustin », sur Cairn.info (consulté le )
- ↑ « Prix d'histoire et bourses d'études 2025 », sur Fondation Napoléon, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 12, Évreux, Charles Hérissey, , 223-226 p. (lire en ligne).
- Aymar de Saint-Saud, Recherches sur le Périgord et ses familles : III. Généalogies périgourdines, Bergerac, Imprimerie générale du Sud-Ouest, (lire en ligne).
- Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, t. 3, Paris, Les Éditions héraldiques, , 98-99 p. (lire en ligne).
- Jacques Jalouneix, L'Héraldique du Limousin du XIIe au XXIe siècle : Deuxième partie : Armorial général du Limousin, École pratique des hautes études, (lire en ligne), p. 196.
- Christian Remy, « Les archives au château. Pour une réévaluation des chartriers privés (Limousin, Périgord, Angoumois) », Patrimoines du Sud, no 15, (DOI 10.4000/pds.7496, lire en ligne).