Famille de Jerphanion

famille française

La famille de Jerphanion est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du Velay sous l'Ancien Régime et qui correspond au département de la Haute Loire aujourd'hui. Son nom vient du hameau du même nom (épellé Gerphagnon, Jerphanion, ou Jerphagnon) le long de la rivière Lignon du Velay.

de Jerphanion
Image illustrative de l’article Famille de Jerphanion
Armes de la famille.
Blasonnement D'azur au chevron d'or accompagné en pointe d'un lys d'argent, tigé et feuillé de sinople ; au chef dentelé d'or, chargé d'un lion léopardé de gueules.
Période XIIe siècle - à nos jours
Origine Velay
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Demeures Hôtel de Jerphanion - Cambacérès
Charges Préfet
Fonctions militaires Chevalier
Fonctions ecclésiastiques Archevêque d'Albi
Récompenses civiles Baron d'Empire

Ordre National du Merite
Ordre des Palmes Academiques
Ordre des Arts et des Lettres
Academie des Technologies

Récompenses militaires Ordre de la Légion d'honneur

Croix de la Valeur Militaire

Preuves de noblesse
Autres Secrétaire du roi (1718-1719)

Elle compte parmi ses membres des chevaliers, des syndics, un préfet, des hommes d'église, des hommes de science, et un philosophe. La famille est influencée par l'éducation jésuite aux XIXe et XXe siècles.

Histoire de 1180 a 1527

modifier

Le premier membre connu de cette famille est Johan de Jerphanion (né vers 1180). Son fils Jacme de Jerphanion (1215 - 1263) devint chevalier du Baron de Mahun. Ils sont tous les deux nés au hameau de Jerphanion au pied de la Croix du Suc de Barry. Ce mandement de Mahun, appelé Saint-Symphorien-de-Mahun, faisait partie du Velais avant d'être rattaché au pays de Vivarais qui correspond au département de l'Ardèche aujourd'hui.

La famille se fixa a Loucéa dans le Velay à partir de Jean de Jerphanion (1310). Son fils Jacques de Jerphanion (1350) y fit batir le mas de Jerphanion dont le nom subsista. On dit davantage aller à Jerphanion que d'aller à Loucéa, partie de la commune de Saint-Maurice-de-Lignon[1].

Michel de Jerphanion (1415) prit part à la Guerre de Cent Ans dans les troupes des Maubourg, famille noble d'un autre mas de Saint-Maurice-de-Lignon. Le chateau La Tour-Maubourg peut être visité encore aujourd'hi. Les terres de Michel furent dévastées par l'ennemi. Il revint à peu près ruiné. Ses trois fils (Barthelemy, Jean et Maurice) durent reconstruire péniblement leur fortune.

La particule tomba avec Barthélémy Jerphanion (né vers 1460 et mort en 1527) qui devint paysan. Il cultiva ses terres à Loucéa et eut trois fils: Claude, Maurice, et Jean.

Histoire de la branche ainée (Claude)

modifier

Claude Jerphanion (1485 - 1547) figure au mariage de son suzerain et seigneur de Saint Quentin, Christophe de Faÿ, avec Marguerite Malet de La Tour Maubourg. Les La Tour-Maubourg lui viennent en aide. L'histoire de la famille Jerphanion est liée a l'histoire de cette famille aux XVIe et XVIIe siècles. Jean Jerphanion (1562) épouse Claudette de Faÿ de la Tour-Maubourg. Hector Jerphanion (1570 - 1631) épouse Florie de la Pomme et meurt laissant un fils Hector et une fille Marguerite. Hector Jerphanion (1615 - 1648), docteur en droit, devint le chatelain de la Tour-Maubourg. Il laisse un fils: Antoine.

Antoine Jerphanion (1639 - 1719), d'abord avocat au parlement de Toulouse en 1662, achète en 1682 la charge de syndic du pays du Velay[2], puis le , celle, anoblissante, de conseiller-secrétaire du roi en la chancellerie de Paris[3] . Il quitte Saint-Maurice-de-Lignon pour installer sa famille au Puy-en-Velay.

Jean de Jerphanion (1680 - 1747)[4], épouse Anne de Cambacérès (1686 - 1765) et reprend la particule. L'hotel particulier Jerphanion-Cambacérès peut etre visité encore aujourd'hui dans la ville du Puy.

La famille de Jerphanion exercera durant cinq générations, jusqu'en 1790, la charge de syndic du pays du Velay. Cette branche de la famille a obtenu un titre de baron en 1810[3].

Guillaume de Jerphanion (1877 - 1948) est probablement le membre le plus connu de cette branche. Il était un jésuite, archéologue et byzantiniste français. Il est surtout connu pour son étude monumentale en cinq volumes des églises rupestres de Cappadoce (Une nouvelle province de l'art byzantin, 1925-1942), ouvrage qui fait toujours référence dans ce domaine.

Histoire de la branche cadette (Maurice)

modifier

Maurice Jerphanion (1490 - 1540) continue de cultiver des terres dans la région du Velay et s'étend au nord de Saint-Maurice-de-Lignon à Confolent. La famille reste dans le Velay jusqu'à la Révolution ou l'écriture du nom change: Jerphagnon. De multiples orthographes peuvent etre apercues encore aujourd'hui aux cimetieres de Saint-Maurice-de-Lignon ou le Chambon-sur-Lignon ou les différentes branches de la famille de Jerphanion sont encore presentes. La region du Velay correspond au departement de la Haute-Loire.

Jacques Jerphagnon (1779) est cultivateur à Mérau. Francois Jean-Jacques Jerphagnon (1834 - 1913) s'installe a Brinay dans le Centre - Val de Loire. Edouard Blaise Jerphagnon (1860 - 1930) s'installe à Foecy. Cette branche est connue pour ses hommes de science et de lettres: Edouard Emile Jerphagnon (1891 - 1975), Lucien Jerphagnon (1921 - 2011) et Jean Jerphagnon (1936 - 2005).

Lucien Jerphagnon est probablement le membre le plus connu de cette branche. Il était un philosophe et historien français de la philosophie antique, spécialiste de la pensée grecque et romaine, professeur à l'université de Caen ou il a eu notamment Michel Onfray pour élève. Luc Ferry lui succèda à la chaire de philosphie de Caen. Disciple de Vladimir Jankélévitch et éditeur de Saint Augustin dans la Pléiade, dont la traduction fait toujours reference, Il est reconnu pour avoir su rendre la philosophie ancienne vivante auprès d'un large public. Ses manuscrits sont a la Bibliotheque de France.

Personnalités

modifier

Les principales personnalités de la famille de Jerphanion sont[5]:

  • Jacme de Jerphanion (né en 1215), chevalier du Baron de Mahun dans les régions historiques du Velay et Vivarais. Le Chateau de Mahun controllait cette region importante pour le commerce du XIème au Xième siecle sur les bords du Rhone (par la revière Cance) et de la Loire (par la rivière Lignon).
  • Antoine Jerphanion (1639-1719), avocat au parlement de Toulouse en 1662, achète en 1682 la charge de syndic du pays du Velay[2], puis le , celle de conseiller-secrétaire du roi a Paris[3].
  • Gabriel-Joseph de Jerphanion (1758-1832), premier préfet de la Lozère (1800-1802), préfet de la Haute-Marne (1802-1815), chevalier d'Empire en 1808, baron d'Empire en 1810 titre confirmé en 1815 et 1816 par le roi Louis XVIII, décoré de la Légion d'honneur et de l'ordre de Sainte-Anne.
  • Jacques-Antoine de Jerphanion (1760-1823), curé de l'église de la Madeleine, à Paris, et chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • Jean-Joseph-Marie-Eugène de Jerphanion (1796-1864), archevêque d'Albi.
  • Jules de Jerphanion (1807-1894), légitimiste il correspond avec le « comte de Chambord », à Lyon il s'occupe d'œuvres catholiques et charitables.
  • Guillaume de Jerphanion (1877-1948), jésuite français, byzantiniste, épigraphiste, géographe, photographe, linguiste, archéologue, élu en 1947 à l'Institut de France comme membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est le premier à avoir entrepris un travail systématique d'exploration et d'études en Cappadoce.
  • Alban de Jerphanion (1901-1976), jésuite français au Liban, recteur de l'université Saint-Joseph de Beyrouth, tué par un groupe armé en 1976[6].
  • Cécile de Jerphanion (1914-2008), infirmière de la Croix-Rouge française, enseigne de vaisseau de 2e classe de la Marine nationale, cofondatrice avec dix infirmières volontaires du groupe des « Marinettes » au sein de la 2e division blindée du Général Leclerc, pour participer à toute la campagne de la Libération de la France, de la Normandie à l’Allemagne, en passant par Paris[7].
  • Lucien Jerphagnon (1921-2011), érudit, historien et philosophe français, spécialiste de la philosophie grecque et romaine. ses manuscrits sont receuillis à la Bibliotheque de France. Membre de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, il est proche de Vladimir Jankélévitch, de Jean Orcibal, de Paul Veyne, et de Jacqueline de Romilly.
  • Jean Jerphagnon (1936-2005), ingénieur et scientifique français d'education jésuite, cofondateur de l'Académie des Technologies et créateur de l'association Opticsvalley. Après sa mort, un prix annuel portant son nom a été créé pour récompenser l'innovation dans l'optique et la photonique.
  • Dauphine de Jerphanion (1958-2013), styliste et mannequin[8],[9].
  • Guillaume de Jerphanion, colonel de l'Armée de terre, ancien aide de camp du président de la République Jacques Chirac.
  • Laurent de Jerphanion, capitaine de vaisseau, chef du bureau « stratégie politique » au sein de l'état-major de la Marine nationale militaire française.

Demeures et châteaux

modifier
  • Hameau de Jerphanion à Saint-Symphorien-de-Mahun
  • Mas de Jerphanion à Saint-Maurice-de-Lignon
  • Hôtel de Jerphanion - Cambacérès (1725), au Puy-en-Velay[10]

Armes, devise, titres

modifier
  • Armes: La revue de la Terre vellave et brivadoise précise que le nom de Jerphanion a consonnance grec etait commun dans la region. En effet toute la region vivaroise est parsemmee de noms grecs laisses par les Orientaux dans leur passage. Ce qu'il faut retenir est qu'en 1180, ils étaient déjà nobles de petite noblesse (grade de chevalier). Sous quelle forme gagnèrent-ils cette noblesse (services rendus au roi ou à l'église), aucun chercheur n'a pu mettre à jour cette caractéristique. Mais leurs armoiries étaient déjà connues : 'd'azur au chevron d'or accompagné en pointe d'un lys d'argent, tigé et feuillé de sinople ; au chef deArntelé d'or, chargé d'un lion léopardé de gueules.

La famille de Jerphanion avait des armes anciennes enregistrées en 1696, différentes des armes actuelles qui ont été prises en 1816 par Gabriel-Joseph de Jerphanion. Plus tard au XIXe siècle, la branche aînée de la famille de Jerphanion a écartelé ses armes avec celles de la famille Sanhard de Sasselange.

  • Devise : E coelo mihi candor (Du ciel me vient ma blancheur)
  • Titres : chevalier du Royaume (1242), chevalier d'Empire (1808), baron d'Empire (1810)

Alliances

modifier

Les principales alliances de la famille de Jerphanion sont : Mahun, Maubourg, de Cambacérès (1706), Allut, Sanhard de Sasselange (1859), de Cholier de Cibeins, Dalamel de Bournet (1899, 1904), Daru.

Notes et références

modifier
  1. « La Terre vellave et brivadoise », sur Presse Locale Ancienne (consulté le )
  2. 1 2 Discours/Cérémonie, sur le site etats-du-languedoc.univ-montp3.fr.
  3. 1 2 3 Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 105.
  4. Jean de Jerphanion, dans sa charge de syndic des États du Velay in René Bore, Les bleds achetés par le diocèse du Puy en 1694, Cahiers de la Haute-Loire 2014-2015
  5. Jean Baptiste P. Jullien de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France .., Au Bureau général de la noblesse de France, (lire en ligne), p. 326
  6. « LE PÈRE ALBAN DE JERPHANION EST TUÉ PRÈS DE BEYROUTH », Le Monde, (lire en ligne).
  7. la-dernière-mari, sur secretdefense.blogs.liberation.fr, le .
  8. (en) Joelle Diderich and Jennifer Weil, « Dauphine de Jerphanion, Thierry Mugler Muse, Dies in Paris », sur Women's Wear Daily, (consulté le ).
  9. Peggy Frey, « Rêves de créateurs », sur Madame Figaro, (consulté le ).
  10. (en-GB) « Histoire de la maison – Hotel de Jerphanion Cambacérès », sur hotel-jerphanion-cambaceres.fr (consulté le )

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier