Famille de Lastours

La famille de Lastours est une famille noble française du Limousin. Elle tire son nom de la seigneurie de Lastours, située dans l'actuelle commune de Rilhac-Lastours, en Haute-Vienne. Son histoire est liée à l'une des principales baronnies du Limousin, à la justice de Nexon et à plusieurs lignages alliés ou substitués ayant relevé le nom ou les armes de cette maison. Elle n'a aucun rapport avec la ville de Lastours, dans l'Aude, ni avec ses quatre châteaux. Elle est également distincte des familles Auderic de Lastours, Gauzence de Lastours, Dor de Lastours ou Lastours de Bernarde.

Famille de Lastours
Image illustrative de l’article Famille de Lastours
Armes de la famille.
Blasonnement D'azur, semé de fleurs de lys d'or, à trois tours d'argent brochantes[1] Plus couramment d'azur à trois tours d'argent, cantonnées de six fleurs de lys d'or, 3,2 et 1.
Devise « Impatiens pugnæ »
Impatient de combattre[2]
Période Xe siècle – XIXe siècle
Origine Limousin
Allégeance Royaume de France
Fiefs tenus Lastours, Nexon, Pompadour, Hautefort
Demeures Château de Lastours, Château de Pompadour, Château de Hautefort
Charges Conseillers, chambellans et gentilshommes de la chambre du roi[3]
Fonctions militaires Chevaliers croisés[4]
Preuves de noblesse
Admis aux honneurs de la Cour Honneurs de la Cour en 1789 pour les David de Lastours[5]
Alliances Malemort, Aubusson, Born, Noailles, Cosnac, Béthune, Abzac, David de Vanteaux

Historique

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La famille de Lastours, également appelée Las Tours ou Las Tors, trouve ses origines dans la seconde moitié du Xe siècle, selon les traditions généalogiques rapportées à partir de Geoffroy de Vigeois[1],[6]. Ces traditions placent parmi les premiers personnages connus Gulferius, ou Gouffier Ier de Lastours, puis Guy Ier de Lastours, dit Tête-Noire, auquel est attribuée une alliance avec Engalcie de Malemort[1]. Les données anciennes doivent toutefois être employées avec prudence, les chroniques médiévales mêlant souvenirs lignagers, traditions monastiques et reconstructions généalogiques[6]. La succession des premiers Lastours est liée à la famille de Laron, possessionnée autour de Saint-Julien-le-Petit. Aloarz de Lastours, héritière de Guy Ier, épouse Aymar ou Adhémar Ier de Laron, dans le premier quart du XIe siècle. Leur fils Guy II de Lastours assure la continuation des seigneurs de Lastours, tandis qu'une autre descendance poursuit la lignée des comtors de Laron[7],[8]. Les formes anciennes Las Tours ou Las Tors sont également attestées dans les travaux consacrés à Gouffier de Lastours[9]. Guy II de Lastours, fils d'Adhémar de Laron et d'Aloarz de Lastours, épouse Agnès de Chambon. Leur fils Gouffier II de Lastours, également appelé Goufier, Golfier ou Gulpher, est connu comme chevalier limousin de la première croisade[4]. Son souvenir est développé dans les traditions littéraires de la croisade, notamment autour de la Chanson d'Antioche et du cycle légendaire du chevalier au lion[9]. Les Lastours-Laron deviennent progressivement l'une des familles importantes du Limousin par leurs alliances. Ils se rattachent notamment aux Born lorsque Agnès de Lastours, héritière d'une branche de la famille, épouse Constantin de Born vers le milieu du XIIe siècle. Les descendants de cette alliance relèvent à leur tour le nom et les armes des Lastours[8],[3]. Cette succession complexe explique la continuité du nom de Lastours malgré plusieurs transmissions par les femmes ou par clauses de substitution[3]. La seigneurie de Lastours est qualifiée, dans une enquête de 1463 relative à la justice de Nexon, de l'une des principales baronnies du Limousin. Le document cité par Gilles de Blignières mentionne la baronnie de Lastours comme « première et principale » parmi quatre baronnies du Limousin, avec Pierrebuffière, Châteauneuf et Malemort[10]. Cette mention relève d'une procédure seigneuriale du XVe siècle et doit être comprise comme un témoignage documentaire contextualisé, non comme une hiérarchie féodale générale valable pour toutes les périodes[10]. En 1177, lors de la bataille de Malemort, les seigneurs de Lastours sont mentionnés parmi les lignages limousins associés aux vicomtes de Limoges et de Comborn contre les routiers installés à Malemort[11]. L'épisode est rapporté par les traditions médiévales limousines, mais les chiffres transmis par la tradition doivent être utilisés avec prudence[11]. Aux XIIIe et XIVe siècles, la seigneurie de Lastours est progressivement partagée entre plusieurs coseigneurs. En 1260, Pierre Jaubert et Seguin de Lastours apparaissent comme coseigneurs de Lastours dans un arbitrage concernant Flavignac et Les Cars[10]. Le morcellement des droits seigneuriaux explique l'affaiblissement progressif de la maison primitive et la multiplication des transmissions à des lignages alliés[10],[3]. En 1354, Gouffier de Lastours lègue une partie de ses droits à ses parents ou neveux, dans un contexte de partage seigneurial. Jean de Gain, chevalier, seigneur de Gain, est présenté comme héritier de son oncle Gouffier de Lastours, chevalier, seigneur de Lastours et de Linards ; par testament de 1354, ce dernier lui lègue notamment la terre de Linards et la dîme de Nexon[12]. D'autres droits sur Lastours et Nexon passent aux Campagne ou Champaignes, qui relèvent le nom de Lastours[10]. Au XVe siècle, Jean de Campagne de Lastours, seigneur de Lastours et de Nexon, cherche à faire reconnaître ses droits sur la justice de Nexon dans une procédure portée devant le Parlement de Paris contre les représentants de la vicomtesse de Limoges[10]. L'enquête de 1463 rappelle les limites de la châtellenie de Lastours, ses droits de justice, ses mesures, ses péages et l'exercice de la juridiction à Nexon[10]. Jean de Lastours est dit conseiller du roi Charles VII dans une lettre de 1453 citée par Gilles de Blignières[10]. À l'époque moderne, le nom de Lastours est relevé par la famille de David de Vanteaux, devenue David de Lastours par alliance et possession de la seigneurie. Chaix d'Est-Ange mentionne notamment Charles de David, seigneur de Lastours, marié en 1686, puis Jean-Charles de David, qualifié de marquis et comte de Lastours et de premier baron du Limousin[5]. La notice signale aussi plusieurs alliances avec la famille d'Abzac, notamment en 1660 et 1815, et rattache cette maison à des preuves de noblesse au XVIIIe siècle[5]. Germain de David, marquis de Lastours, né au château de Lastours en 1730, et Charles de David, comte de Lastours, né en 1732, sont à l'origine de deux rameaux[5]. François de David, marquis de Lastours, fils de Germain, est admis aux honneurs de la Cour le 17 février 1789[5],[13]. Les terres de La Douze et de Vergt, héritées de la branche aînée des d'Abzac de La Douze, donnèrent lieu à un long procès qui s'acheva en 1811[3].

Alliances

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La famille de Lastours s'est alliée à travers les siècles avec les familles de Malemort, de Pierre-Buffière, de Chambon, d'Aubusson, de Gain, de Comborn, d'Aixe, de Flamenc, de Born, de Châteauneuf, de Chavina, de Campagne, de Saint-Jal, de Montbrun, de Lascoux, Hélie de Coulonges, de Noailles, de Cosnac, de Bourdeille, de Béthune,d'Abzac, de Bony de Lavergne, de Bonneval, de David de Vanteaux et Cramouzaud-Donnarieix[3].

Armes de la famille de Lastours.

Les armoiries attribuées anciennement à la famille de Lastours sont : de gueules, à un bras armé d'or, mouvant du côté sénestre de l'écu et tenant une épée nue d'argent en pal, à la garde et poignée d'or[1]. Ce blason est rattaché dans les nobiliaires à Gouffier de Lastours et à la tradition de la première croisade[4]. Les armes les plus généralement données pour la famille de Lastours sont : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à trois tours d'argent brochantes[1]. Elles figurent également dans le Grand armorial de France d'Henri Jougla de Morenas[14]. La tradition héraldique explique les trois tours soit par les trois mottes castrales primitives du château de Lastours, soit par les principales possessions associées à la famille, notamment Lastours, Pompadour et Hautefort[1],[14]. Les fleurs de lys auraient été ajoutées en signe de fidélité au roi de France[14]. Le blason de Gouffier de Lastours, d'or à trois forces de sable, figure dans les Galeries historiques du palais de Versailles de Charles Gavard, parmi les armes représentées dans les salles des Croisades[15]. Le nom de Lastours est rapproché des formes occitanes Las Tors ou Las Tours, signifiant « les tours »[9]. La devise Impatiens pugnæ, traduite par « impatient de combattre », est attribuée aux David de Lastours dans l'armorial d'Alfred de Froidefond de Boulazac[2]. Elle concerne donc la branche moderne ayant relevé le nom de Lastours, et non nécessairement la maison médiévale primitive de Lastours[5].

Châteaux

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Le château de Lastours, siège de la famille de Lastours.

La famille de Lastours a possédé ou tenu des droits sur plusieurs châteaux et seigneuries, notamment[3] :

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Joseph Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, vol. 3, Limoges, Veuve H. Ducourtieux, (lire en ligne), p. 479
  2. 1 2 Alfred de Froidefond de Boulazac, Armorial de la noblesse du Périgord, vol. 2, Périgueux, Imprimerie de la Dordogne, (lire en ligne), p. 392
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Jean-Louis Ruchaud et Jean Bonhomme de Montaigut, Généalogies limousines et marchoises, vol. 8 : de Lastours et Merlin, Mayenne, Éditions régionales de l'Ouest, , 260 p. (ISBN 978-2-85554-075-7, présentation en ligne)
  4. 1 2 3 François Arbellot, Les chevaliers limousins à la première croisade (1096-1102), Paris, R. Haton, (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 6 Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, vol. 13 : Cun-Des, Évreux, Charles Hérissey, (lire en ligne), p. 150-153
  6. 1 2 Jean-Loup Lemaître, « Famille et parenté dans la chronique de Geoffroy de Vigeois : Geoffroy généalogiste », dans Famille et parenté, Toulouse, Privat, (lire en ligne), p. 31-64
  7. Louis Guibert, Laron. Topographie, archéologie, histoire, Limoges, Veuve H. Ducourtieux, (lire en ligne), p. 17-21
  8. 1 2 3 Généalogie de la Maison d'Hautefort, Niort, Léon Clouzot, (lire en ligne)
  9. 1 2 3 Antoine Thomas, « Le roman de Goufier de Lastours », Romania, vol. 34, no 133, , p. 55-65 (DOI 10.3406/roma.1905.5381, lire en ligne)
  10. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Gilles de Blignières, « Les seigneurs de Lastours et la justice de Nexon en 1463 », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, vol. CXXXVIII, , p. 105-135 (lire en ligne)
  11. 1 2 « Les seigneurs de Malemort », sur Les Amis de Malemort (consulté le )
  12. 1 2 Gilles de Blignières, « À propos de deux abbés de Cadouin », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXXXVII, , p. 75-81 (lire en ligne)
  13. Henri de Woelmont, Les marquis français : nomenclature de toutes les familles françaises subsistantes ou éteintes depuis l'année 1864, portant le titre de marquis, Paris, Champion, (lire en ligne), p. 81
  14. 1 2 3 Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, vol. 4, Paris, Les Éditions héraldiques, , p. 421
  15. Charles Gavard, Galeries historiques du palais de Versailles, vol. 6, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne), p. 272
  16. « Ruines du château de Lastours », notice no PA00100425, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture

Pour approfondir

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Bibliographie

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  • Joseph Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, vol. 3, Limoges, Veuve H. Ducourtieux, (lire en ligne).
  • Louis Guibert, Laron. Topographie, archéologie, histoire, Limoges, Veuve H. Ducourtieux, (lire en ligne).
  • Généalogie de la Maison d'Hautefort, Niort, Léon Clouzot, (lire en ligne).
  • François Arbellot, Les chevaliers limousins à la première croisade (1096-1102), Paris, R. Haton, (lire en ligne).
  • Antoine Thomas, « Le roman de Goufier de Lastours », Romania, vol. 34, no 133, , p. 55-65 (DOI 10.3406/roma.1905.5381, lire en ligne).
  • Gilles de Blignières, « Les seigneurs de Lastours et la justice de Nexon en 1463 », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, vol. CXXXVIII, , p. 105-135 (lire en ligne).
  • Gilles de Blignières, « À propos de deux abbés de Cadouin », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXXXVII, , p. 75-81 (lire en ligne).
  • Jean-Louis Ruchaud et Jean Bonhomme de Montaigut, Généalogies limousines et marchoises, vol. 8 : de Lastours et Merlin, Mayenne, Éditions régionales de l'Ouest, , 260 p. (ISBN 978-2-85554-075-7, présentation en ligne).
  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, vol. 13 : Cun-Des, Évreux, Charles Hérissey, (lire en ligne).
  • Alfred de Froidefond de Boulazac, Armorial de la noblesse du Périgord, vol. 2, Périgueux, Imprimerie de la Dordogne, (lire en ligne).
  • Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, vol. 4, Paris, Les Éditions héraldiques, .
  • Charles Gavard, Galeries historiques du palais de Versailles, vol. 6, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne).

Articles connexes

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