Famille de Montmoret
La famille de Montmoret, ou Montmorot, est une famille de la noblesse de Franche-Comté, d'extraction féodale, attestée à partir du XIe siècle. Vicomtes de Lons-le-Saunier et seigneurs de Montmorot dans le Jura, ses membres sont attestés en Franche-Comté et en Bourgogne. La branche seigneuriale principale est généralement considérée comme éteinte au Moyen-Âge, tandis que la branche des seigneurs de Pélagey, Licona et Rotalier est attestée par les sources jusqu'au XVIIe siècle. Au delà, la continuité d'autres branches fait l'objet d'appréciations divergentes selon les auteurs.
| Famille de Montmoret de Montmorot | ||
Armes de la famille. | ||
| Fondateur | Thibert de Montmoret ou Montmorot | |
|---|---|---|
| Période | XIe – XVIIe siècle | |
| Origine | Franche-Comté | |
| Allégeance | Comté de Bourgogne Duché de Bourgogne |
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| Pays | Comté de Bourgogne | |
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Patronyme
modifierSelon les sources et les auteurs, les formes « Montmoret » et « Montmorot » sont toutes deux employées pour désigner les membres de la famille. Maurice de Puymège considère à ce titre « Montmoret » comme une simple variante de « Montmorot »[1].
Certains auteurs emploient les deux graphies selon les passages ou les ouvrages, comme François Ignace Dunod de Charnage[2] au XVIIIe siècle et Ernest Petit (Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, 1898-1903)[3].
La graphie « Montmoret » est notamment utilisée par Jules Chifflet (1650)[4] et Jean-Baptiste Guillaume dans son Histoire généalogique des Sires de Salins (1757)[5], puis reprise par plusieurs auteurs, notamment Alphonse Rousset (Dictionnaire géographique, historique, et statistique des communes de la Franche-Comté, 1856)[6] et Roger de Lurion (Nobiliaire de Franche-Comté, 1890)[7], qui distingue également une famille dite « de Montmorot », ou encore dans le Grand armorial de France (1948).
La graphie « Montmorot », attestée dans les sources médiévales, est employée par plusieurs historiens, parmi lesquels Louis Gollut (1592)[8], Maurice Chaume (1943)[9], Jean Richard dans Les Ducs de Bourgogne et la formation du duché (1954)[10], René Locatelli (1992)[11], Jean-Luc Mordefroid (1984)[12], Serge Chenevoy (1982) et Jean-Marie Croizat (2004). Elle apparaît dans les documents francs-comtois et, plus fréquemment encore, dans les sources bourguignonnes relatives aux membres de la famille établis ou possessionnés en Bourgogne.
Origines
modifierLes sources médiévales permettent d’identifier les premiers membres attestés de la famille à partir du XIe siècle, tandis que les hypothèses relatives à leur ascendance demeurent discutées par les historiens.
Dans Les Nibelungen historiques du Jura, Jean-Marie-Croizat reconstitue les premières générations de la famille à partir du cartulaire de Saint-Marcel-lès-Chalon[13]. Celui-ci mentionne Hugues de Superalios comme père de Hugues et Thibert de Montmorot, ancêtre des premiers seigneurs de ce nom. Il rapporte également qu'avant 1077, Hugues de Superalios restitua l'église Saint-Aignan de Ruffey-sur-Seille au prieuré de Saint-Marcel, puis qu'aux environs de 1080 sa veuve Audeberge renouvela cette restitution avec ses fils Thibert, Robert, Humbert et Hugues de Montmorot[14].
L'historien franc-comtois Alphonse Rousset mentionne lui aussi Thibert parmi les premiers personnages connus de la famille. Il le qualifie de vicomte de Lons et indique qu'il vend avec Guy de Scey, l'église de Scey à Bernard, abbé de Baume, puis qu'il cède en 1083 l'Église Saint-Désiré de Lons-le-Saunier[6] au même abbé.
Alphonse Rousset estime que la seigneurie de Montmorot fut partagée au XIe siècle entre la branche aînée des comtes de Bourgogne, seigneurs de Bourg-le-Comte ou Bourg-Dessus, et une branche cadette, seigneurs de Bourg-le-Sire ou Bourg-Dessous, dont les membres portèrent le titre de vicomtes et de sires de Montmorot. Il souligne toutefois que cette origine commune n'est pas démontrée de manière formelle, tout en précisant qu'elle repose selon lui sur des présomptions équivalant à la certitude[6].
L’abbé Maurice Chaume, dans un échange daté de 1928 avec Georges de Montmorot, estime que les premiers sires de Montmorot, vicomtes de Lons, descendent vraisemblablement, directement ou indirectement, d'une lignée issue des comtes de Bourgogne. Il précise toutefois que cette hypothèse reste théorique en raison de l’insuffisance des sources antérieures à 1100[15].
Cette hypothèse s’inscrit dans le contexte des pratiques successorales du comté de Bourgogne. François-Ignace Dunod de Charnage rappelle ainsi que l’ancienne coutume du comté de Bourgogne permettait de doter les puînés de portions de seigneurie relevant de l’aîné[16]. Maurice de Puymège applique cette interprétation au cas des Montmorot en faisant d’Hugues de Superalios un fils de Renaud Ier de Bourgogne, bénéficiaire en apanage de la seigneurie de Montmorot et de la vicomté de Lons[17].
Une autre hypothèse, reprise notamment par Roger de Lurion, rattache la famille de Montmoret à celle de Scey[7], en reprenant une proposition formulée au début du XIXe siècle par Nicolas-Antoine Labbey de Billy[18].
Le général Jean-Tiburce de Mesmay reprend également cette hypothèse, mais il y associe l’idée selon laquelle Thibert Ier, vicomte de Lons et vassal du comte Guillaume Ier de Bourgogne, aurait reçu en apanage l'immense terre de Montmorot, reprenant ainsi un élément caractéristique de la tradition rattachant les sires de Montmorot au lignage des comtes de Bourgogne[19].
Jean-Marie-Croizat propose enfin une reconstruction lignagère rattachant les premiers seigneurs de Montmorot à la famille des seigneurs de Bâgé et aux vicomtes de Beaune[14].
Histoire
modifierL’ouvrage « Châteaux et vieilles demeures en Franche-Comté » décrit le château de Montmorot comme le centre d’une « châtellenie importante du domaine comtal »[20].
Des travaux consacrés aux bourgs castraux franc-comtois soulignent que les seigneurs de Ruffey-sur-Seille apparaissent au XIe siècle comme les « vicomtes de Montmorot ». Les auteurs de ces recherches rattachent le développement de Ruffey-sur-Seille à un important ensemble castral organisé autour d’un château, d’un bourg fortifié et de plusieurs établissements religieux[21].
Au XIIe siècle, les seigneurs de Montmorot apparaissent parmi les principales familles de l’aristocratie châtelaine du Jura méridional. L’historien René Locatelli les décrit comme des « vicomtes de Lons-le-Saunier » associés aux sires de Salins, aux Cuiseaux, ainsi qu’aux lignages liés aux comtes de Bourgogne et de Vienne dans le mouvement de colonisation monastique des hautes terres jurassiennes[11].
Selon René Locatelli et Jean-Luc Mordefroid, Thibert II de Montmorot et ses successeurs jouent un rôle important dans la fondation et la dotation de plusieurs établissements religieux, notamment la chartreuse de Bonlieu et l'abbaye du Grandvaux à partir des années 1170[11],[12].
Les membres de la famille sont attestés dans de nombreux actes de donation et d’hommage envers des établissements religieux de Bourgogne et de Franche-Comté, notamment les abbayes de Cîteaux, Baume-les-Messieurs, Château-Chalon, du Miroir et du Grandvaux, ainsi que les chartreuses de Bonlieu et de Vaucluse[5].
René Locatelli indique également que les seigneurs de Montmorot interviennent dans les conflits de défrichement, de pâturages et de juridictions opposant les maisons religieuses du Jura au tournant des XIIe et XIIIe siècles. Il mentionne notamment Thibert de Montmorot, Humbert de Montmorot et Jacques de Montmorot, dit Aragon, parmi les représentants du lignage engagés dans les affaires politiques et religieuses régionales[11].
L'érudit franc-comtois Jules Chifflet rapporte, d'après un nécrologe de la cathédrale Saint-Etienne de Besançon, la mention de Jean de Montmoret, chevalier et maire de Besançon, auquel sont attribuées des donations au chapitre de Saint-Etienne[4]. Maurice de Puymège situe ce personnage sous la graphie « Montmorot » vers 1200[17].
Au début du XIIIe siècle, Pierre de Montmoret, ou Montmorot, époux de Béatrix de Coligny, est également attesté parmi les représentants du lignage. Les sources relatives à cette période témoignent de la poursuite des donations et des relations entretenues par la famille avec les établissements religieux durant tout le XIIIe siècle[5],[20].
Cette présence ancienne du lignage dans l'aristocratie franc-comtoise et ses relations avec les principales institutions ecclésiastiques de la région sont également relevées par Jean-Baptiste Guillaume, qui décrit la famille de Montmoret comme l'une des plus anciennes et des plus distinguées du comté de Bourgogne[5]. Il indique que ses membres partageaient, avec les comtes de Bourgogne et d'autres grands seigneurs francs-comtois, l'honneur d'avoir leurs sépultures dans la cathédrale Saint-Etienne de Besançon »[22]. La famille est également mentionnée parmi les casati, familles nobles liées au chapitre de la cathédrale[23],[24].
Transmission des principales seigneuries aux Vienne
modifierAu tournant des XIIIe et XIVe siècles, les principales possessions de la famille, notamment les seigneuries de Montmorot et de Ruffey[21], passent à la famille de Vienne par le mariage d'Hugues V de Vienne avec Marguerite de Montmoret[5] ou Montmorot, dame de Montmorot et de Ruffey[25].
Selon Jean-Claude Jeanjacquot, l’organisation des possessions des Vienne au début du XIVe siècle reflète largement l’étendue des domaines des Montmorot à la fin du XIIIe siècle, hérités par cette alliance[26].
Gérard Pelot replace l’échange de la seigneurie de Montmorot en 1324, réalisé par Guillaume de Vienne, fils d'Hugues V de Vienne et de Marguerite de Montmoret, ou Montmorot, en faveur de la comtesse Jeanne de Bourgogne, dans un vaste mouvement de recomposition patrimoniale lié aux difficultés financières de la famille de Vienne et les nombreuses aliénations de ses domaines au tournant des XIIIe et XIVe siècles. Parallèlement, les Chalon affermissent progressivement leur domination dans le Jura méridional, tandis que les Vienne réorientent leur puissance vers la Bresse et le duché de Bourgogne[25].
A partir de la fin du XIIIe siècle, plusieurs membres de la famille sont attestés dans l'espace bourguignon comme baillis, châtelains, capitaines ou officiers ducaux et comtaux, ainsi qu’au sein des institutions ecclésiastiques et de la noblesse seigneuriale locale.
Richard de Montmoret ou Montmorot est attesté entre 1278 et 1297 comme bailli de Dijon du duc Robert II de Bourgogne[10]. Dans une charte de 1297 citée par le père jésuite Claude-François Ménestrier, il est qualifié, sous la graphie « Montmorot », de « chevalier lay »[27]. L’historien Jean Richard indique par ailleurs, également sous la graphie « Montmorot », que ce Richard de Montmorot, bailli de Dijon, appartenait à « une lignée comtoise fort ancienne », illustrant ainsi les liens entre les lignées de Franche-Comté et le service ducal bourguignon[10]. L’abbé Maurice Chaume et Ernest Petit le mentionnent aussi, sous les deux graphies, parmi les officiers du duc de Bourgogne[9],[3].
La documentation bourguignonne des XIIIe et XIVe siècles cite encore plusieurs autres membres de la famille dans l’entourage des ducs de Bourgogne et des comtes de Bourgogne. Etienne de Montmoret est ainsi documenté entre 1321 et 1341 comme chevalier, seigneur à La Chapelle-lès-Sennevoy et bailli de Tonnerre[28]. Le même Etienne, ou un homonyme, est mentionné comme procureur du duc au comté de Bourgogne, en 1339[28].
Des membres de la famille demeurent attestés en Bourgogne tout au long des XIVe et XVe siècles, notamment dans la région de Laperrière-sur-Saône. Guillaume de Montmoret[29] ou Montmorot[30], écuyer, apparaît en 1346 à l’occasion du partage de la succession de sa femme Jeanne de Mailly, issue de la famille seigneuriale de Laperrière.
Maurice de Puymège rattache cette branche de Laperrière aux seigneurs de Genlis en la faisant descendre de Richard de Montmorot, bailli de Dijon, conformément à la reconstitution proposée par Georges de Montmorot[17].
Serge Chenevoy, indique que les Montmorot sont établis à Laperrière, importante châtellenie frontalière située entre le duché de Bourgogne et les terres comtoises. Il relève notamment que la famille de Montmorot apparaît parmi les lignages nobles associés à la défense du château durant les conflits qui affectent la région à la fin des années 1350[30]. Il souligne également que les comptes de la châtellenie mentionnent Guillaume de Montmorot, parmi les nobles chargés de la défense du château de Laperrière entre 1339 et 1360, tandis qu’Huguenin de Montmorot est qualifié d’ancien capitaine de la place en 1383. La position stratégique de Laperrière, au contact des espaces bourguignons et comtois, conférait alors à cette forteresse un rôle essentiel dans la surveillance et la protection de la vallée de la Saône.
D’autres membres de la famille sont ensuite attestés par Serge Chenevoy dans la région, notamment Huguenin de Montmorot, qualifié de « messire de Laperrière » en 1436, puis Thibaut de Montmorot à Aiserey en 1460. Selon Serge Chenevoy, les Montmorot possédaient un hôtel face au château, ainsi qu’un important domaine s'étendant entre Laperrière et Saint-Symphorien-sur-Saône[30].
Maurice de Puymège indique que Thibaut de Montmorot, établi à Aiserey, eut une descendance, notamment au travers d’Anthoine de Montmorot, attesté comme châtelain royal de Couches au XVIe siècle[17],[1].
Aux XVe siècle et XVIe siècle, plusieurs membres de la famille apparaissent au service de la monarchie française, comme Etienne de Montmoret, cité comme aumônier du roi Charles VII entre 1418 et 1446[31], puis le poète et humaniste Humbert de Montmoret présent à la cour du roi Louis XII et de la reine Anne de Bretagne[32].
Les travaux de Jean-Baptiste Guillaume, complétés par ceux du général de Mesmay mentionnent les branches seigneuriales de Pélagey, de Licona et de Rotalier attestées en Franche-Comté et en Bresse bourguignonne du XIVe au XVIIe siècles[5].
Selon Georges de Montmorot, repris par Mesmay, ces branches descendraient de Jean Vauchier Romain de Montmorot, chambellan de Tristan de Chalon vers 1363[19].
Dès le XVIIIe siècle, Dunod de Charnage rattachait déjà les seigneurs de Licona, de l’Isle et de Pélagey à la famille de « Montmorot » ou « Montmoret »[2]. Plusieurs membres de ces branches ont exercé des charges importantes dans le comté de Bourgogne, notamment comme châtelains de Saint-Julien, de Pimorin, de Montaigu ou de Montmorot, capitaines de places fortes, chambellans ou officiers des princes de Chalon.
Joseph Bertin rattache également à cette branche Claude de Montmoret, seigneur de Pélagey et de Licona, marié à Françoise de Seyturier. Selon lui, cette lignée conserva ensuite les seigneuries de Licona, Rotalier et Villerot jusqu'au XVIIe siècle[29].
Les archives de Besançon conservent pour l’année 1660 une « enquête sur la mévente de la seigneurie de Rotalier appartenant à la famille de Montmorot », témoignant de la persistance de branches de la famille en Franche-Comté au XVIIe siècle[33].
Branches cadettes et rameaux seigneuriaux en Franche-Comté
modifierLe général de Mesmay[19], Alphonse Rousset[6] et Georges de Montmorot[15] rattachent à la famille un ensemble de rameaux établis dans différents fiefs de la seigneurie de Montmorot, notamment à Bornay, Sugny, Saubief, Savigny, Chapois, Champagne et Chilly. Selon ces auteurs, ces branches exercèrent des fonctions importantes en Bourgogne, telles que prévôts héréditaires, châtelains, baillis, chambellans ou officiers des ducs de Bourgogne et des princes de Chalon, abbés, prieurs, ou encore recteurs d’université.
La branche de Bornay
modifierRousset, Mesmay et Georges de Montmorot présentent les sires de Bornay comme une branche cadette de l’illustre famille. Cette lignée est attestée dès 1224 avec Robert, sire de Bornay, suivi d’Aymon et d’Amédée, bienfaiteurs de l'abbaye du Grandvaux en 1235. Jean de Bornay reprend le château de Bornay en fief de Jean de Chalon-Rochefort en 1276, tandis qu'Humbert et Renaud de Bornay apparaissent au début du XIVe siècle dans les conflits opposant les Chalon-Auxerre et les seigneurs voisins. Un arbitrage de 1331 restitue à Renaud une partie de ses droits seigneuriaux. Guillaume de Bornay reprend en 1362 cinquante livres de rente de Tristan de Chalon. Les derniers représentants masculins mentionnés par le général de Mesmay sont Pierre de Bornay (1443) et Jacques de Bornay (1464[19]).
La branche de Sugny
modifierRousset[6] et Georges de Montmorot soulignent que le vaste territoire de Sugny, à l’ouest de Montmorot, servit d’apanage à une branche cadette de la famille qui prit le nom de ce fief. La branche est attestée avec Vauchier de Sugny (1344), puis Huguenin, Éthevenin et Lancelot de Sugny.
Plusieurs de ses membres occupèrent des fonctions militaires, administratives ou religieuses : Lancelot fut chambellan du duc Philippe le Bon, plusieurs demoiselles de cette branche furent abbesses dans les abbayes nobles de Château-Chalon et de Sainte-Claire de Lons-le-Saunier, notamment Catherine et Marguerite de Sugny qui furent abbesses de Château-Chalon en 1480 et 1500, Jean et Marc de Sugny brillèrent au tournoi de Nozeroy en 1519, tandis que Louis, Adrien et François de Sugny apparaissent encore au XVIe siècle. Adrien de Sugny transmit en 1576 ses droits à son neveu Antoine de Reculot.
La branche de Saubief
modifierLa famille de Saubief est présentée par Rousset comme une branche cadette de la famille. Elle est attestée dès la fin du XIVe siècle avec Marguerite de Saubief, puis surtout Marguet de Saubief, lieutenant général du bailli d'Aval en 1406. Philippe de Saubief est carapaçonné du prince aux funérailles de Philippe de Chalon en 1530.
Plusieurs descendants exercèrent des responsabilités locales, ecclésiastiques ou militaires, notamment Humbert de Saubief, prieur de Gigny, et Philippe de Saubief, seigneur de Montjouvent[6].
La branche de Savigny ou Savagna
modifierAlphonse Rousset et Georges de Montmorot présentent les seigneurs de Savigny comme une branche cadette issue de la famille de Montmoret ou Montmorot. Ils citent Estevenin de Savigny (1307), Hugues de Savigny, châtelain de Montmorot et bailli d'Aval en 1350, Jean et Guillaume de Savigny, puis rappellent que le duc Philippe le Bon donna en 1443 la prévôté de Savigny à Lancelot de Sugny. Mesmay résume également cette branche dans son chapitre consacré aux rameaux secondaires. Rousset décrit le fief de Savagna (Savigny) et rappelle qu'il formait une prévôté relevant de Montmorot[6].
La branche de Chapois ou Chaffoy
modifierLa branche de Chapois, ou Chaffoy, est rattachée par le général de Mesmay à Renaud de Montmoret. Elle détenait héréditairement la prévôté de Chapois. Huguenin de Montmoret, seigneur de Chapois et d'Amondans, est attesté en 1259 comme homme lige de Jean de Bourgogne, sire de Salins. La branche est encore représentée par Humbert de Montmoret, prévôt héréditaire de Chapois, avant son intégration progressive aux possessions des Chalon. Selon Georges de Montmorot, Pancrace de Chaffoy fut recteur de l’Université de Dole en 1500 et Charles-François de Chaffoy fut nommé baron de Munans en 1774[15].
La branche de Champagne
modifierLa branche de Chilly
modifierSelon Rousset, les premiers seigneurs de Chilly étaient issus de « l'illustre famille de Montmoret » et prirent le nom de leur principal apanage, Chilly, fief relevant à l'origine du château de Montmorot puis directement du comte de Bourgogne à partir du XIIIe siècle. Rousset cite Hugues de Chilly, compagnon de Ponce de Cuiseaux lors de la troisième croisade (1189), puis son fils Renaud. En 1252, Étienne de Chilly, fils de Renaud, donne à la chartreuse de Bonlieu des biens situés près de Crilla. À sa mort, ses fils se partagent les possessions familiales : Humbert reçoit Chilly, tandis qu'Étienne est apanagé de Crilla, Bouzailles et Saint-Maurice. Rousset mentionne ensuite Jacques de Chilly, écuyer de Marguerite de Montmoret, dame de Ruffey, qui reçoit en 1298 le commandement de ses châteaux à l'occasion de son mariage avec le seigneur de Jonvelle. Son fils Hugues rend hommage en 1319 au duc-comte de Bourgogne pour Chavannes et Courlans. Après Alix de Chilly, Guy de Chilly hérite de la seigneurie, mais son alliance avec Guy de Vienne entraîne la confiscation de ses biens par Hugues de Chalon, qui attribue alors Chilly à Guillaume de Fromentes, son écuyer. Rousset décrit également une branche dite de la Porte de Chilly, détentrice de la prévôté du bourg et de la porterie du château, dont plusieurs membres, notamment Jean, Guillaume, Etienne et Simon de Chilly, servirent les ducs de Bourgogne aux XIVe et XVe siècles[6].
Georges de Montmorot complète l’histoire de cette branche en rappelant que plusieurs membres de la famille de Chilly sont reçus dans la confrérie chevaleresque de Saint-Georges : Alexandre de Chilly y est admis en 1528. Il mentionne la participation d'Hugues de Chilly de Montmorot à la croisade de 1189 et cite encore Antoine et Guy de Chilly parmi les pages engagés dans les guerres d'Allemagne contre les protestants. Enfin, il évoque Pierre de Chilly, dit le chevalier « Boort », chevalier d'armes du roi Philippe VI de Valois, ainsi que Pierre-François de Chilly, avocat au Parlement en 1770[15].
Filiation
modifierJean-Baptiste Guillaume a proposé une reconstitution généalogique pour les principales branches de la famille[5]. Cette reconstitution a été reprise, complétée ou discutée par des travaux postérieurs, notamment ceux du général Jean-Tiburce de Mesmay, qui mentionnent des rapprochements entre certaines branches de la famille, ainsi que des précisions sur ses titres, possessions et alliances[19].
Branche seigneuriale de Montmorot et de Ruffey
modifier- Thibert II de Montmoret, ou Montmorot[12], sieur du lieu, fonde en 1170 la chartreuse de Bonlieu et fait une donation en 1172 à ce monastère. Marié, selon Mesmay, à Alix, Jean-Baptiste Guillaume indique qu'il eut pour fils Pierre, Hugues et Humbert qui fut moine.
- Pierre, chevalier, seigneur de Montmorot, Loisia et Crilla[19] confirme en 1200 les biens donnés à la chartreuse de Bonlieu par son père et en ajoute de nouveaux. Jean-Baptiste Guillaume mentionne qu'il fut marié à Béatrix de Coligny, qu'il donne comme fille d'Humbert II de Coligny et d'Ide de Vienne. Il indique qu'ils eurent pour fils :
- Jacques de Montmoret, chevalier, seigneur dudit lieu, Ruffey et Bletterans, cité en 1246, marié d'après Mesmay à Etiennette de Ruffey, héritière de cette maison, dont il eut :
- Étienne de Montmoret, ou Montmorot, et de Ruffey († ), chevalier, seigneur de Montmorot, Ruffey, Bletterans, Largilla et Gevingey, qui releva le nom et les armes de sa mère, et fut marié à Béatrix de Commercy[25], dont il n'aurait eu qu'une fille Marguerite, dame de Montmoret, ou Montmorot, Ruffey, Bletterans et Largilla, qui recueille la succession des maisons de Montmoret, ou Montmorot, et de Ruffey. Suivant Jean-Baptiste Guillaume, Gérard Pelot indique qu'elle s'est mariée en 1298 à Guy, seigneur de Jonvelle, dont elle eut une fille, puis en seconde alliance, avant 1304, avec Hugues V de Vienne, seigneur de Lons-le-Saunier. C'est ainsi, précise Guillaume, que les terres de Montmoret, Ruffey et Bletterans passèrent dans la maison de Vienne.
- Guillemin de Montmoret, qui fut, selon Mesmay, apanagé à Gevingey et Rotalier.
- Humbert de Montmoret, chevalier, surnommé Aragon, sire de Crilla, cité en 1200 et 1246. Jean-Baptiste Guillaume mentionne qu'il aurait eu pour fils :
- Richard de Montmoret, ou Montmorot, chevalier, bailli de Dijon entre 1278 et 1297[3], seigneur de Genlis, qui fut marié à Huguette de La Bruyère, puis en seconde alliance avec Alix d'Estrabonne, dame héritière de Genlis, avec qui il fonde en 1287 la chapelle Sainte-Madeleine en la cathédrale Saint-Vincent de Chalon[34]
- Gérard de Montmoret, chevalier, dit Aragon, châtelain de Montmoret, qui fit hommage à Jean de Chalon en janvier 1294.
- Jacques de Montmoret, chevalier, seigneur dudit lieu, Ruffey et Bletterans, cité en 1246, marié d'après Mesmay à Etiennette de Ruffey, héritière de cette maison, dont il eut :
- Pierre, chevalier, seigneur de Montmorot, Loisia et Crilla[19] confirme en 1200 les biens donnés à la chartreuse de Bonlieu par son père et en ajoute de nouveaux. Jean-Baptiste Guillaume mentionne qu'il fut marié à Béatrix de Coligny, qu'il donne comme fille d'Humbert II de Coligny et d'Ide de Vienne. Il indique qu'ils eurent pour fils :
L'abbé Guillaume indique par ailleurs l'existence d'autres branches de la famille de Montmoret subsistantes jusqu'aux XVIe siècle et XVIIe siècle, dont il précise qu'il est difficile de suivre les générations en raison de la dispersion de leurs titres par des alliances dans des provinces étrangères ; celle pour laquelle il trouve le plus d'éclaircissements est celle qui possédait les terres de Pélagey et de Licona.
Branche des seigneurs de Pélagey et de Licona
modifierLa branche des seigneurs de Pélagey et de Licona est présentée par l’abbé Guillaume à partir de Claude de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey en Bresse, et de Licona auprès de Saint-Amour, au XVe siècle[5].
Le général Jean-Tiburce de Mesmay mentionne les recherches généalogiques de Georges de Montmorot, selon lesquelles cette branche se rattacherait à Richard de Montmorot, bailli de Dijon, présenté comme l'ancêtre de plusieurs rameaux postérieurs de la famille[19],[15].
Selon cette reconstitution, le plus ancien membre connu de la branche de Pélagey et de Licona serait Vauchier Romain de Montmoret, actif au début du XIVe siècle, père de Jean Vauchier Romain de Montmoret, cité dès 1338. Ecuyer de la compagnie de Jacques de Vienne en 1364, et chambellan de Tristan de Chalon, il fut allié en 1363 à Huguette de Licona, de qui Georges de Montmorot précise qu’il eut :
- Fromont de Montmoret, maître d’hôtel de Madame de Châtelbelin en 1395 et châtelain de Montagu en 1400, qui reconnut tenir en fief de Jean de Chalon la seigneurie de Licona en partie. Georges de Montmorot indique qu'il épousa Regnaude Mauclerc de Beaufort, de qui il eut :
- Louis de Montmoret, écuyer, tenant garnison au château de Saint-Julien.
- André de Montmoret, membre du chapitre et infirmier de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, qui donne en 1443 au monastère une statue de Saint-Blaise en argent[29].
- Jacques de Montmoret, religieux de la même abbaye et sous-prieur de Larrey, qui donne en 1473 une chape de velours et 100 livres tournois à son monastère[29].
- Jean de Montmoret, écuyer de la compagnie de Gauthier de Vienne, qui fit hommage en 1386 et 1390 à Jean de Chalon de ce qu’il possédait à Saint-Julien et à Montagna. Samuel Guichenon indique qu’il épousa Jeanne de l’Isle, dont sont issus Claude de Montmoret, qui suit, et Jeanne de Montmoret qui épousa Perrin de Molpré en 1398[35].
- Claude de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey et de Licona. Il accompagne en le duc de Bourgogne, dans le voyage qu'il fait d'Arras à Saint-Denis, et assiste en 1440 à la prise de possession de l'archevêque de Besançon. Marié en 1426 à Françoise de Seyturier, il en a Louis, qui suit et Guillaume qui fait branche.
- Louis de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Licona en partie, marié en 1472 à Philiberte de Feurs dont Pierre, qui suit.
- Pierre de Montmoret († av. ), écuyer, seigneur de Rotalier, marié en 1499 à Claudine de Vienne dont Antoine, qui suit et Claude.
- Antoine Ier de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier, cité dans un échange en 1531, marié à N. de Civria dont, selon Alphonse Rousset, un fils.
- Antoine II de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Villerot, marié à Françoise de Villerot, dont Pierre, qui suit[36].
- Pierre de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Villerot, marié à Antoinette de la Tour-Jousseau.
- Claude de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Villerot, marié en 1610 avec Gabrielle de Beaujeu et en secondes noces avec Gasparine Marguerite de Grammont. Il meurt sans postérité, instituant comme héritière sa soeur.
- Pierre de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Villerot, marié à Antoinette de la Tour-Jousseau.
- Antoine II de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Villerot, marié à Françoise de Villerot, dont Pierre, qui suit[36].
- Antoine Ier de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier, cité dans un échange en 1531, marié à N. de Civria dont, selon Alphonse Rousset, un fils.
- Pierre de Montmoret († av. ), écuyer, seigneur de Rotalier, marié en 1499 à Claudine de Vienne dont Antoine, qui suit et Claude.
- Louis de Montmoret, écuyer, seigneur de Rotalier et de Licona en partie, marié en 1472 à Philiberte de Feurs dont Pierre, qui suit.
- Claude de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey et de Licona. Il accompagne en le duc de Bourgogne, dans le voyage qu'il fait d'Arras à Saint-Denis, et assiste en 1440 à la prise de possession de l'archevêque de Besançon. Marié en 1426 à Françoise de Seyturier, il en a Louis, qui suit et Guillaume qui fait branche.
Seconde branche des seigneurs de Pélagey
modifier- Guillaume de Montmoret (second fils de Claude de Montmoret et Françoise de Seyturier), écuyer, seigneur de Pélagey, marié en 1485 avec Claudine de la Touvière.
- Guillaume de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey et de Licona, marié à Denise de Chifflet dont Claude, Philibert (qui suit) et Anne.
- Philibert de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey, marié à Louise d'Arestel dont une fille, Jeanne, dame de Pélagey, mariée à Jean-François de Dortans.
- Guillaume de Montmoret, écuyer, seigneur de Pélagey et de Licona, marié à Denise de Chifflet dont Claude, Philibert (qui suit) et Anne.
Personnalités
modifier- Hugues de Montmoret ou Montmorot, grand prieur de l'abbaye de Baume-les-Messieurs, qui assista en 1120 à un accord entre son abbaye et les chanoines de Sainte-Madeleine de Besançon sous la médiation de l'archevêque Anseric ;
- Jean de Montmoret ou Montmorot, chevalier, maire de Besançon vers 1200 ;
- Richard de Montmoret ou Montmorot, chevalier, seigneur de Genlis, bailli du duc de Bourgogne à Dijon (1278-1297) ;
- Eudes de Montmoret ou Montmorot, frère du précédent, chanoine de la cathédrale Saint-Vincent de Chalon, en laquelle il fonda, en 1287, la chapelle Saint-Léger ;
- Hugues de Montmoret ou Montmorot, professeur de l'Université de Besançon (1305-1307) ;
- Jeanne de Montmoret, prieure du monastère de Neuville-en-Bresse en 1318 ;
- Étienne de Montmoret, chevalier, seigneur de La Chapelle-lès-Sennevoy, bailli de Tonnerre (Yonne) en 1332 ;
- Étienne de Montmoret, aumônier du roi Charles VII entre 1418 et 1446 ;
- André de Montmoret, religieux, membre du chapitre de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, dont la sépulture, datée de 1443, se trouvait dans la cathédrale Saint-Bénigne[37] ;
- Humbert de Montmoret, moine bénédictin et poète latin, cité dans l'entourage du roi Louis XII et de la reine Anne de Bretagne, auteur d'une épopée en sept livres, le Bellorum Britannicorum a Carolo Francorum rege, imprimé en 1512, et d'autres ouvrages aux sujets et aux formes variés, qui le classent au nombre des humanistes français importants, en raison de sa grande érudition et de son appropriation de l'héritage du Quattrocento italien[32].
Extinction et postérité
modifierLes auteurs La Chesnaye des Bois (1775), Lurion (1890)[7], Jougla de Morenas (1948)[38], Dioudonnat (1994) considèrent que la famille est éteinte[22],[7].
Henri Jougla de Morenas, dans le Grand Armorial de France (1948), indique que la branche aînée se serait éteinte en 1293 avec Etienne de Montmoret et que la branche issue de Richard de Montmoret, bailli de Dijon, aurait disparu au XIVe siècle, avec les descendants de son fils Hugues de Genlis. Il rattache toutefois à la famille le rameau des seigneurs de Pélagey, Licona et Rotalier auquel le roi Philippe IV d’Espagne accorda en 1646 le titre de comte, avant son extinction à la fin du XVIIe siècle[38].
Cette présentation n’est cependant pas unanimement retenue. L'abbé Jean-Baptiste Guillaume (1757) mentionnait l'existence de plusieurs branches subsistantes, soulignant toutefois la difficulté d'en suivre les filiations en raison de la dispersion des possessions et des alliances[5].
Au XXe siècle, Maurice Léo d'Armagnac del Cer de Puymège (1956) reprend l’étude des actes bourguignons et francs-comtois. Il propose une reconstitution de la descendance de Richard de Montmorot, bailli de Dijon, par les seigneurs de Genlis et de Laperrière, puis par les branches établies à Aiserey, Potangey et Couches[17].
Dans Origines, succession et histoire de la maison de Montmorot et de ses branches cadettes en Franche-Comté et en Bourgogne du XIe siècle à nos jours (1943), puis dans Montmorot-Montmoret, une seule et même famille (1959), Georges de Montmorot estime que la famille contemporaine constitue une branche cadette de la famille de Montmorot, issue des comtes de Bourgogne. Selon ses recherches, cette branche, connue à l'état civil sous les formes Demontmerot ou Demonmerot depuis le XVIIIe siècle, obtient en 1928, par jugement du tribunal civil de Chalon-sur-Saône, le droit de reprendre le patronyme de Montmorot porté par ses ancêtres[15],[39].
Le général Jean-Tiburce de Mesmay (1958-1964) cite les travaux de Georges de Montmorot parmi les principales sources de sa notice consacrée à la famille de Montmoret, aux côtés de Guillaume, Rousset, Bertin, Jougla de Morenas, La Chesnaye Desbois et Lurion. Il rapporte notamment, en l’attribuant à Georges de Montmorot, l’hypothèse d’une branche collatérale implantée en Bourgogne et la confirmation, par jugement du tribunal civil de Chalon-sur-Saône du droit pour cette famille de reprendre le nom de Montmorot[19]. Le général de Mesmay reproduit également les lettres patentes accordées en 1646 par Philippe IV d'Espagne à Claude de Montmorot, seigneur de Rotalier et de Villerot, en précisant que le titre de comte y est transmissible à tous ses descendants et, à défaut, aux membres de la famille de Montmorot, portant le même nom[19].
Cette interprétation n’est pas partagée par Philippe du Puy de Clinchamps (1970) qui classe la famille de Montmorot subsistante dans la fausse noblesse[40].
Pierre-Marie Dioudonnat adopte une position voisine dans son Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence (1994), où il considère que la famille contemporaine portant le nom de Montmorot constitue une famille homonyme de l'ancien lignage médiéval, qu'il estime éteint depuis plusieurs siècles[41]. Dans la réédition de 2002, il maintient que l'antique famille franc-comtoise est éteinte et indique que l'actuelle famille de Montmorot a repris ses armes et titres.
En l’état de l’historiographie, l’extinction de la branche seigneuriale principale est admise par la plupart des auteurs. En revanche, la continuité de certaine branches cadettes jusqu’aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que leur rattachement aux porteurs contemporains du nom demeurent un sujet de débat entre historiens, généalogistes et spécialistes de la noblesse.
Seigneuries
modifier- Seigneurs de Ruffey-sur-Seille
- Seigneurs de Bornay
- Seigneurs de Chapois
- Seigneurs de Chilly
- Seigneurs de Savigny
- Seigneurs de Sugny
- Seigneurs de Genlis
- Seigneurs de Saubief
- Seigneurs de Pélagey
- Seigneurs de Licona
- Seigneurs de Rotalier, etc.
Titres
modifierLe rameau des seigneurs de Pélagey, Licona et Rotalier reçut du roi d’Espagne le titre de comte en 1646[38].
Armes
modifier
- Losangé d’argent et de gueules (branche aînée, éteinte au XIIIe siècle)[7],[38]
- Losangé d'argent et de gueules, écartelé vairé d'argent et d'azur au chef de gueules (qui est de Ruffey) porté par Etienne de Montmoret, seigneur dudit Lieu et de Bletterans qui releva au XIIIe siècle les armes de sa mère[42]
- Losangé d’argent et de gueules au chef chargé de 3 roses (branche cadette, éteinte à la fin du XVIIe siècle)[38].
Alliances
modifierLes principales alliances de la famille de Montmoret sont[5] : de Coligny, de Ruffey, de Joinville (1298), de Seyturier (1426), de Feurs, de la Touvière (1485), de Vienne (1499), de Civria, de la Tour-Jousseau, de Beaujeu (1610), de Grammont, Chifflet, d'Arestel, de Dortans.
Notes et références
modifier- 1 2 Maurice Léo d'Armagnac del Cer de Puymège, Les vieux noms de la France du nord et de l'est, Paris, A la Vieille France, , 816 p., p. 631-632
- 1 2 François-Ignace Dunod de Charnage, Histoire des Séquanois et de la province séquanoise, des Bourguignons et du premier Royaume de Bourgogne, Volume 2, Dijon, De Fay, , 635 p. (lire en ligne), p. 447
- 1 2 3 Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, avec des documents inédits et des pièces justificatives, tome 6, Dijon, Imprimerie Darantière, , 641 p. (lire en ligne), p. 58, 123, 125, 177, 234, 235, 263, 318, 410, 435
- 1 2 Jules Chifflet, Nobiliaire de Franche-Comté, Besançon, vers 1650, 358 p. (lire en ligne), p. 210
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Abbé Jean-Baptiste Guillaume, Histoire généalogique des sires de Salins et de la maison de Vienne, Besançon, Imprimerie Outhenin-Chalandre, (lire en ligne), p. 172-178.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique, et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département : département du Jura, vol. IV, (lire en ligne), p. 344.
- 1 2 3 4 5 Roger de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, Jacquin, (lire en ligne), p. 543-544.
- ↑ Louis Gollut, Les_mémoires historiques de la république séquanoise et des princes de la Franche-Comté de Bourgogne, Dole, Antoine Dominique, , 1108 p., p. 399
- 1 2 Maurice Chaume, Les vigneries et messeries dijonnaises dans leurs rapports avec le ban territorial de la justice municipale, dans Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, Dijon, Faculté de droit de Dijon, , 191 p., p. 102
- 1 2 3 Jean Richard, Les Ducs de Bourgogne et la formation du duché du XIe au XIVe siècle, Dijon, Société Les Belles Lettres, , 570 p. (lire en ligne), p. 235, 471-472
- 1 2 3 4 René Locatelli, Sur les chemins de la perfection. Moines et chanoines dans le diocèse de Besançon vers 1060-1220, Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, avec le concours de l'Institut d'Etudes comtoises et jurassiennes de l'Université de Franche-Comté, , 536 p. (lire en ligne), p. 362-369
- 1 2 3 Jean Luc Mordefroid et René Locatelli, Chartreuses en Franche-Comté, Dole, Les Presses Jurassiennes, , 88 p., p. 11-12
- ↑ Paul Canat de Chizy, Cartulaire du prieuré de Saint-Marcel-lès-Chalon, publié d'après les manuscrits de Marcel Canat de Chizy, Chalon-sur-Saône, Louis Marceau, , 152 p. (lire en ligne), p. 69-71, chartes no 72 et 74 Circa 1086-1090.
- 1 2 Jean-Marie Croizat, Les Jurenses, les Nibelungen, étude sur le royaume, le duché, le comté de Bourgogne aux Xe et XIe siècles, Besançon, Editions du 47, , 167 p. (ISBN 2-9523323-1-2, lire en ligne), p. 158-159
- 1 2 3 4 5 6 Georges de Montmorot, Origines, succession et histoire de la maison de Montmorot et de ses branches cadettes en Franche-Comté et en Bourgogne du XIe siècle à nos jours. Généalogie suivie des preuves relatives à celle-ci, Paris, Léon Dauer, , 216 p.
- ↑ François-Ignace Dunod de Charnage, Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, Besançon, Jean-Baptiste Charmet, , 783 p. (lire en ligne), p. 21
- 1 2 3 4 5 Maurice Léo d'Armagnac del Cer de Puymège, Deux villes comtoises : Lons-Montmorot, les grandes heures du passé, les moeurs, les hommes illustres, Paris, La Vieille France, , 243 p.
- ↑ Nicolas-Antoine Labbey de Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne et des différents sujets qui l'ont honorée, Besançon, Imprimerie Claude-François Mourgeon, , 497 p. (lire en ligne), p. 68
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Général Jean-Tiburce de Mesmay, Dictionnaire historique, biographique et généalogique des anciennes familles de Franche-Comté, Paris, 1958-1964, 4 tomes en 11 volumes, p. 1713-1718
- 1 2 Eric Affolter, Patrice Millet, Jean-claude Voisin, Châteaux et vieilles demeures en Franche-Comté, préface de René Locatelli, Langres, Dominique Guéniot, , 209 p., p. 124-125
- 1 2 Éric Affolter, André Bouvard, Jean-Claude Voisin - textes réunis par Patrcik Corbet et Jackie Lusse, Ex Animo - Mélanges d’histoire médiévale offerts à Michel Bur : « Des fortifications de terre aux bourgs castraux : trente ans de recherches en Franche-Comté », Langres, Dominique Guéniot, , 526 p., p. 411-413
- 1 2 François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 10, Vve Duchesne, (lire en ligne), p. 425.
- ↑ Laurence Delobette, « Mémoire des morts et géographie tumulaire : les tombes des chanoines du chapitre métropolitain de Besançon », Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté - La Mémoire à l'Oeuvre - PUF, no 925, , p. 36-67.
- ↑ Edouard Clerc, Essai sur l’histoire de la Franche-Comté, tome premier, Besançon, Bintot, , 494 p. (lire en ligne), p. 280.
- 1 2 3 Gérard Pelot, Les derniers grands feux d’une maison comtoise et bourguignonne : Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges et de Sainte-Croix, 1362-1437, vol. I, Besançon, Université de Franche-Comté, , 298 p. (lire en ligne), p. 128
- ↑ Cercle Girardot et Centre Jurassien du Patrimoine, sous la coordination de Jean-Claude Jeanjacquot, Pymont la forteresse oubliée XIIIe-XVe siècle – entre les Vienne & les Chalon, Besançon, Centre Jurassien du Patrimoine, musée d’archéologie - Presses de Néo Typo, , 140 p., p. 27-45
- ↑ Père Claude-François Menestrier, De la chevalerie ancienne et moderne avec la manière d'en faire les preuves, Paris, Robert J.B. de La Caille, , 600 p. (lire en ligne), p. 286
- 1 2 Ernest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, avec des documents inédits et des pièces justificatives, tome 8, Dijon, Imprimerie Darantière, , 511 p. (lire en ligne), p. 343, 387
- 1 2 3 4 Joseph Bertin, Histoire généalogique de la maison de Beaujeu-sur-Saône, 2e partie, inclus dans le Bulletin de la Société d’agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, Vesoul, Imprimerie et Librairie Louis Bon, , 430 p. (lire en ligne), p. 288-289
- 1 2 3 Serge Chenevoy, Villages d’Outre-Saône, histoire de Laperrière-sur-Saône, Samerey, Saint-Seine-en-Bâche et Saint-Symphorien-sur-Saône, Livre I, Dijon, Presses de l’imprimerie coopérative ouvrière, , 123 p., p. 20, 26, 42-43
- ↑ Xavier de La Selle, Le service des âmes à la cour, Paris, Ecole des Chartes, , 360 p. (lire en ligne), p. 113, 298-299, 327, 338
- 1 2 Sandra Provini, Humbert de Montmoret, Germain de Brie, Pierre Choque - L'incendie de la Cordelière, Rumeur des Ages, .
- ↑ A. Dornier, Répertoire sommaire des titres de familles conservés aux Archives du Doubs, Besançon, Archives départementales du Doubs, , 150 p., p. 145
- ↑ Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saône-et-Loire, tome IX, Chalon-sur-Saône, Emile Bertrand, , 146 p. (lire en ligne), p. 8
- ↑ Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et du Bugey, partie 2, Lyon, Antoine Huguetan et Marc Antoine Ravaud, , 133 p., p. 60
- ↑ Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique, et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département : département du Jura, vol. V, Lons-le-Saunier, A. Robert, , 566 p. (lire en ligne), p. 467
- ↑ Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, volume 10, Dijon,
- 1 2 3 4 5 Henri Jougla de Morenas, Raoul de Warren, Grand armorial de France, vol. 5, Société du Grand armorial de France, (lire en ligne [PDF]), p. 104.
- ↑ Georges de Montmorot, Montmorot-Montmoret, une seule et même famille, Paris, A. Devrue, , 44 p.
- ↑ Charondas, À quel titre?, vol. 37, Les cahiers nobles, (lire en ligne), p. 18.
- ↑ Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Paris, Sedopols, (lire en ligne), p. 504.
- ↑ Louis Suchaux, Galerie héraldo-nobiliaire de la Franche-Comté, t. II, Paris, H. Champion, , p. 67.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Abbé Jean-Baptiste Guillaume, Histoire généalogique des sires de Salins et de la maison de Vienne, Besançon, Imprimerie Outhenin-Chalandre, (lire en ligne), p. 172-178.
- Roger de Lurion, Nobiliaire de Franche-Comté, Jacquin, (lire en ligne), p. 543-544.
- Alphonse Rousset, Dictionnaire géographique, historique, et statistique des communes de la Franche-Comté et des hameaux qui en dépendent, classés par département : département du Jura, vol. IV, (lire en ligne).
- François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 10, Vve Duchesne, (lire en ligne), p. 425.
- Jean-Tiburce de Mesmay, Dictionnaire des anciennes familles de Franche-Comté, Paris, 1958-1964, p. 1713-1718.
